Union panukrainienne « Liberté »

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Union panukrainienne « Liberté »
Image illustrative de l'article Union panukrainienne « Liberté »
Logo officiel
Présentation
Président Oleh Tyahnybok
Fondation 1991
Siège Drapeau de l'Ukraine Ukraine
Positionnement Extrême droite[1]
Idéologie Nationalisme[1]
Affiliation européenne Alliance européenne des mouvements nationaux
Couleurs bleu et jaune
Site web http://www.svoboda.org.ua
Représentation
Députés
7 / 450
Subdivisions de l'Ukraine
132 / 3 056

L’Union panukrainienne « Liberté » (en ukrainien, Всеукраїнське об’єднання «Свобода», Vseukrainske ob'iednannia « Svoboda ») est un parti ukrainien nationaliste d'extrême droite[2], fondé en 1991 sous le nom de Parti Social-Nationaliste d'Ukraine (Соціал-Національна партія України - СНПУ[3]). Le changement de nom s'est fait en 2004 avec l'arrivée d'Oleh Tyahnybok à la tête du parti. Ce dernier, dans une volonté de dédiabolisation, a également changé le symbole du parti, abandonnant ainsi le Wolfsangel. Malgré cela, des membres du parti continuent d'arborer ce symbole lors de manifestations et a eu des remarques russophobes, polonophobes, racistes, antisémites et homophobes par le passé. Depuis qu'il joue un rôle important dans la vie politique ukrainienne et fait partie de la coalition responsable de la destitution du président Viktor Ianoukovytch, le parti supprime des passages antisémites de son programme et s'applique à éviter des déclarations trop extrêmes afin d'améliorer son image auprès d'un plus large public.

Historique[modifier | modifier le code]

Logo du parti jusqu'à 2003, dérivé du Wolfsangel.

L'origine de ce parti remonte à la création à Lviv le du Parti social-nationaliste d'Ukraine (en) (ukrainien : Соціал-національна партія України), cofondé par Oleh Tyahnybok et Andriy Paroubiy[4],[5]. Ledit parti s'enregistre officiellement le [6].

Le , lors du premier congrès de l'organisation paramilitaire Patriotes d'Ukraine, le parti intègre cette dernière en son sein en tant qu' « association de support » de l'armée ukrainienne. Dissoute en 2004, celle-ci est recréée en 2005[7],[8],[9].

L'Union panukrainienne « Liberté » succède au Parti Social-Nationaliste d'Ukraine avec l'arrivée d'Oleh Tyahnybok à sa tête en février 2004. Dans une optique de respectabilité, ce dernier décide également d'abandonner le Wolfsangel au profit d'un symbole évoquant le trident ukrainien. De même c'est à cette époque qu'il décide annoncer « dissoudre » l'organisation Patriotes d'Ukraine.

Svoboda a officiellement rompu son association avec les Patriotes d'Ukraine en 2007 en annonçant que si Oleh Tyahnybok et le parti social national étaient liés à l’organisation, leurs buts étaient désormais différents[10], ceux-ci restent informellement liés[11],[12],[13].

Manifestation de Svoboda à Kiev en 2009.

Pour autant, le parti continue de se revendiquer de l'Organisation des nationalistes ukrainiens, dont la branche armée, l'armée insurrectionnelle ukrainienne, collabora activement avec les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale et massacra les juifs de Galicie. En 2009, le parti a signé un accord de coopération avec le Front national[14]. Le parti a été membre du Front national européen et observateur au sein de l'Alliance européenne des mouvements nationaux entre 2009 et 2014[réf. souhaitée]. De même, l’organisation a souvent été pointée du doigt pour la glorification du passé collaborationniste d'une partie du peuple ukrainien avec l'Allemagne nazie et pour avoir organisé la commémoration en 2013 du 70e anniversaire de la création de la division SS Halychyna, qui a combattu dans les rangs des Allemands lors de la bataille de Brody en 1944[15].

Le , le conseil de l'Oblast de Louhansk demande au président ukrainien, Viktor Ianoukovytch, de bannir ce parti, en tant qu'organisation extrémiste, et notamment en raison de l'organisation d'émeutes le 9 mail à Lviv lors de la commémoration du 66e anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie, montrant, enregistrement à l'appui les agissements de ses membres[16].

