Élection présidentielle italienne de 2006

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Précédent 1999 Drapeau de l'Italie 2013 Suivant
Élection présidentielle
italienne de 2006
Presidente Napolitano.jpg
Giorgio Napolitano – DS
Voix 543
au 4e tour de scrutin
Président de la République italienne
Sortant
Élu

En Italie, une élection présidentielle s'est tenue les 8, 9 et 10 mai 2006 ; les deux Chambres du Parlement (le Sénat de la République et la Chambre des députés) et les représentants des régions furent convoqués au palais Montecitorio, dans le dessein d'élire le 11e président de la République italienne, successeur du chef de l'État sortant, Carlo Azeglio Ciampi, qui ne fit pas acte de candidature pour un second mandat présidentiel de sept ans[1].

Le 10 mai 2006, le candidat des Démocrates de gauche, Giorgio Napolitano, ancien président de la Chambre des députés, fut élu président de la République après quatre tours de scrutin. Le 15 mai suivant, celui-ci prêta serment devant les deux Chambres du Parlement, la Chambre des députés et le Sénat de la République, et les représentants des régions d'Italie pour un mandat de sept ans.

Le président de la République italienne, chef de l'État, assume un rôle essentiellement honorifique, bien qu'il soit considéré, par la Constitution italienne, comme étant le garant des institutions et de l'unité nationale.

L'élection[modifier | modifier le code]

Le président de la République sortant, Carlo Azeglio Ciampi, annonça le 18 avril 2006, lors d'un entretien accordé au quotidien Corriere della Serra, qu'il renonçait à concourir pour un second mandat présidentiel de sept ans, dans le dessein de ne pas inaugurer « une monarchie républicaine »[2] et ce bien que de nombreux cadres institutionnels et politiques de premier plan, parmi lesquels le président du Conseil sortant, Silvio Berlusconi, soutenaient l'idée d'un second mandat assumé par le président Ciampi.

Les partis politiques entreprirent de longues consultations pour trouver un candidat officiel. Or, il ne serait pas impossible que les candidatures officielles soient contrées par les « francs-tireurs », ces grands électeurs qui, par le vote à bulletin secret, préfèrent soutenir leur propre candidat, puisque n'approuvant guère le choix de leur groupe parlementaire. Le président du Conseil Silvio Berlusconi, chef du gouvernement sortant, présenta, pour la présidence de la République, la candidature du sous-secrétaire d'État à la présidence du Conseil des ministres, Gianni Letta.

Après avoir milité en faveur de la candidature de l'ancien chef du gouvernement Massimo D'Alema, Romano Prodi, ancien président de la Commission européenne et chef de file de la coalition de centre-gauche gagnante des élections générales avec une faible majorité, annonça soutenir la candidature du sénateur à vie, Giorgio Napolitano, ancien président de la Chambre des députés.

L'ancien président de la République chrétien-démocrate Francesco Cossiga avança l'idée d'une candidature du président du Sénat, Franco Marini, estimant cette candidature consensuelle pour les rangs de gauche comme ceux de droite ; or Marini refusa de présenter sa candidature au Quirinal.

L'enjeu de ce scrutin présidentiel est considérable, car il s'agira, pour le successeur de Carlo Azeglio Ciampi, de nommer le président du Conseil des ministres et les membres du gouvernement issu des élections générales qui se sont tenues un mois auparavant ; ce scrutin parlementaire n'ayant pas dégagé de majorité suffisamment claire, il semble alors évident que la constitution d'un gouvernement s'avérera difficile. Cette situation sera la première tâche du nouveau chef de l'État italien.

La composition du collège électoral[modifier | modifier le code]

Le collège des grands électeurs, composé de sénateurs, de députés et de représentants de région, fut présidé par le président de la Chambre des députés, Fausto Bertinotti.

