Guerre du Sahara occidental

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Guerre du Sahara occidental
Frontière actuelle entre le territoire contrôlé par le Maroc et celui contrôlé par le Polisario à Tifariti.
Frontière actuelle entre le territoire contrôlé par le Maroc et celui contrôlé par le Polisario à Tifariti.
Informations générales
Date 1975-1991
Lieu Sahara occidental
Issue cessez-le-feu du 6 septembre 1991
Changements territoriaux 80 % du territoire est contrôlé par le Maroc
20 % par le Front Polisario
Belligérants
Drapeau du Maroc Maroc (1975-1991)
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
(1975-1979)
Drapeau de la France France
(1977-1978 : implication)
Drapeau du Sahara occidental Front Polisario, puis
Drapeau du Sahara occidental RASD
(1975-1991)
Drapeau de l'Algérie Algérie
(jan.-fev. 1976 : implication
1976-1991 : soutien logistique)
Drapeau de la Libye Jamahiriya arabe libyenne
(1975-1984 : soutien logistique)
Commandants
Drapeau du Maroc Hassan II
Drapeau du Maroc Ahmed Dlimi
Drapeau du Maroc Abdelaziz Bennani
Drapeau du Maroc Mohamed Abrouk
Drapeau du Maroc Driss Benaïssa
Drapeau du Maroc Abdennebi Britel
Drapeau de la Mauritanie Moktar Ould Daddah
Drapeau de la Mauritanie Moustapha Ould Mohamed Saleck
Drapeau de la Mauritanie Mohamed Khouna Ould Haidalla
Drapeau du Sahara occidental Mohamed Abdelaziz
Drapeau du Sahara occidental El-Ouali Moustapha Sayed
Drapeau du Sahara occidental Lahbib Ayoub
Drapeau du Sahara occidental Brahim Ghali
Drapeau de l'Algérie Houari Boumédiène
Drapeau de la Libye Mouammar Kadhafi
Pertes
Drapeau du Maroc
7 000 morts[1]
2 300 capturés[2]
Drapeau de la Mauritanie
2 000 morts
Drapeau du Sahara occidental
4 000 morts[1]
200 capturés
Guerre du Sahara occidental
Batailles
Première bataille d'Amgala - Deuxième bataille d'Amgala - Opération Lamantin - Bataille de Smara - Bataille de Bir Anzarane - Opération Imann

La guerre du Sahara occidental qui s'est déroulée entre 1975 et 1991[3] est un conflit militaire opposant le Maroc et la Mauritanie au Front Polisario, sur le territoire du Sahara occidental. La guerre éclate suite au retrait de l'Espagne du Sahara espagnol, qu'elle avait convenu de céder au Maroc et à la Mauritanie lors des accords de Madrid. Le Front Polisario, un mouvement indépendantiste sahraoui qui avait lutté contre l'occupation espagnole, se retourne contre le Maroc et la Mauritanie, avec le soutien de l'Algérie et la Libye. En 1979, le Front Polisario contraint la Mauritanie à accepter un accord de paix. Le Maroc et le Polisario signent un accord de cessez-le-feu en 1991, préalable à un référendum d'autodétermination. Ce référendum n'a toujours pas eu lieu ; le Maroc contrôle 80 % du territoire du Sahara occidental, tandis que le Polisario en contrôle 20 %[4]. Ce conflit aurait causé la mort de plus de 16 000 personnes.

Contexte historique, géographique et politique[modifier | modifier le code]

Colonisation espagnole[modifier | modifier le code]

Carte du Nord du Maroc indiquant les territoires sous protectorat espagnol.

En 1859, l'Espagne déclenche la guerre d'Afrique contre le Maroc, la guerre se termine par une victoire de l'Espagne lors des batailles de Sierra de Bullones le 17 décembre 1859, de Castillejos le 1er janvier 1860, de Tétouan le 31 janvier 1860 et de Wad-Ras le 23 mars 1860. Le Maroc est contraint de signer avec l’Espagne le 26 avril 1860 le traité de Wad-Ras, dont les conditions lui sont très défavorables.

Les premières incursions espagnoles au Sahara occidental après avoir été chassés par les Saadiens en 1524, eurent lieu en 1881 lorsque la Sociedad Pesquerías Canario-Africanas construit un débarcadère sur la pointe Durnford, à l'emplacement de Villa Cisneros. En 1884, l'Espagne colonise le Sahara occidental qui devient alors une colonie malgré une résistance de quelques tribus sahraouies aidées matériellement par le sultan du Maroc Hassan Ier du Maroc. Mais en vérité c'est seulement le Río de Oro qui fut colonisé, c'est seulement en 1887 que la totalité du Sahara occidental est colonisée. À partir de 1885, l’Espagne poste à Villa Cisneros une petite garnison de 25 soldats qui fut rapidement pillée le 24 mars 1887.

Le domaine espagnol se composait de deux régions actuelles du Maroc, géographiquement disjointes : les régions du Rif et Yebala au nord du Maroc ; et Tarfaya, en bordure du Sahara espagnol s'étendant au sud jusqu'à la Mauritanie, et avec le fleuve Draa comme frontière au nord. Huit mois avant la conférence de Berlin, la France avait établi son protectorat sur la plus grande partie de l'actuel Maroc, concédant à l'Espagne plus une zone d'influence qu'un réel protectorat. Toutefois, la création d'une administration coloniale sur le territoire du protectorat dans le Rif ne se produira pas avant 1927 suite à la guerre du rif, lorsque la région a été pacifiée. Le protectorat a duré jusqu'au 7 avril 1956.

La thèse du Grand Maroc[modifier | modifier le code]

Carte du « Grand Maroc » revendiqué par l'Istiqlal.
Article détaillé : Grand Maroc.

Le Grand Maroc est un concept développé par le gouvernement marocain principalement par l'Istiqlal dans les années 1950 et 1960. Ce dernier a publié un document pour revendiquer des territoires qui en ont fait partie historiquement : la Mauritanie, une partie du Sahara algérien et le Sahara occidental[5]. Suite à la guerre des sables le Maroc abandonne ses revendications sur une partie du Sahara algérien[6], puis renoncera et reconnaîtra la Mauritanie en 1969[7]. Sa dernière préoccupation sera le Sahara occidental.

