Jaén (Espagne)

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Jaén
Blason de Jaén
Héraldique
Drapeau de Jaén
Drapeau
Vue du quartier d'expansion nord de la ville de Jaén
Vue du quartier d'expansion nord de la ville de Jaén
Administration
Pays Drapeau de l'Espagne Espagne
Communauté autonome Andalousie Andalousie
Province Jaén Province de Jaén
Comarque Comarca Metropolitana de Jaén
District judic. Jaén (Municipio)
Maire
Mandat
José Enrique Fernández de Moya (PP)
2011-2015
Code postal 23.001 à 23.009
Distance de Madrid 335 km
Démographie
Gentilé jiennense, jienense, giennense, gienense, jaenero/a, jaenés/esa, aurgitano/a
Population 116 557 hab. (2009)
Densité 275 hab./km2
Géographie
Coordonnées 37° 46′ 00″ N 3° 46′ 59″ O / 37.766667, -3.78305637° 46′ 00″ Nord 3° 46′ 59″ Ouest / 37.766667, -3.783056  
Altitude 537 m
Superficie 42 430 ha = 424,30 km2
Divers
Saint patron San Lucas
Localisation

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Liens
Site web www.aytojaen.es
Intérieur de l'église de de San Bartolomé
École polytechnique supérieure de Jaén

Jaén est une ville espagnole ainsi qu'un municipio, capitale de la province du même nom au nord-est de l'Andalousie. Sa population de 116 557 habitants représente environ un sixième de la population totale de la province. La ville est encadrée par l'aire métropolitaine de Jaén, dont elle fait partie, et qui compte un tiers de la population totale de la Province de Jaén.

Elle est considérée par certains comme la ville la plus ancienne d'Europe ; c'est ainsi que sa municipalité la présente dans sa communication touristique[1].

Malgré le titre auto-proclamé de capitale mondiale de l'huile d'olive, l'activité économique de la ville est basée sur plusieurs secteurs, comme les services, l'administration, l'industrie agroalimentaire, le bâtiment et un tourisme culturel naissant.

La ville de Jaén se dresse au pied de la Colline Sainte-Catherine (Cerro Santa Catalina), et reste très marquée par l'urbanisme médiéval : placettes et ruelles au tracé irrégulier s'adaptant au caractère fortement pentu du site définissent l'aspect du centre historique. La cité est d'ailleurs dominée par la silhouette de la forteresse médiévale bâtie au sommet de la colline. Jaén se situe par ailleurs au sein d'une région aux terres fertiles, traversées par le fleuve Guadalquivir. Vers le sud et le sud-est se trouvent la Sierra de Jaén et le mont Jabalcuz qui enserrent la ville. Au nord de la ville s'étend la vallée du Guadalbullón, rivière qui passe à proximité de la ville.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Selon une hypothèse plausible quant à l'étymologie de ce toponyme, il viendrait du nom latin villa Gaiena, la ville de Gaius (colon romain), à travers la forme arabe Jayyān qui était en usage durant la période musulmane[2]. Il existe aussi une version, issue de quelques familles juives séfarades d'Afrique du Nord, disant que leur nom de famille comme leur ville d'origine, parlant de Jaén, prend racine dans le mot hébreu Dayan, qui signifie "juge" en hébreu, et qui dérive en Yayyan ou Djayyan. Il est important cependant de rappeler que le nom sous lequel était connu la ville sous le califat de Cordoue était Hadira[3].

Milieu physique[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Nord-ouest: Cazalilla Nord: Mengíbar y Villatorres Nord-est: Begíjar
Ouest: Fuerte del Rey y Torre del Campo Rosa de los vientos.svg Est: Mancha Real, La Guardia de Jaén, Pegalajar
Sud-ouest Los Villares Sud: Valdepeñas de Jaén Sud-est: Campillo de Arenas

Relief[modifier | modifier le code]

Le site de Jaén fait qu'une sensible différence d'altitude existe entre les quartiers, ainsi le quartier de Las Lagunillas se situe à 420 m au-dessus du niveau de la mer et le Château de Sainte-Catherine à 815 m. Ces différences sont accentuées du fait de l'étendue de la commune : l'altitude y varie de 200 m au-dessus du niveau de la mer dans le quartier de Las Infantas jusqu'à 1 872 m à la Sierra de la Pandera, au Sud.

