Henri de Bonnechose

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Henri de Bonnechose
Image illustrative de l'article Henri de Bonnechose
Orant du cardinal de Bonnechose, dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen
Biographie
Naissance
Paris (France)
Ordination sacerdotale
Décès
Rouen (France)
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Pie IX
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de Saint-Clément
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
cardinal Antonio Francesco Orioli
Archevêque de Rouen
18581883
Précédent Louis Blanquart de Bailleul Léon-Benoit-Charles Thomas Suivant
Évêque d'Évreux
18551858
Précédent Nicolas-Théodore Olivier Jean-Sébastien Devoucoux Suivant
Évêque de Carcassonne
18481854
Précédent Joseph-Julien de Saint-Rome Gualy François-Alexandre Roullet de La Bouillerie Suivant

Blason
fide ac virtute
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Henri-Marie-Gaston Boisnormand de Bonnechose, né à Paris le , mort à Rouen le , est un homme d'Église français, archevêque de Rouen et cardinal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Début de carrière dans la magistrature[modifier | modifier le code]

Henri naît le à Paris. Son père est français tandis que sa mère est néerlandaise[1].

Il passa sa jeunesse à Bruxelles puis à Nimègue où son père avait été nommé sous-préfet. La chute de l'Empire le conduit à Yvetot et il fait ses études à Rouen puis à Paris. Protestant, il se convertit au catholicisme à 18 ans et baptisé sub conditionem le [1].

Après la licence en droit obtenue à Paris le , il est nommé substitut aux Andelys en janvier 1823 mais quitte cette ville pour exercer les mêmes fonctions à Rouen. Le , il devient procureur du roi à Neufchâtel-en-Bray puis est nommé substitut du procureur général à la Cour royale de Bourges le . Il n'y reste que quelques mois pour devenir Avocat général à la Cour de Riom le [1]. Le , grâce à l'archevêque Louis François Auguste de Rohan-Chabot, il entre à la Cour de Besançon comme premier avocat général. Il donne sa démission le pour entrer dans la communauté de l'abbé Bautain à Strasbourg.

Carrière ecclésiastique[modifier | modifier le code]

Le , il est ordonné sous-diacre et reçoit le diaconat le . Le , il devient prêtre et célèbre sa première messe le 29 décembre dans l'église Saint-Pierre-le-Vieux[1].

Après quelques années consacrées à l'enseignement au collège de Juilly, le gouvernement de Louis-Philippe l'envoie à Rome comme recteur de Saint-Louis des Français (1844-1847)[1]. C'est là qu'il reçoit l'ordonnance royale le nommant évêque de Carcassonne. Élu le , il est consacré le 30 janvierà l'église Saint-Louis des Français de Rome par le cardinal Antonio Francesco Orioli, assisté de Girolamo D'Andrea, archevêque de Mélitène et Domenico Lucciardi, archevêque de Damas[1]. Il ne pourra rejoindre son siège que 24 mai. Il y est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1852. Le climat du midi ne lui convenant pas, il est transféré à Évreux le [1] qu'il rejoint le 31 mai. Pour quelques années seulement, puisqu'il est nommé archevêque de Rouen par Napoléon III le et promu le 18 mars[1].

Le cardinalat[modifier | modifier le code]

En 1863, il est nommé officier de la Légion d'honneur. Il est créé cardinal-prêtre lors du consistoire du tenu par le pape Pie IX. Le 14 janvier 1864, il reçoit la barrette cardinalice des mains de l'Empereur dans la chapelle des Tuileries. Il reçoit le chapeau rouge et le titre de S. Clemente le [1]. Sa nouvelle dignité lui donne accès au Sénat du Second Empire où il interviendra fréquemment. En 1869, il est promu commandeur de la Légion d'honneur[2].

L'occupation de Rouen par l'armée prussienne lui donna l'occasion de renouer avec la tradition de l'évêque defensor civitatis (défenseur, protecteur de la cité).

Auparavant, il avait été l'un des Pères du premier concile du Vatican et soutiendra le dogme de l'infaillibilité pontificale.

