Bouillon (Belgique)

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Bouillon
La Semois, la ville et son château fort
La Semois, la ville et son château fort
Blason de Bouillon
Héraldique
Drapeau de Bouillon
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Luxembourg Province de Luxembourg
Arrondissement Neufchâteau
Bourgmestre André Defat
Majorité CAP (MR)
Section Code postal
Bouillon
Bellevaux
Corbion
Dohan
Les Hayons
Noirefontaine
Poupehan
Rochehaut
Sensenruth
Ucimont
Vivy
6830
6834
6838
6836
6830
6830
6830
6830
6832
6833
6833
Code INS 84010
Zone téléphonique 061
Démographie
Gentilé Bouillonnais(e)
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
5 426 (1er janvier 2014)
48,77 %
51,23 %
36 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
(1er janvier 2013)
19,31 %
59,73 %
20,96 %
Étrangers 6,18 % (1er janvier 2013)
Taux de chômage 14,42 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 11 171 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 49° 47.73′ N 5° 04.08′ E / 49.7955, 5.068 ()49° 47.73′ Nord 5° 04.08′ Est / 49.7955, 5.068 ()  
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
149,09 km2 (2005)
21,66 %
68,51 %
7,71 %
2,11 %
Localisation
Situation de la ville dans l'arrondissement de Neuchâteau et la province de Luxembourg
Situation de la ville dans l'arrondissement de Neuchâteau et la province de Luxembourg

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Bouillon

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Bouillon
Liens
Site officiel bouillon.be

Bouillon (en wallon Bouyon) est une ville francophone de Belgique, située en Région wallonne dans la province de Luxembourg.

La localité est un centre touristique important, notamment pour son célèbre château qui domine la Semois du haut de son rocher.

L'avoué du Saint-Sépulcre, dont l'origine demande encore quelques approfondissements scientifiques, le duc Godefroy dit de Bouillon, est le personnage le plus célèbre de la localité. Il a vendu son château à l'évêché de Liège pour financer la première croisade, en 1099. La légende prétend qu'il serait né dans les Ardennes, légende qui trouve son origine dans les écrits de Jacques de Vitry qui trouva commode pour convaincre les gens originaires de l'évêché de Liège du bienfondé d'une participation à la croisade contre les Albigeois de manipuler un peu l'histoire et de faire naître ce personnage héroïque en bord de Meuse[1],[2].

Géographie[modifier | modifier le code]

Entourée de forêts, la ville s’étend dans et autour d’un méandre accentué de la Semois, un affluent de la Meuse. L'altitude y est d'environ 220 mètres. Elle est desservie par la route nationale 83 menant à Arlon, route qui borde la ville à l’est et qui se confond sur le territoire communal avec la route européenne 46 reliant Cherbourg (France) et Liège. La frontière française se trouve à moins de cinq kilomètres à l’ouest et au sud.

Sections de commune[modifier | modifier le code]

Bellevaux, Corbion, Curfoz, Dohan, Frahan, Les Hayons, Poupehan, Noirefontaine, Rochehaut, Sensenruth, Ucimont et Vivy.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

La commune est délimitée au nord-ouest par la province de Namur, ainsi qu’au sud-ouest par la frontière française qui la sépare du département des Ardennes.

Communes limitrophes de Bouillon
Vresse-sur-Semois Bièvre Paliseul
Bouillon Bertrix
Fleigneux (F)
Illy (F)
La Chapelle (F)
Villers-Cernay (F)
Francheval (F)
Pouru-aux-Bois (F)
Escombres-et-le-Chesnois (F)
Florenville

Histoire[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, Bouillon était une seigneurie de Lotharingie et le siège principal de la dynastie des Ardennes-Bouillon aux Xe et XIe siècles. Au XIe siècle, ils dominaient la région et tenaient le titre de duc ainsi que de nombreux autres titres dans la région. Bouillon était la concentration dominante urbaine dans les possessions du duc[3].

Une erreur courante est de croire que Bouillon était un comté. Bien que les seigneurs de Bouillon fussent fréquemment des comtes et des ducs, Bouillon en lui-même n'était cependant pas un comté. La fortification de Bouillon étaient, avec le comté de Verdun, le noyau central des possessions de la dynastie des Ardennes-Bouillon, et ils combinaient leur territoire avec une mixture complexe de fiefs, de terres allodiales et d'autres droits héréditaires à travers toute la zone. Un exemple de cela est l'avouerie du monastère de Saint-Hubert, qui a été donné à Godefroy II par le prince-évêque de Liège[4].

