Fronde (arme)

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Une fronde.

La fronde est une arme individuelle de jet, qui fut employée en Europe et en Méditerranée, au Moyen-Orient et en Amérique[1] depuis l'Âge de pierre jusqu'à la fin du Moyen Âge. Dans le langage familier, fronde désigne parfois une autre arme de jet : le lance-pierre. La fronde était utilisée par les bergers de l'Antiquité pour défendre leurs troupeaux contre les loups et autres prédateurs.

Description[modifier | modifier le code]

Balles de fronde en plomb trouvées à Lyon - Musée gallo-romain de Fourvière

La fronde se compose d'une bande souple formant une poche, souvent en cuir, prolongée à chaque extrémité par des lanières. Les deux lanières sont de longueurs inégales et parfois terminées par des poignées. Dans ladite poche se place le projectile à lancer, appelé « balle de fronde », constitué d'un matériau dur et dense, généralement caillou arrondi, balle d'argile durcie ou de métal (plomb, par exemple).

Les balles, en métal, sont coulées au moule, en forme d'olive très allongée, sur lesquelles sont parfois gravées des mots comme « reçois », « avale » ou d'autres encouragements. Une fois la balle placée dans la poche, le lanceur tenant la lanière longue dans la paume et la courte entre le pouce et l'index fait tournoyer la poche de la fronde sur le côté ou au-dessus de sa tête, puis lâche la lanière la plus courte en direction de la cible. Le projectile ainsi libéré part avec une vitesse initiale égale à la vitesse acquise pendant le mouvement circulaire. Le même principe est exploité dans la discipline sportive olympique du lancer du marteau. À noter : le fustibale est directement inspiré de la fronde.

Antiquité[modifier | modifier le code]

Les armées de l'Antiquité méditerranéenne avaient des bataillons de frondeurs. Les frondes les plus anciennes attestées par l'archéologie sont celles, tressées en lin, trouvées dans le tombeau de Toutânkhamon, mort vers -1325. Celles qui sont utilisées un peu plus tard lors de la Guerre de Troie par les troupes d'Ajax sont décrites comme des tresses de laine[2]. Les Romains (des frondeurs sont représentés, par exemple, sur la colonne Trajane) ont également des frondeurs dans leurs armées : les habitants des Baléares, à l'époque des guerres puniques[3], fournissaient des bataillons particulièrement réputés. Il existe un débat quant à l’emploi exact des frondeurs :

  • pour une partie des historiens, la fronde servait à faire un tir sur zone, sans viser précisément, son efficacité venant de la concentration du tir de plusieurs frondeurs et de la rapidité du tir (comparé souvent à celui des archers anglais de la guerre de Cent Ans) ;
  • pour d’autres historiens, qui ne contestent pas cet usage, la fronde pouvait aussi tirer avec une précision suffisante, à la guerre comme à la chasse.
Un frondeur baléare.

Histoire de France[modifier | modifier le code]

La fronde fut encore utilisée comme arme de guerre en France en 1572, lors du Siège de Sancerre par les défenseurs contre les troupes royales[4].

Mythologie[modifier | modifier le code]

  • Le dieu suprême de la mythologie celtique, Lug, tue son grand-père maternel Balor avec une fronde, conformément à une prophétie.
  • Dans un récit de la Bible, David vainquit le géant Goliath avec une fronde.
  • Dans la mythologie celtique irlandaise, le récit Aided Óenfir Aífe (La Mort violente du fils unique d’Aifé), Conall Cernach est ridiculisé par Conla, le fils de Cúchulainn, âgé de sept ans. Alors que l’enfant débarque en Irlande en provenance d’Écosse, Conall va à sa rencontre pour lui demander qui il est. Il reçoit une pierre de fronde qui le fait tomber et se retrouve les mains liées.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Vérifier sur article espagnol - fronde péruvienne (tricotée)
  2. Robert Flacelière, Homère, Iliade [détail des éditions] [lire en ligne], chant XIII, 599-600 et 695-710 (Coll. La Pléiade, 1993 : pages 321, 324 et 931)
  3. V. Carthage
  4. Lalanne, Dictionnaire historique de la France, p. 115

Voir aussi[modifier | modifier le code]