Guerre d'Ifni[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Guerre d'Ifni.

Après l'indépendance du Maroc en 1956, l'armée de libération marocaine est fondée afin de libérer les territoires sous contrôle espagnol et français (Ifni, Tarfaya et le Sahara occidental) : c'est ce que l'on appelle la « guerre d'Ifni ».

En février 1958, les troupes franco-espagnoles ont lancé une offensive de grande envergure qui a permis de démanteler l'Armée de libération marocaine au Sahara occidental[8]. Pour la première fois, des attaques aériennes ont été lancées, la France et l'Espagne déployant 130 appareils (60 espagnols et 70 français). Sur le sol sont intervenus 9000 soldats espagnols et 5000 français[9]. Le lieutenant-général Lopez Valencia, capitaine général des îles Canaries, commandait les forces espagnoles.

Attaquée par air et au sol, l'Armée de libération marocaine a déploré 150 morts. Le 10 février, l’armée espagnole organisée en colonne motorisée a expulsé les Marocains qui occupaient Edchera puis Tafudrart et Smara. Le 2 avril, des accords sont signés entre le gouvernement espagnol et le Maroc. Celui-ci obtient la région de Tarfaya (Cap Juby), entre le Drâa et le parallèle 27º 40', à l'exclusion de Sidi Ifni et du reste du Sahara espagnol.

L'Espagne a rétrocédé Ifni au Maroc en 1969, conformément à la résolution 2072 de l'Organisation des Nations unies (1965), qui appelle à la décolonisation d'Ifni et du Sahara occidental. Mais elle parvient toutefois à conserver le Sahara occidental jusqu'au début de la marche Verte (1975)[9].

Premiers mouvements sahraouis[modifier | modifier le code]

Après la guerre d'Ifni de 1957-1958, il faudra attendre plusieurs années avant la reconstitution de nouveaux mouvements indépendantistes ou pro-marocain.

Le premier mouvement indépendantiste, le Frente de Liberacíon del Sahara bajo Dominacíon Española, est fondé en 1966 mais il n'entreprend aucune action[10].

Mohammed Bassiri un sahraoui ayant passé ses études au Maroc crée en 1967 le Harakat Tahrir Saqia al-Hamra wa Wadi al-Dhahab (mouvement de libération du Seguia el-Hamra et Oued ed-Dahab), précurseur pacifique du Polisario[10].

En 1969, Mohammed R'guibi alias Edouard Moha fonde le Mouvement révolutionnaire des hommes bleus à Rabat qui se rattache au Maroc[7].

Démographie du Sahara espagnol[modifier | modifier le code]

Avant le conflit, en 1967, le nombre d'habitants dans les trois principales villes du Sahara occidental était estimé à 23 458 personnes, En 1970, le recensement espagnol indiquait que le nombre d'habitants à Lâayoune et Villa Cisneros était d'environ 30 740 habitans, sans compter Smara. Puis, un an avant le début du conflit, en 1974, le nombre d'habitants en comptant les trois principales villes était de 41 207 habitants, Il faut également noter que durant ces années, l'urbanisation était très faible, et la plupart des habitants étaient des nomades organisés en tribus[11]. Selon le recensement espagnol de 1974, le Sahara Espagnol est peuplé de 74000 personnes[4].

Démographie des principales villes du Sahara espagnol de 1967 à 1974
Années 1967 1970 1974
Lâayoune 15 758 24 048 29 499
Smara 2 130  ? 7 295
Villa Cisneros 5 570 6 692 5 413
Total 23 458 30 740[Note 1] 41 207

Les tribus sahraouies[modifier | modifier le code]

Les principales tribus du Sahara Occidental sont les Reguibat, les Izarguien, les Ouled Delim, les Ouled Tidrarin, les Arousien, les Aït Lahcen, les Ahl Ma el Aïnin et les Yaggout[12].

Il y avait également une hiérarchie, comportant trois degrés principaux :

  • les tribus guerrières qui étaient les plus fortes et les plus nobles
  • les tribus chorfa qui descendait du prophète Mahomet
  • les tribus tributaires qui étaient soumises à une autre qui les protégeait et à laquelle elles versaient un tribut

Selon le recensement de 1974, la population active sahraouie se composait essentiellement de 8078 pasteurs, de 5465 ouvriers, de 1341 soldats et policiers qui rejoignirent les forces du Front Polisario lorsqu'ils furent renvoyés de leurs unités sur ordre du général Gomez de Salazar, fin octobre 1975[13], de 981 commerçants, de 707 conducteurs de véhicules, de 226 cheikhs, de 190 employés dans l’administration, de 149 pêcheurs, de 141 enseignants et de 119 infirmières[14].

La plupart des membres fondateurs du Polisario était de la tribu des Reguibat[15].

Population des principales tribus du Sahara selon le recensement espagnol de 1974
Tribus Population Origine ethnique Statut social
Reguibat 21 000 Berbère Sanhaja Reguibat S : Guerrier
Reguibat L : Chorfa
Izarguien 19 000 Tekna Guerrier
Ouled Delim 11 000 Arabe Maqil Guerrier
Ouled Tidratin 9 000 Arabe Maqil Tributaire
Ahl Arousien 4 500 Arabe Maqil Chorfa
Aït Lahcen 3 000 Tekna Guerrier
Ahl Ma el Aïnin 2 500 Berbère Sanhaja Chorfa
Yaggout 1 000 Tekna Guerrier

Forces en présences[modifier | modifier le code]

Maroc[modifier | modifier le code]

En 1974, Ahmed Dlimi est chargé de commander les troupes marocaines jusqu'à sa mort en 1980[Note 2], il sera remplacé par Abdelaziz Bennani. Les forces marocaines sont composées des forces armées royales et des forces auxiliaires marocaines. En 1976, les troupes marocaines totalisaient 30 000 soldats[16]. En 1980 ce chiffre a doublé, et est passé à 60 000[17], et en 1988 l’effectif des forces marocaines atteint plus de 150 000 hommes[18].

