János Áder

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Dans le nom hongrois Áder János, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français János Áder où le prénom précède le nom.
János Áder
János Áder, en 2012.
János Áder, en 2012.
Fonctions
9e président de la République de Hongrie
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&&07071 an, 11 mois et 7 jours)
Élection
Premier ministre Viktor Orbán
Prédécesseur Pál Schmitt
László Kövér (ad interim)
Député européen
Élection 7 juin 2009
Législature 7e
19e président de la Diète hongroise

(&&&&&&&&&&&014263 ans, 10 mois et 26 jours)
Législature 3e
Prédécesseur Zoltán Gál
Successeur Katalin Szili
Biographie
Nom de naissance Áder János
Date de naissance (54 ans)
Lieu de naissance Csorna (Hongrie)
Parti politique Fidesz
Conjoint Anita Herczegh
Diplômé de ELTE
Profession Juriste
Résidence Palais Sándor (Budapest)

János Áder
Présidents de la République de Hongrie

János Áder ([ˈjaːnoʃ], [ˈaːdɛɾ]), né le à Csorna dans le comitat de Győr-Moson-Sopron, est un homme d'État hongrois, membre fondateur du parti conservateur Fidesz et président de la République de Hongrie depuis 2012.

Député de 1990 à 2009 à l'Assemblée nationale de Hongrie, dont il est le vice-président entre 1997 et 1998, puis le président jusqu'en 2002, il siège également au Parlement européen de 2009 à 2012

Soutenu par le Fidesz, János Áder est élu président de la République par les députés, le et prend ses fonctions le 10 mai.

Biographie[modifier | modifier le code]

Des études à la vie politique[modifier | modifier le code]

János Áder fréquente l'école primaire à Csorna, obtient le baccalauréat en 1977 à Győr et est admis en 1978 à la faculté de droit et d'administration de l'université Loránd Eötvös (ELTE), dont il sort diplômé en 1983.

Il travaille d'abord au service d'échanges immobiliers de la mairie (tanács) du 6e arrondissement de Budapest, puis de 1985 à 1990 à l'Institut de recherches sociologiques de l'Académie hongroise des sciences, en tant que chercheur dans le domaine du travail législatif de l'Assemblée nationale de Hongrie. Il obtient en parallèle la qualification d'avocat.

Son épouse, le magistrat Anita Herczegh, est la fille de Géza Herczegh, ancien juge à la Cour constitutionnelle hongroise et au Tribunal international de La Haye.

L'un des fondateurs du Fidesz[modifier | modifier le code]

János Áder, président du Parlement en 2000

En 1987, János Áder prend part à la rencontre de Lakitelek, la première réunion de l'opposition hongroise à demander le multipartisme. En 1988, il est l'un des fondateurs du Fidesz (Alliance des Jeunes Démocrates). Il participe à la Table ronde de l'opposition (Ellenzéki Kerekasztal) qui représente l'ensemble de l'opposition dans les discussions avec le Parti communiste en 1989, et la même année il est membre de la Commission électorale nationale. Il est directeur de campagne du Fidesz aux premières élections législatives libres en 1990 (puis à nouveau en 1994 et 1998).

Élu député, il est vice-président du groupe parlementaire Fidesz jusqu'en 1992, et est alors choisi comme président du Comité national (Országos Választmány) du Fidesz, l'équivalent du président du Fidesz par la suite. En 1993, Viktor Orbán devient président du Fidesz, tandis qu'Áder devient le vice-président exécutif du Fidesz jusqu'en 1997 ; il retrouvera ses fonctions plus tard, entre 1999 et 2000.

Président du Parlement[modifier | modifier le code]

En 1997, lorsque le groupe parlementaire Fidesz s'agrandit du fait de l'arrivée de députés issus du KDNP et devient le 4e groupe le plus important du Parlement, Áder est élu vice-président du Parlement, puis après la victoire électorale du Fidesz en 1998, il devient président du Parlement jusqu'à la fin de la législature en 2002, ce qui fait de lui à 39 ans le plus jeune président du Parlement de l'histoire hongroise.

En 2002, il devient président du groupe parlementaire Fidesz, et après la démission du président du Fidesz Zoltán Pokorni (en) il dirige le parti par intérim, et ce jusqu'à la réorganisation du Fidesz en 2003, lorsque l'ancien Premier ministre Viktor Orbán reprend à nouveau les fonctions de président du parti ; Áder est alors propulsé à la présidence du groupe parlementaire.

En 2006, de nouveau élu vice-président du Parlement hongrois, il se voit proposer la présidence du groupe parlementaire Fidesz ; une offre qu'il décline.

