Fidesz-Union civique hongroise

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Fidesz - Magyar Polgári Szövetség
Image illustrative de l'article Fidesz-Union civique hongroise
Logo officiel
Présentation
Président Viktor Orbán
Fondation 30 mars 1988
Siège Budapest
Drapeau de la Hongrie Hongrie
Vice-présidents Lajos Kósa
Ildikó Pelczné Gáll
Zoltán Pokorni
Mihály Varga
Mouvement de jeunesse Fidelitas
Idéologie National-conservatisme[1],[2],[3]
Conservatisme[2]
Euroscepticisme léger
Populisme
Démocratie chrétienne
Affiliation européenne Parti populaire européen
Affiliation internationale Internationale démocrate centriste, Union démocrate internationale
Couleurs Orange
Site web www.fidesz.hu
Représentation
Députés
117 / 199
Députés européens
12 / 21

Le Fidesz-Union civique hongroise (hongrois : Fidesz-Magyar Polgári Szövetség, Fidesz-Union civique hongroise , prononcé [ˈfidɛs ˈmɒɟɒɾ ˈpolga:ri ˈsøvɛtːʃeːg], Fidesz-MPSz) est un parti politique hongrois de droite, dont le président est Viktor Orbán. Son logo porte son nom le plus courant Fidesz, acronyme de Fiatal Demokraták Szövetsége (« Alliance des jeunes démocrates »), mais à partir de 1995 son nom officiel a été Fidesz – Magyar Polgári Párt (« Parti civique hongrois »), puis à partir de 2003 Fidesz – Magyar Polgári Szövetség (« Alliance civique hongroise »).

Fondé en 1988 comme un mouvement de jeunesse opposé au parti unique et à la République populaire de Hongrie, se définissant lui-même comme « libéral, radical et alternatif », il est progressivement devenu un parti conservateur, membre du Parti populaire européen et de l'Union démocratique internationale.

Son allié traditionnel est le Parti populaire démocrate-chrétien (Kereszténydemokrata Néppárt, KDNP).

Histoire[modifier | modifier le code]

Siège du Fidesz.

Fidesz était le sigle de l'ancienne Alliance des jeunes démocrates (Fiatal Demokraták Szövetsége, Fidesz), créée sous la forme d'un mouvement de jeunesse (l'âge limite d'adhésion était 35 ans) en 1988, sous le régime de la République populaire de Hongrie.

Dans l'opposition aux premiers gouvernements de la transition démocratique, à savoir ceux dirigés par le Forum démocrate hongrois (Magyar Demokrata Fórum, MDF) (1990-1994) et le Parti socialiste hongrois (Magyar Szocialista Párt, MSzP) (1994-1998), il arrive au pouvoir à la faveur des élections législatives de 1998 et forme une coalition avec le MDF. Le président du Fidesz, Viktor Orbán, âgé de 35 ans, devient le plus jeune premier ministre d'Europe.

Il perd de justesse les élections législatives de 2002 à la faveur de coalition formée par le MSzP et l'Alliance des démocrates libres (Szabad Demokraták Szövetsége, SzDSz) menée par Péter Medgyessy.

En juin 2004, le Fidesz obtient 12 députés européens en réunissant sur ses candidats 47,40 % des suffrages exprimés. Il en remporte 14 lors des élections européennes de 2009, avec 56,37 % des suffrages exprimés, allié aux chrétiens-démocrates du KDNP.

Bien que plus nettement battu lors des élections législatives de 2006, le parti remporte largement les élections municipales et régionales six mois plus tard, en octobre 2006, après la crise provoquée par la divulgation d'un discours prononcé à huis clos devant les députés de son parti par le premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsány[4].

Le 25 avril 2010, le Fidesz remporte largement les élections législatives, en obtenant les deux tiers des sièges du parlement. Dans la foulée, le candidat István Tarlós devient le premier maire conservateur de Budapest le 3 octobre 2010, mettant ainsi fin au long règne de Gábor Demszky qui dirigeait la ville depuis 1990.

Bien qu'orienté à droite, le discours du Fidesz reste globalement hostile à la mondialisation. Les années de gouvernement de Viktor Orbán ont également été marquées par une progression des thèmes irrédentistes, autour de la Grande Hongrie et de la situation des Hongrois d'outre-frontières, minoritaires dans les États frontaliers.


Fondements idéologiques et philosophiques[modifier | modifier le code]

Valeurs[modifier | modifier le code]

Le Fidesz est fondé sur le conservatisme et le protectionnisme économique[réf. nécessaire] et militant pour le maintien des traditions hongroises.

Idéologiquement, il se réclame des valeurs de :

Le parti est critiqué à l'étranger pour son nationalisme économique, par exemple pour sa taxe « de crise » votée au Parlement visant les grandes entreprises implantées en Hongrie, surtout étrangères (dans les domaines de l'agro-alimentaire, de l'énergie, des télécommunications, de la grande distribution) et taxées bien plus[5] que les autres entreprises hongroises. Le parti est également accusé d'avoir des tentations autoritaires, et est notamment critiqué pour la loi de 2010 restreignant les libertés des médias[6].

Marche de la paix soutenue par la Fidesz et le KDNP, le 29 mars 2014.