Effectifs des forces marocaines de 1976 à 1988
Dates 1976[16] 1980[17],[15] 1988[18]
Effectifs 30 000 60 000 150 000

Mauritanie[modifier | modifier le code]

En 1976, l'armée mauritanienne était composée de 3 000 à 5 000 hommes, un an plus tard son effectif avait triplé puis en 1979 elle disposait de plus de 18 000 soldats. La guerre augmenta les dépenses de défense (les effectifs de l’armée passèrent de 2 000 à 18 000 hommes entre 1976 et 1978 et représentaient 60 % du budget national à un moment où les actions du front Polisario faisaient diminuer les exportations de minerai de fer) et permit l’intervention militaire du Maroc (avec plus de 9 000 hommes stationnés dans les zones économiquement vitales du pays) et de la France.

Effectifs des forces armées mauritaniennes de 1976 à 1978
Dates 1976[19],[20] 1977 1978[21]
Effectifs 3 000-5 000 15 000 18 000

Polisario[modifier | modifier le code]

Au début de 1975, les troupes du Polisario étaient composées seulement de quelques centaines d'hommes entraînés et enrôlés dans des groupes de guérilla avant octobre 1975. Mais presque tous les soldats sahraouis des Tropas Nomadas et de la Police territoriale, soit au total environ un millier d'hommes bien entraînés, rejoignirent les forces du front Polisario lorsqu'ils furent renvoyés de leurs unités sur ordre du général Gomez de Salazar, fin octobre[13]. En 1976 le Polisario était composé au total de plus de 5 000 combattants[16]. En 1979, Il est composé de 12000 combattants. En 1980, le Polisario est au plus haut et son effectif avait triplé de 15000 hommes[17]. L'effectif de l'armée populaire de libération sahraouie est estimé en 1988 à 8000 soldats[18]. En 1991, le Polisario est au plus bas avec seulement 2 à 6000 hommes[15].

Effectifs de l'armée populaire de libération sahraouie de 1976 à 1991
Dates 1976[16] 1979[22] 1980[1],[17] 1988 1991[15]
Effectifs 5 000 12 000 15 000 8 000 2 000-6000

Armement et tactique[modifier | modifier le code]

Front Polisario[modifier | modifier le code]

En 1972, Kadhafi demande à la Mauritanie d'armer le Polisario pour aider à fonder un mouvement de libération du Sahara, Mokhtar Ould Daddah refusera. Dès 1973, lors de la création du Polisario, la Libye offre des armes légères qui serviront à attaquer les premières garnisons espagnoles[15].

C'est en 1975 que l'Algérie commencera à armer le Front Polisario et également en 1976 que cet apport deviendra massif[15]. L'Algérie offre également des canons de 122 mm, tout le carburant nécessaire et la base arrière de Tindouf tandis que la Libye livre des transporteurs de troupes, des missiles et des roquettes[15].

Dans les années 1980, la Yougoslavie et la Corée du Nord offrent des armes dont des SAM-6 et des SAM-7 que le Polisario utilisera en mars 1981 pour abattre un transporteur de troupes C 130, deux bombardiers F-5 et un hélicoptère. Le Polisario disposait également des chars T-54 puis 55 et T-74[15].

La tactique du Polisario, est très simple, elle compte sur sa mobilité et sa connaissance du terrain également appelée rezzous, elle consiste à attaquer grâce à des colonnes rapides des postes militaires, villes et de se replier rapidement vers Tindouf en cas de danger. Mais après que les Français ont lancé l'opération Lamentin, le Polisario est obligé de changer de tactique sur le front mauritanien pour une tactique de harcèlements et de sabotages[23]. Elle continuera cependant ses rezzous contre le Maroc jusqu’à la construction du mur des sables car elle sera obligée pour passer le mur d'utiliser des chars lourds pour tenter des percées qui seront toutes repoussées[15].

Maroc[modifier | modifier le code]

Dassault Mirage F1 français, mise en service par la France en 1973, La France a vendu 24 de ces engins au Maroc.

Le Maroc possède une armée conventionnelle, surtout mal préparée et un matériel trop lourd pour le terrain, elle compte d’abord sur son aviation. Les troupes marocaines ne connaissent pas le terrain où ils combattent car la plupart des soldats marocains viennent du nord[24].

Le Maroc était équipé durant la guerre de chars T-54, T-55 et d'AMX-30[15] et pour les avions des mirages F1 français et des Northrop F-5 américains. Il disposait également des MiG-17 offerts par l'URSS après l’indépendance.

La France de Valéry Giscard d'Estaing avait vendu plus de 24 mirages F1 au Maroc pendant le conflit[25].

Dans les années 81-82, les États-Unis vont fortement accroître leur aide au Maroc. Cette aide se résumera entre autres à une importante livraison de matériel militaire, suite aux accords passés entre le Maroc et les États-Unis[26].

Les principaux fournisseurs du Maroc durant la guerre sont les États-Unis, la France et également la Roumanie et l'Afrique du Sud[15].

Événements menant au conflit[modifier | modifier le code]

Premiers raids marocains au Sahara Espagnol[modifier | modifier le code]

Le général Franco en 1969

Dès 1974, Hassan II charge Ahmed Dlimi de commencer les premières opérations dans le but de faire pression sur l'Espagne pour qu'elle décolonise le Sahara[15].

Le 10 mai 1973, après la création du Front Polisario successeur du mouvement de libération du Seguia el-Hamra et Oued ed-Dahab de Mohammed Bassiri, le Maroc crée en 1975 le Front pour la Libération et l'Unité qui attaque les garnisons espagnoles au nord de la Saguiet el-Hamra[27],[28].

