Gothic metal

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Gothic Metal

Origines stylistiques Doom metal
Heavy metal
Musique gothique
Origines culturelles Drapeau de l’Union européenne Europe; au début des années 1990
Drapeau des États-Unis États-Unis
Instruments typiques Guitare
Basse
synthétiseur
Batterie
parfois violon ou alto
Scènes régionales Drapeau de l’Union européenne Europe en général
Drapeau de la Norvège Norvège en particulier
Voir aussi Doom metal
metal symphonique
musique gothique
Heavenly Voices

Genres dérivés

metal symphonique

Genres associés

Doom metal
metal symphonique

Le gothic metal (aussi appelé goth metal ou metal gothique) est un genre musical se trouvant à la croisée du Doom-Death, du heavy metal et de la musique gothique[1]. Il s'est développé au début des années 1990 en Europe et aux États-Unis. La définition et la nature de ce genre sont complexes et souvent sujettes à confusions. En effet, la méconnaissance du grand public vis-à-vis de la culture gothique originelle a favorisé certains amalgames et des glissements de sens: il est ainsi fréquent que le metal soit confondu avec la musique gothique. Ce sont pourtant des styles de musique qui sont complètement différents. (Voir à ce sujet la section consacrée à cette question.)

Par ailleurs, il y a également confusion fréquente quant aux caractéristiques stylistiques même du gothic metal. À l'origine le gothic metal se définissait comme une forme de doom metal empruntant certains aspects à la musique gothique[2] notamment l'inclusion de voix féminines éthérées.(voir à ce sujet le chapitre consacré à cette question). Ce sont des groupes précurseurs du genre comme Paradise Lost, Theatre of Tragedy ou Type O Negative qui à l'origine furent les premiers à être désignés comme étant des groupes de gothic metal[2]. Le gothic metal ayant contribué à populariser l'utilisation de voix féminines, on en a ensuite parfois déduit de façon erronée que tout groupe de metal à chanteuse faisait du « gothique ». (Voir à ce sujet la section consacrée à cette question.)

L'amalgame s'étant généralisé, la notion de gothic metal est devenue avec le temps un terme large et indéfini désignant n'importe quel groupe se caractérisant par la présence d'une chanteuse et une certaine mélodicité. De fait, sont parfois classés comme « gothic metal » des groupes de metal symphonique comme Nightwish, After Forever ou Epica ou de rock alternatif comme Evanescence qui pourtant ne s'inspirent pas ou peu de la musique gothique originelle[1]. Certains chroniqueurs ont donc parfois voulu rappeler ce qu'était censé être vraiment le gothic metal. C'est notamment le cas de l'article "Defining Gothic Metal: The Truth And Lies Of The Scene" qui cherche à dissiper les malentendus et insiste sur le fait que seules les musiques metal s'inspirant vraiment de la musique gothique originelle pouvaient être qualifiées de gothic metal[1]. (Voir à ce sujet la section consacrée à cette question.)

Confusion entre metal et mouvement gothique[modifier | modifier le code]

Gothique avec collier à pointes et piercings

En raison de nombreuses confusions, il faut préciser que le gothic metal ne fait pas partie à proprement parler des genres rattachés à la musique gothique d'origine. Il y a en effet une confusion fréquente de la part du public entre le metal et le mouvement gothique. Il s'agit pourtant bien de deux mouvements distincts, là où le heavy metal a développé ses innombrables sous-genres, le mouvement gothique a aussi développé ses propres genres musicaux spécifiques: le rock gothique, la coldwave, la darkwave, le death rock et la batcave ; des styles qui ne sont absolument pas liés au metal à l'origine. En fait les styles gothiques descendent généralement du post-punk et de la new wave, alors que le gothic metal descend du doom metal. Ils n'ont donc pas du tout les mêmes racines et ont très peu de parentés.

En fait, la confusion entre ces deux mouvements provient du fait que certains groupes de metal (tout particulièrement de doom-death) au début des années 1990 se sont inspirés de certains éléments de la musique gothique pour la mélanger avec leurs propres bases metal, ce qui a engendré le gothic metal. Mais c'est un genre qui n'est pas officiellement reconnu à proprement parler comme musique gothique pour la communauté gothique, bien que souvent appréciée par les gothiques. Ainsi, le gothic metal ne doit pas être considéré comme un genre lié, en premier lieu, au mouvement gothique, il s'agit seulement d'un sous-genre du metal s'inspirant plus ou moins librement d'éléments gothiques [3].

