Mauger de Rouen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Mauger de Rouen
Biographie
Naissance après 1017
Décès avant 1060
île de Guernesey
Évêque de l’Église catholique
Archevêque de Rouen
1037 – mai 1055
Précédent Robert II de Normandie Maurille de Rouen Suivant

Mauger de Rouen (en latin : Malgerius[1]), né après 1017[2] - † avant 1060) est un archevêque normand de Rouen (1037-1055), capitale du duché de Normandie.

Famille[modifier | modifier le code]

Mauger de Rouen est le fils du duc de Normandie Richard l'Irascible et d'une « frilla » (concubine à la manière danoise) du nom de Papia[1] († après 1047), issue d'une famille du Talou.

Selon Ordéric Vital, il eut un fils nommé Michel († après 1127), un chevalier brave et digne, aimé et traité avec honneur dans sa vieillesse par le roi Henri Beauclerc[3] comme « probatum militem et legitum »[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Membre important des « Richardides », il devient l'un des adversaires les plus acharnés de son jeune neveu Guillaume le « Bâtard », duc de Normandie depuis 1035, et contesté par de nombreux barons normands et par la majeure partie des Richardides.

En 1037, malgré son jeune âge[5], Mauger devient archevêque de Rouen, capitale du duché, et succède à un autre richardide, son oncle Robert le Danois, comte d'Évreux[1].

Entre 1052 et 1054, l'archevêque Mauger se conduit comme un prince rebelle[4]. Peu après la défaite et le bannissement de son frère Guillaume de Talou, comte d'Arques, et la victoire du duc Guillaume à la bataille de Mortemer, Mauger est déposé au concile de Lisieux[4] en mai 1055, en présence d'Hermenfroi, évêque de Sion et légat du pape[1]. En effet, non seulement le duc Guillaume tient à affirmer son pouvoir et à éliminer ses opposants, en particulier les Richardides mais en plus, il fait entreprendre de nombreuses réformes concernant l'Église normande, s'opposant notamment à ce que les prêtres entretiennent ouvertement des concubines. Mauger, qualifié de débauché[6] et d'ivrogne, accusé d'entretenir des concubines et de s'opposer constamment au pouvoir du duc, est condamné au ban avant d'être envoyé sur l'île de Guernesey[7],[1], où il meurt noyé, alors qu'il est ivre[8]. Il ne faut toutefois pas le dénigrer totalement car il a convoqué un concile à Rouen qui condamna la simonie avant que le pape ne lance sa réforme depuis Reims[4]. Il est inhumé à Cherbourg[1].

Selon l'écrivain normand Wace, Mauger, qui pratiquait la magie, avait un lutin nommé Toreit (ou Toret, Thoret, Thouret) qui obéissait à son commandement mais que personne ne pouvait voir (Plusors distrent por vérité, Ke un déable aveit privé, Ne sai s esteit lutin u non, Ne sai nient de sa façon, Toret se feseit apeler, E Toreit se feseit nomer, E quant Maugier parler voleit, Toret apelout si veneit, Plusors les poeient oïr, Maiz nus d els nés poet véir.)[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Pierre Bouet et François Neveux, Les évêques normands du XIe siècle : Colloque de Cerisy-la-Salle (30 septembre - 3 octobre 1993), Caen, Presses universitaires de Caen,‎ 1995, 330 p. (ISBN 2-84133-021-4), « Les évêques normands de 985 à 1150 », p. 19-35
  2. L'union entre son père le duc Richard et sa mère Papie se contracte peu après la mort de Judith de Bretagne, première épouse du duc, en 1017
  3. Ordéric Vital, Vol. III, Livre V, p. 87
  4. a, b, c et d David Douglas (trad. Marie-Liliane de Bouard), « Les évêques de Normandie (1035-1066) », Annales de Normandie,‎ mai 1958, p. 87-102
  5. Il n'a pas plus de 20 ans
  6. Selon Ordéric Vital, Vol. III, Livre V, p. 87
  7. Guillaume de Jumièges, VII.24, p. 207
  8. Princes malheureux qui sont venus à Cherbourg, M. Ragonde, Saint-Lô : Impr. de J. Élie, 1831. 17 pages
  9. Wace, Roman de Rou, T. II, v. 9713

Sources[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jules Thieury, Armorial des archevêques de Rouen, Imprimerie de F. et A. Lecointe Frères, Rouen, 1864, p. 46

Liens externes[modifier | modifier le code]