Frédéric Fuzet

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Frédéric Fuzet
Image illustrative de l'article Frédéric Fuzet
Gisant dans la chapelle Jeanne-d'Arc de la cathédrale de Rouen.
Biographie
Naissance 9 septembre 1839
Laudun (France)
Ordination sacerdotale 21 mai 1864
à la cathédrale de Nîmes (France)[1]
Décès 20 décembre 1915
Rouen (France)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 1887
Archevêque de Rouen
18991915
Précédent Guillaume-Marie-Romain Sourrieu Louis-Ernest Dubois Suivant
Évêque de Beauvais
18931899
Précédent Joseph-Maxence Péronne Marie-Jean-Célestin Douais Suivant
Évêque de La Réunion
18871893
Précédent Joseph Coldefy Jacques-Paul-Antonin Fabre Suivant

Blason
Plus veux servir que briller
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Frédéric Fuzet (Laudun, 9 septembre 1839Rouen, 20 décembre 1915) est un ecclésiastique français, prêtre puis évêque et archevêque. Il a également écrit plusieurs ouvrages historiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études au grand séminaire de Nîmes, Frédéric Fuzet est ordonné prêtre en 1864. Il est alors nommé vicaire à Beaucaire, puis professeur d'histoire ecclésiastique à la faculté catholique de Lille de 1876 à 1883. C'est alors qu'il publie sa thèse, Les jansénistes du XVIIe siècle et leur dernier historien, M. Sainte-Beuve. Il s'y montre violemment antijanséniste. Le livre n'a pas grand succès.

En 1884, l'abbé Fuzet est nommé curé de Villeneuve-lès-Avignon. Il fait effectuer des fouilles dans l'église de l'ancienne chartreuse, dévastée à la Révolution. Il y retrouve notamment la dépouille d'Armand de Bourbon-Conti (1629-1666). Ce prince du sang, frondeur notoire (il est le frère de la duchesse de Longueville et du prince de Condé), est également le premier protecteur officiel de Molière, avant de rejoindre le mouvement janséniste. Son épitaphe, rédigée par Pierre Nicole, est restaurée par l'abbé Fuzet. La dépouille du prince de Conti, elle, sera inhumée à Port-Royal des Champs en 1906, toujours à l'initiative de l'abbé Fuzet[2].

Après quelques années de cure paroissiale, l'abbé Fuzet est nommé évêque de La Réunion en octobre 1887. Ses détracteurs disent de lui qu'il a la « fièvre violette », c'est-à-dire qu'il a cherché à tout prix à devenir évêque. En effet, politiquement, Frédéric Fuzet a tout pour plaire aux dirigeants de la IIIe République : il se déclare républicain sans ambiguïtés et fait part sans détours à son préfet qu'il est prêt à être un bon évêque républicain. En ces temps où la République est détestée par les catholiques pour son anticléricalisme, alors que le pape Léon XIII n'a pas encore demandé aux catholiques français de se rallier au régime, cette position est assez inattendue et suscite la polémique. Les catholiques conservateurs s'insurgent et pensent que Mgr Fuzet est allié aux francs-maçons, les républicains anticléricaux se méfient de cet ecclésiastique trop favorable à la République[3].

Pour Jacques-Olivier Boudon, « La volonté de l'éprouver en l'envoyant dans un diocèse colonial est évidente. Mais surtout, le cas Fuzet montre la méfiance de l'administration des cultes à l'égard des ecclésiastiques désireux de profiter du nouvel ordre politique pour s'élever dans la hiérarchie. » Son épiscopat à La Réunion se termine mal : c'est avec l'hostilité de la majorité de son clergé qu'il quitte l'île en mars 1893. Il est alors nommé évêque de Beauvais, où les campagnes de presse hostiles se multiplient. Il est accusé de tous les maux, y compris de piller les objets religieux dans les églises de son diocèse !

En 1899, il est nommé archevêque de Rouen, et ce jusqu'à sa mort en 1915. Son épiscopat y est plus apaisé. Son attitude lors de la Séparation des Églises et de l'État en 1905-1906 est saluée par les catholiques, jusqu'au pape Pie X.

