Château de Sunpu

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Château de Sunpu
Image illustrative de l'article Château de Sunpu
Tour Tatsumi (Tatsumi yagura)
Nom local 駿府城
Type Château japonais
Début construction 1589
Propriétaire initial Ieyasu Tokugawa
Destination actuelle Parc de Sunpu
Coordonnées 34° 58′ 46″ N 138° 23′ 01″ E / 34.979444, 138.38361134° 58′ 46″ Nord 138° 23′ 01″ Est / 34.979444, 138.383611  [1]
Pays Drapeau du Japon Japon
Préfecture Shizuoka
Localité Shizuoka

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Château de Sunpu
Porte Higashi (Higashi-go-mon)

Le château de Sunpu (駿府城, Sunpu-jō?) est un château japonais situé à Shizuoka dans la préfecture de Shizuoka (ou l’ancienne province de Suruga) au Japon. Il est parfois appelé château de Fuchu (府中城, Fuchu-jō?) ou château de Shizuoka (静岡城, Shizuoka-jō?), ainsi que surnommé le « château de l’île flottante »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Durant l’époque de Muromachi, le clan Imagawa dirigeait la province de Suruga depuis leur résidence fortifiée (yakata) à Sunpu (de nos jours Shizuoka)[3]. On ne connaît cependant pas la date exacte de construction du premier château sur le site. Après la défaite de Yoshimoto Imagawa au bataille d'Okehazama (1590), la province tomba sous l’égide du clan Takeda, puis enfin de Ieyasu Tokugawa qui avait passé son enfance à Sunpu en tant qu’otage des Yoshimoto.

En 1585, Ieyasu bâtit le château de Sunpu sur le site de l’ancienne résidence des Imagawa[4]. Cependant, la défaite du clan Go-Hōjō lors de la bataille d'Odawara par Hideyoshi Toyotomi força Ieyasu à échanger ses domaines de la région de Tōkai avec les provinces du Kantō, ainsi qu’à rendre le château de Sunpu à Nakamura Kazuichi, vassal des Toyotomi, dès 1590. Ce dernier récupéra toutefois la ville grâce à sa célèbre victoire de Sekigahara. Plus tard, Ieyasu passa les rennes du shogunat à son fils Hidetada Tokugawa et se retira à Sunpu, où il fonda un gouvernement occulte pour garder une certaine mainmise sur le shogunat dans l’ombre. Toujours selon la volonté des Tokugawa de limiter la force de leurs rivaux potentiels, des daimyos de tout le pays furent sollicités pour reconstruire le château de Sunpu en 1607, avec un donjon, un palais (honmaru) et trois douves. L’incendie de 1610 force ces derniers à reconstruire derechef l’édifice, cette fois avec un donjon de sept étapes[5]. Après la mort de Ieyasu en 1616, le château resta aux mains du gouvernement du domaine de Sunpu, qui fut durant la majeure partie de l’époque d’Edo un tenryō (territoire directement rattaché au shogun).

Durant cette période, la région est donc administrée depuis le château par des dirigeants nommés par l’État et appelés Sunpu jōdai (駿府城代?) ou Sushū rioban. Ces derniers seront la plupart du temps promus au titre d’Ōbangashira[6]. En 1635, un nouvel incendie ravagea une grande partie de Sunpu et du château. Trois ans plus tard, le palais, les portes, les tours et autres dépendances furent rebâtis, mais, fait rare, pas le donjon, étant donné que la région était gouvernée par un administrateur et non un daimyo.

Lors de la restauration Meiji, le dernier shogun Tokugawa, Yoshinobu Tokugawa, renonça à son poste et se retira à Sunpu. Toutefois, il ne fut pas autorisé à habiter le château, mais seulement l’ancien daikansho (bureau du magistrat). Son héritier, Tokugawa Iesato, fut brièvement nommé daimyo du domaine de Shizuoka (700 000 koku) en 1868 jusqu’à sa disparition l’année suivante. Sunpu fut à partir de cette date nommée Shizuoka.

En 1871, un professeur américain nommé E. Warren Clark arriva à Shizuoka pour y enseigner la science. Peu de temps après, il fit construire une résidence de style occidental en lieu et place de l’ancien château[7]. En 1873 toutefois, Clark partit pour Tokyo et sa résidence accueillit alors une école occidentale nommée Shizuhatasha (ou Shizuhatanoya). C’était un missionnaire canadien, Davidson MacDonald, qui la dirigeait au début, avant d’aider plus tard à l’établissement de l’université Aoyama Gakuin à Tokyo[8],[9].

En 1889, le château de Sunpu devint la propriété de la ville de Shizuoka. Les douves furent en grande partie comblées tandis qu’un parc et des bureaux de la préfecture furent installés dans l’enceinte de l’édifice. Puis en 1896, le site intérieur passa aux mains du 34e régiment d’infanterie de l’armée impériale. Plusieurs vestiges de l’ancien château furent alors détruits par l’armée.

En 1949, la base militaire fut fermée et la ville reprit possession du site et l’aménagea en un parc (le parc de Sunpu). Un projet de restauration permit en 1989 puis en 1996 de rebâtir la tour Tatsumi et la porte est.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées sur Google Maps
  2. (en) « Introducing Japan: Shizuoka », JSPS Alumni Associations (consulté le 1/1/2011)
  3. (en) « Sunpu Castle », jcastle.info (consulté le 1/1/2011)
  4. (en) « Shizuoka City Guide », japanvisitor.com (consulté le 1/1/2011)
  5. (en) « Sunpu Castle », japanese-castle-explorer.com (consulté le 1/1/2011)
  6. Murdoch 1996, p. 9
  7. Pedlar 1990, p. 123
  8. Ion 1990, p. 42
  9. (en) « Interesting Episodes in Japan-Canada Relations, Canada’s third foreign legation set up in Tokyo », Ministère japonais des Affaires étrangères (consulté le 1/1/2011)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) A. Hamish Ion, The Cross and the Rising Sun, Waterloo (Ontario), Wilfrid Laurier University Press,‎ 1990) (ISBN 0-889-20977-4, lire en ligne)
  • (en) James Murdoch, A History of Japan, Londres, Routledge,‎ 1996 (ISBN 0-415-15417-0, lire en ligne) (version originale datant de 1926)
  • (en) Neil Pedlar, The Imported Pioneers: Westerners who Helped Build Modern Japan, Londres, Routledge,‎ 1990 (ISBN 0-904-40451-X, lire en ligne)
  • (en) Morton S. Schmorleitz, Castles in Japan, Charles E. Tuttle Co.,‎ 1974 (ISBN 0-8048-1102-4), p. 144–145
  • (en) Hinago Motoo, Japanese Castles, Kodansha,‎ 1986, 200 p. (ISBN 0-87011-766-1)
  • (en) Jennifer Mitchelhill, Castles of the Samurai: Power and Beauty, Kodansha,‎ 2004, 112 p. (ISBN 4770029543)
  • (en) Stephen Turnbull, Japanese Castles 1540-1640, Osprey Publishing,‎ 2003, 64 p. (ISBN 1841764299)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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