À partir de 1974, Dlimi et ses hommes tenteront des incursions éclair dans le Sahara contrôlé par l’Espagne[15]. Le 31 octobre 1974, les premières troupes marocaines passèrent la frontière et se dirigèrent vers Jdiriya, Haousa et Farsia, trois des avant-postes évacués par l'armée espagnole[29].

En 1975, pratiquement en même temps que la Marche verte, Dlimi entame l’opération Ouhoud, du nom d’une célèbre guerre sainte de la première ère islamique. Pendant le déroulement de la Marche verte vers Laâyoune, l'armée marocaine réussit à pénétrer au Sahara en douce, à plus de 100 km à l’est, en « raflant » au passage les postes de Farsia, Jdiriya, Hawza et plus tard, Mahbes ils réussissent à nettoyer tout le secteur de Smara sans combats[15].

Le 15 juin 1975, Hassan II déclare à Rabat que la reprise du Sahara occidental représente une question de vie ou de mort[30].

Avis consultatif du 16 octobre 1975[modifier | modifier le code]

Un avis consultatif de la Cour internationale de justice rendu public en 1975 confirme d'une part l'existence « de liens juridiques d'allégeance entre le sultan du Maroc et certaines des tribus vivant sur le territoire du Sahara occidental », mais ne confirme l'existence « d'aucun lien de souveraineté territoriale entre le territoire du Sahara occidental d'une part, le Royaume du Maroc ou l'ensemble mauritanien d'autre part », et avalise la solution d'un référendum d'autodétermination[31].

Marche verte et décolonisation du Sahara Occidental[modifier | modifier le code]

Un billet de 100 dirhams commémorant la Marche Verte.
Article détaillé : Marche Verte.

Le 6 novembre 1975, le Maroc organise une marche pacifique, nommée « Marche verte » et qui réunit 350 000 civils Marocains portant chacun un Coran et un drapeau marocain pour prendre possession du Sahara occidental[32], le coran se voulait un symbole pacifique de l’action de récupération, alors que le drapeau traduisait un signe indicateur de l’appartenance de ce territoire au Maroc[26], le général Franco de son lit de mort a donné l'ordre de ne pas tirer sur les marcheurs[15]. L'Espagne se voit contrainte d'abandonner le territoire et signe les Accords de Madrid avec le Maroc et la Mauritanie. Cet accord a pour but de partager le Sahara occidental entre deux tiers pour le Maroc et un tiers pour la Mauritanie[33].

Création du Front Polisario et guérilla du Polisario contre les Espagnols (1973-1975)[modifier | modifier le code]

Mohamed Abdelaziz, président de la République arabe sahraouie démocratique depuis 1976 succédant El-Ouali Moustapha Sayed suite à sa mort par balle lors d'un raid en Mauritanie.

Le 10 mai 1973, le Polisario est formé à Zouérate (Mauritanie) par El-Ouali Moustapha Sayed, Bachir Moustapha Sayed, Lahbib Ayoub, Mohamed Abdelaziz, Omar Hadrami, Mahfoud Ali Beiba, Mohamed Lamine Ould Ahmed et Mohamed Lamine Ould Bouhali dans le but de mettre fin à l'occupation espagnole du Sahara occidental[15].

Le 20 mai de la même année, le front Polisario attaque le poste de police espagnol d'El Khanga et signifie par ce geste, l’ouverture des hostilités vis-à-vis de l’occupation et pour la fierté nationale[26],[34].

Le 30 septembre 1973, Lahbib Ayoub à la tête d’une colonne hétéroclite armée de fusils dépareillés, lance une attaque couronnée de succès contre un poste espagnol, du côté d’Amgala[réf. nécessaire]. Le 2 novembre 1974, Le Polisario s'empare de Lagouira sans combat[29].

Déroulement du conflit[modifier | modifier le code]

Occupation du terrain par le Maroc et la Mauritanie (1975-1976)[modifier | modifier le code]

Hassan II en 1978.

Juste après l'accords de Madrid, la Mauritanie et le Maroc débutent l’invasion du territoire.

Le 27 novembre les troupes marocaines s'emparent de Smara et le 11 décembre de Laayoune. Le 20 décembre, les troupes de Mokhtar Ould Daddah s'emparent de Tichla et de Lagouira.

En décembre 1975, Lahbib Ayoub et plusieurs de ses combattants mènent un raid éclair contre les premiers bataillons marocains chargés de « récupérer » le Sahara, du côté de Haouza.

Le 9 janvier, les dernières troupes espagnoles quittent Laâyoune tandis que les troupes marocaines arrivent à Dakhla (Villa Cisneros). Le 12 janvier, elles sont rejointes par les troupes mauritaniennes et les derniers soldats espagnols quittent le territoire.

Début 1976, la Mauritanie contrôle théoriquement le tiers-sud du Sahara et le Maroc les deux tiers nord.

Première et deuxième bataille d'Amgala[modifier | modifier le code]

En janvier 1976, l'Algérie décide de participer au conflit et s'avance jusqu'à Amgala, à plus de 300 km à l'ouest de sa frontière avec le Sahara Occidendal. Le 27 janvier, l'armée marocaine attaque les troupes algériennes, c'est la première bataille d'Amgala qui dure du 27 au 29 janvier 1976. Les marocains gagnent cette bataille, tuent 200 soldats algériens et font plus de 100 prisonniers[35],[36]. La confrontation qui s'est déroulée dans l'oasis d'Amgala, entre les forces marocaines et algériennes, montre le soutien actif de l'Algérie vis-à-vis du Front Polisario.

Deux semaines plus tard, le 14 février, le Polisario, soutenu par l'Algérie, attaque les troupes marocaines et reprend Amgala[37]. Cette deuxième bataille d'Amgala est la dernière bataille juste avant une guerre sans front et une guerre d'embuscade entre les principaux belligérants qui sont le Maroc et le Front Polisario, l'Algérie se retirera également du conflit après cette bataille[15].

Harcèlement du Polisario (1976-1980)[modifier | modifier le code]

Le 27 février 1976 le Front Polisario, parti politique sahraoui, proclame la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à Bir Lehlou au lendemain du retrait de l'armée espagnole du territoire. Les partisans du Front Polisario attaquent les forces marocaines et mauritaniennes par des incursions éclairs (guérilla), car celui-ci les considère comme des forces d'occupation[26].

