Château de Himeji

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Himeji-jo *
Logo du patrimoine mondial Patrimoine mondial de l'UNESCO
Tour principale du château
Tour principale du château
Coordonnées 34° 50′ 00″ N 134° 42′ 00″ E / 34.83333, 134.7 ()34° 50′ 00″ Nord 134° 42′ 00″ Est / 34.83333, 134.7 ()  
Pays Drapeau du Japon Japon
Subdivision Préfecture de Hyōgo
Type Culturel
Critères (i) (iv)
Numéro
d’identification
661
Zone géographique Asie et Pacifique **
Année d’inscription 1993 (17e session)
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO

Le château de Himeji (姫路城, Himeji-jō?) est un château japonais situé à Himeji dans la préfecture de Hyōgo.

C'est l'une des plus vieilles structures du Japon médiéval. Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO et désigné comme trésor culturel du Japon, avec Matsumoto-jō et Kumamoto-jō, c'est l'un des trois seuls châteaux japonais en bois encore existants. Il est aussi connu sous le nom de « Shirasagi-jō » (château du Héron blanc) en raison de sa couleur blanche extérieure.

Le château de Himeji apparaît souvent à la télévision japonaise. La raison en est simple, lorsque le tournage d'une fiction doit avoir lieu (Abarenbō Shōgun (en) par exemple), les producteurs se tournent naturellement vers cette merveille qui est la seule aussi bien conservée. C'est également le lieu où ont été tournées les scènes extérieures de Ran ou encore de Kagemusha deux célèbres films d'Akira Kurosawa. Le château apparaît aussi dans le film de James Bond On ne vit que deux fois (1967).

Depuis le 26 mars 2011, le château est en cours de rénovation. Il n'est pas possible de visiter le bâtiment principal, le donjon, daitenshu 大天守. Seuls les chemins l'entourant ainsi que le grand parc au pied du château sont ouverts au public.

Les échafaudages qui empêchaient de voir le bâtiment principal ont été enlevés le 14 janvier 2014 mais on ne peut toujours pas visiter l'intérieur du château tant que sa rénovation est en cours. Sa réouverture au public est prévue pour le 27 mars 2015[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le château a été conçu et réalisé pendant l'époque Nanboku-chō de la période Muromachi. En 1346, Akamatsu Sadanori prévoit de construire un château à la base du mont Himeji, où Akamatsu Norimura avait construit le temple Shomyo-ji. Après la chute d'Akamatsu durant la guerre de Kakitsu, le clan Yamana reprit un moment à son compte l'idée d'un château ; mais les Akamatsu reprirent le dessus après la guerre d'Ōnin c'est à cette période qu'Akamatsu Masanori y ajoute deux enceintes.

En 1580, Toyotomi Hideyoshi prit le contrôle du château et Kuroda Yoshitaka construisit une tour de trois étages : l'actuel donjon.

À la suite de la bataille de Sekigahara en 1601, Ieyasu Tokugawa accorda le château de Himeji à Ikeda Terumasa son gendre. En 1609 le donjon de quatre étages est achevé puis en 1618 Tadamasa Honda fait élever les bâtiments de l'enceinte ouest.

Himeji fut l'un des derniers repaires des tozama daimyō à la fin de la période Edo. En 1868, le nouveau gouvernement japonais envoya l'armée Okayama, sous le commandement du descendant d'Ikeda Terumasa, pour déloger ses derniers occupants.

Quand le système des han fut aboli en 1871, le château de Himeji fut vendu aux enchères. Le prix d'achat fut de 23 yens et 50 sens. Cependant, le coût de son démantèlement se trouva être prohibitif et il fut finalement abandonné.

Le 10e Régiment d'infanterie occupa le château de Himeji en 1874 et le ministère de la Guerre en prit le contrôle en 1879. La tour principale fut rénovée en 1910, utilisant 90 000 yens de fonds publics.

Himeji a été bombardé en 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Bien qu'une école à proximité ait été totalement détruite par les flammes, le château a survécu, presque entièrement intact, à l'exception de quelques impacts.

Vue panoramique du château avec la ville en arrière-plan

Architecture[modifier | modifier le code]

Le mon appartenant à Ikeda Terumasa.

