Rexisme

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Drapeau de Rex

Le rexisme était un mouvement politique d'extrême droite, nationaliste et anti-bolchevique en Belgique, entre les années trente et 1945. Il était proche du fascisme italien, du phalangisme en Espagne ou de la Garde de fer de Corneliu Zelea Codreanu en Roumanie, puis, après 1941, du nazisme.

Issu des éditions catholiques Rex, dont Léon Degrelle prit la direction en 1930, le Rexisme devint un réel mouvement politique, rival du parti catholique, lors des élections législatives du 24 mai 1936. Après un véritable succès électoral, le mouvement rexiste subit une lourde défaite le 11 avril 1937, lorsque Degrelle fut battu par Paul Van Zeeland lors d'une élection législative à Bruxelles. Marginalisé dans la vie politique belge et en proie à de graves divisions internes, Rex devint de plus en plus fasciste et fut le symbole de la collaboration belge avec l'occupant allemand.

L’idéologie du Rexisme[modifier | modifier le code]

L'idéologie du rexisme appelait au renouveau moral de la société belge en accord avec les enseignements de l'Église catholique romaine, en formant une société corporatiste et en abolissant la démocratie.

Le mouvement rexiste attira des partisans principalement parmi les Wallons et les Bruxellois francophones. Tandis qu'un autre mouvement d'extrême droite recrutait en Flandre : le Vlaams-Nationaal Verbond (VNV).

Le mouvement tomba dans le collaborationnisme lors de l'invasion allemande, notamment à travers une division SS.

Parmi les membres les plus influents du parti, il y avait bien sûr Léon Degrelle, mais aussi d'autres personnalités tels que José Streel, Louis Collard, Victor Matthys. Ce dernier sera chef du mouvement lorsque Degrelle combattra sur le Front de l'est.

Les rexistes s'appuyaient en particulier sur l'encyclique Quas Primas de Pie XI, qui prônait la royauté sociale du Christ.

Histoire du Rexisme[modifier | modifier le code]

Rex s'établit en tant que parti en 1936, année où il obtint vingt et un sièges à la Chambre des représentants. Très vite après l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler en Allemagne, il commença à s'allier avec les intérêts allemands, à incorporer un antisémitisme de style nazi dans son programme et à recevoir des aides financières des partisans du Troisième Reich[réf. nécessaire].

Après le début de l'opération Barbarossa, la Légion Flandern et la Légion Wallonie – deux organisations militaires belges – envoyèrent respectivement 405 (6 août 1941) et 875 volontaires (8 août 1941) pour combattre les troupes soviétiques[réf. nécessaire].

Durant l'occupation, certains rexistes assassinent des résistants, dont le bourgmestre Georges Pètre[réf. nécessaire].

Après la chute du Troisième Reich, Degrelle s'enfuit vers l'Espagne du generalísimo Francisco Franco. Il fut jugé pour trahison envers la Belgique et fut condamné à mort par contumace, mais les demandes formulées à l'Espagne pour l'extrader furent rejetées. Degrelle mourut à Malaga en 1994.

Hergé, l’auteur de la célèbre bande dessinée Tintin, est connu pour avoir eu une attitude assez ambigue envers le rexisme, comme le rappellent ses biographes les plus sérieux, notamment Benoît Peeters[réf. nécessaire] et Pierre Assouline[réf. nécessaire]. Hergé, qui avait fait la connaissance de Degrelle quand celui-ci était journaliste au magazine catholique conservateur Le XXe Siècle, illustra la couverture d’un ouvrage de celui-ci, Histoire de la guerre scolaire[réf. nécessaire].

La pensée rexiste n’est pas éteinte aujourd’hui, et des mouvements tels que le Front de la jeunesse en sont les premiers héritiers maintenant incorporés dans le Front national belge. En France, Serge Ayoub (fondateur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires) s'y référa aussi[réf. nécessaire].

Sources[modifier | modifier le code]

  • The Patriotic Traitors: A History of Collaboration in German-occupied Europe, 1940-45 by David Littlejohn ISBN 0-434-42725-X
  • Wallonien: The History of the 5th SS-Sturmbrigade and 28th SS Volunteer Panzergrenadier Division by Richard Landwehr, Ray Merriam, and Jean-Louis Roba ISBN 1-57638-088-2
  • « Degrelle : Les années de collaboration » de Martin Conway
  • L'Ordre Nouveau par Maurice De Wilde, Duculot, Paris-Gembloux, pour l'édition française, 1984 - Traduit du néerlandais par : Jean-Pierre Orban et Paul Tannenwald - 179 pages
  • « Léon Degrelle et l'aventure rexiste (1927-1940) » de Giovanni F. di Muro, Éditions Luc Pire (2005, ISBN 2-87415-519-5)
  • Didier Pirlot (préf. Jo Gérard), Rex - Photos d'hier et d'aujourd'hui, Bruxelles, Phigi, coll. « enquêtes - reportages »,‎ 1978, 103 p.
  • Lionel Baland, Léon Degrelle et la presse rexiste, Paris, Éditions Déterna, 2009 (ISBN 9782913044869)
  • Streel José, La révolution du XXe siècle (réédition du livre paru en 1942 à la NSE à Bruxelles), préface de Lionel Baland, Déterna, Paris, 2010.

Annexe[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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