Fields of the Nephilim
Fields of the Nephilim
Fields of the Nephilim au Tuska Open Air Metal Festival
à Helsinki (Finlande) en 2008
Carl McCoy, John Carter & Lee Newell.
| Pays d'origine | |
|---|---|
| Genre musical | Rock gothique |
| Instruments | Guitare, synthétiseur |
| Labels | EMI |
| Influences | The sisters of mercy Joy Division Bauhaus Rock progressif |
| Site officiel | www.fields-of-the-nephilim.com |
| Membres | Carl Mc Coy (chant) Paul Miles (guitare) Cian Houchin (basse) Simon Rippin (batterie) |
|---|---|
| Anciens membres | Paul Wright (guitare) Tony Pettitt (basse) Nod Wright (batterie) John 'Capachino' Carter Alexander "Nod" Wright Peter Yates Gary Whisker |
Fields of the Nephilim est un groupe de rock gothique formé en 1984 à Stevenage (Hertfordshire) au Royaume-Uni. Le nom du groupe fait référence à des géants bibliques ou anges - humains hybrides, appelés les "Nephilim".
L'essence du groupe s'est révélée très influente, surtout pour le genre rock gothique et, plus tard, la darkwave, le death rock, le gothic metal et, en général, le rock d'inspiration « sombre ». Même si Fields of the Nephilim n'a pas généré un succès commercial substantiel auprès du grand public (chose très partagée par la plupart des groupes gothiques souvent désireux de garder une dimension underground à leurs projets), la grande qualité de sa musique et son statut de groupe culte sont indéniables (et fidèlement entretenus au fil des décennies par son leader charismatique Carl McCoy), le groupe étant généralement cité parmi les trois plus grandes formations gothiques (avec Bauhaus et The Sisters of Mercy)[1].
Biographie [modifier]
Les origines (1984-1987) - 1er album studio Dawnrazor [modifier]
La formation des débuts était composée de Carl McCoy (chants), Gary Whisker (saxophoniste), Tony Pettitt à la contrebasse, le guitariste Paul Wright et le batteur Alexander "Nod" Wright.
D'abord fortement influencé par The Sisters of Mercy, le groupe s'en éloigne peu à peu pour trouver son propre style, un rock mystique très mélodieux construit sur des lignes de basses profondes et des notes de guitare alliant audacieusement des sonorités tour à tour cristallines ou crasseuses, porté par la voix sépulcrale de son chanteur. En 1985, le groupe publie un E.P., Burning The Fields, auquel participe le saxophoniste Gary Wisker et où l'influence de Joy Division ou de Bauhaus se fait encore sentir.
Rejoint par Peter Yates (guitare), le groupe sort en 1986 Power, premier single où s'exprime enfin pleinement sa personnalité, puis un nouveau E.P. Returning To Gehenna incluant les trois titres du single Power et des versions alternatives des titres Laura (Laura II) et Back in Gehenna (Returning To Gehenna) présents dans Burning The Fields. Avant d'enregistrer en 1987 son premier véritable album, Dawnrazor, qui contient d'excellentes chansons et montre la maîtrise technique du groupe. Le disque se retrouve classé n°1 des charts indépendants britanniques.
Les cinq membres du groupe choisissent alors, avant de se lancer dans un nouvel album, de publier un nouveau single : c'est le fulgurant Blue Water, qui sort en octobre 1987 et se classe n°1 des charts indépendants. Porté par l'intensité de ses prestations scéniques et le charisme de son chanteur, Fields of the Nephilim devient alors le fer de lance du rock gothique. Leur deuxième album sera un coup de maître.
L'heure de la consécration (1988-1989) - 2ème album studio The Nephilim [modifier]
Totalement maîtrisé et d’une grande maturité alors que le groupe n’en est qu'au début de sa carrière, ce véritable chef-d’œuvre[2] paraît en septembre 1988. Sobrement nommé The Nephilim, il confirme la réputation du groupe, avec de longs morceaux tortueux où s'opposent arpèges de guitares cristallines et riffs saturés ; l'original et très intense single Moonchild qui en est extrait devient même un succès dans le milieu underground et se classe à son tour n°1 du UK Indie Chart.