Le plus connu des seigneurs de Bouillon était Godefroy de Bouillon qui vendit Bouillon à la principauté de Liège. Les évêques commencèrent alors à s'appeler eux-mêmes Ducs de Bouillon, et la ville devint la capitale d'un duché souverain en 1678, quand il fut pris par l'armée française, et donné à la famille de La Tour d'Auvergne. Le duché était prisé pour sa position stratégique en tant que « clé des Ardennes » (appelée ainsi par Vauban, le grand architecte militaire de Louis XIV, qui entoura Bouillon d'une enceinte laquelle fut rasée au XIXe siècle) et ainsi donc de la France. Il est resté un protectorat quasi indépendant, comme Orange ou Monaco, jusqu'en 1795 quand l'armée républicaine l'a finalement annexée à la France.

En 1814, Bouillon resta française, dans le département des Ardennes. En 1815, au second traité de Paris, elle fut rattachée au Royaume des Pays-Bas en même temps que Mariembourg, Fagnolle, Philippeville et Couvin. Lors de la Révolution belge de 1830, Bouillon devint belge.

Plan ancien de la ville fortifiée et du château fort.

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, le 10 mai 1940, les Allemands envahissent la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. La Belgique autorise immédiatement les armées alliés à pénétrer sur son territoire et c'est ainsi que des Français dépendant de la 5e division légère de cavalerie défendent Bouillon[5] le 11 mai 1940 ; pour les Allemands, Bouillon se situe sur la route de la 1re Panzerdivision[5], une unité du XIX. Armee-Korps (mot.) qui a pour objectif de traverser la Meuse au niveau de Sedan. Les défenseurs font sauter le pont après le repli des derniers éléments français depuis la rive nord de la Semois poursuivis par les Allemands[6], si bien qu'un char allemand est détruit dans la destruction tardive d'un pont[5]. La faible profondeur de la rivière permet toutefois aux blindés allemands de la traverser en divers points, ce qui, avec l'appui de l'artillerie et des Stuka, force les défenseurs à se replier de Bouillon vers 22 h, ce 11 mai 1940[5]. Les Français réagissent à la prise de Bouillon par 270 tirs d'artillerie de 155 mm du IVe groupe du 110e régiment d'artillerie lourde hippomobile depuis Torcy (Sedan), qui, s'il a des effets sur les Allemands, provoque aussi de nombreuses destructions dans la ville[5]. Le lendemain, fantassins (du I./Schützen-Regiment 1) et chars allemands franchissent la rivière à gué avec le soutien de l'artillerie (II./Artillerie-Regiment 73) et finissent de s'emparer de Bouillon[7].

Chronologie[modifier | modifier le code]