Alors que le parti n'avait recueilli que 1,43 % des voix aux élections présidentielles de 2010, il obtient plus de 10 % des suffrages lors des élections législatives de 2012, remportant 37 sièges. En automne 2011, le parti avait organisé un défilé contre l'arrivée massive de juifs hassidiques, qui effectuent chaque année en Ukraine un pèlerinage sur la tombe d'un célèbre rabbin; et par la suite il s'est opposé à l'organisation d'une Gay Pride à Kiev. L'ambassadeur d’Israël en Ukraine, Reuven Din El, s'est notamment inquiété des propos antisémites tenus par Oleh Tyahnybok[17].

En 2012, Svoboda proteste contre la sélection de Gaitana, une chanteuse de mère ukrainienne et de père congolais comme représentante de l'Ukraine pour le concours de chansons de l'Eurovision[17]. Le porte-parole du parti, Yuri Syrotiuk déclare dans le Kyiv Post du 21 février 2012 « L’Ukraine sera représentée par une personne qui n’est pas de notre race (…) Elle n'est pas une représentante organique de notre culture. Les téléspectateurs vont finir par croire que notre pays se trouve sur un autre continent, quelque part en Afrique »[18].

Le , lors de sa visite de soutien aux manifestants de la place de l'Indépendance, John McCain, sénateur américain du parti Républicain, rencontre le chef de ce parti Oleh Tyahnybok en même temps que d'autres opposants au gouvernement ukrainien comme Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk[19].

Le parti participe à l'Euromaïdan, mouvement qui aboutit à la destitution de Viktor Yanoukovitch. Durant ces évènements, le journal Haaretz rapporte que Secteur droit et Svoboda auraient distribué des traductions récentes de Mein Kampf et du Protocole des Sages de Sion sur la place Maïdan et fait état de sa préoccupation quant à la présence importante de membres de ces deux mouvements ultra-nationalistes parmi les manifestants[20],[21],[22]. Un journaliste raconte que « sur la place de l’Indépendance, ils ont réussi à tenir face aux forces de l’ordre et à en tuer une dizaine. Et entre 200 et 300 d’entre eux ont réussi à prendre d’assaut le Parlement et le siège du Parti des régions pendant quelques instants »[23].

Le gouvernement Iatseniouk (gouvernement provisoire) nommé le 26 février 2014 est composé de plusieurs personnalités du parti à l'image d'Oleksandr Sytch, Vice-Premier ministre, d'Andri Mokhnyk, ministre de l'Écologie et des Ressources naturelles, d'Ihor Chvaïka, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, d'Andriy Paroubiy, directeur du conseil national de sécurité et d'Oleh Makhnitsky, Procureur général. Ihor Tenioukh en faisait également partie en tant que ministre de la Défense avant d'être remplacé par Mykhaïlo Koval[24],[25].

Néanmoins, à l'élection présidentielle ukrainienne de 2014, Oleh Tyahnybok, candidat investi par le parti, n'obtient que 1,16 % des suffrages, score encore plus faible qu'en 2010. Lors des élections législatives suivantes de 2014, le part n'atteint pas le seuil de 5 % (4,7 %) mais obtient néanmoins l'élection de six députés dans les circonscriptions.

Le lundi , devant la Rada, alors que les députés planchent sur une réforme constitutionnelle visant à donner plus d’autonomie aux territoires séparatistes prorusses, des centaines de manifestants d’extrême droite notamment du parti Svoboda, ont affronté la police pendant plusieurs heures. Trois policiers ont été tués[26] dont un par le jet d'une grenade[27] et une centaine d’autres policiers et plusieurs journalistes ont été blessés. Arseni Iatseniouk a déclaré que les agissement de l’extrême-droite, « sous couvert de patriotisme », étaient « pires » que ceux des séparatistes[28].

Membres connus[modifier | modifier le code]

Nom Photographie Postes
Oleh Tyahnybok
Тягнибок by Russianname.jpg
Président, co-fondateur du parti et membre du conseil régional de Lviv.
Andriy Paroubiy
Andriy parubiy cropped.jpg
Co-fondateur du Parti Social-Nationaliste d'Ukraine à l'origine de Svoboda, membre du conseil régional de Lviv, ancien secrétaire de Conseil de sécurité nationale et de la défense d'Ukraine[4],[29] et membre du bureau militaire du Front populaire.
Ihor Tenioukh
Тенюх Ігор Йосипович.jpg
Ministre de la Défense du gouvernement Iatseniouk du 27 février 2014 au 25 mars 2014.
Ihor Chvaïka
Ihor Shvaika.jpg
Ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation du gouvernement Iatseniouk jusqu'au 12 novembre 2014.
Andri Mokhnyk
Andriy Mokhnyk.jpg
Ministre de l'Écologie et des Ressources naturelles du gouvernement Iatseniouk jusqu'au 2 décembre 2014.
Oleksandr Sytch
Oleksandr Sych.jpg
Vice-Premier ministre du gouvernement Iatseniouk jusqu'au 2 décembre 2014.

