Quercus petraea

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Feuilles

Le Chêne rouvre ou Chêne sessile, (Quercus petraea (Matt.) Liebl., 1784), parfois appelé Chêne à trochets, Chêne des pierriers, Chêne mâle ou Chêne noir est une espèce d'arbres des forêts des régions tempérées de l'hémisphère nord de la famille des Fagacées. On le connaît sous différentes appellations : drille, drillar, durelin.

Le rouvre, sorte de chêne très dur, provient du latin robur qui, outre le rouvre, signifie également bois dur de chêne correspondant et indique, au sens figuré, la dureté, la force de résistance, la solidité, tant au plan de la résistance des matériaux (bois, fer) que des corps ou êtres humains, au physique et au moral. Cette racine latine a probablement engendré par déformation phonétique précoce le nom commun arbor, « arbre ». L'adjectif sessile vient lui aussi du latin et veut dire « Qui peut s'asseoir », signifiant que les glands se développent directement sur les rameaux, sans tige (contrairement à la plupart des autres espèces de chênes).

En gaulois, proche du sens latin, Robur désignait de manière restrictive le dieu-arbre du chêne, arbre nommé cassano. Le chêne rouvre désignerait uniquement dans cette tradition celtique un magnifique arbre sacré. Le chêne pédonculé Quercus robur a été choisi comme arbre national de l'Angleterre.

Caractères biologiques[modifier | modifier le code]

C'est un grand arbre de 20 à 50 mètres de haut, à feuillage caduc. Il a une longévité maximale de plus de 500 ans, parfois jusque 1000 ans. Il fructifie à partir de l'âge de 100 à 120 ans. C'est une espèce monoïque pollinisée par les insectes mais dispersée par les animaux. Il préfère les climats océaniques, suffisamment humides, et les sols siliceux ou décalcifiés.

Il demande une alimentation en eau régulière mais supporte les sécheresses passagères.

Caractères descriptifs[modifier | modifier le code]

inflorescences
  • L'écorce est lisse, légèrement fissurée longitudinalement,
  • Le houppier est ample mais assez clair,
  • Les jeunes rameaux sont glabres et luisants,
  • Les bourgeons sont ovoïdes,
  • Les feuilles sont alternes, glabres, nettement pétiolées, à base cunéiforme. Les lobes sont peu marqués, mais nombreux et réguliers,
  • Les glands sont sessiles, de 1 à 2 centimètres de long, ovoïdes, globuleux, à cupule glabre.
  • La floraison et la libération du pollen ont lieu généralement à la mi-mai en France.
  • Espèce de demi-ombre
  • Espèce mésoxérophile

Distribution géographique[modifier | modifier le code]

C'est une espèce très commune en Europe occidentale et la plus répandue dans les forêts françaises. On la retrouve partout dans les plaines et collines de France sauf dans la région méditerranéenne. Elle est commune dans toute l'Europe ne dépassant pas les 60° Nord en Norvège et atteint sa limite sud au centre de l'Espagne et au sud de l'Albanie.

Elle se développe jusqu'à 1 600 mètres d'altitude dans l'étage collinéen et à la base de l'étage montagnard. Elle s'hybride souvent avec le chêne pédonculé.

Des futaies de chênes rouvres se trouvent dans tout le bassin de la Loire (au sens large) et notamment en forêt de Tronçais (Allier) ou en forêt de Bercé (Sarthe).

Données autécologiques[modifier | modifier le code]

  • espèce de demi-ombre ;
  • humus variés :mull carbornaté à mor ; optimun sur sols filtrants, épais, légèrement acides (limons ou sables) ; gélivures fréquentes sur les dysmoder ;
  • matériaux (plus ou moins caillouteux) :sables,limons, argiles de décarbonatation ;
  • espèce mésoxérophile à mésophile, tolérant le sols à pseudogley ;
  • caractère indicateur : espèce à large amplitude (essence très plastique)

Utilisation[modifier | modifier le code]

Le bois jaune brun clair est dur et dense. Il prend une grande valeur lorsqu'il est produit par des chênes de futaie. Il est alors très recherché pour l'ébénisterie, et la fabrication de merrains pour la tonnellerie, ainsi que pour le tranchage. Ses notes aromatiques sont très appréciées, sèches et sérieuses[1].

Les glands sont utilisés par l'homme depuis des millénaires et toujours en période de disette.

Les glands torréfiés sont un succédané du café.

La farine de glands écorcés, broyés et cuits à plusieurs eaux donne une purée qui peut s'utiliser immédiatement en plat salé ou dessert sucré ou être séchée et moulue ce qui produit une très bonne farine qui se conserve.

Taxonomie[modifier | modifier le code]

Synonymes[modifier | modifier le code]

Différences avec le chêne pédonculé[modifier | modifier le code]

Le chêne sessile et le chêne pédonculé sont semblables en apparence et pourtant assez différents. Ils sont tous deux très présents dans les forêts françaises (plus de 4 millions d’hectares) et souvent mélangés mais n’ont pas la même écologie[2]. Il peut être utile d’apprendre à les distinguer.

  • Le port du chêne sessile est régulier, celui du chêne pédonculé est irrégulier.
  • Le pédoncule (axe qui porte le fruit, le gland) du chêne pédonculé est plus long que celui du chêne sessile, d'où leur nom (sessile signifiant ici que le gland est directement en contact avec le rameau).
  • Inversement le pétiole de la feuille du chêne rouvre est plus long, et quasiment inexistant chez le chêne pédonculé où la base de la feuille est presque directement en contact avec le rameau.
  • Le bord de la feuille du chêne sessile est davantage et plus régulièrement lobé.
  • La feuille du chêne pédonculé présente plus de nervures intercalaires (n'aboutissant pas à un lobe).
  • La base de la feuille du chêne pédonculé a des oreillettes, celle du chêne sessile est cunéiforme.
  • Les feuilles du chêne pédonculé s'entassent au bout des rameaux, les feuilles du chêne sessile sont plus espacées.
  • Les branches du chêne pédonculé sont plus tortueuses.
  • L'écorce du chêne pédonculé est plus profondément crevassée.
  • Le chêne sessile craint le froid et les gelées de printemps. Assez rustique, il peut accepter une faible alimentation en eau estivale et une certaine pauvreté du sol. Le Chêne pédonculé demande des sols riches (meilleure tolérance aux sols calcaires) et bien alimentés en eau toute l’année. Il supporte l’excès d’eau temporaire et les sols argileux ou compacts. Malheureusement, son comportement pionnier l’amène à se développer sur des sols ne lui convenant pas d’où des résultats décevants et de forts risques de dépérissements, surtout en période de sécheresses répétées.

Toutefois, les deux espèces s'hybrident souvent (pour former Quercus ×rosacea Bechst. et ses dérivés, car c'est un hybride fertile), ce qui rend l'identification plus difficile. Il est même impossible de distinguer le bois coupé de ces arbres.

Références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. (es) La crianza del vino La Razón 23 de Agosto de 2007
  2. Les chênes de pays

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guide des plantes sauvages comestibles et toxiques, les guides du naturaliste, François Couplan et Eva Stinner (ISBN 2 603 00952 4)

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]