Décès et monument funéraire[modifier | modifier le code]

Lorsqu'éclate la Première Guerre mondiale, il adhère sans réserve à l'« Union sacrée », mais il succombe à une crise cardiaque le 20 décembre 1915. Il est enterré dans la chapelle Jeanne-d'Arc de la cathédrale de Rouen, où il s'était réservé un caveau funéraire dans un enfeu et où il souhaitait être représenté en gisant. Son effigie, taillée dans un bloc de pierre de Lens (Gard), est l'œuvre du sculpteur Gauquié[4]. Réalisé dans le style du XIIIe siècle, il repose sur un socle du sculpteur rouennais Foucher[5].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Ses armes sont: d'azur, à trois fusées d'artifice d'or, au chef cousu de gueules, chargé de trois étoiles d'or[6].

Quelques ouvrages de Mgr Fuzet[modifier | modifier le code]

  • Frédéric Fuzet, Les Jansénistes du XVIIe siècle: leur histoire et leur dernier historien, M. Sainte-Beuve, Paris, Bray et Retaux, 1876, 480 p.
  • Frédéric Fuzet, Les Mutualités ecclésiastiques, Rouen, 1908, 15 p.
  • Frédéric Fuzet, Pétrarque en Provence, pays d'Oc et d'ailleurs : ses voyages, ses amis, sa vie chrétienne, Arles, 1989 (réimpression), 471 p.
  • Ne sont pas répertoriés ici les nombreuses allocutions, discours, instructions pastorales, préfaces d'ouvrages etc., qui sont visibles sur le site de la Bibliothèque nationale de France

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. FUZET Edmond Frédéric sur Cths
  2. Sur ce passage, voir Adrienne Charmet-Alix, « L'Enterrement mystérieux du prince de Conti à Port-Royal des Champs en 1906 », in Chroniques de Port-Royal no 57, 2007, p. 253-270.
  3. Il écrit ainsi au préfet de l'Allier : « Le gouvernement poursuit avec raison l'unité morale du pays ; il l'atteindrait plus vite s'il donnait une tête aux membres du clergé qui partagent nos idées. Je suis persuadé en effet que, si un évêque se rangeait ouvertement et résolument sous le drapeau républicain, il serait bientôt suivi du plus grand nombre. » Le préfet de l'Allier transmet cette lettre au sous-secrétaire d'État chargé des Cultes, avec cette analyse : « Il me semble qu'il y aurait quelque chose à faire de cet homme, évidemment sans scrupules, mais qui ne manque pas d'esprit, surtout de l'esprit d'intrigue. Peut-être après tout est-il sincère. En tout cas, on le tient par ses lettres et par le mémoire qu'il vous a envoyé. On pourrait à la rigueur lui faire signer sa démission en blanc. » in Jacques-Olivier Boudon.
  4. Léon Alfred Jouen (chanoine) (préf. André du Bois de La Villerabel), La cathédrale de Rouen, Rouen et Paris, Defontaine / Aug. Picard,‎ 1932, LXXIV Pl. - 166 p., « XI - De la Révolution à nos jours (1791-1931) », p. 148
  5. Anne-Marie Carment-Lanfry et Jacques Le Maho (préf. Jacques Le Maho), La cathédrale Notre-Dame de Rouen : édition revue et complétée par Jacques Le Maho, Mont-Saint-Aignan, Publications des Universités de Rouen et du Havre (réimpr. 2010) (1re éd. 1977), 312 p. (ISBN 978-2-87775-477-4), « Le transept - Chapelle Sainte-Jeanne d'Arc (croisillon sud) », p. 137
  6. Arnaud Bunel, Armorial illustré des Archevêques de Rouen, v.1.1, 2010.

Sources biographiques[modifier | modifier le code]

  • Jacques-Olivier Boudon, L'Épiscopat français à l'époque concordataire. 1802-1905, Origines, formation, nomination, Cerf, 1996, 589 p., Tome 9 de l’Histoire religieuse de la France, Jean-Marie Mayeur (dir.).