Avec ce disque, le groupe de Carl McCoy se singularise en apportant une nouvelle dimension à la musique gothique, lui appliquant un traitement plus rock que des formations comme Bauhaus ou The Sisters of Mercy qui, elles, évolueront avec le temps vers une option plus pop. The Nephilim est un disque qui parvient à fédérer autant les amateurs de gothique que ceux de hard rock ou de musiques progressives. Un soin tout particulier est apporté aux climats sonores et bruitages de toutes sortes, qui ajoutent une dimension onirique à l’ensemble.
Chacun des neuf morceaux de l’album apparaît comme parfaitement à sa place, tel le maillon d’une chaine idéalement façonnée. Epique (Endemoniada, The Watchmen, Moonchild, Chord of Souls) ou intimiste (le fascinant Celebrate où McCoy chante quasiment à cappella, uniquement accompagné par le son magistral de la basse de Tony Pettitt) aucun morceau ne semble de trop.
Suite à ce succès, et comme ils l'avaient fait entre Dawnrazor et The Nephilim, les musiciens décident de sortir un single, Psychonaut, en 1989, qui place les guitares en second plan au profit de claviers puissants et solennels. A la production on retrouve un vétéran des musiques atmosphériques en la personne d'Andrew Jackson, ancien producteur du groupe Pink Floyd. Psychonaut constitue une étape créatrice importante pour le groupe, et deviendra un incontournable particulièrement attendu par les fans lors de chaque concert du combo.
L'heure de l'épanouissement (1990-1991) - 3ème album studio Elizium [modifier]
En 1990, les cinq musiciens retournent en studio pour enregistrer leur second chef-d'œuvre Elizium, concept album autour des mythes babyloniens où se retrouvent des influences du rock progressif des années 1970.
Doté d'une pochette aussi belle que celle de The Nephilim, le disque impressionne par sa grande cohérence musicale et thématique (les classiques et très efficaces For Her Light, Sumerland (what dreams may come), le recueilli At The Gates of Silent Memory, les saisissants et aériens Submission, Wail of Sumer, And There Will Your Heart Be Also, qui restent des pièces de choix en concert). Tout au long de l'album on sent les musiciens en osmose, habités par leur projet musical finalement très novateur. Le disque restera comme un profond et grand moment musical de l'histoire du rock[3].
Le groupe a définitivement trouvé son style, bien à lui, et il donne alors ses meilleures prestations live. Mais lorsque de tels sommets sont atteints, il y a souvent un prix à payer. Le revers de la médaille. Des dissensions apparaissent en effet entre certains membres du combo et Carl McCoy. Et, contre toute attente, le groupe se sépare après un ultime concert au Town & Country Club à Londres en avril 1991. L'album live Earth inferno sortira dans la foulée, témoignant de l'intensité de ces derniers concerts londoniens[4].
Renouvellements et projets divers (1992-2004) - 4ème album studio Fallen [modifier]
Véritable leader de Fields of the Nephilim, Carl McCoy est toujours resté fidèle à cette formation (contrairement aux autres musiciens qui partirent fonder Rubicon avec le chanteur Andy Delany au style totalement différent de celui de McCoy, pour un résultat décevant et sans lendemain). Même quand McCoy se risque à un nouveau projet en 1996, avec des sonorités proches du thrash et du death metal, il nomme le groupe Nefilim, comme pour démontrer sa fidélité aux options des débuts. Pour ce nouvel album baptisé Zoon, il est accompagné par Paul Miles (guitare), Cian Houchin (basse) et Simon Rippin (batterie). Trois ans auparavant, la maison de disque Beggars Banquet entretiendra le souvenir de la formation originelle avec l'excellente compilation Revelations, qui comprendra douze titres, dont certains rares car non disponibles sur les albums (tel Psychonaut qui ne fut publié qu'en single).
Les six années suivantes constituent un temps de gestation pour le perfectionniste McCoy, durant lequel il va pouvoir élaborer la structure du prochain disque, celui qui donnera une suite à l’aventure Fields of the Nephilim. En 2000, McCoy a retrouvé la scène avec un line-up hybride comprenant des musiciens l'ayant accompagné sur l'album Zoon de Nefilim (Miles, Rippin) plus le bassiste originel de Fields Of The Nephilim, Tony Pettitt, notamment pour divers festivals (Woodstage, Eurorock, Roskilde et M'era Luna). Beggars Banquet en profite pour publier un très beau DVD consacré à la première période de Fields of the Nephilim, qui regroupe donc les premiers clips de la formation, ainsi que deux concerts donnés à Londres et d’une assez bonne qualité technique (Revelations, Forever Remain, Visionary Heads, Live at the town and country club, 1988 - Live at Brixton academy, 1990).
