Vallée des Temples

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Zone archéologique d'Agrigente *
Temple de la Concorde
Temple de la Concorde
Coordonnées 37° 17′ 26″ nord, 13° 35′ 08″ est
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Subdivision Province d'Agrigente, Sicile
Type Culturel
Critères (i) (ii) (iii) (iv)
Superficie 934 ha
Zone tampon 1 869 ha
Numéro
d’identification
831
Zone géographique Europe **
Année d’inscription 1997 (21e session)

Géolocalisation sur la carte : Italie

(Voir situation sur carte : Italie)
Zone archéologique d'Agrigente

Géolocalisation sur la carte : Sicile

(Voir situation sur carte : Sicile)
Zone archéologique d'Agrigente
* Descriptif officiel UNESCO
** Classification géographique UNESCO
Plan de la zone archéologique d'Agrigente

1. Temple d'Héphaïstos
2. Kolymbéthra
3. Sanctuaire des divinités chthoniennes et temple des Dioscures
4. Olympiéion
5. Tombe de Théron
6. Temple d'Asclépios
7. Temple d'Héraclès
8. Temple de la Concorde
9. Temple d'Héra
10. Basilicula
11. Sanctuaire de Déméter
12. Temple de Déméter
13. Quartier hellénistique et romain
14. Colline San Nicola, musée
15. Ecclésiastérion et oratoire de Phalaris
16. Bouleutérion
17. Temple d'Athéna
18. Temple de Zeus
Cinq solutions au conflit d'angles dans les temples doriques :
I. Ne rien faire et laisser dépasser la dernière colonne...
II. Allonger la dernière métope ;
III. Allonger le dernier triglyphe ;
IV. Diminuer l'espace entre les deux dernières colonnes ;
V. Ajouter un segment vide en extrémité.

La zone archéologique d'Agrigente, en Sicile, (en grec Akragas, Grande-Grèce), comprend le « parc archéologique de la Vallée des Temples », et d'autres vestiges situés sur l'acropole et en divers lieux de la ville.

Une situation exceptionnelle[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire d'Agrigente.

Fondée en 582 av. J.-C par des Grecs venus de la cité voisine de Géla, la ville s'impose très vite comme l'une des colonies les plus brillantes et les plus prospères de l'Occident hellénique. Elle est entourée par deux fleuves, l'Akragas, au sud, qui est symbolisé par un crabe sur les monnaies de la ville (photo ci-dessous) dès la fin du VIe siècle av. J.-C.[1] et le fleuve Hypsas du côté ouest, comme l'indique Polybe[2]. Son relief très escarpé lui permet de se défendre facilement contre ses ennemis. Sa plaine très féconde lui assure une importante production d'huile d'olives et de vin, dont elle fait commerce dans le bassin méditerranéen, notamment avec Carthage[3].

La cité connaît une expansion géographique au VIe siècle av. J.-C. sous le gouvernement des tyrans. Le premier s'appelait Phalaris et l'apogée arrive avec Théron, victorieux des Carthaginois à la bataille d'Himère en 480 av. J.-C. La ville s'embellit grâce à la main-d'œuvre capturée lors de cette bataille. La Vallée des Temples est entourée d'une muraille de 12 kilomètres. Elle possède au milieu du Ve siècle av. J.-C. plus de temples qu'il n'y en a sur l'acropole athénienne.

Diodore de Sicile ne tarit pas d'éloges sur la richesse de la ville et le luxe de ses habitants :

