Alliance européenne des mouvements nationaux

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Alliance européenne des mouvements nationaux
Présentation
Président Béla Kovács
Fondation
Positionnement Extrême droite[1]
Idéologie Ultranationalisme
Euroscepticisme
Antisionisme
Anticommunisme
Populisme de droite
Groupe au Parlement européen Non-inscrits
Couleurs Bleu
Site web aemn.info

L’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN)[2] est une alliance de mouvements politiques d'Europe formée à Budapest le [3] et reconnue comme parti politique européen depuis 2012[4]. Elle regroupe des partis nationalistes et généralement considérés comme d'extrême droite. Les membres fondateurs de cette alliance étaient le Jobbik hongrois, le Front national qui l'a quittée depuis, le Mouvement social - Flamme tricolore d'Italie, les Nationaux-démocrates de Suède et le Front national de Belgique[3].

Depuis , son président est Béla Kovács, ancien membre du parti Jobbik. Il a succédé à Bruno Gollnisch qui présida l'AEMN de sa création[5] à .

Idéologie et objectifs[modifier | modifier le code]

La formation de l'alliance fut officiellement annoncée le à Budapest lors du sixième congrès du parti hongrois Jobbik[6]. Ses membres ont signé une déclaration politique commune qui insiste en neuf points sur la défense de la souveraineté des nations européennes, la lutte contre l'immigration, la promotion des valeurs traditionnelles, la préservation des identités et des cultures européennes et le combat contre les « effets destructeurs de la mondialisation »[7]. Pour l'historien Nicolas Lebourg, l'AEMN n'avait « aucune cohérence idéologique ou programmatique, regroupant des mouvements qui avaient des conceptions totalement divergentes tant sur la question nationale que sur les projets européens, des radicaux autant que des démocrates, des souverainistes comme des fédéralistes eurasistes. Ses membres se reconnaissaient juste des convergences quant à leur vision du monde »[8].

Les objectifs de cette alliance sont un « approfondissement doctrinal », la démonstration que des mouvements politiques qui promeuvent les nations sont capables de s'entendre, la lutte commune contre « la désinformation et la diabolisation » dont ils se disent victimes, et la concertation sur les problèmes politiques notamment les problèmes politiques internationaux et surtout européens[7]. L'un des autres buts de l'alliance est l'accès aux subventions accordées par l'Union européenne aux partis politiques européens. De 2009 à 2011, l'alliance ne remplissait pas les critères qui permettent d'être reconnu comme parti politique européen et ainsi d'être éligible à ce financement. Ces critères exigent notamment d'avoir des élus européens, nationaux ou régionaux dans sept États membres de l'Union européenne, ou d'avoir obtenu au moins 3 % des votes aux dernières élections européennes dans sept États membres[9].

Le statut de parti politique obtenu en 2012 a toutefois permis à cette association de droit alsacien de recevoir plus de 1,5 million d’euros de subventions en cinq ans en provenance du Parlement européen[10].

Structure[modifier | modifier le code]

Le siège de l'Alliance européenne des mouvements nationaux se trouve à Matzenheim dans le Bas-Rhin[11]. Sa forme juridique est une association loi de 1908 selon le droit local en Alsace et en Moselle[12]. Elle constitue bien une alliance de partis politiques et non un parti politique en tant que tel qui serait selon ses membres, contraire à leurs convictions souverainistes[12].

Le , le bureau du Parlement européen a validé le statut de parti politique européen pour l'AEMN[4]. Pour l'année 2012, une dotation de 289 266 euros lui a été accordée[4],[11]. Cette décision a suscité les protestations de l'eurodéputé britannique Claude Moraes, membre du groupe socialiste et démocrate, qui a appelé à un boycott de l'alliance[13]. Le vice-président du Parlement Edward McMillan-Scott (ADLE) a déclaré que cette reconnaissance constituait une « raison de s'inquiéter[13] ». Mais lorsqu'il a pris sa décision, le bureau du Parlement européen a noté qu'il n'existait « pas de signes » qui montreraient que l'AEMN a violé les principes démocratiques de l'Union européenne, tels que les droits de l'homme ou les libertés fondamentales[14]. Pour l'année 2013, la dotation accordée à l'AEMN s'est élevée à 385 323 euros[11].