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat est un climat méditerranéen continental : froid en hiver, avec des minimales atteignant jusqu'à 3 °C, avec des gelées abondantes ; et chaud en été, avec des températures atteignant 40 °C. L'oscillation thermique et importante durant toute l'année, dépassant parfois les 20 °C en une journée. Les pluies, très peu abondantes en été, sont concentrées durant les mois hivernaux, vers la fin de l'automne ainsi qu'au début du printemps.

Station Cerro de los Lirios (573 m)
1931-1980 janvier février mars avril mai juin juillet août septembre octobre novembre décembre Moy.
Temp. max. moy. (°C) 12 13,8 16,6 19,9 24,1 29,9 34,5 34 29,3 22,5 16,5 12,5 22,1
Temp. min. moy. (°C) 4,7 5,6 7,3 9,5 12,8 16,9 20,5 20,5 17,6 12,8 8,3 5,2 11,8
Précipitations (mm) 75 80 83 61 49 20 4 5 28 54 57 76 593

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Les origines[modifier | modifier le code]

Les lointaines origines de Jaén remontent, si nous nous en tenons à l'archéologie, à l'époque chalcolithique[4]. Le gisement de Marroquíes Bajos, le plus remarquable de tous ceux qui entourent la ville, a révélé[5] un macro-village, qui a atteint son apogée 2500 ans av. J.-C., organisé en 5 cercles concentriques[6], avec un système de murailles[7], de palissades et de fossés d'eau dans chacun de ces cercles[8], et une surface qui oscille entre 120 hectares certains et 270 probables. Ce village a été mis en relation avec la légende de l'Atlantide, en raison de sa concentricité comparable à la description de Platon dans le Critias[9],[10],[11].

Des restes archéologiques trouvés au mont Sainte-Catherine, dans le Caño Quebrado et les Marroquíes Bajos, l'actuelle rue de Cristo Rey[12], lient les premières installations à la culture de El Argarl avant le IIème millénaire av. J.C. Aux alentours abondent les peintures rupestres, incluant des restes d'architecture mégalithique[13],[14].

Antiquité[modifier | modifier le code]

Période ibérique[modifier | modifier le code]

Durant la période protohistorique se détache la colline de la Plaza de Armas de Puente Tablas, un oppidum ibérique (population vivant sur un plateau fortement fortifié) de Puente Tablas, abandonné avant les Guerres Puniques. Les excavations réalisées dans cette enclave ont déterminé l'existence d'un mur échelonné, avec des tours avancées faites de grandes pierres de taille, ce qui a donné son nom de place d'armes.

Il y eut d'importantes découvertes de céramiques à bord brisé et tourné datant de la fin du Ve siècle à la fin du IVe siècle av. J.-C.. Le lieu ne s'est pas romanisé, et il y a même des restes de cultures tartésienne et médiévale.

Les restes archéologiques témoignent également de présence ibérique dans le voisinage du château de Sainte-Catherine.

Période punique[modifier | modifier le code]

Située à un point de passage stratégique, Jaén a eu très tôt des Phéniciens et des Grecs comme habitants, et donc comme protagonistes historiques.

La conquête carthaginoise du Guadalquivir aurait commencé en 237 av. J.C et se serait prolongée jusqu'en 231. La conséquence immédiate de cette présence fut la prompte exploitation des gisements de minerais de la Sierra Morena.

D'emblée, Jaén est devenue pour Hannibal et les Carthaginois une place forte, dont la population accrue devint plus forte et plus riche, jusqu'à en terroriser les Romains.

Période romaine[modifier | modifier le code]

La tour du château Otinar

Vers 207 av. J.C., la ville est prise aux Carthaginois par Scipion l'Asiatique. Tite-Live l'a décrite comme une ville opulente, recevant divers noms : Auringe, Elinga, Advinge, Nijis, Orongis.