« La Ville d’Agrigente et son territoire était alors une des plus heureuses habitations qu’il y eut au monde [...] Les vignes y étaient d’une beauté et d’une hauteur extraordinaire ; mais la plus grande partie du pays était couverte d’oliviers, qui donnaient une quantité prodigieuse d’olives, qu’on portait vendre à Carthage car en ce temps-là il y avait peu de plantations dans la Libye ; de sorte que les Siciliens tiraient des richesses considérables de Carthage par le commerce de leurs fruits. […] Mais rien ne marque mieux le luxe des Agrigentains et leur goût pour le plaisir, que les tombeaux ou les monuments dressés par leur ordre, à des chevaux qui avaient gagné le prix de la course, ou même à de petits oiseaux élevés dans les maisons particulières par de jeunes garçons ou de jeunes filles. Timèe assure qu’il avait vu plusieurs de ces monuments qui subsistaient encore de son temps. Dans l’Olympiade qui précéda celle où nous sommes ici et qui était la 92e, Exaenete d’Agrigente étant demeuré vainqueur à la course du stade, fit à son retour son entrée dans sa ville sur un char, accompagné d’un grand nombre d’autres, entre lesquels il y en avait trois cents attelés chacun de deux chevaux blancs, tous Agrigentins. On y élevait les enfants dans une propreté qui allait jusqu’à la mollesse : ils portaient des habits d’une finesse extraordinaire et garnis d’or ; leur toilette était chargée de boëtes et d’autres bijoux d’or et d’argent. Le plus riche des Agrigentins en ce temps-là était Gellias, qui avait chez lui plusieurs appartements pour des hôtes, et qui faisait tenir devant sa porte un certain nombre de domestiques, dont la commission était d’inviter tous les étrangers à venir loger chez lui. […] Antisthene, surnommé le Rhodien, célébrant les noces de sa fille traita tous les citoyens par chaque rue, et faisait suivre la mariée par 800 chariots ; cet équipage fut même augmenté par un grand nombre de cavaliers des environs, tous invités, et qui lui faisaient cortège[4]. »

Les temples du site[modifier | modifier le code]

Temple Lieu Époque Type de construction Surface Colonnes Remarques
Temple de Zeus Acropole VIe siècle av. J.-C. - probablement sous la cathédrale San Gerlando
Temple d'Héraclès (Temple A) Parc archéologique « Vallée des Temples » vers -500 dorique périptère 25,34 × 67,00 m 6 × 15 8 colonnes réérigées au XXe siècle (plan)
Temple d'Athéna (Temple E) Acropole début Ve siècle av. J.-C. dorique périptère 15,10 × 34,70 m 6 × 13 sous l'église S. Maria dei Greci (plan)
Olympiéion (Temple B) Parc archéologique « Vallée des Temples » vers -480 temple dorique pseudo-périptère 56,30 × 112,60 m 7 × 14 pseudo-périptère, à demi-colonnes aveugles, entre-colonnement muré, entablement soutenu par des Télamons (plan, élévation, modèle)
Temple de Déméter (Tempel C) Acropole -480/-470 dorique in antis 13,30 × 30,20 m sous l'église S. Biagio (plan)
Temples des Dioscures (Temple I) Parc archéologique « Vallée des Temples » moitié du Ve siècle av. J.-C. dorique périptère 13,86 × 31,70 m 6 × 13 un angle a été réérigé au XIXe siècle
Temple L Parc archéologique « Vallée des Temples » moitié du Ve siècle av. J.-C. dorique périptère 17,20 × 38,80 m* 6 × 13
Temple d'Héra (Temple D) Parc archéologique « Vallée des Temples » -460/–450 dorique périptère 16,90 × 38,15 m 6 × 13 colonnes et architrave du côté Nord réérigées au XVIIIe siècle (plan)
Temple d'Asclépios (Temple H) au sud de la ville antique seconde moitié du Ve siècle av. J.-C. dorique in antis à pseudo-opisthodome 10,70 × 21,70 m
Temple de la Concorde (Temple F) Parc archéologique « Vallée des Temples » vers -440 dorique périptère 16,92 × 39,44 m 6 × 13 le mieux conservé de tous les temples de Sicile (plan, reconstitution en couleurs)
Temple d'Héphaïstos (Temple G) angle sud-ouest de l'ancienne ville vers -430 dorique périptère 17,06 × 35,19 m* 6 × 13
Oratoire de Phalaris Colline de San Nicola IIe siècle av. J.-C. ionique prostyle 5,30 × 8,50 m 4

Temple d'Héraclès (Temple A)[modifier | modifier le code]

Le temple d'Héraclès est situé près de la route, à l'est du parc, près de l'entrée, tout à côté de la porte IV (porta Aurea). L'identification de ce temple dédié à Héraclès est donnée par Cicéron lui-même, questeur en Sicile en l'année -75. Dans ses célèbres accusations contre Verrès, il évoque une grande statue de bronze d'Héraclès, dans un temple situé près de l'agora (basse agora, près de la porte IV) : ses lèvres et son menton étaient usés, dit-il, à force d'être touchés par les pèlerins, et Verrès projetait de s'en emparer !

Le temple d'Héraclès est le plus ancien de tous ceux situés près de la muraille sud, remontant au début du Ve siècle av. J.-C.. Il repose sur un soubassement à trois degrés. Son plan est conforme à celui de la plupart des temples de Sicile. Son péristyle de 6 × 15 colonnes est toutefois plus allongé que d'habitude, ce qui a permis de ménager aux extrémités un espace égal à la largeur de deux colonnes, aussi bien devant le pronaos qu'en arrière de l'opisthodome. Manque aussi l'adyton, habituel dans les temples de Sicile.

