Sludge metal

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Sludge metal

Origines stylistiques Heavy metal
Doom metal
Punk hardcore
Grunge
Noise rock
Origines culturelles Drapeau des États-Unis États-Unis, autour de la Nouvelle-Orléans
Milieu des années 1980
Instruments typiques Chant
Guitare
basse
batterie
Clavier
Popularité Très Underground
Voir aussi Stoner rock
Post-metal
Metal alternatif
Sud des Etats-Unis
Nouvelle-Orléans
Metal extrême

Genres dérivés

Southern sludge • Stoner sludge

Le sludge metal est un sous-genre de metal apparu essentiellement autour de la Nouvelle-Orléans[1] au milieu des années 1980. Le genre mêle des éléments de doom metal et punk hardcore et intègre parfois des influences grunge[1] et noise rock. Les groupes de sludge metal ont créé une musique lente et pessimiste, généralement servie par des rythmes lourds et une atmosphère sombre, une instrumentation simplifiée et des paroles souvent chargées de messages nihilistes. Le terme « sludge » est utilisé pour désigner le son de guitare dit « boueux » dû notamment aux fortes distorsions et fuzz associés au son volontairement sale dans la pure tradition du punk hardcore et du metal extrême.

Le sludge metal est aux frontières du doom metal et du punk. Bien que les premiers groupes de sludge eussent plus l'apparence de groupes de stoner rock, ils n'avaient pas le regard positif sur la vie des musicien du stoner rock. Ils chantaient des textes typiquement centrés sur le nihilisme, la haine et la misère. Ces thèmes lyriques sont spécifiques au « sludgecore » et n'ont généralement rien à voir avec ceux utilisé dans les autres genres de doom metal.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Black Sabbath eut une influence importante sur les groupes pionniers de sludge metal.

Comme beaucoup de sous-genres du heavy metal, le sludge metal comprend une instrumentation basée principalement sur la voix, la guitare électrique, la basse électrique et la batterie. L'usage des claviers est également de mise dans certains formations. De manière générale, le thème « sludge metal » ou « sludgecore » s'associe aux tempos de type lento qui est une base au genre même si les mid-tempos (moderato) et l'allegro est employé et aussi des passages rapides[2] comme par exemple, le groupe Eyehategod et les chansons Depress et My Name Is God. Le registre instrumental est généralement assez grave, joué souvent en mode mineur et les guitares électriques et les guitares basse recherchent des sons puissants et déformés avec l'utilisation répandue d'effets comme le fuzz, la wah-wah et l'effet Larsen afin de produire des atmosphères lourdes et plombées, le mot sludge signifiant « boueux » ou « cambrousse » en anglais. Les caractéristiques vocales sont des techniques de chant hurlé issues du punk hardcore[3],[4],[5],[6]. Les paroles, généralement pessimistes, sur la nature[7], la souffrance, les drogues[8],[9],[10], la politique et la colère envers la société, sont des thèmes communs au genre.

La Nouvelle-Orléans (Louisiane), lieu de naissance et scène principal du sludge metal.

De nombreux groupes de sludge metal du Sud des États-Unis intègrent des influences rock sudiste et blues[3],[4],[5],[11],[12] bien que tous les groupes de sludge ne partagent pas ce style. Il existe une certaine controverse quant à savoir si le terme désigne seulement le style émergeant de la Nouvelle-Orléans ou à « une conscience complète héritée de Black Flag et de Black Sabbath, qui a influencé la scène et les individus à travers le monde[13]. » Les groupes de « sludge atmosphérique » ont adopté une approche plus expérimentale et ont composé une musique avec une ambiance atmosphérique, une agressivité réduite et des paroles philosophiques[14]. En raison des similitudes entre le sludge et le stoner, il existe une fusion entre les deux genres[15],[16] mais le sludge metal évite généralement l'usage psychédélique du stoner metal. Au niveau musical et lyrique, le sludge metal ressemble également dans une certaine mesure au crust punk, en raison de l'utilisation de paroles politiques et de sons de guitares « sales ». Le New York Times explique que « le terme décrit un genre de rock descendant de Black Sabbath et de Black Flag, parce que c'est tellement lente et dense[17]. » Mike Williams, un des fondateurs du style et membre de Eyehategod, suggère que « le surnom sludge doit apparemment à voir avec la lenteur, la saleté, la crasse et la décadence que les chansons véhiculent[13]. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Précurseurs[modifier | modifier le code]

Avec Black Flag et Black Sabbath, les musiciens cités par les pionniers du style comme une influence comprennent Mississippi John Hurt, Lynyrd Skynyrd, Greg Ginn, Trouble, Carnivore, Saint Vitus, Gore, Righteous Pigs[13], Amebix[18] et Swans[18]. Les premiers groupes sont également empruntés à la musique industrielle des SPK, Throbbing Gristle, Chrome et Swans[13]. Les débuts du sludge ont été tracés par le « slow punk » de Flipper et l'album My War des Black Flag[18].

