Cygne

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Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le groupe d'oiseau. Pour les autres significations, voir Cygne (homonymie).

Cygnus est un genre d'oiseaux de la famille des Anatidae. C'est le genre des cygnes.

Description[modifier | modifier le code]

Ils sont connus pour leur cou courbé (ils possèdent 24 vertèbres cervicales, le plus grand nombre de tous les vertébrés[réf. nécessaire]) et pour leurs belles plumes blanches, au nombre de 25 000 chez le cygne adulte[1]. Cependant, quelques espèces ont un plumage noir. Leurs pieds sont palmés. Les petits du cygne sont appelés cygneaux. Les cygnes sont les plus grands membres de la famille des Anatidae, et sont parmi les plus gros oiseaux en vol, pesant jusqu'à 15 kg et mesurant 1,50 m environ. Par rapport aux oies, ils sont à la fois plus grand en taille et ont des pieds et un cou proportionnellement plus grands[2]. Ils ont aussi une pièce de peau déplumée entre les yeux et sur le bec chez les adultes. Les plumages de chaque sexe sont similaires, mais les mâles sont généralement plus grands et plus lourds que les femelles.

Juste avant de mourir, le cygne chanterait davantage et avec plus de force. Cette caractéristique a donné l'expression (chant du cygne) qui remonte à l’Antiquité grecque (en référence au dernier discours de Socrate condamné à mort pour impiété)[3].

Liste des espèces[modifier | modifier le code]

D'après la classification de référence (version 2.2, 2009) du Congrès ornithologique international (ordre phylogénique), 6 espèces sont répertoriées, le cygne de Bewick est considéré comme une sous-espèce de Cygnus columbianus.

Espèce Photo Portrait Répartition Population
Cygnus atratus
(Latham, 1790)
Cygne noir
Cygnus atratus Cygnus atratus Australie, Nouvelle-Zélande Entre 300 000 et 500 000 oiseaux[réf. nécessaire].
Cygnus melancoryphus
(Molina, 1782)
Cygne à cou noir
Cygnus melancoryphus Cygnus melancoryphus Amérique du Sud Entre 26 000 et 100 000 oiseaux[réf. nécessaire].
Cygnus olor
(J. F. Gmelin, 1789)
Cygne tuberculé
Cygnus olor Cygnus olor Europe - Asie centrale.
Introduit en Amérique du Nord.
Environ 600 000 oiseaux[réf. nécessaire].
Cygnus buccinator
(Richardson, 1832)
Cygne trompette
Cygnus buccinator Cygnus buccinator Amérique du Nord. Environ 18 000 oiseaux[4].
Cygnus columbianus bewickii
(Yarrell 1830)
Cygne de Bewick
Cygne de Bewick Cygne de Bewick Europe - Asie Environ 20 000 oiseaux[réf. nécessaire].
Cygnus columbianus columbianus
(Ord, 1815)
Cygne siffleur
Cygne siffleur Cygne siffleur Canada Arctique Environ 170 000 oiseaux[réf. nécessaire].
Cygnus cygnus
(Linnaeus, 1758)
Cygne chanteur
Cygnus cygnus Cygnus cygnus Eté:depuis l'Islande, Scandinavie, Russie, Siberie
Hiver: Écosse, Europe du Nord, lacs alpins, Croatie, Turquie, Caspienne jusqu'en Chine et Japon.
Environ 180 000 oiseaux[5].

Distribution et migration[modifier | modifier le code]

Les cygnes sont généralement situés dans des milieux tempérés, rarement sous les tropiques. Quatre à cinq espèces se trouvent dans l'hémisphère Nord, une espèce se trouve en Australie et en Nouvelle-Zélande et une dernière espèce se trouve dans le sud de l'Amérique du Sud. Les cygnes sont absents d'Asie tropicale, d'Amérique centrale, du nord de l'Amérique du Sud et de l'ensemble de l'Afrique. Une espèce, le cygne tuberculé, a été introduit en Amérique du Nord, en Australie et en Nouvelle-Zélande[2].

Plusieurs espèces ont un comportement migratoire, en partie ou en totalité. Le Cygne tuberculé est une espèce migratrice partielle, résidant dans des régions de l'Europe occidentale, mais migrant en Europe de l'Est et en Asie. Le Cygne chanteur et le Cygne siffleur sont en totalité migrateurs, et les cygnes trompettes sont presque entièrement migrateurs[2]. Il existe des preuves qu'une partie des cygnes à cou noir sont migrateurs, mais aucune étude détaillée n'a établi si ces mouvements sont à longue ou à courte distance[6].

Comportement[modifier | modifier le code]

Nid de cygne tuberculé avec deux œufs non éclos (à gauche) et jeune cygne sorti de l'œuf (à droite). Nid de cygne tuberculé avec deux œufs non éclos (à gauche) et jeune cygne sorti de l'œuf (à droite).
Nid de cygne tuberculé avec deux œufs non éclos (à gauche) et jeune cygne sorti de l'œuf (à droite).