Caractéristiques générales du gothic metal[modifier | modifier le code]

Contrairement à une idée reçue le goth metal ne se définit pas nécessairement par un simple recours à un chant féminin, même si c’est un trait fréquent : tous les groupes de gothic metal n’ont pas nécessairement recours au chant féminin. Et tous les groupes de metal ayant recours au chant féminin ne sont pas nécessairement du gothic metal. Comme le remarque Liv Kristine (ex-chanteuse de Theatre Of Tragedy, un des groupes pionniers et fondateurs du gothic metal[4]), l'étiquette « gothique » est souvent mal comprise : elle souligne que ce n'est pas parce qu'un groupe a recours au chant féminin que cela en fait forcément un groupe de gothique[5].

L’esthétique du gothic metal ne répond pas non plus nécessairement à une filiation directe avec le rock gothique ou du post-punk (voir plus bas le paragraphe qui se consacre à cette question). Néanmoins beaucoup de groupes pionniers du gothic metal affichaient des influences plus ou moins marquées avec les différentes formes de musique gothique des années 1980 (Rock gothique, Darkwave, Deathrock et l'ethereal wave)[6]. Mais à la base une grande partie des groupes de metal gothique proviennent de la scène doom metal[1].

Bien que pouvant varier d’une tendance à l’autre, les caractéristiques générales du gothic metal se définissent avant tout dans la façon dont la musique tend à connoter une atmosphère contrastée tintée à la fois de mélancolie, de douceur d’une part et d’un caractère plus ou moins agressif et morbide d’autre part. On parle parfois de romantisme sombre pour définir ce type atmosphère.

Les différentes tendances[modifier | modifier le code]

Nick Holmes, chanteur de Paradise Lost

À l'origine, le terme "gothic" est entré dans le sphère du metal avec l'album Gothic (1991) des Britanniques de Paradise Lost. Bien qu'à l'origine leur musique était encore centré sur le doom-death, leur approche s'oriente vers une esthétique imprégnée d'influences gothiques[7].

On peut distinguer trois grandes tendances dans le metal gothique : Le doom gothic, le gothic metal mélodique et la tendance d'inspiration gothrock/electro. Mais comme dans tout style il n’y a souvent pas de délimitation hermétique stricte.

À l'origine le metal gothique descend du doom metal, ce sont en effet des groupes à base doom qui ont commencé à tinter leur musique d'influences gothiques[2] souvent pour renforcer le caractère atmosphérique de leur musique. Parmi les précurseurs on cite Paradise Lost, Type O Negative, The 3rd and the Mortal et Theatre of Tragedy[2]. Le groupe Celtic Frost et The Gathering, bien que ne pouvant pas être considérés comme gothiques ont eu aussi une grande influence sur le développement du genre. En 1987, avec son album Into the Pandemonium, Celtic Frost fut un des premiers groupes à s'inspirer directement de groupes new wave ayant évolué ensuite vers le rock gothique, comme Bauhaus, Siouxsie and the Banshees et Wall of Voodoo[8]. Il fut l'un des premiers groupe à alterner entre chant masculin et féminin, repris plus tard par Paradise Lost et finalement systématisé par the Gathering et Theatre of Tragedy. Le gothic metal vit donc le jour sous la forme du metal mélangeant le doom et le gothique. Par la suite le metal gothique s'est développé et s'est assoupli. Il est devenu plus accessible privilégiant la mélodicité et dans certains cas les influences du gothic rock, de la new wave et de la musique électronique. Le gothic metal en se développant a aussi engendré certaines formes de metal symphonique mélodiques.

Courant doom-gothic[modifier | modifier le code]

Liv Kristine Espenæs chanteuse de Theatre of Tragedy, groupe précurseur du gothic metal et de la tendance « belle et la bête »

C’est le courant principal et historique. À l’origine le gothic metal a émergé de la scène doom, et tout particulièrement le doom-death[9]. Ce style se caractérise le plus souvent par une rencontre entre le doom et des musiques atmosphériques associées au mouvement gothique tels que la darkwave (et tout particulièrement heavenly voices et la musique gothique dite « néoclassique ») et parfois dans une certaine mesure le rock gothique[1]. L'un des pionniers du genre par exemple Paradise Lost, outre ses bases doom death a été largement inspiré de groupes de darkwave neoclassique comme Dead Can Dance et de rock gothique comme Sisters of Mercy[1]. C'est également le cas de groupes tels que Theatre of Tragedy, Tristania, Crematory, Moonspell, etc[1]. Ajouté à cette caractéristique certains groupes de metal gothique ont parfois aussi mélé des influences black metal (Tristania, Moonspell, Penumbra, The Sins of thy Beloved notamment)