  • 988 - Première mention du château de Bouillon dans une lettre à Godefroy Ier, comte de Verdun, écrite par son frère Adalberon, archevêque de Reims[3].
  • 1045 - Godefroy le Barbu, se rebelle contre l'empereur qui a détruit le château.
  • 1065 - Godefroy le Barbu se remet d'accord avec l'empereur et reconstruit le château.
  • 1082 - Le château de Bouillon est hérité par Godefroy de Bouillon qui le vend au prince-évêque de Liège pour 3 marcs d'or et 1300 marcs d'argent pour financer sa participation dans la première croisade. Conformément au traité, Godefroy de Bouillon et ses trois successeurs conservaient le droit de racheter le château au même prix, mais aucun n'a eu l'argent pour faire valoir ce privilège.
  • 1129 - Le successeur indirect de Godefroy, le comte Renaud de Bar, reprend le château de force.
  • 1141 - Le prince-évêque de Liège expulse le comte Renaud de Bouillon.
  • 1155 - L'empereur du Saint-Empire confirme les droits de l'évêché sur Bouillon.
  • 1291 - Les princes-évêques de Liège commencent à s'attribuer le titre de "ducs de Bouillon", dû à l'ancienne position du château en tant que siège des ducs de Basse-Lotharingie.
  • XIVe siècle - le château de Bouillon en tant que possession de l'évêché de Liège est gouverné par un châtelain spécialement désigné.
  • 1415 - Le titre de châtelain devient une possession héréditaire de la famille de la Marck, une branche cadette des futurs ducs de Clèves et de Juliers.
  • 1482 - Guillaume de La Marck fait assassiner Louis de Bourbon, prince-évêque de Liège, et met sur le trône épiscopal Jean de Hornes.
  • Le 21 mai 1484 - Un traité est signé à Tongres ou la famille de La Marck renonce à son droit sur le trône de Liège s'allie à Liège contre l'empereur Maximilien pour la somme de 30 000 livres. Le château de Bouillon est mis en gage à Guillaume de La Marck jusqu'au moment du paiement.
  • 1492 - Le traité de Donchéry réitère les provisions du traité de Tongres. Comme aucun payement ne vient, la famille de la Marck conserve le château de Bouillon et prend le titre de Duc de Bouillon.
  • 1521 - L'armée de Charles Quint prend possession de Bouillon et le restitue à l'évêché de Liège.
  • 1526 - Robert III de La Marck est promu maréchal de France et se nomme lui-même duc de Bouillon à cette occasion.
  • 1529 - Le traité de Cambrai oblige François Ier à ne pas aider Robert III dans sa lutte pour reprendre Bouillon.
  • 1547 - Robert IV de La Marck est fait maréchal de France. La lettre patente le désigne officiellement "duc de Bouillon".
  • 1552 - Henri II reprend Bouillon aux princes-évêques et le rend à Robert IV de La Marck.
  • 1559 - Le traité du Cateau-Cambrésis restitue Bouillon aux princes-évêques de Liège stipulant que les droits au territoire disputé sont déterminés par un arbitrage spécial qui n'a jamais eu lieu.
  • 1598 - Le traité de Vervins réclame à nouveau un arbitrage du conflit entre l'évêché de Liège et la famille de la Mark.
  • 15 octobre, 1591 - À la disparition de la famille la Marck, l'héritière, Charlotte est mariée à Henri de La Tour d'Auvergne, maréchal de France.
Bouillon, avant la Première Guerre mondiale, et le tramway à vapeur de la SNCV
  • 8 mai, 1594 - Charlotte de La Marck meurt sans descendance, et ses revendications sur Bouillon sont reprises par son mari, Henri de la Tour d'Auvergne.
  • 24 octobre, 1594 - Le cousin de Charlotte, Henri de Bourbon, Duc de Montpensier abandonne ses revendications sur la succession de Bouillon en échange d'une rente viagère.
  • 5 août, 1601 - Un accord est signé entre Henri de La Tour d'Auvergne et l'oncle paternel de Charlotte, le Comte de Maulévrier, dont les descendants continueront d'appuyer leur revendications sur Bouillon jusqu'à la fin du XVIIe siècle.
  • 3 septembre, 1641 - Le fils d'Henri, Frédéric Maurice de La Tour d'Auvergne, renonce à ses revendications en échange de 30 000 livres promises par les évêques de Liège au traité de Tongres.
  • 1651 - Frédéric Maurice de La Tour d'Auvergne échange ses titres de prince souverain contre quelques titres de duc et de comte dans la pairie de France. L'accord oblige la France à rendre Bouillon à la famille de La Tour d'Auvergne à la première occasion.
  • 1658 - À la suite de la convention de 1641, les évêques de Liège paient 150 000 florins à Frédéric Maurice, mais il continue de se faire appeler Duc de Bouillon malgré leurs protestations.
  • 1676 - L'armée française prend Bouillon aux évêques et la rend à la famille de La Tour d'Auvergne, comme promis dans l'échange de 1651.
  • 1679 - Le traité de Nimègue confirme la possession du duché de Bouillon à la famille de La Tour d'Auvergne. Bien qu'un contingent français reste stationné à Bouillon, les ducs exercent les droits souverains de battre la monnaie, de créer des pairs et d'accorder d'autres titres. Il revendiquent aussi Saint-Hubert comme une de leurs pairie.
  • 1757 - Charles Godefroy de La Tour d'Auvergne est bien accueilli à Bouillon en tant que duc souverain, en dépit de protestation formelles émises par de Liège.
  • 1786 - Le 6e duc de Bouillon de la famille de de La Tour d'Auvergne adopte Philipe Dauvergne, un capitaine britannique, et sa descendance.
  • 25 juin 1791 - Le 6e duc de Bouillon émet une déclaration nommant Philippe d'Auvergne en tant que son successeur sur le siège de Bouillon à l'extinction de la famille de La Tour d'Auvergne.
  • En 1794, la ville fut pendant 18 mois une petite république indépendante.
  • 26 octobre 1795 - Annexion de Bouillon par la Première République française.
  • 27 décembre, 1796 - La Première République française promulgue une loi rendant toutes les possessions de la famille de Bouillon à son 7e duc.
  • 26 août 1798 - La Première République française met sous séquestre toutes les possessions concernées par l'échange de 1651.
  • 8 mars 1800 - La mise sous séquestre est annulée et le 7e duc de Bouillon réintègre ses possessions.
  • 7 février 1802 - Mort du 7educ et extinction de la famille de La Tour d'Auvergne.
  • 3 janvier 1809 - Le règlement de la succession de Bouillon est ratifié par Napoléon Ier.
  • 30 mai 1814 - Bouillon, restée française, est transférée au département des Ardennes.
  • 20 novembre 1815 - Au second traité de Paris, le Congrès de Vienne accorde Bouillon au Royaume des Pays-Bas jusqu'à l'arbitrage final entre Philippe d'Auvergne, devenu alors amiral, et Charles-Alain-Gabriel de Rohan-Guéméné (un général autrichien et le plus proche parent du dernier duc du côté paternel).
  • 18 septembre 1816 - Philippe Dauvergne, ruiné par les procès relatifs à la succession, se suicide mais les litiges concernant Bouillon continueront jusqu'en 1825.
Le général allemand Heinz Guderian à Bouillon en mai 1940. Il établit un temps le poste de commandement de son unité, le XIX. Armee-Korps (mot.) à l'hôtel Panorama[8].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville be Bouillon (Neufchateau).svg
La ville possède des armoiries.
Blasonnement : De gueules à la fasce d’argent.
  • Délibération communale : 21 décembre 2000
  • Arrêté de l'exécutif de la communauté : 17 juillet 2003
Source du blasonnement : Lieve Viaene-Awouters et Ernest Warlop, Armoiries communales en Belgique, Communes wallonnes, bruxelloises et germanophones, t. 1 : Communes wallonnes A-L, Bruxelles, Dexia,‎ 2002.