En 1976, 10 000 réfugiés sahraouis quittent le pays pour les camps de Tindouf fuyant la guerre.

Le 21 janvier, l'armée de l'air marocaine perd un avion, un Northrop F-5 de fabrication américaine, près d'Aïn Ben Tili et trois jours plus tard, le poste tombe aux mains du Polisario. Les Mauritaniens le reprennent le 14 février[13].

Le 24 avril 1976, Le Polisario réussit à lancer plusieurs tirs de mortier dans le centre d'El-Aïoun[13].

Le 9 juin, El Ouali, le fondateur du Polisario, meurt lors d'un raid sur la capitale mauritanienne. Il est remplacé par Mohamed Abdelaziz.

Le 1er mai 1977, Les troupes du Polisario commandées par Lahbib Ayoub attaquent la cité minière de Zouerate, défendue par 115 hommes et où vivent plusieurs centaines de coopérants français et leurs familles; deux Français trouvent la mort et six autres sont capturés. Ils sont libérés huit mois plus tard, le 23 décembre 1977 et confiés au secrétaire général de l'ONU, Kurt Waldheim[38].

Le 13 mai, Hassan II et Ould Daddah signent un accord de défense mutuelle et créent un haut commandement mixte. Plus de 9000 soldats marocains occupent les principales villes mauritaniennes pour faire face au Polisario. Cela n'empêche pas le palais présidentiel à Nouakchott d'être bombardé. La Mauritanie demande de l'aide à la France[38].

Entre le 26 et 27 septembre de violents combats ont lieu à Haouza entre le Maroc et le Front polisario qui finit par s'en emparer[39].

Le 4 novembre, le point d'eau de Birgandus situé à quelques kilomètres de la voie ferrée au nord de Nouadhibou est attaqué par le Polisario[40]. Le 7 novembre, une colonne forte de 50 véhicules du Polisario attaque et prend le contrôle d'un poste mauritanien au nord-est d'Atar. Le 22, une autre colonne composée de 50 véhicules attaque le train minéralier de Touagil[40]. Le 23 novembre 1977, La France lance l’opération Lamentin[41], qui décide le bombardement de trois positions du Polisario en Mauritanie et commence à aider également les troupes mauritaniennes.

Le 2 décembre, le poste mauritanien de Banou Lanouar sur la voie ferrée est attaqué par une colonne du Polisario qui l’occupe pendant 3 heures avant de se replier vers le nord-est en capturant quelques soldats mauritaniens[40]. Le 12, les troupes françaises ont le feu vert pour détruire une colonne estimée à 50 véhicules, suite à l'attaque des ces derniers contre le train minéralier qui se situe au sud de Zouerate, plusieurs soldats mauritaniens sont tués. Les Français poursuivent cette colonne du Polisario qui se disperse pour rendre la tache difficile aux Français, finalement un quart de la colonne est détruite et l'armée mauritanienne réussit à libérer 13 des siens[42]. Le 18 décembre, après l'attaque du poste Tméimichatt par une colonne composée de plus de 50 véhicules, trois patrouilles de Jaguars français stationnés à Dakar interviennent et détruisent la moitié de la colonne. L'armée mauritanienne récupère un important matériel militaire.

Le 12 janvier 1978, après l'attaque du Polisario sur le poste de Choum, l'aviation française repère une colonne composée d'une trentaine de véhicules se repliant vers le nord sans avoir l'autorisation de la détruire[43]. Le 25 janvier, les Mauritaniens réussissent difficilement à repousser une attaque du Polisario contre la garnison de Touagil, le 2 octobre les Mauritaniens repoussent encore avec succès le Polisario qui tentait de prendre le contrôle de Tichla, puis le 28 les Sarahouis subissent un nouvel échec à Touagil[23].

Le 25 mars 1978 une colonne mauritanienne, qui bénéficie de l'appui des forces françaises en Mauritanie dans le cadre de l'opération Lamentin, intercepte des unités du Polisario vers la voie ferrée dans la région de Zouerate.

le 3 mai 1978, un convoi d'une quarantaine de véhicule saharaouis est accroché par l'armée Mauritanienne au sud du sahara espagnol, les jaguars interviennent détruisant une dizaine de véhicules, le lendemain 4 mai le reste de la colonne est regroupé dans les contreforts d'une vallée et les jaguars frappent à nouveau. Les véhicules survivants à ces attaques parviennent à s'échapper dans la nuit malgré les troupes mauritaniennes les encerclant![réf. nécessaire]

En 1979 la Mauritanie déclare un cessez-le-feu unilatéral à l'encontre du Front Polisario à cause du putsch militaire qui renverse l'ancien président Moktar Ould Daddah un an auparavant, ce qui neutralise la Mauritanie dans ce conflit. Le Maroc est désormais son principal ennemi. Avec le retrait de Nouakchott, le Maroc se retrouve avec un territoire de près de 270 000 km2 à sécuriser. Le Maroc commence également à annexer la partie sud du Sahara. Le 11 août, il est à Dakhla. Le 14, il commence à sécuriser la province[15].

En janvier 1979, les troupes du front Polisario commandées par Lahbib Ayoub attaquent et occupent, pendant plus de cinq heures Tan-Tan avec plus de 1700 hommes[44].

Le 24 août 1979, la base de Lebouirate qui comprend 780 hommes au sud du Maroc est prise par le Polisario.

En septembre 1979, plus de 3000 hommes et 500 véhicules du Polisario attaquent la garnison de Bir Anzarane composée de plus de 300 hommes qui est protégée par le détachement du lieutenant colonel Mohamed Ghoujdami. Cette bataille se termine par l'une des plus grandes victoires marocaines[45].

Du 6 au 7 octobre, le Polisario attaque la garnison de Smara défendue par 6000 soldats marocains, l'attaque est finalement repoussée. Le 14 octobre l'ALPS s'empare de Mahbès, la dernière et unique base marocaine entre l'Algérie et Smara protégé par 780 hommes[46].