Fonction Nombre
Président : Fausto Bertinotti
Sénateurs de la République 322
Députés 630
Représentants des régions 58
(pour 20 régions)
Total 1010

Le scrutin[modifier | modifier le code]

8 mai 2006[modifier | modifier le code]

1er tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 984
  • Votants : 984
  • Majorité des deux tiers des Assemblées : 673
Candidat Suffrages
Gianni Letta 369
Massimo D'Alema 27
Franca Rame 24
Adriano Sofri 23
Siegfried Brugger 12
Giuliano Ferrara 8
Giorgio Napolitano 8
Giampaolo Malavasi 6
Gino Strada 5
Carlo Azeglio Ciampi 4
Giuliano Amato 3
Umberto Bossi 3
Cesare Previti 3
Stefano Rodotà 3
Giulio Andreotti 2
Mario Anzani 2
Silvio Berlusconi 2
Lidia Menapace 2
Votes dispersés 22
Votes blancs 438
Votes nuls 18

9 mai 2006[modifier | modifier le code]

2e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 974
  • Votants : 973
  • Majorité des deux tiers des Assemblées : 673
Candidat Suffrages
Umberto Bossi 38
Massimo D'Alema 35
Giuseppe De Rita 19
Giorgio Napolitano 15
Siegfried Brugger 11
Gianni Letta 11
Giuliano Ferrara 9
Renato Antonioli 7
Francesco Cosimi Proietti 6
Angelo Sanza 6
Gino Strada 5
Giuliano Amato 4
Antonio Ambra 3
Carlo Azeglio Ciampi 3
Marie-Gabrielle de Savoie 3
Linda Giuva 3
Franco Marini 3
Lidia Menapace 3
Luigi Pallaro 3
Stefano Rodotà 3
Bruno Vespa 3
Mauro Mellini 2
Franco Piperno 2
Votes dispersés 29
Votes blancs 724
Votes nuls 22

3e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 977
  • Votants : 976
  • Majorité des deux tiers des Assemblées : 673
Candidat Suffrages
Massimo D'Alema 31
Giorgio Napolitano 16
Giuliano Ferrara 10
Gianni Letta 10
Gino Strada 6
Mario Cavallaro 5
Linda Giuva 4
Mino Martinazzoli 4
Marco Matteucci 4
Giuliano Amato 3
Silvio Berlusconi 3
Carlo Azeglio Ciampi 3
Biagio Di Maria 3
Roberto Formigoni 3
Aurelio Garritano 3
Lino Iannuzzi 3
Franco Piperno 3
Stefano Servadei 3
Mirko Tremaglia 3
Tullio Ancora 2
Tina Anselmi 2
Carlo Bertolotti 2
Rosy Bindi 2
Vito Gamberale 2
Lidia Menapace 2
Barbara Palombelli 2
Sergio Pininfarina 2
Votes dispersés 37
Votes blancs 770
Votes nuls 28

10 mai 2006[modifier | modifier le code]

4e tour de scrutin[modifier | modifier le code]

  • Inscrits : 1009
  • Présents : 1000
  • Votants : 990
  • Majorité absolue des Assemblées : 505
Candidat Suffrages
Giorgio Napolitano 543
Umberto Bossi 42
Massimo D'Alema 10
Giuliano Ferrara 7
Gianni Letta 6
Silvio Berlusconi 5
Sergio Pininfarina 3
Roberto Dipiazza 3
Votes dispersés 10
Votes blancs 347
Votes nuls 14

Les conséquences de l'élection[modifier | modifier le code]

Le 10 mai 2006, au quatrième tour de scrutin, le sénateur à vie Giorgio Napolitano est élu président de la République par 543 voix sur les 1 009 grands électeurs ayant pris part au vote. Il prête serment cinq jours plus tard puis se rend au palais du Quirinal pour recevoir les pouvoirs présidentiels de son prédécesseur Carlo Azeglio Ciampi.

Le 17 mai, le nouveau chef de l'État nomme Romano Prodi président du Conseil des ministres.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Carlo Azeglio Ciampi, un président modèle en Italie, euronews, 8 mai 2006
  2. (fr) Fenêtre sur l'Europe, avril 2006

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]