Abd al-Rahman II

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Abd al-Rahman II
Titre
Émir de Cordoue
21 mai 82222 septembre 852
Prédécesseur Al-Hakam Ier
Successeur Muhammad Ier
Biographie
Date de naissance octobre 792
Lieu de naissance Tolède
Date de décès 22 septembre 852
Lieu de décès Cordoue

Abû al-Mutarraf `Abd ar-Rahman ben al-Hakam ou `Abd ar-Rahman II (arabe : أبو المطرف عبد الرحمن بن الحكم), est né en octobre 792 à Tolède. Il succède à son père Al-Hakam Ier comme quatrième émir omeyyade de Cordoue en 822. Il meurt le 22 septembre 852 à Cordoue. Arrière-petit-fils d'Abd al-Rahman Ier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père lui laisse un état pacifié, dont il hérite à l'âge de trente ans. Mécène et protecteur des Arts et des Lettres, il est considéré comme le chef d'état musulman le plus cultivé de son temps. Ces qualités conjuguées à la paix de l'émirat lui permettent de développer la civilisation andalouse, avec le poète et grand musicien luthiste Ziryab. Sa cour est la plus brillante d'Europe : elle y attire les savants et les poètes de l'Orient.

En dépit de la rivalité politique qui l’oppose à Bagdad, Abd al-Rahman II envoie un grand savant en Mésopotamie, pour rechercher, acheter ou recopier des ouvrages scientifiques traduits du grec ou du persan. Il pensionne richement astronomes et médecins. Ayant un droit de préemption sur toutes les marchandises importées, il lui arrive d’accorder audience à des marchands récemment arrivés d’Arabie ou de Constantinople, pour se voir offrir leur livres les plus précieux. Les marchandises les plus prisées et les plus chèrement payées en Andalousie sont alors les livres rares.

Durant son règne, il impose l'apostasie des enfants chrétiens nés de couples mixtes. Des chrétiens s'ouvrent donc de gré ou de force à la culture musulmane et s'arabisent, au grand dam de la hiérarchie épiscopale et des chrétiens opposants. Ces derniers n'hésitent pas à s'offrir en martyrs en semant le trouble, perturbant les prières dans les mosquées ou prenant à parti les religieux islamiques, les frappant et les insultant. Abd el-Rahman puis son fils répriment durement ces troubles.

L'essor de la civilisation andalouse n'empèche pas l'émir de réorganiser l'armée et de prendre les mesures nécessaires pour faire face aux incursions vikings. Une de leur flotte prend, pille et incendie Séville pendant sept jours : l'armée arabe réagit promptement et écrase les Normands le 11 novembre 844 au sud de la ville. Pour parer aux futurs raids, il ordonne la construction de tours de guets, de forteresses et d'une flotte de guerre. Un nouveau raid viking est tenté en 859 : ils essayent de débarquer en Galice, mais ils sont repoussés, ils longent les côtes jusqu'au Guadalquivir, où ils se heurtent à une autre armée, franchissent le détroit de Gibraltar pour rejoindre Murcie, où la flotte musulmane coule quarante drakkars. Un siècle plus tard, l'échec d'un autre raid montre encore l'efficacité des dispositions prises par Abd el-Rahman.

La fin de son règne est troublée par les intrigues à propos de sa succession. Il a quarante-cinq fils, et les deux factions principales soutiennent respectivement Muhammad, le fils aîné, et Abd-Allah, le fils de la favorite, Tarub. Les conflits vont jusqu'à une tentative d'empoisonnement de l'émir. Finalement, c'est Mohammed qui lui succède.

Source[modifier | modifier le code]

  • André Clot, L’Espagne musulmane (VIIIe~XVe siècle), Paris, Perrin,‎ 1999 (réimpr. 1999), 429 p. [détail des éditions] (ISBN 2-262-01425-6)
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