Cette tendance est apparue lorsque certains groupes de doom death ont commencé à mettre en avant des aspects plus mélodiques et atmosphériques, tels qu’une mise en avant de piano, de violon, ainsi que parfois le recours au chant féminin. Ce style se caractérise donc par une rencontre entre d’une part le caractère sombre et morbide du doom, la lenteur et la lourdeur des guitares du doom et d’autre part le caractère mélancolique et éthérée de ces musiques atmosphériques. Cette tendance de par sa forte base doom et parfois black se distingue des autres courants de gothic metal par son caractère extrêmement sombre. On peut distinguer deux tendances dans ce courant en fonction du dispositif vocale assumé par les groupes : soit mixte (dit de la belle et la bête), soit masculine. La tendance principale et la plus populaire de ce courant c’est celle dite de la « belle et la bête », c'est-à-dire une musique basée sur le contraste entre deux vocalistes (masculin et féminin) mais il existe dans le genre une tendance se concentrant principalement sur la voix masculine.

Tendance doom-gothic dite de la « belle et la bête »[modifier | modifier le code]

La tendance principale et la plus populaire de ce courant c’est celle souvent désignée sous l'appellation de « belle et la bête » (Beauty and the Beast). Il s’agit d’une musique basée sur le contraste entre deux ou trois vocalistes (masculin et féminin). Ce style se caractérise par un dialogue entre une voix masculine en death grunt et une voix féminine angélique et éthérée.

Tristania l'un des groupes de gothic metal de type « belle et la bête » les plus populaires.

Cette esthétique est apparue lorsque des groupes de doom-death tels que Paradise Lost ou Anathema ont commencé à ajouter des voix féminines et des parties de clavier à leur musique. Bien que la chanson Gothic de Paradise Lost soit considérée comme la première chanson de gothic metal, Celtic Frost avait déjà utilisé ce mélange de grunts et de voix féminines en 1987 sur leur album Into the Pandemonium. Mais c’est bien Paradise Lost qui a constitué une influence majeure sur le genre. Bien qu’encore principalement caractérisé par l'esthetique doom death, des chansons comme « gothic » (de l’album gothic) et "Christendom" (dans l’album Icon) de Paradise Lost constituent en quelque sorte le prototype de l’esthétique de ce qui deviendrait la metal doom-gothique de type « belle et la bête » [10].

Mais si les premiers groupes de doom-death cités plus haut avaient recours sporadiquement à des voix féminines dans leurs musiques, c'est le groupe hollandais The Gathering et le groupe norvégien The 3rd And The Mortal [10] qui furent les premiers groupes de doom à systématiser le recours à une chanteuse à part entière. C'est ensuite le groupe norvégien Theatre of Tragedy qui va approfondir et sublimer le concept à travers le contrastre et à l'équilibre plus développés entre les deux chanteurs. Et qui constitue d'une marque stylistique qui deviendra fréquente du gothic metal et se popularisera au-delà même de ce genre par une rhétorique plus élaborée de "La belle et la bête"[10].

« Les Norvégiens de Theatre Of Tragedy furent en 1995, avec leur album éponyme, les instigateurs d’un son et d’un concept totalement nouveau. Et, oui, l’opposition de(s) voix d’outre-tombe dialoguant avec une douce voix féminine, ce sont eux qui en ont eu l’idée. Certes Paradise Lost et The Gathering avaient déjà utilisé ces deux types de chants auparavant, mais Theatre Of Tragedy leur donna une signification, en les faisant converser, se mêler et s’opposer véritablement, le tout sur un pied d’égalité, le chant masculin ne prenant pas le dessus sur celui de sa comparse[11]. »

Vibeke Stene, ex-chanteuse du groupe Tristania

Cette approche sera poursuivie par plusieurs autres groupes norvégiens, parmi lesquels "Tristania, groupe [...] dont le premier album est sorti en 1997 avec Vibeke Stene au chant (Elle sera remplacée par Mariangela Demurtas en 2007)"[10]. Le groupe Tristania devellopera le concept vers une approche triple, voire quadruple des dialogues entre chanteurs, où la voix angélique de soprano de la chanteuse Vibeke Stene interagit avec la voix en death grunt de Morten Veland et la voix black de Anders Høyvik Hidle, mais aussi la voix claire et mélancolique du baryton Østen Bergøy, comme dans la chanson a "Sequel of Decay" de l'album Beyond the Veil (1999). Autre groupe notable à poursuivre le concept développée par Theatre of Tragedy: The Sins of Thy Beloved, "avec la chanteuse Anita Auglend, qui est l'un des groupes les plus populaires de gothic/doom metal"[10]. On compte également le groupe Norvegien Trail of Tears "où officient successivement la soprano Iren Michaelsen, puis Catherine Paulsen, après le deuxième album Profundemonium (2000) et enfin Emmanuelle Zoldan après A New Dimension of Might (2002)". Après cinq ans au sein du groupe Tristania, cité plus haut, Morten Veland, le fondateur, compositeur, parolier mais aussi guitariste et chanteur masculin de Tristania, quittera finalement ce groupe "pour fonder en 2001, le groupe Sirenia qui reprend la même formule musicale"[10] (avec notamment la chanteuse Henriette Bordvik[10], avant d'assouplir par la suite sa musique vers une forme de symphonic metal plus accessible et plus commerciale).