Les cygnes se nourrissent dans l'eau et sur terre. Ils sont presque exclusivement herbivores, même si un petit nombre d'animaux aquatiques peut être mangé. Leur régime alimentaire est composé de racines, de tubercules, de tiges et de feuilles de plantes aquatiques submergées[2].

Les cygnes s'accouplent par paires monogames et vivent ensemble plusieurs années. Dans de nombreux cas, les couples peuvent durer à vie, mais le divorce entre des couples peut arriver[7]. Ces couples se maintiennent même dans les espèces migratrices et grégaires comme les cygnes siffleurs, qui se rassemblent en grands troupeaux dans des aires d'hivernage[8]. Le nid se trouve sur la terre, près de l'eau et mesure environ un mètre de diamètre. Contrairement à beaucoup d'autres canards et aux oies, le mâle contribue à la construction du nid. La taille moyenne des œufs (pour le cygne tuberculé) est de 113 × 74 mm, avec un poids de 340 g, une moyenne de couvée de 4 à 7 œufs et une période d'incubation de 34 - 45 jours[9]. Avec les dendrocygninés, les cygnes sont les seuls anatidés où les mâles aident l'incubation des œufs.

Coloration[modifier | modifier le code]

Les espèces de cygnes de l'hémisphère nord ont le plumage d'un blanc pur, mais ceux de l'hémisphère sud mélangent noir et blanc. L'espèce australienne du cygne noir (Cygnus atratus) est totalement noire, excepté le blanc de ses plumes en vol. Les bébés de cygnes noirs sont de couleur gris clair. Les cygnes à cou noir, vivant en Amérique du Sud, sont blancs mais ont un cou noir.

Les membres inférieurs des cygnes sont de couleur gris noirâtre, sauf pour les deux espèces d'Amérique du Sud, qui ont des membres inférieurs roses. La couleur du bec varie : les quatre espèces subarctiques ont des becs noirs avec des teintes de jaune, alors que toutes les autres espèces ont des becs à motifs rouge et noir.

Maladies, causes de mortalité[modifier | modifier le code]

Les cygnes peuvent être victimes des grandes maladies communes à tous les oiseaux (grippe aviaire en particulier), mais d'autres causes de mortalité existent :

  • collision avec des véhicules ou avec des lignes à haute-tension (ces oiseaux-là sont souvent déjà préalablement affaiblis ou malades).
  • empoisonnement par des pesticides.
  • saturnisme aviaire, avec intoxication aiguë suite à ingestion de plombs de pêche (dont gros plombs dits turlutte au Québec) ou des plombs de chasse.
    Une étude[10] publiée en 2000 a porté sur près de 10 000 cygnes (de six espèces ou sous-espèces) trouvés morts de saturnisme, dans quatorze pays, induit par l'ingestion de plombs de pêche ou de chasse (ou peut-être parfois de ball-trap), ou contaminés par des végétaux ou sédiments pollués par des mines ou l'industrie métallurgique.

Plusieurs déclins de population locales de cygnes tuberculés ont été observés en Angleterre durant la fin des années 1970 et dans les années 1980. Les cygnes siffleurs étaient plus touchés (en nombre) que les cygnes de toute autre espèce[10]. Le cas le plus grave est celui d'environ 7 200 cadavres trouvés dans la toundra durant cinq hivers, dans une seule localité de Caroline du Nord[10].
Des études antérieures ont montré en Amérique du Nord, que quarante ans après l'arrêt de la chasse sur un lac, les cygnes noirs pouvaient encore s'y empoisonner en ingérant des billes de plomb conservées dans la vase.
On note aussi que dans certaines zones chassées (marais audomarois, dans le nord de la France), des populations de cygnes se sont reconstituées, mais qu'elles ont changé de comportement en allant manger sur terre, dans les cultures de choux-fleurs et de maraîchage, et beaucoup moins dans l'eau et les sédiments. Plusieurs pays ayant interdit le plomb dans les cartouches ou dans les plombs de pêche, les chercheurs estiment que les populations de cygnes devraient peu à peu reprendre de l'importance.

Le cygne et l'homme[modifier | modifier le code]

Le char en forme de cygne de Marie Schœnacker Reine des Reines de Paris à la Mi-Carême 1897[11]
Léda et le cygne
Paul Véronèse, 1585

Oiseau d'ornement[modifier | modifier le code]

L’usage du cygne comme oiseau d’ornement est attesté dès l’Antiquité. Selon Diodore de Sicile, la cité d’Agrigente s’était ainsi dotée au Ve siècle d’un grand bassin artificiel dans lequel étaient entretenus des cygnes et d’autres oiseaux pour le plus « grand plaisir des spectateurs »[12],[13].