Débuts[modifier | modifier le code]

Peut-être l'influence la plus significative chez les Melvins, un groupe de l'État de Washington. Leurs premières premiers travaux Six Songs (1986) et Gluey Porch Treatments (1987), sont souvent considérés comme les premiers enregistrements de sludge[18]. À cette époque, le groupe était également un membre important de la scène grunge. Un autre groupe de la scène grunge de Washington, Alice in Chains a joué un rôle au début du sludge metal avec leur deuxième album Dirt[19],[20]. Neurosis, basé à Oakland, faisait également partie des premiers groupes[21]. Au début des années 1990, un certain nombre de groupes en Louisiane (notamment de la scène metal de la Nouvelle-Orléans) a pris ces influences et développé le style qui serait connu comme du sludge[1]. Eyehategod (formé 1988)[2], Crowbar (formé en 1989 sous le nom de The Slugs)[22] et Acid Bath (formé en 1991)[23] sont les pionniers de ce mouvement. Sur la côte Est, Buzzov*en (formé en 1989)[24], 16 (formé en 1990) et Grief (formé en 1991)[25] ont adopté une approche plus lente.

Selon Phil Anselmo (fontman du Superjoint Ritual) : « A cette époque, tout dans le underground était rapide, vite, vite. C'était la règle de la journée. Mais quand les Melvins sont sortis avec leur premier disque, Gluey Porch Treatments, il a vraiment cassé le moule, en particulier à la Nouvelle-Orléans. Les gens ont commencé à apprécier la musique lente. Avec cela, tout le vieux Black Sabbath est revenue autour et puis vous commencez à creuser et sont arrivés Saint Vitus, Witchfinder General, Pentagram, etc.[26] » Superjoint Ritual a sorti deux albums et a été actif de 1993 à 2004.

Développements ultérieurs[modifier | modifier le code]

Le sludge metal s'est propagé dans tout le Sud et l'Est des États-Unis. Jose Carlos Santos note un changement de mise au point à la suite de l'impact du groupe britannique Iron Monkey et de son premier album en 1997 : « Coïncidence ou pas, il semblait que les boues vannes se soient ouvertes pour le reste du monde, et dans la dernière décennie de petites poches, ou des mini-scènes, peut être repéré dans n'importe quel pays vous voulez bien parler[27]. » Il s'agit notamment du groupe japonais Corrupted et des groupes américains contemporains tels que Lair of the Minotaur, Old Man Gloom et Kylesa[27]. En outre, l'État américain de la Géorgie a été identifié comme l'une des principales sources de nouveaux groupes de sludge comme Mastodon, Baroness, Black Tusk et Kylesa[27].

Groupes[modifier | modifier le code]

Traditionnel/Southern sludge metal[modifier | modifier le code]

Ces groupes sont les pionniers du genre ou sont fortement influencés par ces groupes. Beaucoup sont du Sud des États-Unis, à l'exclusion des Melvins qui sont de Montesano, Washington et Iron Monkey qui sont de l'Angleterre.

Stoner sludge metal[modifier | modifier le code]

Ces groupes ont typiquement mélangé le stoner metal et le sludge metal, et peuvent être considérés comme faisant partie des deux genres.