L'approche stylistique de la "belle et la bête" sera également entérinée par le groupe grecque On Thorns I Lay, qui participa également à l'essors et la popularisation de cette esthétique au cours des années 1990[10], comme l'observe Alberola dans son livre les Belles et les bêtes:

« Réunis en 1992, les Grecs d'On Thorns I Lay (avec les chanteuses successives Roula, Marcela Buruiana, Claudia J et Maxi Nil, mais aussi les soeurs Helena et Ionna Doroftei respectivement pianistes et altistes) jouissent aussi d'une belle côte chez les connaiseurs, grâce notamment à Crystal Tears (1999)[10]. »

En France, le groupe Penumbra poursuivra également dès les années 1990, une approche stylistique proche de Tristania à la fois gothique et symphonique.

Groupes représentatifs de cette tendance

Theatre of Tragedy (début de carrière), Tristania, The Sins of Thy Beloved, On Thorns I Lay (début de carrière), Trail of Tears (début de carrière), Penumbra, Sirenia (début de carrière), Draconian, Estatic Fear, Macbeth (début de carrière), Within Temptation (début de carrière), Beseech (début de carrière).

Quelques œuvres representatives :

Tendance doom gothic centré sur le chant masculin[modifier | modifier le code]

D’autres groupes issus de la scène doom et/ou death ont également abordé ce style mais en mettant une emphase plus marquée sur le chant masculin. Contrairement à certaines croyances, le gothic-metal ne se réduit pas nécessairement à l'adjonction d'une voix féminine. Même si ce type d'esthétique représente la majeure partie du genre. Le fait qu’on associe souvent le style gothic metal au chant féminin fait que cette tendance est souvent occultée et est parfois même considérée comme doom simple.

Cette tendance se caractérise souvent soit par une mise en avant de chants masculins claires et graves, soit par une alternance entre une voix masculine grunt et une voix masculine claire souvent grave. Des groupes de doom-death originels comme Paradise Lost, Anathema ou My Dying Bride ont souvent présenté différentes caractéristiques gothiques dans leur musique. C’est pour cette raison que certains considèrent des albums comme Gothic de Paradise Lost comme des albums de gothique à part entière, même s’ils restent principalement du doom-death[1].

Parmi les premiers groupes masculins strictement gothiques, citons Type O Negative, dont l’album Bloody Kisses en 1993 constitua une influence majeure pour le gothic metal. Le groupe développe une esthétique gothique différente dont les racines sont à chercher du côté du doom originel de Black Sabbath, du thrash et du rock gothique. Bien qu'il s'éloigne du style dérivé du doom-death, ce style sera également appelé Gothic metal.

Parallèlement au début des années 1990, le groupe allemand Crematory originellement Death et Doom death, va développer une esthétique gothique basée sur un doom death atmosphérique qu’il tintera de romantisme et auquel il ajoutera des influences provenant du rock gothique (tels que Sisters of Mercy) avec notamment des albums comme (Illusions ou Awake). C’est également cette voie qu’emprunte au début de sa carrière le groupe allemand Lacrimas Profundere, parallèlement à l’émergence du courant Belle et la Bête au milieu des années 1990 développent une esthétique doom-gothique sombre et dépressive directement marqués par leur origines doom-death mais incluant une certaine mélodicité, certains arrangements plus gothique à base de piano et violon, et occasionnellement quelques passages en chant féminin[1].

Dans une approche similaire le groupe suédois Tiamat dans leur album Wildhoney, développe une esthétique doom-gothique sombre et dépressive directement marqués par le doom mais empruntant aussi certains traits aux musiques gothiques tels que le rock gothique, le death rock et l’ethereal wave[1].

Moonspell en concert en 2006

Au Portugal Moonspell, provenant originellement de la scène black metal et folk et fortement inspiré par le groupe de gothic rock Fields of the Nephilim, développera avec son album Irreligious une esthétique doom-gothique s’appuyant sur un contraste entre ambiances sombres et passages metal aux inflexions black.

En termes de chants masculins, plus récemment le groupe Trail of Tears[1] s’est distingué en changeant leur chant de type belle et la bête, pour un contraste entre un voix grunt et voix de ténor à la place d’une voix soprano.