Du 1 au 12 mars 1980, le Polisario inflige une sévère défaite aux forces armées marocaines dans le Djebel Ouarkziz et les pousse à adopter une nouvelle stratégie[44],[47].

Construction du mur des sables et l'enlisement du conflit (1980-1987)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Mur marocain.
Étapes de construction du mur marocain.

Dès 1979, l’idée d’un mur de défense s’impose comme une évidence pour les autorités marocaines[15].

En 1980, le Maroc débute la construction du mur des sables de plus de 2 720 km, protégé par plus de 100 000 soldats, également par des champs de mines, des remblais, des tranchées, des radars Rasura de surveillance rapprochée de plus de 50 kilomètres de portée, des portillons électroniques et des Northrop F5.

Lors de sa construction, les rumeurs les plus folles ont circulé à propos du mur. L’une d’entre elles voulait que l’édifice soit une œuvre commune d’Israël et des États-Unis. En fait c’est une réalisation du génie militaire marocain à 100 %[48]. Ce mur provoque l'enlisement du conflit.

Ahmed Dlimi s’appuie sur ses trois colonnes blindées, Ouhoud, Arak et Zellaqa, fortes de 20 000 hommes chacune, pour creuser des sillons à travers le Sahara.

Août 1980, le premier mur est en construction, qui protège le triangle névralgique Boucraâ-Smara-Boujdour, ce mur sera construit en juin 1982 malgré plusieurs attaques du Polisario[15].

En 1982, la RASD est admise à l’Organisation de l’unité africaine (OUA), dont le Maroc se retirera deux ans plus tard[26].

En janvier 1983, Dlimi meurt d'un accident de voiture selon les sources marocaines mais d’après certaines sources il a été tué après avoir essayé d'organiser un coup d'État contre le roi Hassan II[49], ou parce qu'il était devenu trop puissant, ayant été de ce fait une menace pour la monarchie marocaine[50]. Hassan II charge Abdelaziz Bennani de remplacer Ahmed Dlimi au poste de commandant militaire de la zone sud, il peut également compter sur Driss Benaïssa, Mohamed Abrouk ou le colonel Britel pour terminer la construction du mur des sables[15].

Le 2 décembre 1985, l’assemblée générale de l'ONU adopte une résolution réaffirmant la nécessité de négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario. Perez de Cuellar est chargé de proposer des solutions de paix vu que l'OUA a échoué en acceptant le Front Polisario dans l'organisation[51].

En printemps 1986, des pourparlers indirects ont lieu entre le Maroc et le Front Polisario à New York, ils échouent en raison de divergences de fond sur le référendum, le Polisario exigeant le retrait des troupes et de l'administration marocaines avant la tenue de référendum[51].

En avril 1987, le sixième et dernier mur, celui qui longe la frontière avec la Mauritanie, est enfin terminé. Il protège aussi Tichla et Aousserd dans l’est de la province d’Oued Eddahab[15].

Après la construction du mur (1987-1991)[modifier | modifier le code]

En février, mars et novembre 1987, le Polisario effectue plusieurs raid le long du mur qui va maintenant de M’hamid El Ghizlane à Guergarat, à 55 km au nord de Lagouira, pour éprouver les défenses marocaines soumises à rude épreuve[15].

En novembre 1987, une commission technique de l'ONU, de dix-neuf experts visite le Sahara occidental pour y enquêter sur les conditions matériels d'un éventuel référendum[51].

Le 16 mai 1988, les relations diplomatiques entre le Maroc et l'Algérie se rétablissent[51].

Le Secrétaire général de l'ONU et l'envoyé spécial du Président de l'OUA présentent le 11 août 1988, au Ministre des Affaires étrangères du Maroc et aux représentants du Front Polisario, une solution de paix sous le concept "proposition de règlement dont l'objectif premier est l'organisation du référendum d'autodétermination"[52],[51]. Le 30 août 1988, le Maroc et le Front Polisario, accepte, ce "plan" et entame des rencontres[51].

le 11 décembre 1988, le Polisario abat un avion américain par erreur. Durant la même année une révolte ouverte a explosé dans les camps de Tindouf. Une de ses conséquences sera le ralliement de 6 membres de la direction du Polisario, dont Omar Hadrami[15].

Hassan II a confirmé, le 16 janvier 1989, aux dirigeants des principaux partis politiques marocains que le Maroc ne céderait "aucun pouce de son territoire"[53].

Depuis la construction du mur des sables, le Polisario tente toujours de s'adapter à des confrontations conventionnelles auxquelles le mur, désormais achevé, l’oblige. Ayoub opère par concentration de blindés. Les derniers combats significatifs auront lieu à Gueltat Zemmour, en octobre 1989, en janvier et en novembre 1990 où le Polisario laissera près de 100 morts sur le terrain[15].

En novembre 1989, le roi Hassan II reçoit une délégation du Polisario. La paix des braves n’aura pas lieu, le Polisario persistant à revendiquer l'indépendance alors que le Maroc ne veut accorder qu'une autonomie interne[51].

En mai 1991, le roi Hassan II et le président Chadli Bendjedid se réconcilient à Oran. Les frontières algéro-marocaines sont rouvertes. L'Algérie retire son appui militaire et financier au Polisario[54].

Un cessez-le-feu sera signé le 6 septembre 1991 entre les deux parties sous l'égide de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO).

Bilan[modifier | modifier le code]

La guerre du Sahara Occidental a causé plus de 16000 morts[55].

Maroc[modifier | modifier le code]

Les pertes marocaines entre 1975 et 1987 sont évalués à 7 000 morts[réf. nécessaire]. Mais selon le Polisario, les pertes de l'armée marocaine sont évaluées à 1/10 de son effectif. 40 000 soldats au moins se trouvent pratiquement cloués au sol dans le sud marocain, sur le territoire de la R.A.S.D. et en Mauritanie selon les responsables du Front Polisario[56]. Mais le bilan affirmé par le Front Polisario n'est pas vérifié. Lors du conflit 2 300 soldats marocains ont été faits prisonniers[réf. nécessaire]. Les pertes matérielles marocaines furent très sévères, la principale cause de ces grosse pertes fut que le Polisario ayant l'initiative du terrain, lança plusieurs attaques contre des garnisons isolées.