Évolution des votes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe » (consulté le 7 septembre 2015)
  2. Les nationalistes de Svoboda inquiètent les juifs et les russes, Le Monde
  3. (uk) Заява прес-служби ВО "Свобода" щодо зумисного перекручування колишньої назви партії у ЗМІ - Site officiel, 27 mars 2009
  4. a et b Xavied D., « Etat des lieux des neo nazis au pouvoir a Kiev », Mediapart,‎ (consulté le 19 août 2014)
  5. (en) « 'Prepared to Die': The Right Wing's Role in Ukrainian Protests », Spiegel,‎ (consulté le 19 août 2014)
  6. (uk) « Всеукраїнське об'єднання «Свобода» », Agence d'études stratégiques de Kiev (TSA, organe parlementaire),‎ (consulté le 19 août 2014), archive de l'enregistrement du Parti
  7. Tadeusz A. Olszański, « Svoboda Party – The New Phenomenon on the Ukrainian Right-Wing Scene », Centre for Eastern Studies, vol. OSW Commentary, no 56,‎ , p. 6 (lire en ligne)
  8. (en) « Ukraine publishes final polls results », Voice of Russia,‎
  9. (en) « After the parliamentary elections in Ukraine: a tough victory for the Party of Regions », Centre for Eastern Studies (en),‎
  10. (uk) « Заява Організації „Патріот України” про розрив стосунків з ВО „Свобода” », una-unso.info
  11. (en) David Stern, « Svoboda: The rise of Ukraine's ultra-nationalists », BBC,‎
  12. (en) « Roots of Svoboda », Union of Councils for Jews in the Former Soviet Union
  13. (en) Anton Shekhovtsov, « Security threats and the Ukrainian far right », Open Democracy,‎ (consulté le 3 janvier 2014)
  14. (uk)L'Union panukrainienne « Liberté » et le Front national français signent un accord de coopération, sur le site officiel du parti
  15. J'ai vu l'autre Ukraine, celle qui célèbre les SS et crimes nazis - Louis Monnier, Le Plus/Le Nouvel Observateur, 3 décembre 2013
  16. (en) « Luhansk Oblast Council demands Svoboda Party be banned in Ukraine », Kyiv Post,‎ (consulté le 19 août 2014)
  17. a et b Ukraine : les nationalistes de Svoboda inquiètent les juifs et les Russes, Le Monde, 1er novembre 2012.
  18. Eurovision: Gaitana, l'«Africaine» qui chante pour l'Ukraine Slate Afrique du 27 mai 2012
  19. Nouvelle manifestation à Kiev, l'UE suspend les négociations, Richard Balmforth et Gabriela Baczynska, Le Point, 15 décembre 2013.
  20. « What happens to Ukraine will be a model for the rest of us », sur Veterans Today
  21. « The new dilemma for Jews in Ukraine », sur Haaretz
  22. « The new dilemma for Jews in Ukraine », sur cache google de l'article du Haaretz
  23. Ukraine: le parti Svoboda est fasciste
  24. « État des lieux des néo nazis au pouvoir à Kiev », Mediapart,‎
  25. (en) « Prime Minister of Ukraine and composition of Government appointed », Portail du gouvernement ukrainien,‎ (consulté le 25 juillet 2014)
  26. Ukraine: Porochenko en mauvaise posture après les affrontements meurtriers à Kiev La dépêche du 1er septembre 2015
  27. Deux Ukrainiens tués dans une embuscade, la trêve violée dans l’Est Euronews du 2 septembre 2015
  28. Kiev fait face à une violente opposition sur la réforme constitutionnelle Le Monde du 1er septembre 2015
  29. « Ukraine : "Nous sommes là pour la révolution" », Metronews (consulté le 19 août 2014)

Lien externe[modifier | modifier le code]