Minute de silence

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En 2007, les supporters et joueurs du Fulham Football Club et du Newcastle United Football Club observent une minute de silence en mémoire du joueur décédé Jim Langley avant un match de foot.

Une minute de silence est un moment de recueillement, signe d'hommage. Elle tient son nom de sa durée, traditionnellement une minute, mais sa durée peut être différente[1].

Explication[modifier | modifier le code]

Cette forme permet de remplacer la prière, qui n'a pas rapport lorsqu'on est hors des sociétés très religieuses, par une formule plus anodine et compatible avec des religions diverses, incluant l'athéisme ou l'agnosticisme, certains y ont vu une forme de religion civile[2].

Afin de convenir d'une telle opération commune à plusieurs pays, on engage, ce que l'on appelle dans le langage diplomatique, un protocole de silence. Les diplomates représentant les pays impliqués font des propositions jusqu'à éventuellement arriver à un accord. Ce fut notamment le cas pour convenir de la date de la minute de silence consécutive aux attentats du 7 juillet 2005 à Londres. Deux minutes de silence furent observées à 13 h comme dans les 25 pays de la communauté européenne à la mémoire des victimes de ces attentats. La France a hésité à proposer le 14 juillet, date de sa fête nationale, jour traditionnel de réjouissance qui pouvait mal se prêter à être partagée[réf. souhaitée].

Historique[modifier | modifier le code]

Commonwealth[modifier | modifier le code]

L'idée d'un moment de silence à l'occasion de la célébration de l'armistice au Commonwealth fut suggérée en premier par le journaliste australien Edward George Honey (en) dans une lettre au journal London Evening News en mai 1919. Il avait proposé au départ une période de 5 minutes de silence qui fut jugée trop longue et une minute trop courte[3]. Finalement 2 minutes furent adoptées sur la proposition de Sir James Percy Fitzpatrick (en), homme d'État sud-africain qui suggéra ce temps le 27 octobre 1919 à George V, roi du Royaume-Uni qui le rend officiel le 7 novembre 1919 lors du jour du Souvenir : deux minutes de silence sont dès lors observées à 11 heures dans tout le pays (heure de l'entrée en vigueur de l'armistice), le 11e jour du 11e mois de chaque année[4].

France[modifier | modifier le code]

Le 25 octobre 1919, à la veille du premier anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918, est votée une loi relative à la commémoration et à la glorification des morts pour la France au cours de la Grande guerre, adoptée par le Parlement et promulguée par le Président du Conseil des Ministres et ministre des Affaires étrangères Raymond Poincaré. Cette loi est à l'origine de la minute de silence, pratiquée pour la première fois le 11 novembre 1922. Auparavant, on sonnait les cloches et tirait le canon[5].

Portugal[modifier | modifier le code]

Après le coup d'État du 14 mai 1915, la coutume de la minute de silence fut observée au parlement portugais[réf. souhaitée].

Turquie[modifier | modifier le code]

Chaque année, le 10 novembre, lors de l'anniversaire de la mort d'Atatürk, les Turcs observent une minute de silence à 9h05 et la circulation s'arrête dans les rues[6].

Israël[modifier | modifier le code]

États-Unis[modifier | modifier le code]

Espagne[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans la litérature « une minute de silence », expression attestée au XVIIIe siècle, ne signifie pas une minute montre en main, mais un peu plus que quelques instants de silence, sans intention particulière de recueillement. Il en va de même pour les modernes célébrations civiques. Par exemple, durant le jour du Souvenir la durée de recueillement est, dans la plupart des pays, de deux minutes.
  2. Faure 1922.
  3. (en) « New celebration of Armistice Day proposed »
  4. Ruth Solski, Pourquoi nous portons le coquelicot, S&S Learning Materials,‎ 1987, p. 5
  5. Paul Faure, « Une minute de silence », Le Populaire, Paris,‎ 18 octobre 1922 (lire en ligne).
  6. http://www.herodote.net/Moustafa_Kemal_1881_1938_-synthese-180.php