Le label Jungle Records éditera en 2002, sans l'accord du chanteur, un autre opus des Fields constitué d'anciens travaux datant de leur inespérée réunion décidée en 1998 (lors d'une conférence de presse en Allemagne au festival de Zillo), mais avortée après la finalisation de seulement quelques titres en démos. Intitulé Fallen, ce quatrième album studio bancal n'est malgré tout pas dénué d’intérêt. L’entraînant From The Fire en est d'ailleurs tiré pour être publié en single, en plusieurs formats, fin septembre 2002. Le caractère bancal de l'album tient à sa nature : il compile en réalité une série de démos réaisées pour certaines par quatre membres de la formation originelle puis majoritairement enregistrées par le binôme McCoy / Pettitt. Certains autres morceaux impliquent des membres de la formation The Nefilim. Avec la sortie de Fallen, les relations s'enveniment entre McCoy et Jungle Records. McCoy publiera des communiqués assassins sur les initiatives prises par le label et le relationnel ne s'améliorera pas avec la sortie, deux ans plus tard et toujours chez Jungle, du coffret d'archives Genesis and Révélations. Publié par Jungle Records sans l’accord de Carl McCoy, il compile sur un premier CD diverses démos et versions remixées des premières chansons du groupe, suivi d’un deuxième CD proposant 10 titres interprétés lors du Roskilde Festival en 2000 au Danemark (particulièrement désagréables à écouter à cause d’une prise de son catastrophique) et d’un DVD lui-aussi plus que médiocre (divers extraits de concerts mal filmés, de 1986 et 2000).
Le temps du retour (2005-2012) - 5ème album studio Mourning Sun (+ live Ceromonies) [modifier]
Au mois de novembre 2005 il est enfin temps pour Carl McCoy de sortir le nouvel album de la formation tant attendu par les fans. Ce sera l’excellent Mourning Sun à la pochette somptueuse, peut-être l’une des plus belles de toute l’histoire du rock[5]. Sans faire oublier les précédentes réussites que sont The Nephilim et Elizium, Mourning Sun n'a rien à leur envier, particulièrement bien servi par une production idéale au son énorme et ample, et des chansons inspirées et accrocheuses (New Gold Dawn, Xiberia (Seasons In The Ice Cage)) et d’une beauté émouvante (Requiem (Le Veilleur Silencieux), She) dont le point culminant reste le poignant Mourning Sun qui donne son titre au disque, et qui est devenu depuis un classique du groupe, très demandé lors des concerts. McCoy réussit là son retour alors que la pression était rude (se sachant attendu au tournant depuis des années), impressionnant l'auditeur avec des chansons imposantes d'une durée conséquente (de six à onze minutes)[6] [7].
Le 12 et 13 juillet 2008 Carl McCoy et ses nouveaux musiciens donnent deux concerts triomphaux (à guichets fermés) de Fields of the Nephilim au Shepherds Bush Empire de Londres. Il informe ensuite les fans sur le site internet du groupe que ces concerts seront publiés de la meilleure manière qui soit. Il faut attendre finalement quatre ans avant que ces bandes ne fassent l’objet d’une sortie somptueuse dans un coffret digipack contenant 2CD et un DVD d'une heure. Le DVD permet d'apprécier la qualité et l'intensité du groupe en concert dans les meilleures conditions, sa qualité technique, autant visuelle que sonore, étant particulièrement remarquable. Le concert a aussi fait l'objet d'une sortie en vinyle (double LP), et d'un coffret collector en bois regroupant notamment les CD, DVD et LP. Lors de ces concerts on peut constater que le groupe de McCoy a gagné en maturité, les sonorités sont légèrement différentes mais encore plus efficaces, et Ceromonies apparaît sans nul doute comme l'album live de référence, détrônant l'excellent Earth Inferno de 1991[8] [9].
2013 : nouvel album studio [modifier]
Alors que le groupe s'est installé dans une dynamique live régulière depuis 2007, aucun nouvel album studio n'a encore vu le jour depuis Mourning Sun pour l'entité menée par Carl McCoy. Un communiqué de décembre 2012 annonçant une mini-tournée anglaise commune avec The Mission (autres vétérans du rock gothique 80's) fait part des projets des deux groupes pour 2013, parmi lesquels la sortie de nouveaux enregistrements. Le 22 mars 2013, lors d'un concert donné par le groupe à Helsinki (au Virgin Oil) et alors même qu'aucune reformation du line-up originel n'est officiellement au programme, le bassiste originel Tony Pettitt a refait son apparition sur scène avec Carl McCoy.