Bruno Gollnisch préside l'AEMN à partir de sa création en 2009. Il est réélu à ce poste lors d'une réunion de l'alliance le à Hédervár en Hongrie[15]. Nick Griffin est le vice-président, Valerio Cignetti (MSFT) est le secrétaire général, et Béla Kovács (Jobbik) est alors le trésorier[15]. Après le départ de Bruno Gollnisch en , le député européen hongrois Béla Kovács lui succède à partir de .

Membres[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Les cinq membres fondateurs furent rejoints par le Parti national britannique (BNP) le [16], par le Parti national rénovateur[7] du Portugal et par Svoboda d'Ukraine[17]. Au printemps 2013, Svoboda a perdu son statut d'observateur après un conflit avec d'autres groupes membres au sujet de sa politique à l'égard des minorités ethniques dans l'ouest de l'Ukraine. Cependant, Svoboda a maintenu son affiliation informelle avec le groupe jusqu'en mars 2014, date à laquelle il a annoncé son retrait de son statut d'observateur auprès de l'AENM, citant plusieurs membres de l'alliance faisant des "déclarations soutenant les forces séparatistes parrainées par la Russie et soutenant l'occupation ukrainienne de territoires ukrainiens par les forces armées russes"[18]. Béla Kovács, chef de file de l'alliance, avait été observateur lors des élections législatives du Donbass en 2014.

D'après Bruno Gollnisch, des discussions auraient eu lieu pour que trois autres partis politiques rallient l'alliance : le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ) d'Autriche, le parti bulgare Union nationale Attaque et le Vlaams Belang de Belgique, tous trois formant déjà une « coordination parlementaire » au Parlement européen avec le Front national français, Jobbik et le BNP[12]. De plus, selon Bruno Gollnisch, des députés lituaniens auraient fait part, peu après la création de l'alliance, de leur volonté de la rejoindre[17]. En 2012, ces contacts n'ont toujours pas donné lieu à l'adhésion de nouveaux partis. Toutefois, l'arrivée d'un député lituanien a permis l'obtention du statut de parti politique européen en 2012 (voir plus bas)[19]. L'hebdomadaire European Voice assure cependant que l'AEMN est composée de treize partis politiques[14].

Attitude du Front national[modifier | modifier le code]

L'affiliation du Front national français à l'AEMN a été remise en cause avec l'élection de Marine Le Pen à la présidence du parti en . Elle a en effet décidé de démissionner de cette organisation, jugeant les partis qui y adhèrent trop radicaux et pas assez crédibles[5]. Son conseiller aux affaires européennes, Ludovic de Danne, a affirmé que cette démission engageait le Front national et valait donc « retrait du FN de l'AEMN »[5].

En , Marine Le Pen demande à Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen de se retirer de l'AEMN « pour que la cohérence du parcours du FN, de ses choix d'alliance, apparaissent parfaitement claires »[20]. Bruno Gollnisch fait savoir qu'il accepte de se conformer à la ligne fixée par la présidente du Front national, et qu'il quittera l'AEMN d'ici la fin de l'année 2013[21]. Le , Jean-Marie Le Pen déclare que Bruno Gollnisch et lui ont quitté l'AEMN fin octobre, expliquant : « Nous obéissons à Marine Le Pen »[22].

Membres[modifier | modifier le code]

Le , le site internet de Bruno Gollnisch explique que d'après l'article 7 des statuts de l'AEMN, cette dernière rassemble quatre partis politiques[23]. Elle compte également dix membres associés (huit depuis fin ) qui sont des personnes physiques exerçant des mandats de députés européens, de députés nationaux ou d'élus régionaux[23].

Membres actuels[modifier | modifier le code]

Anciens membres[modifier | modifier le code]

Parti Abr. Pays Notes
Mouvement pour une meilleure Hongrie Jobbik Drapeau de la Hongrie Hongrie A quitté le groupe en 2016
Mouvement social républicain MSR Drapeau de l'Espagne Espagne Parti dissous le
Front national FN Drapeau de la France France Départ en 2011 pour former l'Alliance européenne pour la liberté
Nationaux-démocrates ND Drapeau de la Suède Suède Parti dissous en
Front bleu et blanc SVR Drapeau de la Finlande Finlande Parti inactif depuis 2015

Anciens membres observateurs[modifier | modifier le code]

Parti Abr. Pays Notes
Svoboda[27] BOC Drapeau de l'Ukraine Ukraine Retrait en à la suite de désaccords concernant la crise ukrainienne

Membres associés jusqu'en 2013[modifier | modifier le code]

