Phalaris (tyran)

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Phalaris
Pierre Woeiriot Phalaris.jpg

Phalaris condamnant le sculpteur Perillos au supplice du taureau d'airain.

Phalaris (en grec ancien Φάλαρις) était un tyran d'Acragas[1], en Sicile (vers 570 - -555[2]). Il assura la prospérité de sa ville. Il prit le pouvoir avec une telle cruauté qu'il a laissé la légende du taureau d'airain dans lequel il faisait rôtir ses victimes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Taureau d'airain.

On ne sait à peu près rien de Phalaris. Fils de Léodamas de Rhodes[3], il aurait, selon Aristote[4], géré une magistrature importante avant de confisquer le pouvoir à son profit, indication confirmée par les discours fictifs que lui prête Lucien de Samosate[5]. Phalaris fut chargé de construire le Temple de Zeus Atabyrios, sur l'île de Rhodes. Il profita de cette occasion pour s'auto-proclamer despote. Sous son règne, la ville devint très prospère. Il fit arriver l'eau dans la cité, construisit de jolis bâtiments et l’entoura de grands murs. Sur la côte ouest de l'île, le peuple d'Himère l’élut général et lui donna les pouvoirs absolus, en dépit des avertissements du poète Stésichore. Selon la Souda, il parvint à se proclamer maître de toute l'île. À la fin, il fut renversé à la suite d'une insurrection menée par Télémachus, l’ancêtre de Théron d'Acragas. Selon Valère Maxime, il fut lapidé par son peuple[6], qui le fit brûler dans son propre taureau d'airain.

Phalaris était renommé pour son excessive cruauté. Le cannibalisme figurait parmi ses atrocités présumées : on disait qu'il mangeait des bébés qui tétaient encore le sein de leur mère[réf. nécessaire]. L'histoire du taureau de Phalaris, peut-être enjolivée avec le temps, est devenue le symbole même de l'arbitraire et de la cruauté de la tyrannie. Dans son taureau d'airain, inventé par Perillos d'Athènes, les victimes du tyran étaient enfermées et grillées vivantes par un feu allumé en-dessous. Leurs cris perçants rappelaient à Phalaris les mugissements du taureau. La légende dit que le sculpteur Perillos fut la première victime de sa propre invention :

« Pérille s'adressa à lui, et lui offrit un taureau d'airain auquel le feu mis dessous, rôtissait les pauvres patients qu'on y enfermait. Mais par le commandement du Tyran, ce gentil ouvrier porta premier la peine du tourment qu'il voulait faire aux autres endurer. Le peuple aussi ne pouvant plus souffrir la trop inhumaine cruauté de Phalaris, lui courut après, l'ayant enclos dans ce taureau, après lui avoir premièrement coupé la langue, lui firent tout vif consommer les derniers jours de sa vie. »

— Maurice de La Porte, Les Épithètes, 1571.

L'histoire du taureau ne peut pas être considérée comme une pure invention. Pindare, qui a vécu moins d'un siècle après les faits, associa expressément cet instrument de torture au nom du tyran[7].

Il y avait certainement un taureau d'airain à Agrigente qui fut emmené à Carthage par les Carthaginois. Il aurait été pris plus tard par Scipion l'Africain et rendu à Agrigente vers -200. Il est plus probable que ce soit Scipion Émilien qui rendit le taureau et d'autres œuvres d'art volées à leurs villes d'origine en Sicile, après avoir totalement détruit Carthage vers -146, qui marqua la fin de la Troisième guerre punique.[réf. nécessaire]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens Externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. actuelle Agrigente
  2. Lucien de Samosate 2015, p. 34.
  3. Lucien de Samosate 2015, p. 34, note 1.
  4. Politique, 1310 b.
  5. Lucien de Samosate 2015, p. 33.
  6. Valère Maxime, Actions et paroles mémorables, III, 3, 2.
  7. « Celui qui, d'un cœur impitoyable, faisait brûler ses victimes dans le taureau d'airain, Phalaris, garde partout une mémoire exécrée », Pindare, Pythiques, I, vers 95 à 97.