Mauritanie[modifier | modifier le code]

Lors du conflit, la Mauritanie eut plus de 2000 morts et beaucoup de prisonniers.

Polisario[modifier | modifier le code]

Les pertes du Polisario entre 1975 et 1987 sont estimées à 4 000 morts[réf. nécessaire]. Il faut noter aussi qu'entre 1976 et 1980 le Polisario eut de très grands succès en harcelant les troupes marocaines et mauritaniennes mais après la construction du mur des sables par le Maroc, il eut un grand changement de situation et lors des attaques du Polisario contre le mur, l’armée populaire de libération sahraouie eut de très grandes pertes comme par exemple en octobre 1989, en novembre 1990 et en janvier 1990, le Polisario laissera près de 100 morts à Gueltat Zemmour[15].

Plus de 152 combattants du Polisario ont été capturés au cours de l'opération de " ratissage " lancée au Sahara Occidental par les troupes maroco-mauritaniennes, du 1er août au 1er septembre dernier[Quand ?], au lendemain du traité de défense commun qui lie la Mauritanie au Maroc[56].

Depuis le cessez-le-feu (1991-)[modifier | modifier le code]

Déploiement de la Minurso au Sahara occidental

Après le cessez-le-feu du 6 septembre 1991, la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) installe son quartier général à Laâyoune[4]. Plusieurs tentatives de référendum ont également lieu mais ont toutes échoué mais dès l'arrivée de Kofi Annan au Secrétariat général en janvier 1997, il permet de relancer le processus de paix. Kofi Annan nomme James Baker, ancien Secrétaire d'État américain, comme envoyé personnel pour le Sahara occidental. James Baker a à deux reprises tenté de faciliter un compromis autour du concept d’autonomie[57]. Le premier en 2000 qui offre une large autonomie locale dans le cadre de l'État marocain, dont les compétences seraient limitées à la défense et aux affaires étrangères. Ce plan est accepté par le Maroc, mais rejeté par le Polisario et l'Algérie et le second en 2003 qui prévoit l'établissement d'une Autorité du Sahara occidental pour cinq ans, puis la tenue du référendum auquel les Marocains non originaires du Sahara occidental participeraient et auquel la nouvelle option d'une « autonomie permanente » figurerait. Le plan est approuvé unanimement par le Conseil de sécurité sous la condition de son acceptation par toutes les parties. Il est refusé par le Maroc car il compromet son intégrité territoriale. Suite à ce refus, James Baker démissionne en juin 2004.

Rassemblement de troupes du Front du Polisario en 2005.

Depuis la démission de James Baker en juin 2004, l'ONU fait face à une impasse en effet car elle doit trouver une solution qui serait acceptée par le Front Polisario et le Maroc. Plusieurs débats et événement ont lieu depuis comme par exemple le 8 novembre 2010 à Laâyoune lorsque les forces marocaines de la gendarmerie marocains et des forces auxiliaires tentent de démanteler le camp Gdim Izik mais ils font face à des émeutiers ce qui a engendré des combats[58].

Statut de la RASD et du Maroc[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Statut du Sahara occidental.

Reconnaissance de la RASD[modifier | modifier le code]

La République arabe sahraouie démocratique (RASD) est membre de l'Union africaine depuis 1982 mais n'est reconnue actuellement ni par l'Organisation des Nations unies (ONU), ni par la Ligue arabe, ni par l'Union du Maghreb arabe, ni par l'Organisation de la conférence islamique ni par aucun pays occidental ou membre permanent dans le Conseil de sécurité des Nations unies.

La majorité des États reconnaissant la RASD sont africains ou sud-américains. Plus de 80 pays ont reconnu la RASD au long de l'Histoire.

Un rapport remis au Parlement européen en 2002 indique la RASD était reconnue par 54 États à travers le monde[59], et 72 l'ont reconnue à un moment ou à un autre.

Selon une déclaration du Brahim Ghali, ambassadeur sahraoui à Alger, 85 États reconnaissent officiellement la RASD en août 2008[60].

D'après le « portail du Sahara marocain », 32 pays reconnaissent la RASD en 2008[61].

Reconnaissance de la souveraineté du Maroc[modifier | modifier le code]

Drapeau du Maroc

Dans un rapport publié en 2006 par Kofi Annan, alors secrétaire général des Nations unies, il est indiqué qu'aucun État membre de l'ONU ne reconnaît la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental[62].

Une trentaine de pays ont soutenu l'intégrité territoriale du Maroc.

