Élections législatives hongroises de 2010

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2006 Drapeau de la Hongrie 2014

Élections législatives hongroises de 2010
25 avril 2010
EPP Summit March 2012 (16).jpg Mesterházy Attila 2009-12-14.JPG Vona Gabor.jpg
Leader

Viktor Orbán

Attila Mesterházy Gábor Vona
Parti

Fidesz-MPSz/KDNP

MSzP Jobbik
Sièges 263 59 47
Élections législatives hongroises de 2010
Ministre président:
Viktor Orbán

Les élections législatives hongroises de 2010 (2010-es magyarországi országgyűlési választások) se sont déroulées les 11 et 25 avril 2010, afin d'élire les 386 députés de la sixième législature de l'Assemblée nationale (Országgyűlés). Le scrutin s'est soldé par la large victoire de la Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPS) et la déroute du Parti socialiste hongrois (MSzP), au pouvoir depuis 2002.

Sommaire

[modifier] Contexte : crise politique et économique

Peu après les élections de 2006, le Premier ministre socialiste Ferenc Gyurcsány avait reconnu avoir menti sur l'état des finances publiques du pays pour se faire réélire, au cours d'une réunion à huis clos du MSzP. Ses propos se sont par la suite retrouvés sur la place publique, déclenchant d'importantes manifestations se transformant en émeutes[1] et le boycott de l'Assemblée nationale par la Fidesz-MPS.

Le gouvernement de centre-gauche, constitué du MSzP et de l'Alliance des démocrates libres (SzDsZ), avait alors fait adopter un important plan de rigueur budgétaire, dont une partie a ensuite été annulée par référendum d'initiative populaire, ce qui a conduit à la dissolution de la coalition gouvernementale[2]. Le chef du gouvernement a finalement choisi de démissionner, et a été remplacé par le ministre de l'Économie, Gordon Bajnai, un ancien entrepreneur sans étiquette désigné au moyen d'une motion de censure constructive votée par le MSzP, la SzDsZ et le Forum démocrate hongrois (MDF).

La situation économique du pays s'est brutalement détériorée sous l'effet de la crise économique mondiale. La récession s'est établie à 6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, le taux d'inflation dépassait les 4 %, de même que celui du chômage se maintenait au-dessus de 10 % de la population active, le déficit budgétaire représentant encore 7 % du PIB, et la dette publique 65 %[3].

[modifier] Mode de scrutin

L'Assemblée nationale de Hongrie comprend trois cent quatre-vingt six députés, élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin mixte, proportionnel et majoritaire, en deux tours et à trois niveaux différents. 176 députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, chacun dans une circonscription électorale. En outre, uniquement lors du premier tour, les électeurs votent, dans vingt circonscriptions correspondant aux dix-neuf comitat et à la capitale, Budapest, pour une liste de candidats, les 146 sièges à pourvoir étant répartis à la proportionnelle par circonscription entre les listes ayant franchi le seuil de 5 % des suffrages exprimés. Enfin, les 64 élus restants sont désignés à l'issue du second tour, au niveau national, par utilisation du total national des voix n'ayant pas permis d'élire des candidats, au niveau uninominal ou départemental.

[modifier] Principaux partis et chefs de file

Parti Chef de file Résultat en 2006
Parti socialiste hongrois
Magyar Szocialista Párt
Mesterhazy Attila.jpg Attila Mesterházy 186 députés
Fidesz-Union civique hongroise
Fidesz – Magyar Polgári Szövetség
Orbán Viktor.jpg Viktor Orbán 164 députés
Forum démocrate hongrois
Magyar Demokrata Fórum
Sin foto.svg Lajos Bokros 11 députés
Mouvement pour une meilleure Hongrie
Jobbik Magyarországért Mozgalom
Vona Gabor.jpg Gábor Vona 0 députés
Une autre politique est possible
Lehet Más a Politika
Sin foto.svg András Schiffer 0 députés

[modifier] Résultats

Parti Scrutin uninominal Scrutin départemental Total sièges
Suffrages Sièges +/- Suffrages  % +/- Sièges +/-
Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSz) 2 175 312 119 en augmentation 91 2 706 292 52,73 % en augmentation 6,98 87 en augmentation 16 206
Parti socialiste hongrois (MSzP) 1 088 374 0 en diminution 34 990 428 19,30 % en diminution 26,45 28 en diminution 41 28
Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik) 836 774 0 N/A 855 436 16,67 % en augmentation 16,67 26 en augmentation 26 26
Une autre politique est possible (LMP) 259 220 0 N/A 383 876 7,48 % en augmentation 7,48 5 en augmentation 5 5
TOTAL (participation : 64,20 %) 4 359 680 119 en augmentation 53 4 936 032 96,11 % N/A 146 N/A 265

[modifier] Second tour

Parti Scrutin uninominal Liste nationale Total sièges
Suffrages Sièges +/- Sièges +/-
Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSz) 620 232 54 en augmentation 14 3 en diminution 24 57
Parti socialiste hongrois (MSzP) 326 361 2 en diminution 62 29 en augmentation 12 31
Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik) 141 415 0 N/A 21 en augmentation 21 21
Une autre politique est possible (LMP) 43 437 0 N/A 11 en augmentation 11 11
TOTAL (participation : 46,64 %) 4 359 680 57 en diminution 53 64 N/A 121[4]

[modifier] Répartition finale

Composition politique de la nouvelle législature.
Parti Uninominal +/- Listes +/- Total +/-
Fidesz-Union civique hongroise (Fidesz-MPSz) 173 en augmentation 105 90 en diminution 6 263 en augmentation 99
Parti socialiste hongrois (MSzP) 2 en diminution 96 57 en augmentation 31 59 en diminution 127
Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik) 0 N/A 47 en augmentation 47 47 en augmentation 47
Une autre politique est possible (LMP) 0 N/A 16 en augmentation 16 16 en augmentation 16
Indépendants 1 ± 0 ± 1 en stagnation
TOTAL 176 N/A 210 N/A 386 N/A

[modifier] Analyse

À l'occasion de ce scrutin, la Hongrie prend un brusque virage à droite avec l'écrasante victoire de la Fidesz-Union civique hongroise de l'ancien ministre-président, Viktor Orbán, qui dépasse la majorité des deux tiers nécessaire pour procéder à des révisions constitutionnelles. Ce sentiment est confirmé au vu du score du Mouvement pour une meilleure Hongrie, formation d'extrême-droite qui réalise une percée fulgurante et talonne le Parti socialiste hongrois. Celui-ci, malgré sa tentative de renouvellement en présentant un jeune chef de file n'étant pas impliqué dans les scandales de la majorité sortante, n'a pu éviter une terrible déroute en perdant plus des deux tiers de ses élus, payant le prix de la rigueur budgétaire, des difficultés économiques et des mensonges de Ferenc Gyurcsány. La surprise vient en revanche du parti écologiste et libéral Une autre politique est possible, qui réussit son entrée au Parlement, que quittent en revanche les libéraux de l'Alliance des démocrates libres.

[modifier] Conséquences

Suite à ces élections, Viktor Orbán a de nouveau été appelé à former le gouvernement, constituant son cabinet le 29 mai. L'une de ses premières mesures a été d'octroyer le droit à un passeport et à la nationalité hongroise à la diaspora dispersée dans les pays voisins, entraînant de féroces critiques de la part du gouvernement de Slovaquie notamment. Quelques mois après le scrutin, le président de l'Assemblée, Pál Schmitt, a été facilement élu à la présidence de la République du fait de la majorité qualifiée détenue par son parti, la Fidesz.

[modifier] Notes et références

[modifier] Articles connexes

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