Groupes caractéristiques : Paradise Lost, Type O Negative, Lacrimas Profundere (début de carrière), Moonspell(selon les albums), Crematory (début de carrière), Tiamat (début de carrière), Cryptal Darkness, Trail of Tears (récents albums), The Eternal, Valkiria.

Quelques albums representatifs :

Courant gothique mélodique[modifier | modifier le code]

Descendant directement de la tendance doom-gothic, le gothic metal melodique est une tendance plus douce qui est apparue à la fin des années 1990. Un certain nombre groupes séduits par les passages mélodiques et mélancoliques du style doom-gothique, vont mettrent l’emphase sur cet aspect et diminuer les éléments sombres et agressifs du death et du black. Ces groupes peuvent garder certains éléments du doom, comme la lenteur ou l’emploi de la double pédale de grosse caisse, mais c’est le caractère mélodique et évanescent qui prend le dessus dans cette tendance. Les éléments acoustiques guitares, pianos ou cordes et d’autre part les nappes de synthé aériennes sont mis en avant. Dans cette tendance c’est souvent la mélodicité et la douceur des chants féminins qui sont mis à l’honneur, mais gardent un certain nombre de traits gothiques et doom. Elle met donc une emphase sur les influences ethereal et ambiant tout particulièrement. Outre la mélodicité et une plus grande accessibilité, la musique se caractérise par des tempos lents ou mid tempo, et par une mélancolie introspective. Cette tendance constitue souvent une espèce d’intersection entre le doom gothic d’origine et d’autres tendances esthétiques comme l’heavenly voices, le metal electro gothic, le rock ambiant ou le metal symphonique. Bon nombre de groupes influencés par / ou jouant du gothic metal mélodique se sont souvent orientés vers l’un de ces styles par la suite. On peut distinguer ici aussi une tendance féminine ou mixe et d’autre part plus masculine.

Tendance vocale féminine ou mixte[modifier | modifier le code]

Outre la mélodicité et une certaine douceur mise en avant, cette tendance met tout particulièrement à l’honneur le chant féminin. De par sa mélodicité et la présence de chanteuses, cette forme de gothic metal est souvent confondue à tort avec le symphonic metal. (voir chapitre consacré à la distinction entre le gothic et le symphonic metal). Mais ces groupes malgré une plus grande accessibilité gardent une atmosphère gothique à travers une mise en avant d’influences de l’ethereal wave tout particulièrement. Les influences originelles du doom metal peuvent parfois subsister. Les atmosphères mélancoliques et les tempos lents y sont à l’honneur. L’album Aegis de Theatre of Tragedy constitue un des exemples les plus représentatifs de cette tendance.

Groupes caractéristiques

The 3rd and the Mortal (début de carrière), Theatre of Tragedy (fin des années 1990), Lacuna coil (début de carrière), On Thorns I Lay (milieu de carrière), Avrigus, Elegeion, Within Temptation (EP : The Dance), Todesbonden. Le groupe Tristania écrit occasionnellement certaines chansons dans cette esthétique (Cure, Shadowman, The Modern End, Destination Derparture). D'autres groupes comme les italiens Mandragora Scream peuvent aussi être rattachés globalement à cette tendance, malgré l'utilisation sporadique de chants criés dans certaines chansons.

Albums représentatifs

Tendance vocale masculine[modifier | modifier le code]

Cette tendance masculine moins généralisée reprend la majeure partie des traits de la précédente mais met une emphase sur la voix masculine. Elle est généralement résultante d’un évolution mélodique de groupes jouant une musique plus sombre. Cette tendance esthétique ne représente en général qu'une facette des groupes qui l'abordent.

Albums caractéristiques

Autre courant: gothic metal à tendance electro/gothrock[modifier | modifier le code]

Des groupes comme Paradise Lost, Theatre of Tragedy, Crematory, Tiamat[1], Lucyfire ou Beseech[1] ont développé à la fin des années 1990 un autre type d'esthétique gothic-metal qui diminue les influences du doom et met une plus grande emphase sur les influences du rock gothique, la new wave, la darkwave, la coldwave ainsi que de la musique industrielle et l'EBM, en réutilisant de nombreuses caractéristiques de ces genres, (chant monocorde grave, rythmes midtempo, sons électroniques et ambiances froides) .

Il est à noter que cette tendance flirte parfois de très près avec l'esthétique du metal industriel, Certains groupes de metal industriel (ne provenant pas originellement du doom-gothic metal) tels que Gothminister ou Deathstars peuvent à cet égard être, dans une certaine mesure, rattachés à ce courant dû à leur influences gothiques. Inversement certains groupes de gothic metal comme Theatre of Tragedy ou Crematory franchissent parfois la limite et s'aventurent parfois sur les terrains de l'industriel pur.

