Signe des cornes

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Signe des cornes.

Le signe des cornes, aussi appelé cornes du diable, est un geste de la main dont la signification varie selon les cultures et les contextes. Il est formé par un poing fermé dont seuls l'index et l'auriculaire sont tendus.

Origines[modifier | modifier le code]

Satire avec une coupe et un thyrse, exécutant le signe des cornes de la main gauche, fin du XVe siècle.

Le signe de la corne est attesté dès l’Antiquité grecque. Né d’une relation adultère entre la reine de Crète Pasiphaé et le taureau crétois, le Minotaure était un être cornu. Le peuple rappelait cette trahison à son roi Minos en lui adressant le geste en question, associé depuis à l’idée d’infidélité. L’archéologue et ethnologue Andrea De Jorio, originaire de Procida, étudie en 1832 les similitudes entre les gestuelles antiques et napolitaines. Il recensa les différentes façons de réaliser le geste des cornes[1].

Le geste demeure largement employé en Italie, notamment en Italie méridionale et en Sicile, où le mot « cornuto » (« cornu ») signifie « cocu ».

Significations[modifier | modifier le code]

Infidélité[modifier | modifier le code]

En Italie, en Espagne et en République tchèque, le geste adressé à une personne signifie que celle-ci porte une paire de cornes métaphoriques marquant l’infidélité de son conjoint[2]. Une plaisanterie assez répandue consiste à « faire les cornes » en plaçant sa main derrière la tête d’un individu pris en photo.

Superstition[modifier | modifier le code]

En Italie, le geste peut également être exécuté pour conjurer le mauvais sort. Il a la même signification que le fait de toucher des objets en fer ou de se toucher les testicules ou le sein gauche dans ce même pays, ou que le fait de toucher du bois ou de croiser les doigts dans d’autres pays occidentaux. Le geste est dans ce cas exécuté avec les cornes dirigées vers le bas, alors que les cornes sont dirigées vers le haut lorsqu’il renvoie à l’infidélité.

Selon une tradition napolitaine, le geste d’autoprotection est exécuté d’une main vers le haut et de l’autre vers le bas (en napolitain il est appelé tierra e cielo).

Musique[modifier | modifier le code]

Ronnie James Dio réalisant le signe des cornes lors d’un concert de Black Sabbath.

Dans le cadre de la culture rock (en particulier du heavy metal en général et du hard rock), le signe des cornes est un geste d’approbation et de complicité entre les fans. Au cours des concerts, il est possible de voir tout le public réaliser le signe en honneur du groupe en train de jouer.

Il a dans ce cas une double origine : la forme à trois doigts ILY (en) (pouce, index et auriculaire dressés) est issue de la culture hippie où elle est dérivée du langage des signes et où elle est utilisée pour exprimer l’amour. On peut la voir dans le film d’animation des Beatles Yellow Submarine où elle est utilisée par John Lennon ; et la paternité de la variante à deux doigts (index et auriculaire dressés) est très débattue[3]. Dans le documentaire de Sam Dunn Metal: A Headbanger's Journey[4], le chanteur de Black Sabbath, Ronnie James Dio, raconte tenir ce signe de sa grand-mère sicilienne, qui l'utilisait régulièrement pour repousser le mauvais œil. Il le popularise durant la tournée Heaven and Hell de 1980. Toutefois, le geste des cornes dans le monde de la musique rock fait son apparition dans le livret de l’album Witchcraft Destroys Minds & Reaps Souls (en) de Coven[5].

Ce signe peut également représenter la tête du diable dans la culture satanique.

Culture sportive[modifier | modifier le code]

Geste Hook 'em Horns réalisé durant un match de football des Longhorns contre l’Arkansas.

Le signe des cornes ou des variantes sont utilisés par de nombreux groupes de supporters sportifs aux États-Unis. Il est particulièrement utilisé par les supporters des Longhorns, l'équipe de football américain de l'Université du Texas à Austin, avec leur slogan Hook'em horns (en). Dans ce cas, le geste est censé imiter la tête et les cornes de Bevo, un Texas Longhorn mascotte de l'Université.

Langue des signes[modifier | modifier le code]

C'est également le signe de la lettre 'H', en langue des signes française.

Cornes célèbres[modifier | modifier le code]

En 1973, le président de la République italienne Giovanni Leone créa la polémique en exécutant le geste des cornes à l’occasion de la visite d’un hôpital napolitain alors qu’il saluait les victimes d’une épidémie de choléra[6]. Leone était d’origine napolitaine et a été surpris à différentes reprises en train de faire le geste des cornes en public[7].

Le 8 février 2002, l'italien Silvio Berlusconi réalise ce geste dans le dos de Josep Piqué, lors d'une séance photo officielle des ministres des Affaires Étrangères de l'Union européenne[8].

Communication électronique[modifier | modifier le code]

Sur le net, le signe des cornes s'écrit avec les émoticônes \m/ ou |m|, voire \,,/ ou /,,/.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) A. de Jorio, La Mimica degli antichi investigata nel gestire napoletano, Stamp. del Fibreno, Napoli 1832, specie pp. 89-100
  2. (it) Diego Meldi, Corneide, Rome, Scipioni, 1994.
  3. (en) Storia del gesto delle corna dal sito. www.roadrunnerrecords.com.
  4. Metal : voyage au cœur de la bête. Warner Home Video (2006)
  5. (en) Twisted Tales: Coven Take Witchcraft and Devil Horn Hand Salute to the Top 40, Spinner.com, 30 octobre 2009, consulté le 10 janvier 2013.
  6. Napoli e Napolitano
  7. Corriere.it
  8. (en) « Silvio Berlusconi in pictures », sur The Daily Telegraph (consulté le 7 septembre 2014). Cette célèbre photo est prise par Gérard Cercles pour l'AFP.