Au Parlement européen[modifier | modifier le code]

En 2007, il déclare vouloir se présenter aux élections européennes de 2009. Il est élu député européen sur la liste Fidesz, en 4e position, et démissionne de son mandat de député au Parlement hongrois, consacrant depuis lors son activité politique au Parlement européen, particulièrement sur des questions environnementales comme l'utilisation de cyanure par le projet minier de Roșia Montană en Roumanie (connu en hongrois sous le nom de Verespatak).

En 2011, il participe à la rédaction des réformes du système judiciaire et du système électoral hongrois.

Président de la République[modifier | modifier le code]

János Áder, entouré du président des États-Unis, Barack Obama, et de son épouse, Michelle, le .

Le , après la démission du président de la République, Pál Schmitt, impliqué dans une affaire de plagiat, et sur proposition du président du Fidesz et Premier ministre, Viktor Orbán, János Áder est désigné candidat par le groupe parlementaire Fidesz-KDNP pour l'élection présidentielle anticipée[1]. Sa candidature est alors vivement critiquée par l'opposition socialiste et extrémiste[2], qui, lui, souhaitait voir la majorité soutenir la candidature de l'ancien président László Sólyom, un ancien juriste très respecté.

Le , János Áder fut élu président de la République lors du premier tour de scrutin par le Parlement, ayant recueilli 262 suffrages ; après avoir accepté son élection, le nouveau chef de l'État a prêté serment à la Loi fondamentale. Il prit ses fonctions le , lors d'une cérémonie officielle[3].

Le 6 décembre, bien qu'il soit réputé proche du Premier ministre Viktor Orbán, le président de la République refusa de promulguer une loi, approuvée par la majorité parlementaire détenue par le Fidesz, qui obligeait les électeurs à s'enregistrer sur les listes électorales avant chaque scrutin ; le texte, en conséquence, fut renvoyé devant la Cour constitutionnelle. Cette loi, lorsqu'elle fut étudiée par les députés, était présentée par l'opposition de centre-gauche comme étant une mesure prise par le chef du gouvernement dans le dessein de faciliter les chances de son parti de conserver la majorité parlementaire lors des élections parlementaires de 2014 ; l'ancien Premier ministre Gordon Bajnai considérait que le veto du chef de l'État était l'ultime chance, pour les Hongrois, de pouvoir se prononcer lors d'« élections libres », en 2014. En janvier 2013, le Fidesz renonça finalement à réformer la procédure électorale, suite au rejet de la loi par la Cour constitutionnelle[4],[5].

János Áder promulgue une nouvelle modification de la Constitution. Les modifications approuvées par le Parlement hongrois « soulèvent des préoccupations en ce qui concerne le principe de la primauté du droit, le droit de l'UE et les normes du Conseil de l'Europe », ont écrit José Manuel Barroso et Thorbjorn Jagland, respectivement président de la Commission européenne et secrétaire général du Conseil de l'Europe, dans un communiqué diffusé depuis Bruxelles. En effet, ces modifications concernent la restriction d'une partie des prérogatives de la Cour constitutionnelle, une définition jugée conservatrice de la famille et l'expulsion de sans-domicile fixe lorsque celle-ci devait s'avérer nécessaire.

Le , le président Áder se fit de nouveau remarquer pour avoir refusé de promulguer une loi soutenue par le gouvernement ; celle-ci, pourtant approuvée par le Parlement, portait sur la transparence, était dénoncée par l'opposition comme par des organisations anticorruption, qui présentaient ce projet comme un encouragement à la corruption. En conséquence, la loi fut présentée à la Cour constitutionnelle. Cet épisode, relevé par la presse hongroise, fut considéré comme une nouvelle prise de distance assumée par le chef de l'État, qui, dans le passé, avait déjà renvoyé quelques textes législatifs, dont le projet de nouvelle loi électorale[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Hongrie : Viktor Orbán nomme un eurodéputé au poste de président », sur EurActiv,‎ 17 avril 2012
  2. « Un fidèle d'Orban à la présidence hongroise », Le Figaro,‎ 1er mai 2012 (lire en ligne)
  3. « Hongrie: Janos Ader élu nouveau président de la république », Le Parisien,‎ 2 mai 2012 (lire en ligne)
  4. « Hongrie : le président Ader bloque une loi controversée sur la procédure électorale », sur Romandie.com,‎ 6 décembre 2012
  5. « La Hongrie renonce à l'inscription sur les listes électorales », sur Reuters,‎ 4 janvier 2013
  6. « Hongrie : le chef de l'Etat refuse une loi controversée sur la transparence », Le Monde,

Liens externes[modifier | modifier le code]