Paradise Lost est un des premiers à avoir initié ce glissement avec son album One Second en 1997 et mélangera donc un metal adouci aux influences marquées du rock gothique, de la dark wave, et parfois même de la new wave. Malgré ce rapprochement de la musique gothique, l'éloignement des racines "doom-gothic" que certains de ces groupes avaient initiée au début des années 1990 leur a parfois valu des reproches d'abandon du style gothique. Ce qui est faux en soi puisqu'au contraire ils s'en rapprochent.

La musique du groupe Type O Negative est aussi parfois associée à cette tendance, même si contrairement aux autres, le groupe garde ses racines doom de façon marquante, mais le groupe met aussi en avant un certain nombre de sonorités rappelant le gothic rock des années 1980.

Groupes caractéristiques

Paradise Lost (deuxième partie de carrière), Theatre of Tragedy (deuxième partie de carrière), Lucyfire, Crematory[12](deuxième partie de carrière), Beseech (deuxième partie de carrière), Gothminister, Deathstars[13].

Albums caractéristiques

Caractéristiques spécifiques du style[modifier | modifier le code]

Le gothic metal se caractérise par un jeu de contraste continuel : entre douceur et dureté, distorsion et acoustique, différents types de couleurs de voix et différents types de timbre, etc.

Cela se traduit par l’emploi d’un certain nombre de traits récurrents :

Harmonies[modifier | modifier le code]

  • Modalité

L’emploi d’harmonies mineures, connotant traditionnellement la tristesse et la mélancolie. Le gothic metal s’appuie sur une harmonie tonale relativement stable. Il privilégie tout particulièrement les harmonies modales s’appuyant sur le mode de la (c’est-à-dire la gamme mineure naturelle ou "mode éolien"). Le genre a recours aussi parfois, par référence à la musique classique, à des harmonies basées sur la gamme mineure harmonique connotant des atmosphères plus tragiques. Mais un groupe comme Type O Negative utilise aussi très fréquemment le mode majeur dans ses chansons pour créer des atmosphères romantiques, extatiques ou paisibles.

  • Progressions harmoniques

Le genre utilise selon les cas des progressions harmoniques modales typiques du heavy metal traditionnel, par exemple I-VI-IV. Il lui arrive aussi frequemment d'avoir recours à des progressions harmoniques caractéristiques du doom ou du death metal, comme l’usage de progressions chromatiques ou de relations de tritons connotant des ambiances sombres ou morbides.

  • Accords

Le gothic comme la plupart des sous-genres du metal a principalement recours aux power chords dans les passages amplifiés, mais il laisse une part plus importante à des accords complets joués le plus souvent en arpèges notamment dans les passages clairs.

Tempos et groove[modifier | modifier le code]

Le gothic metal d'origine reprend généralement les rythmiques lourdes du doom metal. Il privilégie donc souvent les tempos lents concourant à créer un climat de relâchement prompt à suggérer la tristesse et la mélancolie. Mais il adopte aussi fréquemment des rythmiques heavy metal traditionnel en mid-tempo. Ces rythmes en mid-tempo étant privilégiés tout particulièrement dans le courant dit "electro-goth metal"

Comme les autres sous-genres du metal, le genre se caractérise souvent par une dynamique rythmique en staccato par le jeu fréquent de guitare en palm mute, créant cette texture rythmique saccadée typique du metal.

Arrangements[modifier | modifier le code]

Trait typique du genre, le gothic metal agrémente ou alterne fréquemment les rythmiques lourdes du metal traditionnel avec des passages plus doux joués en arpège à la guitare acoustique ou au clavier. Arrangements qui ne sont pas sans rappeler l’esthétique des ballades et des power ballades du heavy metal et du thrash metal des années 1980. Le gothic metal associe aussi très souvent aux rythmiques les longues plages de synthétiseurs qui renforce le caractère atmosphérique et pesant du style.

Sonorités et timbres[modifier | modifier le code]

Comme tous les sous-genres du metal, le gothic metal a recours à une distorsion amplifiée.

En outre, à l’instar du doom, du thrash et du death, le gothic privilégie fréquemment la lourdeur des rythmiques en distorsion mettant l’emphase sur le registre grave : par une amplification des fréquences basses de la distorsion ou parfois par un accordage des instruments dans le grave ; voire dans l’extrême grave comme c’est le cas de Type O Negative qui accordent leur instruments une quarte en dessous de l’accord standard (si au lieu de mi).

Le gothic metal privilégie aussi beaucoup les effets de reverb, de delay et de chorus qui renforcent la profondeur et donnent une texture douce et brillante aux voix claires et aux instruments acoustiques.