Le château de Himeji est le plus grand château du Japon[3]. Il est l'archétype du château japonais de par la présence de défenses et d'élément architecturaux caractéristiques. Ses murs incurvés sont parfois comparés de par leurs formes à des éventails (扇子, sensu?). En réalité, cette forme n'a pas de vocation esthétique mais permet une très grande solidité du mur, fabriqué en pierre et en bois[4]. Les sceaux (, mon?) de nombreuses familles féodales installées dans l'ensemble du château témoignent de la présence des différents daimyō tout au long de l'histoire[4].

Ce château est situé au centre de la ville de Himeji, au sommet d'une colline appelée Himeyama (姫山, himeyama?) atteignant 45,6 m d'altitude. Le parc Kōkoen (好古園, kōkoen?), qui fut créé en 1992 pour commémorer les 100 ans de la ville de Himeji, est à côté du château. Le château est constitué d'un total de 83 bâtiments tels que des entrepôts, des portes, et des tourelles (, yagura?)[4]. Sur ces 83 bâtiments, 74 sont désignés en tant que bien culturel important: 11 couloirs, 16 tourelles, 15 portes et 32 murs dont le plus grand atteint une hauteur de 26 m.

D'Est en Ouest, le château mesure entre 950 et 1 600 m de long et du Nord au Sud, sa longueur varie entre 900 et 1 700 m[4]. Le périmètre de l'installation atteint 4 200 m tandis qu'elle couvre une surface de 233 hectares[4].

Le donjon[modifier | modifier le code]

La base du donjon du château de Himeji est en pierre.
Estampe représentant la construction du donjon du château de Himeji

Le donjon (天守閣, tenshukaku?), d'une hauteur de 46,4 m, soit 92 m au-dessus du niveau de la mer, est situé au centre du château. Trois tours plus petites (小天守, kotenshu?) y sont accolées et forment un ensemble. Cet agencement est nommé renritsu shiki (连立式, renritsu shiki?)[5]. Bien que de l'extérieur, le donjon ne semble comporter que cinq étages, il en comporte six. En effet, l'avant-dernier étage ainsi que celui situé en dessous ne semblent en former qu'un. Le donjon repose sur des fondations de 385 m², comprenant des installations inédites comme des toilettes et une cuisine comprenant un égouttoir[4].

Le donjon est basé sur deux piliers, un à l'Est et l'autre à l'Ouest. Le pilier Est, d'un diamètre de 97 cm à sa base, était à l'origine le tronc d'un unique sapin, mais a depuis été remplacé dans sa grande majorité[4]. Le pilier Ouest est quant à lui fait d'un tronc de cyprès du Japon, mesurant à sa base 85 cm sur 95[4].

Le premier étage, d'une superficie de 554 m², est recouvert par plus de 330 tatamis. Les murs sont recouverts par des râteliers permettant aux soldats de déposer leurs arquebuses et leurs lances. Il y a eu jusqu'à 280 armes à feu et 90 lances dans le château. Le deuxième étage a pratiquement la même superficie que le premier avec 550 m².

Le troisième étage, de 440 m², ainsi que le quatrième étage, de 240 m² sont munis au Nord et au Sud de plateformes permettant de jeter des pierres (石打棚, ishiuchidana?). Des pièces permettant aux soldats de se cacher pour attaquer les assaillants du donjon par surprise sont également présentes. Elles portent le nom de mushakakushi (武者隠, mushakakushi?). Le sixième et dernier étage à une superficie de seulement 115 m².

Système de défense[modifier | modifier le code]

Les meurtrières du château de Himeji

Le château de Himeji possède un système de défenses évolué datant de la période féodale. Des meurtrières (狭間, sama?) en forme de cercle, de triangle et de rectangle sont présentes dans tout le château, permettant aux soldats armés d’arquebuses ainsi qu’aux archers de tirer sur leurs assaillants sans s’exposer. Aujourd’hui, environ 1 000 meurtrières sont encore présentes dans les différents bâtiments. Des mâchicoulis (石落窓, ishi otoshi mado?) sont également installés à différents endroits dans les murs du château, permettant de jeter des pierres ou de l’huile bouillante sur les assaillants passant en dessous. Le plâtre a quant à lui été utilisé dans la construction du château pour sa résistance au feu.