Les éléments d'architrave montrent des saignées de bardage en forme de U, destinées à passer des boucles de débardage symétriques.

Des débris du temple d'Héraclès ont été trouvés disséminés sur toute la zone, par exemple des chapiteaux recouverts de stuc, comme devaient l'être beaucoup d'autres éléments du temple. Les huit colonnes visibles du côté sud ont été remontées en 1924, tandis que l'ensemble du côté nord l'a été dès le XIXe siècle.

Temple de Zeus Olympien (Temple B)[modifier | modifier le code]

Immédiatement après l'entrée du parc, à l'ouest, on se trouve face au temple de Zeus Olympien (ou Olympiéion), qui aurait été construit par le tyran Théron en -480, après sa victoire sur les Carthaginois à la bataille d'Himère, à la gloire des Grecs vainqueurs des barbares. Cette datation est toutefois remise en question et les travaux pourraient avoir commencé en -488 avec le début de la tyrannie de Théron[5].

Dans sa description de la ville d'Agrigente, l'historien grec Polybe écrit : « Le temple de Jupiter Olympien n'est pas à la vérité si orné et si enrichi que ceux de la Grèce, mais pour le dessin et la grandeur il ne le cède à aucun d'eux[6]. » Un siècle plus tard, Diodore de Sicile en donne une longue description:

« Ce Temple a 340 pieds de long, 60 pieds de large et 120 pieds de haut, jusqu’à la naissance de la voûte : il est le plus grand de tous les temples de la Sicile et on peut le comparer de ce côté là avec les plus beaux qui se trouvent partout ailleurs ; car bien qu’il n’ait jamais été achevé, le dessein en paraît tout entier. Mais au lieu que les autres temples se soutiennent seulement ou sur des murs, ou sur des colonnes, on a employé dans celui-ci ces deux pratiques d’architecture jointes ensemble ; car d’espace en espace on a placé dans les murs des piliers qui s’avancent en dehors en forme de colonnes arrondies, et en dedans en forme de pilastres taillés carrément. En dehors les colonnes ont vingt pieds de tour et comme elles sont cannelées, un homme pourrait se placer dans une de ces cannelures : les pilastres du dedans ont 12 pieds de largeur : [4] les portes sont d’une beauté et d’une hauteur prodigieuse. Sur la face orientale on a représenté en sculpture un combat de Géants qui est admirable par la grandeur et par l’élégance des figures. Du côté de l’occident est la prise de Troie où l’on distingue tous les héros par la différence de leur habillement et de leurs armes. (XIII, 82). »

Ses dimensions exceptionnelles de 56 × 113 m font de l'Olympiéion d'Akragas le plus grand de tous les temples doriques et le troisième parmi les temples grecs. À une cinquantaine de mètres à l'est du temple, on voit « les restes d'un autel monumental avec des gradins conduisant à la plateforme où avaient lieu les sacrifices »[5], qui étaient typiquement des hécatombes ou sacrifices de cent taureaux.

Le soubassement (krépis) à cinq degrés supportait une salle hypostyle d'inspiration carthaginoise, composée de deux rangées de 12 piliers carrés chacune, hauts de 21 m, murés jusqu'à mi-hauteur environ. Le péristyle était également composé de piliers, 7 en largeur et 14 en longueur, d'une hauteur de 17 m, avec des demi-colonnes accolées sur les faces, le tout formant des masses de pierre de 4 m de diamètre. Ces piliers externes étaient reliés entre eux par des cloisons : on parle donc de temple « pseudo-périptère ». Le péristyle et les nefs latérales étaient couverts, alors que la cella elle-même était probablement hypèthre, c'est-à-dire ouverte sur les cieux. Le nombre de colonnes en façade étant impair, on se trouvait avec un pilier central au lieu de l'habituel accès médian vers la cella : l'entrée se faisait donc par deux portails ménagés aux extrémités de la façade est, donnant un accès direct aux nefs latérales, ainsi que, semble-t-il, par une petite entrée pratiquée dans le milieu du côté sud.

