Débardage

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Débardage par bœufs, États-Unis, vers 1900
Débardage avec un tracteur
Débardage avec un flume
En hiver, deux bœufs suffisaient ici pour tirer une grosse bille de bois sur un traîneau
Débardage (vers 1900)
Débardage avec un cheval de race Shire
Test de débardage par ballon dirigeable (États-Unis, 1966 près d'Eugene, dans l'Oregon) Source : NARA

Le débardage est un type d'opération forestière qui consiste à transporter des arbres abattus de leur lieu de coupe vers une route ou un lieu de dépôt provisoire.

Sommaire

Différents modes [modifier]

Le débardage repose sur différentes techniques :

  • traînage,
  • portage, comme le triqueballe,
  • téléphérage ou débardage par câble,
  • débardage aérien avec les ballons dirigeables, plusieurs fois testé et étudié, mais non testé à grande échelle),
  • utilisation d'animaux de trait (chevaux, buffles, éléphants)
  • flottaison (flumes).

Le débardage par traînage et/ou voie d'eau a longtemps été la méthode la plus courante. Dans les forêts de sylviculture, il a souvent au XXe siècle été remplacé par un débardage mécanisé jugé responsable d'une dégradation des sols (tassement nuisant aux racines et à la circulation de l'eau et des nutriments) et à l'environnement (bruit, pollution due aux moteurs, huiles, etc., nécessité d'un réseau dense de routes et pistes, etc).

Le débardage par animaux (cheval, buffle, éléphant) se retrouve en phase avec les préoccupations écologiques en ce qu'il est plus respectueux des sols et moins gourmand en carburants. Le téléphérage permet de limiter les impacts sur le sol, mais pour un coût légèrement augmenté, sauf en milieu difficile (massifs montagneux peu accessibles aux engins).

Débardage par cheval [modifier]

Il permet[1] de diminuer le tassement du sol, n'impose pas de créer de nouveaux layons ou nouvelles pistes ou accès. Se contentant de passages de moins de un mètre de large, le cheval respecte les sols fragiles et travaille sans bruit de moteur ni pollution. Le cheval, avec des performances variables selon l'attelage, la taille et forme des arbres à tirer et le terrain, peut traîner un cube maximal moyen (en traîne directe) de 1 m³, 1,5 pour deux chevaux, avec un maximum d'efficacité à 0,5 m³ pour un cheval seul et 0,7 m³ pour trois chevaux. La performance monte à 2,5 m³ si l’on utilise un triqueballe ou avant-train. Soit un volume moyen quotidiennement débardable traîné sur 100 m de 18 m³ jour (pour un distance-cube moyen (DCM) de 0,25 m³), de 25 m³/jour pour une DCM de 0,5 m³, et de 18 m³/jour pour une DCM de 1 m³. Pour une distance de 200 m, ces chiffres passent respectivement à 12, 18 et 12. Sur un terrain plus facile, le fardier (ou trinqueballe ; engin hippomobile à 2 roues freinées, un timon et un treuil) permet avec 2 ou 3 chevaux de soulever et tirer des grumes pesant jusqu'à 5000 kg (3 à 4 m3)[2].

Le cheval est moins rapide en moyenne, mais plus efficace pour le débusquage sur les sols difficiles et moins coûteux (24 euros par heure de prestation contre 32 euros pour le tracteur agricole (en tenant compte du coût d'achat, et d'utilisation, des coûts salariaux et d'entretien et déplacement (identiques ou proches). Le tracteur reste plus rentable pour le débardage hors du boisement lui-même (sur pistes). Le cheval est plus coûteux par m³ exporté mais il exploite plus facilement les fortes pentes (dans le sens de la descente) et ce surcoût est parfois entièrement compensé par l'absence de besoin d'infrastructures et par le bénéfice (bois vendu beaucoup plus cher) d'écolabels tels que le FSC plus facilement acquis avec ce type de débardage.

Dans les Ardennes belges (Province belge de Luxembourg), environ 90 % des trois premières éclaircies des boisements de résineux sont aujourd’hui exploitées à l’aide du cheval qui sortent facilement et de manière rentable ces bois légers[3]

Avec des engins motorisés équipés de grues à moteur auxiliaire, en charrette ou traîneau, la production journalière varie du simple au double (15 à 30 stères/jour) selon la difficulté du chantier. Le tracteur impose par ailleurs un cloisonnement qui est cause d'une grande perte de surface exploitable et de dégradation des sols, ainsi que d'une artificialisation marquée des forêts.

À la différence du tracteur, pour le débardage ou débusquage, le cheval est aussi à l'aise en futaie régulière qu'en futaie jardinée ou en zone protégée (par exemple pour le tétra) où le cheval est particulièrement apprécié. Il est également apprécié dans les cas où le propriétaire demande un label ou une certification de gestion « écologique » de sa forêt (FSC par exemple). Il est aussi efficace pour aider les travaux de cantonniers de rivière à l'enlèvement d'embâcles et de macrodéchets et à restaurer la ripisylve.

Voir aussi [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Bibliographie [modifier]

  • Code modèle FAO des pratiques d'exploitation forestière, Food & Agriculture Organisation, [1]

Notes et références [modifier]

  1. http://www.cecdebardage.be/EtudeTravailDebardeur.pdf Note et chiffres sur le débardage (Belgique)
  2. Page sur le débardage consultée 2009/08/06.
  3. SNOECK B. [2000]. Ces chevaux qui « traînent au bois ». Forêt Wallonne 46 : 12-23