Fourrure et duvet[modifier | modifier le code]

La fourrure de cygne (peau et son duvet) ou le duvet de cygne, sont utilisés dans la composition ou comme garniture de vêtement, mais aussi dans la fabrication de menus objets (houppette à poudre[14], calorimètre[15]…).

Le duvet « de cygne » était souvent remplacé par du duvet d'oie blanche[16].

Symbole et culture[modifier | modifier le code]

Le Chant Du Cygne, Paperolles de Rémy Ryan Richards (2012)

L'aspect culturel du cygne est très riche en Europe. Peut-être l'histoire d'un cygne la plus connue est-elle celle de la fable du Vilain Petit Canard. L'histoire est centrée sur un vilain canard qui est maltraité jusqu'à ce qu'il rencontre des cygnes. Ceux-ci l'accueillent et le canard se transforme en un magnifique cygne blanc. Les cygnes sont souvent un symbole de l'amour ou de la fidélité car ils entretiennent des relations monogames de longue durée. De nombreuses œuvres mettent en scène des cygnes, comme Lohengrin ou Parsifal.

En Angleterre et au Pays de Galles (mais pas en Écosse ou en Irlande), la possession de cygnes tuberculés (en anglais, mute swans) est réglementée par une loi, l'Act of Swans, adoptée par le Parlement anglais en 1482. Cet acte n'autorisait que les propriétaires terriens détenant en pleine propriété des terres pour une valeur d'au moins cinq marcs de marquer les cygnes sur leurs terres, et réservait les cygnes non marqués de la sorte au Monarque. Au XVe siècle, le Monarque accorda par ailleurs à la Compagnie des Marchands de Vin et à la Compagnie des Teinturiers de Londres un privilège selon lequel ces deux compagnies partageaient avec lui la possession des cygnes sur la portion de la Tamise et ses affluents compris entre Windsor et Abingdon[17].

Les cygnes sont très présents dans la mythologie. Dans la mythologie grecque, le cygne est l'oiseau dédié à Apollon. L'histoire de Léda et le cygne raconte également que Hélène de Troie a été conçue par une union de Zeus déguisé en cygne et de Léda, reine de Sparte.

Le cygne a aussi inspiré la figure héraldique du même nom.

Galerie[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard de Wetter, Le règne animal, Éditions Caramel,‎ 2007, 86 p. (ISBN 978-90-8545-425-0)
  2. a, b, c et d Ducks, Geese and Swans, Oxford, Oxford University Press,‎ 2005 (ISBN 0-19-861008-4)
  3. TV5 - Quiz
  4. Le cygne trompette, Cygnus buccinator.
  5. Oiseaux.net : le Cygne chanteur.
  6. (en) Roberto Schlatter, Rene A. Navarro et Paulo Corti, « Effects of El Nino Southern Oscillation on Numbers of Black-Necked Swans at Rio Cruces Sanctuary, Chile », Waterbirds: The International Journal of Waterbird Biology, vol. 25, no Special Publication 1,‎ 2002, p. 114-122 (lire en ligne).
  7. Eileen Rees, Partnerships in birds, Oxford, Oxford University Press (ISBN 0-19-854860-5), « 6:Mate fidelity in swans, an interspecific comparison », p. 118-122
  8. (en) Scott prénom1=D.K., « Functional aspects of the pair bond in winter in Bewick's swans (Cygnus columbianus bewickii) », Behavioral Ecology and Sociobiology, vol. 7, no 4,‎ 1980, p. 323-327 (DOI 10.1007/BF00300673).
  9. British Trust for Ornithology Mute Swan
  10. a, b et c Lawrence J. Blus ; A review of lead poisoning in swans ; Comparative Biochemistry and Physiology Part C: Pharmacology, Toxicology and Endocrinology Volume 108, Issue 3, July 1994, Pages 259-267 Résumé, en anglais
  11. La Revue hebdomadaire, 10 avril 1897.
  12. Sophie Collin-Bouffier, « La pisciculture dans le monde grec. État de la question », dans Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, tome 111, no 1, 1999, p. 40, d’après Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, Livre XIII, 82.
  13. Sophie Collin-Bouffier « Diodore de Sicile témoin du Ve siècle av. J.‑C. : un âge d'or pour la Sicile ? », Dialogues d'histoire ancienne, supplément 6, 2012 (S6), p. 71-112.
  14. Dictionnaire français, éditions Larousse. Houppe
  15. P.-A. FAVRE Instruction sur l’emploi du calorimètre a mercure dans le Journal de la physique.
  16. Voir la note p141 dans Jean Pitié. L'évolution agricole en Poitou-Charentes dans le dernier demi-siècle. In: Norois. N°113, 1982. Janvier-mars 1982. pp. 141-154. doi : 10.3406/noroi.1982.4027
  17. http://www.royal.gov.uk/RoyalEventsandCeremonies/SwanUpping/SwanUpping.aspx

Liens externes[modifier | modifier le code]

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