La partie haute des cloisons situées entre les colonnes extérieures (voir ci-dessous le dessin de Robert Koldewey et la maquette exposée au musée) était occupée par des sortes de niches abritant des statues de géants, — les Atlantes pour les Grecs ou Télamons pour les Romains —, de près de 8 m de hauteur, qui portaient le poids de la couverture. Ils étaient au nombre de 38, soit 13 en longueur et 6 en largeur. Selon une hypothèse en vigueur, ces télamons avaient des traits carthaginois et symbolisaient les barbares vaincus à Himère par Théron d'Agrigente et Gélon de Syracuse en -480. Ils s'ajoutaient à une représentation du combat des dieux de l'Olympe contre les Géants, sculptée sur le fronton est du temple. En 1825, le peintre et archéologue Rafaello Politi a fait reconstituer au sol un de ces géants, à partir d'éléments épars, qui est exposé à la verticale, au Musée archéologique d'Agrigente. D'autres ont été assemblés par la suite à partir d'éléments épars sur le site même du temple (voir photo ci-dessous).

Lors de la conquête d'Akragas par Carthage en -406, le temple, encore inachevé, a été détruit. Par la suite, ses pierres bien équarries et relativement petites, ont été réemployées pour la construction du môle de Porto Empedocle (1749-63)[5], et il ne reste guère aujourd'hui sur place que de gros éléments du soubassement et des colonnes, et même quelques beaux chapiteaux.

Temple des Dioscures (Temple I)[modifier | modifier le code]

Temple des Dioscures

À l'ouest de l'Olympiéion s'étend jusqu'à la Porte V un quartier de la ville, avec des vestiges de maisons d'habitation. Du nord de ce temple part une voie processionnelle qui longe les habitations pour rejoindre la Porte V et le « temple des Dioscures ». Ce nom lui a été attribué arbitrairement : des sources antiques nous disent, certes, que Castor et Pollux étaient honorés à Acragas, mais les dernières recherches tendent plutôt à rattacher les jumeaux à celui qu'on appelle traditionnellement « temple de la Concorde ».

Le « temple des Dioscures » est un temple dorique périptère du milieu du Ve siècle av. J.-C., de plan semblable à celui « de la Concorde ». Le coin sud-est a été remonté au XIXe siècle par le sculpteur Valerio Villa Reale et l'architecte Saverio Cavallari. Cette reconstruction est certes très pittoresque, et elle est même devenue un symbole et l'un des sujets les plus photographiés des vestiges d'Agrigente, mais elle est refusée du monde professionnel, qui y voit un mélange d'éléments de différents styles et de différentes époques. De nombreux restes de tambours des colonnes cannelées qui formaient autrefois le péristyle sont disséminés sur toute la surface du temple. On peut aussi distinguer des restes de l'autel, du côté est.

Temple d'Héra (Temple D)[modifier | modifier le code]

Le « temple d'Héra » ou encore « de Junon Lacinienne » est, pour le visiteur, le dernier de la série, puisqu'il se trouve à l'extrémité sud-est du plateau. En vérité, on ne sait trop à qui ce temple était dédié : son attribution à Héra ne repose que sur une confusion ancienne avec le temple d'Héra du Capo Lacinio, près de la ville calabraise de Crotone.

Le « temple d'Héra » fut élevé dans les années -460/-450. C'est un temple dorique périptère de 6 × 13 colonnes, construit sur un soubassement (krépis) à quatre degrés, comparable à celui du « temple de la Concorde » et destiné compenser les inégalités du terrain. Son plan est également très similaire. Le conflit d'angles propre aux temples doriques a cependant été résolu de manière différente : les angles nord, ouest et sud ont subi une simple contraction, c'est-à-dire que seul l'écartement des colonnes extrêmes a été réduit, tandis que sur la façade (côté est) on n'a pratiqué aucune contraction latérale, mais uniquement une réduction de l'espace entre les deux colonnes centrales.

Le temple a été incendié en -406 par les Carthaginois, puis réparé par les Romains, au Ier siècle av. J.-C.. Des tuiles de terre cuite remplacèrent alors celles de marbre. L'anastylose a commencé dès le XVIIIe siècle : aujourd'hui, 25 des 34 colonnes du péristyle ont été reconstituées. La colonnade nord conserve donc l'ensemble de ses chapiteaux et de son architrave, tandis que la cella est réduite à des éléments de soubassement et bases de colonnes, entre les murs d'antes du pronaos et de l'opisthodome.

Du côté est se trouve l'autel de 29,3 m × 10 m, presque aussi vaste que la cella, mais en biais par rapport à elle. On a trouvé une citerne en arrière du temple, côté ouest.