En 2002, un document de l'ONU qualifie pour la première fois le Maroc de « puissance administrante »[63] ce qui l'autoriserait à exploiter les ressources naturelles du territoire[64] mais cette qualification n'a jamais été autorisée par l'Assemblée générale des Nations unies et n'est pas portée sur la liste des territoires non autonomes tenue par l'ONU.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) The Sahara War 1975-1991
  2. (es) El misterio de la guerra del Sáhara
  3. (Barry Rubin, p. 209)
  4. a, b et c Dominique Lagarde et Mohamed Larhdaf Eddah, « Sahara: le conflit ensablé », L'Express,‎ 18 octobre 2001
  5. (Mamadou Aliou Barry, p. 62)
  6. (Erik Jensen, p. 25)
  7. a et b (Attilio Gaudio, p. 53)
  8. (Sophie Caratini, p. 249)
  9. a et b 30 juin 1958, Fin du conflit d'Ifni entre le Maroc et l'Espagne
  10. a et b (C. R. Pennell, p. 336)
  11. (Maurice Barbier, p. 16)
  12. (Maurice Barbier, p. 17)
  13. a, b, c et d Sahara Occidental, Histoire, chp 8, page 2[non neutre]
  14. (Maurice Barbier, p. 18)
  15. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y et z La vérité sur la guerre du Sahara
  16. a, b, c et d (en) NORTH AFRICA: Shadowy War in the Sahara
  17. a, b, c et d (en) Westinghouse Backs King Hassan's Desert War
  18. a, b et c (en) SAHARA FOES MOVE TO END THEIR WAR
  19. (es) Marruecos incrementa su presencia en Mauritania
  20. (en) With the Polisario Front of Sahara
  21. (Aguirre, p. 193)
  22. Larousse, Sahara occidental anciennement Sahara espagnol
  23. a et b Historiens et géographes, Numéros 339 à 340, p96
  24. Sahara Occidental, Histoire, chp 8, page 5[non neutre]
  25. Sahara Occidental, Histoire, chp 9, page 4[non neutre]
  26. a, b, c, d et e « Origines, enjeux et pespectives de paix du conflit du sahara occidental », sur irenees
  27. (Sophie Caratini, p. 251)
  28. (Mercer 1976, p. 505)
  29. a et b Sahara Occidental, Histoire, chp 6, page 3[non neutre]
  30. (Attilio Gaudio, p. 54)
  31. Avis consultatif du 16 octobre 1975
  32. Sahara Occidental, Histoire, chp 6, page 2[non neutre]
  33. Les accords de Madrid
  34. Sahara Occidental, Histoire, chp 8, page 3[non neutre]
  35. (Maurice Barbier, p. 185)
  36. (Abdelhak El Merini, p. 421)
  37. (Maurice Barbier, p. 189)
  38. a et b Sahara Occidental, Histoire, chp 8, page 4[non neutre]
  39. Sahara Occidental, Histoire, chp 9, page 3[non neutre]
  40. a, b et c Historiens et géographes, Numéros 339 à 340, p94
  41. Amicale de la 11e escadre de Chasse
  42. Historiens et géographes, Numéros 339 à 340, p95
  43. Historiens et géographes, Numéros 339 à 340, p97
  44. a et b (C. R. Pennell, p. 366)
  45. Les nouveaux renards du désert
  46. Sahara Occidental, Histoire, chp 8, page 6[non neutre]
  47. Sahara Occidental, Histoire, chp 9, page 5[non neutre]
  48. Le mur de sable. L’œuvre de Abdelaziz Bennani
  49. (en) Exit Hasan of Morocco: west mourns the death of another loyal servant
  50. (en) The Morocco of Muhammad VI, The Estimate 30 juillet 1999
  51. a, b, c, d, e, f et g (Attilio Gaudio, p. 70)
  52. Vers l'indépendance contre le chaos[non neutre]
  53. AFP, 16 janvier 1989
  54. (Attilio Gaudio, p. 71)
  55. En nombre de morts, le conflit du Sahara occidental occupe le 66e rang
  56. a et b Sahara Occidental, Histoire, chp 9, page 2[non neutre]
  57. Sahara occidental : Sortir de l'impasse
  58. Sahara Occidental : tension après les émeutes
  59. Rapport de la Présidente de la délégation ad hoc Sahara occidental, Mme Catherine Lalumière, vice-présidente du Parlement européen, 2002, lire en ligne
  60. http://www.spsrasd.info/fr/detail.php?id=2315
  61. http://www.saharamarocain.net/modules/smartsection/item.php?itemid=62
  62. Document S/2006/249, Report of the Secretary-General on the situation concerning Western Sahara lire en ligne. « Le Conseil de sécurité ne serait pas à même d’inviter les parties à mener des négociations concernant l’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine, car ce libellé impliquerait la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ce qui était hors de question tant qu’aucun membre de l’Organisation des Nations unies n’aurait reconnu cette souveraineté. »
  63. (en) Rapport S/2002/178 du secrétaire général concernant la situation au Sahara occidental (ONU)
  64. (en) UN deems Morocco as Western Sahara's administrative power, The Guardian (Australie), 13 juin 2003

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La population à Lâayoune et à Villa Cisneros en 1970 était de 30 740 habitants sans compter Smara
  2. Ahmed Dlimi meurt mystérieusement, selon le Maroc lors d'un accident et selon d'autres sources parce qu'il a essayé d'organiser un coup d’état ou parce qu'il était devenu trop puissant, ayant été de ce fait une menace pour la monarchie marocaine

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Francophone[modifier | modifier le code]

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  • (fr)Sahara occidental, une colonie en mutation, Paris, L'Harmattan,‎ 2008, 154 pages p. (ISBN 978-2-296-06105-7)
  • (fr) Dominique Lagarde, Mohamed Larhdaf Eddah, Baya Gacemi, « Sahara : le conflit ensablé », L'Express,‎ 18 octobre 2001
  • (fr) Cour internationale de justice, Avis consultatif du 16 octobre 1975 sur le Sahara occidental
  • (fr) Abdelhak El Merini, L'armée marocaine à travers l'Histoire, Rabat, Dar Nachr Al Maârifa,‎ 2000, 586 p. (ISBN 9981-808-42-3) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Sophie Caratini,, La république des sables : anthropologie d'une révolution, Paris, L'Harmattan,‎ 2003, 266 p. (ISBN 2-7475-4337-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (fr) Khadija Mohsen-Finan,, Sahara occidental: les enjeux d'un conflit régional, Paris, CNRS éditions,‎ 1997, 229 p. (ISBN 9782271055149)
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Anglophone[modifier | modifier le code]

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  • (en) C. R. Pennell, Morocco since 1830, New York, New York University Press,‎ 2000 (ISBN 0-8147-6676-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
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  • (en) John Mercer, Spanish Sahara, Londres, George Allen & Unwin Ltd,‎ 1976 (ISBN 0-04-966013-6)

Hispanophone[modifier | modifier le code]

  • (es) José Ramón Diego Aguirre, Guerra en el Sáhara, Ediciones Istmo,‎ 1991, 386 p. (ISBN 9788470902529) Document utilisé pour la rédaction de l’article