Élections législatives hongroises de 2006

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Politique en Hongrie
Image illustrative de l'article Élections législatives hongroises de 2006

Les élections législatives hongroises de 2006 (2006-os magyarországi országgyűlési választások) se sont déroulées les 9 et 23 avril 2006, afin d'élire les 386 députés de la cinquième législature de l'Assemblée nationale (Országgyűlés). Le scrutin s'est soldé, pour la première fois, par la reconduction de la coalition au pouvoir, composée du Parti socialiste hongrois (MSzP) et de l'Alliance des démocrates libres (SzDsZ).

Contexte : changement de Premier ministre[modifier | modifier le code]

Lors des élections de 2002, le centre-gauche l'avait emporté de dix sièges seulement sur le parti de centre-droit au pouvoir depuis le scrutin de 1998. Le socialiste Peter Medgyessy avait alors accédé au poste de Premier ministre et pris la décision d'augmenter les traitements de certains fonctionnaires de 50 %, creusant le déficit public. Cependant, suite à la défaite des socialistes aux élections européennes de juin 2004, il avait échoué à imposer un remaniement ministériel et démissionné, au profit du ministre des Sports, Ferenc Gyurcsány[1]. Au moment du scrutin, le pays connaissait une situation économique contrastée, avec une croissance de 4 %, une inflation en baisse, mais un déficit budgétaire élevé, rendant difficile l'accession à l'euro, et un taux de chômage supérieur à 10 % de la population active.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

L'Assemblée nationale de Hongrie comprend trois cent quatre-vingt six députés, élus pour un mandat de quatre ans selon un mode de scrutin mixte, proportionnel et majoritaire, en deux tours et à trois niveaux différents. 176 députés sont élus au scrutin uninominal majoritaire à deux tours, chacun dans une circonscription électorale. En outre, uniquement lors du premier tour, les électeurs votent, dans vingt circonscriptions correspondant aux dix-neuf comitat et à la capitale, Budapest, pour une liste de candidats, les 146 sièges à pourvoir étant répartis à la proportionnelle par circonscription entre les listes ayant franchi le seuil de 5 % des suffrages exprimés. Enfin, les 64 élus restants sont désignés à l'issue du second tour, au niveau national, par utilisation du total national des voix n'ayant pas permis d'élire des candidats, au niveau uninominal ou départemental.

Principaux partis et chefs de file[modifier | modifier le code]

Parti Chef de file Résultat en 2002
Fidesz-Union civique hongroise
Fidesz – Magyar Polgári Szövetség
Orbán Viktor.jpg Viktor Orbán 188 députés
Parti socialiste hongrois
Magyar Szocialista Párt
Gyurcsany Ferenc-mszp-2-croped.jpg Ferenc Gyurcsány
Premier ministre
178 députés
Alliance des démocrates libres
Szabad Demokraták Szövetsége
GaborKuncze.jpg Gábor Kuncze 19 députés
Forum démocrate hongrois
Magyar Demokrata Fórum
Dávid Ibolya (2).jpg Ibolya Dávid 0 députés

Résultats[modifier | modifier le code]

Répartition finale[modifier | modifier le code]

Parti Uninominal Listes Total +/-
MSzP 98 88 186 +8
Fidesz-MPS 68 96 164 -24
SzDsZ 3 15 18 -1
MDF 0 11 11 +11
MSzP-SzDsZ 6 0 6 +5
Indépendants 1 0 1 +1
TOTAL 176 210 386 N/A

Analyse[modifier | modifier le code]

Avec 210 députés, soit douze de plus qu'en 2002, la coalition gouvernementale socialiste-libérale au pouvoir depuis quatre ans devient la première majorité politique à être reconduite depuis les premières élections libres, en 1990. A contrario, la Fidesz, parti dominant depuis 1998, de l'ancien Premier ministre Viktor Orbán, figure de la vie politique hongroise depuis la fin des années 1980, perd son statut de première force politique du pays, victime à la fois de la victoire du gouvernement sortant et du retour à l'Assemblée nationale du MDF, au pouvoir entre 1990 et 1994.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Alors que Viktor Orbán avait proposé de démissionner de la présidence de sa formation, Ferenc Gyurcsány a été reconduit à la tête du gouvernement, et formé un nouveau cabinet resserré à douze ministères, contre quatorze dans le précédent, et ce afin de réduire immédiatement les dépenses de l'État. Quelques mois après le scrutin, celui-ci a reconnu, à huis clos, avoir menti sur l'état des finances publiques en vue d'assurer sa réélection, mais ses propos se sont retrouvés sur la place publique, déclenchant une série d'émeutes à Budapest.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]