Chants[modifier | modifier le code]

Le genre favorise souvent la mélodicité du chant. Une mélodicité qui se caractérise en outre par de valeurs rythmiques longues. Ces chants s’appuient souvent sur des longues tenues de notes parfois sur plusieurs mesures. Ce qui donne un effet langui, évanescent, voire de statisme.

Mais les techniques de chants de type heavy metal, thrash ou doom-death en valeurs rythmiques brèves trouvent aussi souvent leur place dans le goth metal. Les premiers groupes de gothic reprenaient souvent l'usage du grunt typique du doom-death. Et dans le courant « Belle et la bête », ils sont souvent utilisés en alternance avec les chants mélodieux (exemple : Theatre of Tragedy, On thorns I lay, Tristania, Within Temptation).

Les voix masculines peuvent aussi parfois substituer au grunt originel, un chant eraillée de type Heavy/thrash (Lacuna Coil, Paradise Lost, Type o Negative), ou à une voix grave de basse ou de baryton (Type O Negative, Moonspell, Paradise lost, Tiamat) ou encore privilégier un chant froid et monocorde s'appuyant sur des traits mélodiques minimalistes (Récent Theatre of Tragedy, Beseech, Paradise Lost occasionnellement).

Ces différents aspects pouvant être combinés aussi.

À côté de tous ces aspects généraux, les groupes selon les tendances ajoutent leurs spécificités stylistiques, selon le cas, recours à un chant féminin, à des arrangements classiques, à des sons électroniques.

Confusions stylistiques autour du terme Gothic metal[modifier | modifier le code]

Ces différentes nuances du style, n'ont pas été sans amener de nombreuses confusions et de controverse quant à la définition du Gothic Metal et de son esthétique commune.

Gothic metal vs Power/symphonic metal à chanteuse[modifier | modifier le code]

La popularité du courant « Belle et la bête » et son adoucissement progressif au cours des années, ont ajouté à la confusion. Il est fréquent qu'on assimile les groupes faisant appel à une chanteuse à du gothic metal[1]. On en vient à amalgammer les groupes de Symphonic metal/power metal à chanteuse, de pop-rock à chanteuse, de Doom/death faisant appel au chant féminin et de Gothic metal pur[1]. Ainsi il est fréquent que certains observateurs considèrent des groupes comme Nightwish[14], After Forever, Epica, Nemesea, Therion ou encore Evanescence comme étant du gothic metal. Bien que certains de ces groupes aient parfois des influences, voire des racines gothiques, leurs esthétiques actuelles n'en font pas pour autant des groupes de gothic metal à proprement parler. Nightwish par exemple s'appuie sur une base esthétique beaucoup plus orientée vers le power metal et le symphonic metal que les groupes originellement attachés au gothic metal. Des groupes comme After Forever ou Epica, même si on note parfois certaines influences plus marquées de gothic metal n'en restent pas moins orientés avant tout vers le power-metal et le symphonic metal[1]. Les amalgammes entre gothic metal et symphonic metal se sont d'autant plus renforcés que des groupes de Gothic metal tels que Tristania, Sirenia, Penumbra, Artrosis ou Trail of Tears par exemple ont eu reccours parfois à des arrangements symphoniques dans leurs chansons.

Gothic metal vs autres sous-genres de metal utilisant le concept de belle et la bête[modifier | modifier le code]

Si le concept de « belle et la bête » à l'origine est principalement gothique, ce concept s'est étendu à d'autres sous-genres non directement liés au genre, tels que les groupes d'avant-garde metal comme Ram-Zet ou Peccatum ou de metal épique comme Battlelore ou Epica. Ces groupes, s'ils sont inspirés par le genre, ne sont pas à proprement parler du gothic metal, ils ne font que reprendre le dispositif vocal typique mais ne reprennent pas toutes les structures musicales typiques du metal gothique.

Gothic metal vs Gothic rock ?[modifier | modifier le code]

Il existe également une controverse autour du terme « gothic metal », notamment par les fans de goth rock des années 1980 qui récusent l’emploi du terme « gothic » à propos des musiques dites « gothic metal ». Ils rejettent tout particulièrement le genre « belle et la bête » aux bases doom-death, ce style n'ayant selon eux que très peu de filiation avec les différents groupes de goth rock originel.

La confusion vient de l'emprunt d'un certain nombres de traits de la culture gothique par le gothic metal, sans toutefois s'inspirer forcément des bases musicales du gothic rock. Cependant ce reproche n'est pas toujours fondé, car certains groupes pionniers du gothic metal ont repris à leur compte ces bases, comme Paradise Lost (dans sa période la plus récente).