La ville moderne[modifier | modifier le code]

Bouillon a deux écoles, un collège et un lycée, des bancs et un square ainsi que de nombreux pédalos (simples ou ornés de cygnes ou dauphins colorés).

Le château est toujours situé au-dessus du centre ville et est une attraction touristique populaire.

La commune a lancé en 2010 son deuxième programme communal de développement rural associé à un agenda 21 local.

Bouillon est le point de départ et d’arrivée de La Bouillonnante, une difficile épreuve de trail se déroulant au mois d’avril.

Célébrités[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La commune compte environ 5 400 habitants. Le graphique suivant reprend sa population résidente au 1er janvier de chaque année[9].

Sécurité et secours[modifier | modifier le code]

La ville fait partie de la zone de police Semois et Lesse pour les services de police, ainsi que de la de la zone de secours Luxembourg pour les services de pompiers. Le numéro d'appel unique pour ces services est le 112.

Galerie[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Liège et Meuse mystérieux (volume 2), Paul de Saint-Hilaire, édition Rossel, Bruxelles, 1982
  2. Les grands Mythes de L'histoire de Belgique, de Flandre et de Wallonie, sous la direction d'Anne Morelli, evo-histoire, 1996, ISBN 2-87003-301-X
  3. a et b Murray, p. 10.
  4. Murray, p. 11.
  5. a, b, c, d et e Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 156-159.
  6. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 153.
  7. Jean-Yves Mary, Le Corridor des Panzers, t. I, Bayeux, Heimdal,‎ 2009, p. 167.
  8. Karl-Heinz Frieser (trad. Nicole Thiers), Le mythe de la guerre éclair : La campagne de l'ouest 1940 [« Blitzkrieg-Legende : der Westfeldzug 1940 »], Paris, Belin,‎ 2003, 479 p. (ISBN 978-2-7011-2689-0), p. 151.
  9. « Chiffres de la population résidente au 1er janvier, par année 1990‑2010 », sur le site de l’INS (consulté le 11 janvier 2011).