Ayant les deux tiers des sièges au Parlement, le Fidesz a entrepris la modification totale de la Constitution, le texte fondamental de l'ancienne constitution datant de 1949. Celle-ci est fondée sur l'histoire millénaire de la Hongrie et sur les racines chrétiennes hongroises (préambule, intitulé « Profession de foi nationale »). L’appellation officielle de l'État hongrois République de Hongrie devient Hongrie - le mot "République" apparaissant à l'article suivant - et « la Hongrie porte la responsabilité de la situation des Hongrois vivant hors des frontières du pays » (article D). L'article L de la Constitution définit le mariage « en tant qu’union de vie fondée sur un engagement volontaire entre un homme et une femme ». L'article II sur le droit à la vie de toute personne indique que « la vie du fœtus doit être protégée dès sa conception », pouvant laisser éventuellement la place à une future interdiction de l'avortement[7],[8].

En ce qui concerne les minorités hongroises des pays voisins, le leader du Fidesz et actuel Premier ministre Viktor Orbán a fait voter dès son arrivée au pouvoir une loi sur la double nationalité : un Hongrois vivant dans les pays voisins pourra acquérir la nationalité hongroise en plus de celle du pays où il réside[9]. Le droit de vote est aussi accordé en Hongrie en décembre 2011 aux minorités hongroises des pays voisins pour les listes de partis (députés non liés à une circonscription)[10]. Une autre loi nationaliste est celle faisant du 4 juin, jour de la signature du traité de Trianon qui amputa la Hongrie de 60 % de son territoire, un « jour de commémoration nationale » (nemzeti emléknap) appelé Journée de la solidarité nationale (a nemzeti összetartozás napja) et marqué par des commémorations à différents endroits du pays[11] (mais pas dans les écoles comme d'autres « jours de commémoration nationale » : Journée des victimes du communisme, Journée de la Shoah, Journée des martyrs d'Arad).

Les courants de pensée[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Liste des présidents du Fidesz :
1988-1993
1993-2000 Viktor Orbán
2000-2001 László Kövér
2001-2002 Zoltán Pokorni
2002-2003 János Áder
2003-en cours Viktor Orbán
  • Ádám Kósa, un député sourd au parlement européen en fonction depuis le 14 juillet 2009.

Organisation[modifier | modifier le code]

Viktor Orban est le président du Fidesz depuis 1998.

Structures associées[modifier | modifier le code]

  • Le Fidelitas est le mouvement de jeunesse du Fidesz.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections législatives[modifier | modifier le code]

Élections Voix
(1er tour)
Proportion
(1er tour)
Voix
(2nd tour)
Proportion
(2nd tour, exprimés)
Sièges (sur 386) Part de sièges Rôle parlementaire
1990 439 481 8,95 % 63 0641 1,85 %1 21 5,44 % Opposition
1994 379 295 7,02 % 29 3911 0,69 %1 20 5,18 % Opposition
1998 1 263 522 28,18 % 187 609 38,80 % 148 38,34 % parti gouvernemental avec le FKgP et le MDF
2002 2 306 763 41,07 % 2 196 524 49,97 % 188 (164)2 42,49 %2 Opposition
2006 2 272 979 42,03 % 1 511 176 46,65 % 164 (141)3 36,53 %3 Opposition
2010 2 706 292 52,73 % 620 138 53,81 % 263 (227)4 68,13 %4 parti gouvernemental + 1 portefeuille KDNP
majorité qualifiée
Élections Voix
(circonscriptions)
Proportion
(circonscriptions)
Voix
(liste)
Proportion
(liste)
Sièges (sur 199) Part des sièges Rôle parlementaire
2014 2 097 881 2 135 891 133 66,83 % parti gouvernemental
majorité qualifiée

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.liberation.fr/monde/2013/10/11/comment-viktor-orban-a-devore-son-extreme-droite_938916
  2. a et b http://www.20minutes.fr/monde/1240197-20131022-hongrie-viktor-orban-lautoritarisme-tranquille
  3. http://www.lesobservateurs.ch/2013/10/31/une-interview-de-viktor-orban-le-patriotisme-est-une-bonne-chose/
  4. Il reconnaît dans un enregistrement vidéo avoir menti sur l'état du pays et de ses finances pour gagner les élections et jure de rompre une fois pour toutes avec cette pratique : (hu) Ferenc Gyurcsány, « Jöjjön az eredeti szöveg... » (version du 18 mars 2008 sur l'Internet Archive), sur Gyurcsány-blog, 17 septembre 2006 [« Voilà le texte d'origine » de son discours à Balatonőszöd en mai 2006] — (fr) traduction sur Wikisource.
  5. Sur les télécoms par exemple, taxe spéciale de 2,5 à 6,5 % du chiffre d'affaires : « Au banc des accusés », Journal Francophone de Budapest,‎ 18 octobre 2011 (lire en ligne).
  6. « La Hongrie débute sa présidence de l'UE sous les critiques », Le Monde,‎ 3 janvier 2011 (lire en ligne).
  7. « La nouvelle constitution hongroise passe entre les mailles du filet à Bruxelles », sur EurActiv,‎ 30 mars 2011
  8. [PDF] « Loi fondamentale de la Hongrie », sur kormany.hu,‎ 25 avril 2011 (numéro spécial du Journal officiel hongrois, traduction en français de la version entrée en vigueur le 1er janvier 2012)
  9. « Concours de patriotisme entre la Hongrie et la Slovaquie », sur RFI,‎ 27 mai 2010
  10. « Près de deux ans de poussée conservatrice en Hongrie », Le Monde,‎ 2 janvier 2012 (lire en ligne)
  11. (hu) http://nemzetiosszetartozas.kormany.hu - site dédié à cette commémoration, sous le site kormany.hu du gouvernement

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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