Temple de la Concorde (Temple F)[modifier | modifier le code]

Le temple de la Concorde est, avec l'Héphaïstéion (Théséion) d'Athènes et le temple de Poséidon à Paestum, l'un des temples les mieux conservés de l'antiquité grecque. Son appellation arbitraire n'est due qu'à une inscription romaine trouvée à proximité, où figurait le mot latin concordia. Il a été construit dans les années -440 à -430.

Les inégalités du terrain sur lequel il est édifié sont compensées par un soubassement (krépis) important. Son plan correspond à la forme la plus classique des temples d'Agrigente : pronaos, naos, opisthodome et péristyle de 6 × 13 colonnes.

Le temple de la Concorde est de tous ceux d'Agrigente celui qui a été réalisé avec le plus de précision. Le problème des extrémités propre aux temples doriques (conflit entre la régularité des métopes et des triglyphes d'une part, et l'espacement régulier des colonnes d'autre part) a été résolu d'une manière inhabituelle : il a été procédé tout à la fois au rétrécissement de l'espace entre les deux dernières colonnes et à l'allongement de la métope extrême, pour un meilleur effet visuel.

Les recherches ont également montré que les parties inférieures du temple étaient ornées de stucs blancs, tandis que les frises, métopes et parties hautes étaient peintes de couleurs vives. Le toit était couvert de tuiles de marbre.

En 597, l'évêque Grégoire d'Agrigente a fait du temple une basilique chrétienne consacrée aux apôtres Pierre et Paul, après en avoir chassé les démons païens Eber et Raps qui y demeuraient[7]. Chacun des murs de la cella fut alors percé de douze arcatures, et les entrecolonnements furent murés, tout comme on peut encore le voir de nos jours à la cathédrale de Syracuse. L'entrée fut reportée sur le côté ouest, ce qui entraîna la suppression de la cloison entre le naos et l'opisthodome, tandis que la sacristie trouvait sa place dans l'ancien pronaos.

On a trouvé dans le temple deux figures de dieux puniques, qui avaient été mises de côté. On en a déduit que déjà du temps des Grecs on avait honoré là deux divinités, et que le temple avait pu être consacré aux Dioscures.

Après l'abandon de la cité, l'église fut à nouveau remise en usage, jusqu'au XVIIe siècle. Elle est désaffectée en 1748. En 1788, les dernières structures appartenant à l'église chrétienne sont enlevées par ordre du prince de Torremuzza[7]. Depuis lors, le temple a été restauré dans son état initial.

Sanctuaire des divinités chthoniennes, temple L et autres structures[modifier | modifier le code]

Le temple des Dioscures se dresse sur un téménos qui est le plus ancien de tous les lieux de cultes connus à Agrigente. Les Grecs y vénéraient leurs dieux dès avant la construction des grands temples, et les Sicanes l'utilisaient déjà comme lieu de culte.

Sur ce téménos, au sud du temple des Dioscures, se trouvent les restes d'un autre temple périptère (temple L), construit peu après, de même plan, mais un peu plus grand. Les deux temples ont probablement été construits sur des édifices cultuels antérieurs.

Dans la partie nord du sanctuaire se trouvent encore les soubassements de lieux de culte remontant à la première moitié du VIe siècle av. J.-C., c'est-à-dire peu de temps après la fondation de la ville. Les Grecs y honoraient les divinités chthoniennes, surtout les déesses de la terre et de la fertilité, Déméter et sa fille Perséphone, mais aussi Hécate et Hadès, représentées par de petites statuettes de terre cuite (voir galerie ci-dessous). Cette zone délimite donc le sanctuaire des divinités chthoniennes.

Au milieu de ces lieux de cultes se trouvent un autel circulaire et un autre rectangulaire. L'autel circulaire a une cavité médiane qui servait à déposer les offrandes liquides, ou bien à recueillir le sang des animaux offerts en sacrifice. Tout autour de ces autels s'ordonnent des bâtiments en forme de mégarons avec pronaos, naos et adyton, deux en direction est-ouest, et un en direction nord-sud. Ce dernier est relié à un bâtiment cultuel à cella rectangulaire qui comporte une entrée dont la façade est constituée de quatre piliers. Au nord se trouve une autre bâtiment cultuel aux allures de labyrinthe, avec un autel carré dans une pièce latérale, et un autel circulaire dans la dernière salle.