Au début de sa carrière, et suite à l’insolite look gothique-western de ses membres, le groupe a parfois fait l'objet d'un mépris de quelques critiques venant de la revue musicale anglaise Melody Maker[10]. C’était pourtant oublier un peu vite la tradition des groupes gothiques qui généralement accordent une grande importance à la dimension théâtrale de leurs prestations (voir Bauhaus, Virgin Prunes). Mais il fut surtout soutenu par la frange des journalistes musicaux qui s'intéressaient apparemment plus à la musique qu'au look des musiciens. Notamment en France, avec le journaliste Bernard Lenoir qui passa souvent le single Moonchild dans son émission radiophonique consacrée au rock, lors de ses deux saisons passées sur Europe 1 de 1988 à 1990. Ou encore le journaliste Hervé Picart qui défendit souvent le groupe dans les pages de la revue musicale Best.
Au final, le groupe s'impose aujourd'hui comme majeur et l'un des plus crédibles du rock gothique[11] [12]. À noter qu'en 1990, Carl McCoy a fait une apparition dans le film de science-fiction Hardware de Richard Stanley dans lequel figurent également Lemmy Kilmister et Iggy Pop.
Membres du groupe [modifier]
De 1984 à 1991 [modifier]

De 1997 à aujourd'hui [modifier]

Discographie [modifier]
Albums [modifier]
Fields of the Nephilim
- 1984 : Burning The Fields (EP)
- 1986 : Returning to Gehenna (EP)
- 1986 : Dawnrazor
- 1986 : Laura (compilation reprenant des titres des deux premiers EP)
- 1988 : The Nephilim
- 1990 : Elizium
- 1991 : Earth Inferno (live)
- 1992 : BBC Radio One Live in concert (EP)
- 1993 : Revelations (compilation)
- 2001 : From Gehenna to Here (compilation reprenant les deux premiers EP)
- 2002 : Fallen
- 2005 : Mourning Sun
- 2006 : Genesis and Revelations (compilation d’archives, CD+DVD, sortie non officielle)
- 2012 : Ceromonies (live, concerts du 12 & 13 juillet 2008 au Shepherds Bush Empire de Londres, CD+DVD+LP)
Nefilim
- 1996 : Zoon
Singles [modifier]
- Octobre 1986 : "Power"
- Avril 1987 : "Preacher Man"
- Octobre 1987 : "Blue Water"
- Juin 1988 : "Moonchild"
- May 1989 : "Psychonaut"
- Juillet 1990 : "For Her Light"
- Novembre 1990 : "Sumerland (Dreamed)"
- Mai 2000 : "One More Nightmare (Trees Come Down A.D.)"
- Septembre 2002 : "From The Fire"
Voir aussi [modifier]
Notes et références [modifier]
- (en)Luke Lewis, "NME - Release The Bats - It's The 20 Greatest Goth Tracks"
- (en)Ben Graham, "Into The Subconscious: Fields Of The Nephilim Interviewed"
- (en)Robert Davis, "Sputnik Music - Just as wondrous as an Elysium itself."
- "Gutsofdarknes, les archives du sombre et de l’expérimental - Fields of the Nephilim - Earth Inferno"
- "Gutsofdarknes, les archives du sombre et de l’expérimental - Fields of the Nephilim - Mourning sun"
- François Alvarez, "Music story 2012, Fields of the Nephilim - Biographie"
- "Gutsofdarknes, les archives du sombre et de l’expérimental - Fields of the Nephilim - Mourning sun"
- (en)Ben Graham, "Into The Subconscious: Fields Of The Nephilim Interviewed"
- Emmanuël Hennequin, "Obsküre Magazine n°8, Fields of the Nephilim - Interview"
- (en)Ben Graham, "Into The Subconscious: Fields Of The Nephilim Interviewed"
- (en)John Bush, "Fields of the Nephilim - Biography"
- Emmanuël Hennequin, "Obsküre Magazine n°8, Fields of the Nephilim - Interview"
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Fields of the Nephilim » (voir la liste des auteurs)