Ce n'était pas une ville très grande. Elle s'érigeait autour du torrent de la Madeleine, cœur de la ville antique, et peu de restes urbains nous sont restés : à peine quelques mosaïques au sein du Musée de Jaén. Il y a également des vestiges de cette époque au sein du gisement de Marroquíes Bajos[15].

Monuments[modifier | modifier le code]

De par son histoire, la ville étant de fondation ancienne, il est possible de voir des bâtiments de toutes périodes. Par exemple :

  • le château : structure qui surplombe la ville, fondé par Hannibal sur une tour, il y eut des apports successifs, le vieux château où le roi habitait fut fondé par Mohammed ben Nazar, la tour par Ferdinand III de Castille ;
  • les bains, parmi les plus importants d'Europe, furent créés par Abd al-Rahman II ;
  • le palais de Villardompardo de la fin du XVIe siècle, construit par le vice-roi du Pérou Fernando Torres y Portugal, est aujourd'hui musée des arts populaires, et celui des arts naïfs ;
  • les restes de la muraille qui ceinturait la ville avec ses douze portes ;
  • le palais provincial qui fut la résidence de Ferdinand III de Castille ;
  • le monument commémoratif des batailles de Las Navas de Tolosa et de Bailén ;
  • le château de Otinar qui recèle des trésors archéologiques avec des peintures rupestres, un dolmen, des ruines de l'âge du bronze et une forteresse médiévale ;
  • la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption en voie de classement au patrimoine mondial de l'UNESCO, de conception Renaissance en grande partie l'œuvre de Andrés de Vandelvira ;
  • l'église Saint-André, ancienne synagogue, sur une base wisigothique ;
  • le couvent royal de Saint-Dominique, auparavant un collège et à présent le siège des archives ;
  • le quartier juif avec une atmosphère médiévale ;
  • l'hôpital de Saint-Jean de Dieu qui est la réunion de deux anciennes bâtisses du XVIe siècle ;
  • l'ancienne université.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville possède un réseau de tramways, inauguré en 2011.

Personnalités nées à Jaén[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) « La ciudad será promocionada como “la más antigua de Europa” », sur www.andaluciainformacion.es (consulté le 9 mai 2010)
  2. Eduardo José Jacinto García (Universidad de Jaén): La toponimia de Jaén en las fuentes árabes medievales: Aproxomación lingüística
  3. Cano García, Gabriel: Divisiones territoriales y comarcalizaciones en Andalucía. Pasado y presente, en Geografía de Andalucía. tomo VII, Ed. Tartessos, Cádiz, 1990, (ISBN 84-7663-012-3), pag.32
  4. (es) « Hallada en Jaén una muralla calcolítica de 4.000 años www.elpais.com », sur www.andaluciainformacion.es (consulté le 9 mai 2010)
  5. (es) « Zona arqueológica de Marroquíes Bajos,www.arqueomas.com »
  6. (es) « Nuevos datos sobre la zona arqueológica de Marroquíes Bajos : el Quinto Foso. »
  7. (es) « Arturo Ruiz : « La muralla de Marroquíes es espectacular » », sur www.ideal.es.
  8. (es) [PDF] « La paleomorfología de Marroquíes Bajos.Primeras propuestas », sur www.ujaen.es
  9. (es) « Tartessos o la Atlántida. Científicos del CSIC buscan sus restos en Andalucía », sur globedia.com
  10. (es) « Descubren símbolo de la ciudad de Atlantis en primitiva cerámica de Jaén, Andalucía », sur www.culturaclasica.com
  11. (es) [PDF] « The old Jaén, a prehistoric city of Andalucía similat to the Atlantis of Plato », sur www.antiquos.com
  12. (es) « Cristo Rey », sur www.guiasemanasanta.com
  13. (es) « Restos arqueológicos esperan bajo tierra las inversiones que los sacarán a luz », sur www.canalpatrimonio.com
  14. (es) « Jaén, Marroquíes Bajos alumbra una basílica paleocristiana », sur www.ideal.es
  15. « Esculturas romanas », sur www.iberos.info