Il observa une stricte neutralité pendant les débats qui amèneront l'établissement de la IIIe République, ce qui ne l'empêcha pas de faire de nombreuses démarches notamment auprès de Jules Grévy.

En 1865, il procéda à la translation, du fort de Braine (près de Soissons) à Rouen, des reliques de Saint Victrice (évêque de Rouen), qui avait été soustraites et protégées des invasions normandes au IXe siècle.

En 1878, il participa au conclave de 1878 au cours duquel fut élu le pape Léon XIII.

Décès et monument funéraire[modifier | modifier le code]

En 1883, il se rendit une dernière fois à Rome mais, pris d'un malaise le 16 octobre à la gare Saint-Lazare, il mourut le 28 octobre suivant. Ses obsèques furent célébrées le 6 novembre ; c'était la dernière fois qu'un cardinal français recevait l'hommage des pouvoirs publics. Mgr François-Nicolas Besson, évêque de Nîmes, vint prononcer une oraison funèbre à Rouen le 13 décembre[3].

Mgr de Bonnechose avait demandé à être représenté à genoux, tourné vers le maître-autel de la chapelle Saint-Pierre-Saint-Paul où avait été élu sa sépulture. L'œuvre est celle du sculpteur Henri Chapu. Il réalise une maquette à la fin 1889 qu'il expédie à Carrare. Il meurt sans pouvoir achever la traine de la cappa-magna. La statue est exposée au Salon de 1891 puis est mise en place. Le monument, dont le piédestal est l'œuvre d'Edmond Bonet, est inauguré le [4]. Assise sur le socle, une grande statue de bronze, réalisation de Carlus, représentait la « France chrétienne ». Après guerre, seul l'orant de marbre blanc a été conservé et placé à l'entrée de la chapelle de la Vierge[5]. On peut lire sur le socle l'épitaphe :

« HENRICVS.CARD.DE.BONNECHOSE.ARCHIEP.ROTOMAG.NORMANN.PRIMAS
DIOCESIN.INFANDO.TEMPORE.INSOLENTI.ADFLICTAM.TRIBUTO.SVBLEVAVIT
OBIIT.V.KAL.NOV.M.DCCC.LXXXIII.FIDE.AC.VIRTVTE.INSIGNIS »

Représentation[modifier | modifier le code]

Le musée des beaux-arts de Rouen conserve le Portrait en pied de Monseigneur de Bonnechose (1859) par Alexandre-Amédée Dupuy Delaroche. Jean de La Varende l’a mis en scène, dans quelques passages de son roman, Le Centaure de Dieu.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i The Cardinals of the Holy Roman Church: Consistory of December 11, 1863 (XIV)
  2. « Notice no LH/284/67 », base Léonore, ministère français de la Culture
  3. "La Semaine religieuse du diocèse de Tulle", 12 janvier 1884, no 2, p. 26.
  4. Léon Alfred Jouen (chanoine) (préf. André du Bois de La Villerabel), La cathédrale de Rouen, Rouen et Paris, Defontaine / Aug. Picard,‎ , LXXIV Pl. - 166 p., « XI - De la Révolution à nos jours (1791-1931) », p. 147
  5. Anne-Marie Carment-Lanfry et Jacques Le Maho (préf. Jacques Le Maho), La cathédrale Notre-Dame de Rouen : édition revue et complétée par Jacques Le Maho, Mont-Saint-Aignan, Publications des Universités de Rouen et du Havre (réimpr. 2010) (1re éd. 1977), 312 p. (ISBN 978-2-87775-477-4), « La chapelle de la Vierge - Tombeau du cardinal de Bonnechose », p. 185

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Henri Congnet, Notice sur la translation des reliques de Saint Yved et Saint Victrice en la ville de Braine, Paris, 1865
  • Mgr Besson, Vie du cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, 2 vol., Retaux, Paris, 1887
  • Émile de Marcère, Le Cardinal de Bonnechose et la société contemporaine, Paris, Nouvelle Revue, 1887, 56 p.

Article connexe[modifier | modifier le code]