Les mâchicoulis sont situés sur les angles du donjon.

Le système de défense du château inclut aussi trois douves, dont une (celle située le plus à l'extérieur), est de nos jours enterrée. Seules des parties de la douve médiane subsistent, tandis que la douve intérieure est encore intacte. Ces douves ont une largeur moyenne de 20 m et une largeur maximum de 34,5 m, la profondeur est quant à elle établie à 2,7 m environ. La Douve des Trois Pays (三国濠, sangoku bori?) est un étang d'une surface de 2 500 m² qui fut créée pour servir de réserve d'eau en cas d'incendie.

Le château comprend de nombreux entrepôts, notamment au niveau de sa base (腰曲輪, koshikuruwa?), qui servaient à stocker du riz, du sel et de l'eau en cas de siège. Un bâtiment, connu sous le nom de Tourelle du Sel (潮櫓, shioyagura?), était utilisé uniquement pour l'entreposage du sel. À l'époque, on estime qu'elle était remplie par quelques 3 000 sacs de sel[4]. Le château utilisait 33 puits puisant dans la douve intérieure pour se fournir en eau. Seuls treize d'entre eux, dont le plus profond plonge à 30 m, subsistent encore aujourd'hui[4].

Un des plus importants mécanismes de défense du château est le labyrinthe menant au donjon. Les portes, les mottes castrales ainsi que l'enceinte externe sont disposées afin de troubler les forces ennemies. Ces dernières devaient alors progresser selon un motif en spirale autour du donjon. À l'origine, le château comptait 84 portes dont 15 avaient été nommées selon l'alphabet japonais. De nos jours, 21 portes sont restées intactes et 13 d'entre elles sont nommées selon l'alphabet japonais[4].

La Porte du Diamant (菱の門, hishi no mon?) est l'une des 21 portes restantes.

La plupart du temps, les allées reviennent sur elles-mêmes, ce qui empêche de se situer. Par exemple, la distance à vol d'oiseau entre la Porte du Diamant (菱の門, hishi no mon?) et le donjon (天守閣, tenshukaku?) est de seulement 130 m. Cependant, le chemin qui relie ces deux lieux mesure 325 m[4]. De plus, les allées sont étroites et abruptes, ce qui empêche d'autant plus la progression des ennemis. Ce système permettait aux soldats défendant le château de tirer sur les intrus depuis le donjon mais, le château de Himeji n'ayant jamais été attaqué de cette manière, le système n'a jamais pu faire ses preuves. Cependant, aujourd'hui, de nombreux visiteurs se perdent dans ce dédale alors que le chemin est clairement indiqué.

Particularités[modifier | modifier le code]

  • Les « shashi-gawara » ressemblant à des dauphins qui ornent le toit sont des animaux mythiques protégeant disait-on le donjon du feu ;
  • la séparation entre les deux derniers étages n'est pas visible de l'extérieur ;
  • le premier étage abrite le Musée des armes ;
  • Des glissières d'angle, situées à différents endroits permettaient de jeter des pierres et de l'huile bouillante sur les assaillants.
  • À l'entrée on enlève ses souliers pour chausser des pantoufles. Pour passer à l'étage supérieur il faut gravir une échelle à barreaux ronds presque verticale, ce qui n'est pas vraiment prévu pour les pantoufles.
  • À l'automne il y a des expositions de chrysanthèmes dans le parc au pied du château

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.city.himeji.lg.jp/foreigner/en.html
  2. http://www.himejijo-syuri.jp/en/repair/
  3. (en) « Himeji Castle starts its renovation in April », sur www.japantravelinfo.com (consulté le 20 mars 2013)
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l (en) « National Treasure Himeji Castle Guide Book », Himeji Rojyo Lions Club,‎ 2000 (consulté le 20 mars 2013)
  5. (en) Adriana Piccinini Higashino, « Himeji Castle: Design and Meaning of its Roofs », sur www.earoph.info (consulté le 22 mars 2013)



Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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