Un peu plus loin se trouvent une nécropole paléochrétienne et le mur d'enceinte de la ville. Sur la colline de San Nicola, on peut voir les restes de l'agora et du bouleutérion (ou salle du conseil). Plus loin se trouvent le bâtiment appelé « l'oratoire de Phalaris » (qui est en fait un temple romain de 12,40 x 8,85m) et la tombe de Théron. L'acropole abrite les restes d'un temple de Zeus, d'un temple d'Athéna et d'un temple de Déméter ainsi que de temples consacrés à Asclépios et à Héphaïstos.

Musée archéologique[modifier | modifier le code]

Le musée archéologique, situé dans l'enceinte de la vallée des temples, expose 5688 pièces réparties dans 18 salles organisées selon des critères chronologique et topographique, allant de la préhistoire à la fin de l'époque gréco-romaine. La collection de céramiques est particulièrement importante et contient des chefs-d'œuvre, tels une scène sacrificielle et le portrait d'un acteur jouant Persée (voir ci-dessous). Le musée expose aussi des sculptures, un télamon, des maquettes de temples ainsi qu'une importante collection de pièces de monnaie et des inscriptions épigraphiques. Parmi les objets extraits de la nécropole, on remarque un sarcophage en marbre du IIe siècle illustrant sur trois de ses côtés divers moments de la vie d'un enfant mort prématurément[8]

Le site en peinture et dessins[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Georges Vallet, Pindare et la Sicile, dans Pindare, Huit exposés suivis de discussions, Entretiens sur l'Antiquité classique, Tome XXXI, Vandœuvres-Genève, 21-26 août 1984, p. 289.
  2. Polybe, IX, 27, 4-5.
  3. Diodore de Sicile, Bibliothèque historique
  4. Bibliothèque historique
  5. a b et c Notice sur le site du temple
  6. Histoires, Livre IX, 7
  7. a et b Extrait de la notice sur le site.
  8. Extrait de la notice du musée.
  • Cet article comprend des éléments traduits de l'article de Wikipédia en allemand : Archäologische Stätten von Agrigent.

Sources anciennes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Johann Joachim Winckelmann: Anmerkungen über die Baukunst der Tempel zu Grigenti in Sizilien. In: Bibliothek der schönen Wissenschaften und Künste. Bd 5. Dyck/Olms, Leipzig/Hildesheim 1758, S. 223–242.
  • Leo von Klenze: Der Tempel des olympischen Jupiter in Agrigent, nach den neuesten Ausgrabungen dargestellt. Stuttgart 1821.
  • Domenico Lo Faso Pietrasanta, Duca di Serradifalco: Le Antichità della Sicilia. Bd 3. „Antichità di Agragante“. Palermo 1836.
  • Julius Schubring: Historische Topographie von Akragas. Leipzig 1870.
  • Robert Koldewey, Otto Puchstein: Die griechischen Tempel in Unteritalien und Sicilien. 1. Bd Text, 2. Bd Tafeln. Asher, Berlin 1899.
  • Pirro Marconi: Agrigento, Topografie ed Arte. Vallecchi Editore, Firenze 1929.
  • Biagio Pace: Arte e civiltà della Sicilia antica. 4 Bde. Éditrice Dante Alighieri, Rom 1935–1949.
  • Pietro Griffo: Agrigent – Neuester Führer durch die antike und moderne Stadt. Soprintendenza alle antichità, Agrigento 1962.
  • Klaus Gallas: Sizilien – Insel zwischen Morgenland und Abendland, DuMont Buchverlag, Köln 1986 (9.Aufl.), (ISBN 3-7701-0818-3)
  • Ernesto De Miro: Das Tal der Tempel in Agrigent, Sizilien. Atlantis, Herrsching 1989, (ISBN 3-88199-543-9)
  • Christoph Höcker: Planung und Konzeption der klassischen Ringhallentempel von Agrigent. Peter Lang, Frankfurt am Main 1993, (ISBN 3-6314-5853-3)
  • Ferruccio Delle Cave, Marta Golin: Agrigent, das Tal der Tempel. Mit dem archäologischen Museum. Folio, Wien u. a. 2004, (ISBN 3-85256-275-9)
  • Brigit Carnabuci, Sizilien - Kunstreiseführer, DuMont Reiseverlag, Ostfildern, 4. Auflage 2006, (ISBN 377014385X)
  • Dieter Mertens: Städte und Bauten der Westgriechen. Von der Kolonisation bis zur Krise am Ende des 5. Jh. v. Chr. Hirmer, München 2006, (ISBN 3-7774-2755-1)

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Liens externes[modifier | modifier le code]