D'autres fusions avec le style[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c « AllMusic: Doom Metal », AllMusic
  2. a, b et c Huey, Steve, « Eyehategod », AllMusic
  3. a et b (en) York, William, « Eyehategod - In the Name of Suffering », sur AllMusic (consulté le 12 septembre 2009).
  4. a et b (en) York, William, « Eyehategod - Dopesick », sur AllMusic (consulté le 12 septembre 2012)
  5. a et b York, William, « Eyehategod - Take as Needed for Pain », AllMusic
  6. a et b (en) York, William, « Soilent Green - Sewn Mouth Secrets », AllMusic
  7. Jeffries, Vincent, « Crowbar - Crowbar », AllMusic
  8. Kennedy, Patrick, « Buzzov-en - To a Frown », AllMusic (consulté en 2008-09-12)
  9. Kennedy, Patrick, « Buzzov-en - Sore », AllMusic (consulté le 12 septembre 2008)
  10. York, William, « Acid Bath - When the Kite String Pops », AllMusic
  11. Huey, Steve, « Corrosion of Conformity », AllMusic
  12. a et b York, William, « Soilent Green », AllMusic
  13. a, b, c et d (en) "Sludge Special", p. 43.
  14. a et b Downey, Ryan J, « Isis », AllMusic
  15. Serba, John, « Bongzilla - Gateway », AllMusic : « …sounding like a cross between Sleep's drowsy, Black Sabbathy meanderings and Electric Wizard/Burning Witch-style gut-curdling, muddy sludge. »
  16. a et b Mason, Stewart, « Kylesa », AllMusic : « …elements of hardcore punk, psychedelic stoner rock, technical speed metal, and good old-fashioned Black Sabbath sludge appear in their music. »
  17. (en) "Pop/Jazz Listings, page 2". The New York Times. 5 octobre 2007. Consulté le 12 juillet 2008.
  18. a, b, c et d (en) "Sludge Special", p. 44.
  19. a et b (en) James Conway, « How Haven't You Heard… Alice in Chains – Dirt », Vulture Hound Magazine (consulté le 16 novembre 2012)
  20. (en) Christopher, Michael, « Alice in Chains: Dirt », PopMatters (consulté le 16 novembre 2012)
  21. (en) "Sludge Special", p. 51.
  22. (en) Huey, Steve, « Crowbar », AllMusic (consulté le 2 septembre 2008).
  23. a et b (en) York, William, « Acid Bath », AllMusic (consulté le 2 septembre 2008).
  24. a et b (en) York, William, « Buzzov-en », AllMusic (consulté le 2 septembre 2008).
  25. (en) J. Bennett, "Hazardous Prescription", Precious Metal: Decibel Presents the Stories Behind 25 Extreme Metal Masterpieces, Albert Mudrian, ed., Da Capo Press, p. 177.
  26. (en) J. Bennett, "Pillar of Eternity", Precious Metal: Decibel Presents the Stories Behind 25 Extreme Metal Masterpieces, Albert Mudrian, ed., Da Capo Press, p. 268.
  27. a, b et c "Sludge Special Part 2", p. 41.
  28. a, b et c « Top 10 New Orleans Metal Bands », Yahoo! Voices,‎ 18 février 2010.
  29. Kott, Paul, « Iron Monkey », AllMusic (consulté le 19 mai 2008).
  30. Raggett, Ned, « Melvins - Gluey Porch Treatments », AllMusic (consulté le 19 mai 2008)
  31. Rivadavia, Eduardo, « Bongzilla », AllMusic (consulté le 19 mai 2008).
  32. Rivadavia, Eduardo and Koets, Tara, « Electric Wizard », AllMusic (consulté le 2 février 2008) : « …it so effortlessly bridged the stylistic gaps between doom, sludge, stoner, horror, and, at times, even space metal… ».
  33. Violante, Isaiah, « High on Fire - Surrounded by Thieves », Pitchfork Media (consulté le 1er septembre 2009) : « …manufacturing that sludgy, choleric sound… ».
  34. « MusicMight :: Artists :: High on Fire », MusicMight (consulté le 21 novembre 2011).
  35. John Pegoraro, « Mico de Noche/Brothers of the Sonic Cloth - Split », Stonerrock.com,‎ 13 octobre 2009 (consulté le 15 juillet 2010).
  36. Hannah Levin, « Our Favorite Local Releases of 2009 », Seattle Weekly,‎ 30 décembre 2009 (consulté le 15 juillet 2010) : « Mico de Noche's two brutal blasts of galvanized sludge are perfectly concise counterpoints ».
  37. Heaney, Greg, « Torche », AllMusic (consulté le 10 juin 2005).
  38. Rivadavia, Eduardo, « Weedeater », AllMusic (consulté le 19 mai 2008).
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  40. J.D. Considine, « Alice in Chains breaks free of a style », The Baltimore Sun, Baltimore,‎ 23 octobre 1999 (lire en ligne).
  41. Michael Christopher, « Alice in Chains: Dirt », sur PopMatters,‎ 23 septembre 2003 (consulté le 28 septembre 2012).
  42. Chris Familton, « ALICE IN CHAINS The Devil Put Dinosaurs Here », sur The Music.com.au (consulté le 24 mai 2012).
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  64. Greg Prato, « Will Haven », AllMusic (consulté le 29 février 2012).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]