Mais même des groupes à base doom-death, affichent ces influences, tels Tristania, Theatre of Tragedy, Crematory ou encore Trail of Tears dans leur premiers albums. Mais si les groupes de doom-gothique n'incluent que peu de références directes au gothic rock ou au death rock, ils s'inspirent en revanche largement de l'etheral wave, musique qui est en grande partie rattachée au mouvement gothique.

Gothic metal & mouvement gothique[modifier | modifier le code]

Les imbroglios sont d'autant plus nombreux qu'on tend à confondre le mouvement gothique, le public metal, le public gothique et la musique gothique elle-même. Le public gothique ne se limitant pas à écouter des musiques purement gothiques. Leurs horizons musicaux pouvant s'étendre à d'autres musiques à la périphérie de la culture gothique. Le public gothique d'ailleurs considère le gothic metal lui-même comme un style musical à la périphérie de leur culture. Mais la partie du public gothique qui apprécie le metal ne se limite pas forcément au gothic metal, il peut aussi écouter du doom, au metal industriel au metal symphonique, au black metal.

Ce qui a donc eu parfois pour effet de créer des confusions. Ainsi certains ont cru bon de qualifier à tort des groupes comme Marilyn Manson ou Rammstein de gothique sous prétexte de développer une certaine imagerie gothique ou d'avoir des fans gothiques. Sans compter le fait que certaines maisons de disques de metal utilisent volontiers l'étiquette gothique même pour des groupes qui n'ont rien à voir avec cette esthétique, car elle est souvent vendeuse.

Thèmes[modifier | modifier le code]

En général, les thèmes abordés par les chansons de gothic metal sont : la religion, Dieu, l'enfer et le paradis, la romance, l'horreur, la condition/nature humaine, la vie, la dépression et la mort.

Rayonnement[modifier | modifier le code]

La scène gothic metal est à l'heure actuelle beaucoup développée en Europe et plus particulièrement en Norvège, et dans une certaine mesure aux Pays-Bas.

Groupes phares et/ou pionniers du genre[modifier | modifier le code]

Groupes pionniers du genre

Autres groupes marquants

Groupes associés au genre

Des groupes essentiellement atmosphériques qui à certains moments de leur carrière ont abordé le gothic metal, ou l'ont du moins marqué d'une façon importante

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r DerRozzengarten, "Defining Gothic Metal: The Truth And Lies Of The Scene", mai 2006
  2. a, b, c et d Garry Sharpe-Young, "Doom metal" et " Gothic metal" in Metal: The Definitive Guide, Jawbone Press, 2007, p. 245 et p. 275, ISBN 978-1-906002-01-5
  3. Voir les articles Mouvement gothique, Musique gothique et metal gothique
  4. « Chronique de l'album Velvet Darkness They Fear par Estée pour le site Obsküre »
  5. "not every band with female vocals is a gothic band."Reesman, Bryan (2007), "They Will Rise: Metal's female ranks on the move", GRAMMY.com
  6. Garry Sharpe-Young, "Gothic metal" in Metal: The Definitive Guide, Jawbone Press, 2007, p. 275, ISBN 978-1-906002-01-5
  7. THE METAL OBSERVER - Do You Speak Metal?
  8. Lord of the Wasteland. Celtic Frost Vocalist/Guitarist Tom Gabriel Fischer - Interview metal-rules.com. 6 juin 2006. Citation de l'interview "You see, this new wave and gothic influence on Celtic Frost dates back to even 1985. Martin and I have always been followers of the New Wave scene, which evolved into the gothic scene. Bands like Bauhaus, Siouxie and The Banshees, Wall of Voodoo and all that stuff. That’s why we went with the sound on INTO THE PANDEMONIUM with songs like “Sorrows of The Moon”, “Mexican Radio” and “Mesmerized”
  9. Garry Sharpe-Young, "doom metal" in Metal: The Definitive Guide, Jawbone Press, 2007, p. 245, ISBN 978-1-906002-01-5
  10. a, b, c, d, e, f, g, h et i Jérôme Alberola, Les belles et les bêtes, Anthologie du rock au féminin, Camion blanc, 2012, pp.259-260
  11. Chronique de l'album Velvet Darkness They Fear par Estée pour le site Obsküre
  12. ::Crematory : Klagebilder : 2006 : Massacre Records Chronique www.obskure.com:::
  13. THE METAL OBSERVER - Review - DEATHSTARS - Synthetic Generation
  14. Interview avec Nightwish"I do not consider Nightwish as a gothic metal band. This music style is a characteristic of Paradise Lost, Type or Negative or Lacrimosa in their first periods. May be we could be a gothic metal by our lyric content, but I think we have nothing in relation with that."