Zizim

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Zizim
Portrait de Zizim (Cem) peint par Pinturicchio Bernardo di Betto.
Portrait de Zizim (Cem) peint par Pinturicchio Bernardo di Betto.
Titre
Sultan d'Anatolie
28 mai 148120 juin 1481
23 jours
Second prince héritier
14741481
Gouverneur de Karaman
14691481
Gouverneur de Kastamonu
14691474
Biographie
Nom de naissance Cem Osman
Date de naissance 22 décembre 1459
Lieu de naissance Andrinople, Turquie
Date de décès 24 février 1495 (à 35 ans)
Lieu de décès Capoue, Italie
Sépulture Tombeau de Moustafa, Mosquée du Sultan Murad II, Bursa, Turquie
Nationalité ottomane
Père Mehmed II
Mère Çiçek Hatun
Fratrie Bajazed II
Conjoint Elena-Marie dei Conti Orsini di Pitigliano
Enfant(s) 4
Religion musulmane

Zizim
Dynastie ottomane
Turkey.Bodrum.Cem03.jpg
Zizim à Bourganeuf.

Zizim (turc Cem, prononcé Djem), né le 22 décembre 1459 à Andrinople et mort le 24 février 1495 à Capoue, est le fils du sultan Ottoman Mehmed II.

Biographie[modifier | modifier le code]

Zizim était le plus jeune frère du sultan Bayezid II (Bajazet). À la mort de Mehmed II, leur père, Bayezid était gouverneur des provinces de Sivas, Tokat et Amasya, alors que Zizim régnait sur les provinces de Karaman et Konya.

Le grand vizir Karamani Mehmed Pacha envoya deux messagers aux deux frères juste après la mort du sultan Mehmed II. Mais le messager envoyé à Zizim fut capturé en route par le député d'Anatolie Sinan Pasha, et Zizim n'apprit la mort de son père que quatre jours après son frère aîné. Pour des raisons incertaines, les Janissaires de Constantinople se révoltèrent le 4 mai 1481 et tuèrent Karamani Mehmed Pacha. En l'absence de Bayezid, son fils, le prince Korkud, prit le trône comme régent.

Le prince Bayezid arriva à Constantinople le 21 mai et y fut déclaré Sultan. Seulement six jours plus tard, Zizim prit le contrôle de la ville d'İnegöl avec une armée de 4 000 hommes. Bayezid envoya son armée sous le commandement du vizir Ayas Pasha pour tuer son frère. Le 28 mai, Zizim avait vaincu l'armée de son frère et se déclara lui-même sultan d'Anatolie et fit de Brousse sa capitale. Il proposa alors à son frère de se partager l'empire avec lui, laissant seulement l'Europe à Bayezid. Bayezid, furieux, rejeta la proposition et se mit en route vers Brousse. La bataille décisive entre les deux frères eut lieu près de la ville de Yenişehir. Zizim perdit et s'enfuit vers Le Caire[1].

Au Caire, Zizim reçut une lettre de son frère lui offrant 1 million d'akçes (la monnaie ottomane) pour sa renonciation au trône. Zizim rejeta l'offre et lança une campagne en Anatolie l'année suivante. Le 27 mai 1482, il assiégea Konya mais fut rapidement forcé à se retirer vers Angora. Il envisagea alors de tout abandonner et de rentrer au Caire, mais toutes les routes vers l'Égypte étaient sous le contrôle de Bayezid. Il dut se réfugier à Rhodes, sous le contrôle des Hospitaliers qui virent en lui un précieux otage. Après cela, Zizim fut envoyé en France où il résida jusqu'en 1488. Le sultan Bayezid envoya un messager en France et ordonna que Zizim fût gardé en captivité là-bas. Il accepta de payer 40 000 akçes annuels en or pour couvrir les besoins de son frère[1].

Zizim dînant avec le Grand Maître Pierre d'Aubusson, de l'ordre de Malte

Il séjourna ensuite à Rome aux même conditions. Le pape Innocent VIII entreprit de lancer une nouvelle croisade en utilisant Zizim mais cette idée fut réprouvée par les monarques européens. Le pape proposa également à Zizim de se convertir au christianisme, mais il refusa. Zizim fut néanmoins utile car lorsque Bayezid entreprit de lancer une campagne contre les nations chrétiennes des Balkans, le pape menaça de libérer le prétendant au trône.

En France, Zizim resta notamment en captivité environ un an au château de Rochechinard, dans le Dauphiné à partir de 1483[2], puis au château de Bourganeuf entre 1486 et 1488, dans la tour Zizim construite à son intention.

Zizim mourut à Naples[1] le 25 février 1495. Le sultan Bayezid déclara un deuil national de trois jours. Il requit également de disposer du corps de Zizim pour des funérailles musulmanes, mais le corps de ce dernier ne fut rapatrié sur ses terres ottomanes que quatre ans après sa mort. Zizim fut enterré à Brousse.[réf. nécessaire]

Présence littéraire[modifier | modifier le code]

  • Le récit de la captivité de Zizim--ainsi que des intrigues politiques qui le gardèrent en captivité--est à la base du roman historique, Francesca: Les Jeux du Sort (1872), écrit par le penseur et exilé haïtien, Jean Demesvar Delorme[3].
  • Dans le roman historique "chevaliers de Malte", Roger Peyrefitte consacre un chapitre aux tractations financières entre l'ordre des Hospitaliers, le roi de Hongrie, le Pape et Louis XI à propos de la mainmise sur Zizim comme otage et moyen de pression sur les Turcs. En définitive, le roi de France parvient à duper tous les autres en leur soutirant des sommes considérables.
  • Le roman historique Djem, un prince dans la tourmente, de Maurice Caron relate l'histoire de la vie du prince.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean-Michel Sallmann, Géopolitique du XVIe siècle (1490-1618), (Nouvelle histoire des relations internationales, tome 1) , Paris, Le Seuil, "Points histoire", 2003, p.70
  2. Guy Allard. Zizimi, prince ottoman, amoureux de Philippine-Hélène de Sassenage. Histoire dauphinoise. À Grenoble, chez Nicolas, M.DC.LXXIII.--in 16. de X et 389 p. Il s'agit d'une vie romancée de Zizim. Voir sur cet ouvrage l'article de Bertrand Galimard Flavigny, "Zizim et Philippine", Petites affiches, n° 6, 8 janvier 2009, p. 16. Voir aussi d'Ulysse Chevalier Un tournoi à Romans en 1484, 1888
  3. Delorme, Demesvar. Francesca: Les Jeux du Sort. Paris: E. Dentu, Libraire-Editeur, 1872.

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