Liste des membres associés de l'AEMN (au )[23]
Nom Parti Pays Mandat(s)
Béla Kovács (président) Jobbik Drapeau de la Hongrie Hongrie Député européen
Nick Griffin (vice-président) Parti national britannique Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Député européen
Andrew Brons Parti national britannique Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Député européen
Dimitar Stoyanov Parti national démocrate Drapeau de la Bulgarie Bulgarie Député européen
Maurizio Lupi Le Peuple de la liberté Drapeau de l'Italie Italie
Christian Verougstraete Vlaams Belang Drapeau de la Belgique Belgique Député au Parlement flamand
Bartosz Kownacki (pl) Droit et justice Drapeau de la Pologne Pologne Député national (plus membre de l'AENM en 2016)
Dailis Barakauskas Ordre et justice Drapeau de la Lituanie Lituanie Député national

Jusqu'à leur départ fin [22], les députés européens et conseillers régionaux FN Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen comptaient parmi les membres associés de l'AEMN[23].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nathalie Brack et Olivier Costa, How the EU Really Works, Ashgate Publishing, Ltd., (ISBN 978-1-4724-1465-6, lire en ligne), p. 120
  2. Bruno Gollnisch, « L’avenir des mouvements nationalistes en débat à Tokyo », (consulté le 19 juillet 2010).
  3. a et b EurActiv - 26 octobre 2009.
  4. a b et c « Le double jeu du octobre Front national au Parlement européen », EURACTIV.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 21 février 2012).
  5. a b et c Mestre et Monnot 2012.
  6. (en) « AENM Press Conference in Brussels », Jobbik, (consulté le 6 février 2010).
  7. a b et c « Bruno Gollnisch annonce « une alliance européenne des mouvements nationaux » », Front national, (consulté le 6 février 2010).
  8. Nicolas Lebourg, « Les alliés du Front national au sein de l'Union européenne », Notes de la Fondation Jean Jaurès,‎ (lire en ligne, consulté le 10 octobre 2016).
  9. Article 3 du règlement n° 2004/2003.
  10. Jean-Baptiste Chastand et Olivier Faye, « Le Parlement européen, tiroir-caisse de l’extrême droite », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  11. a b et c (en) [PDF] Parlement européen, Grants from the European Parliament to political parties at European level 2004-2013, sur europarl.europa.eu, le site officiel du Parlement européen, mars 2013.
  12. a b et c Bruno Gollnisch sur Radio Courtoisie, Libre Journal de Thibaut de La Tocnaye, 3 février 2010, enregistrement repris sur le site officiel du Front national.
  13. a et b (en) Martin Banks, « Creation of new far-right group sparks outrage », sur theparliament.com, (consulté le 21 février 2012).
  14. a et b (en) « Taking a right turn », European Voice, vol. 18, no 8,‎ , p. 19 (lire en ligne, consulté le 7 mars 2012).
  15. a et b « AEMN, ITS : contre le crépuscule mondialiste, l’aurore nationale ! », sur www.gollnisch.com, site officiel de Bruno Gollnisch, (consulté le 3 novembre 2012).
  16. (en) « BNP in alliance with nationalists », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 6 février 2010).
  17. a et b Entretien de Bruno Gollnisch à l'hebdomadaire Rivarol du 24 décembre 2009 au 7 janvier 2010, propos recueillis par Jérôme Bourbon, repris sur le site du Front national de Maine-et-Loire.
  18. « Oleh Tiahnybok withdraws Svoboda's membership within the Alliance of European National Movements » [archive du ]
  19. Philippe Derricks, « Quand les patriotes touchent le jackpot », Minute,‎ , p. 5 (lire en ligne, consulté le 7 mars 2012).
  20. « Marine Le Pen demande à son père et à Gollnisch de mieux choisir leurs amis », Le Parisien, (consulté le 25 octobre 2013).
  21. Emmanuel Galiero, « Bruno Gollnisch se plie aux volontés de Marine Le Pen », Le Figaro, (consulté le 25 octobre 2013).
  22. a et b AFP, « FN : Jean-Marie Le Pen "obéit" à sa fille et quitte le parti pan-européen », sur http://www.rtl.fr/, RTL, (consulté le 9 novembre 2013).
  23. a b c et d « Réunion de l’AEMN à Hédervár : une profession de foi pour l’Europe des patries », sur www.gollnisch.com, site officiel de Bruno Gollnisch, (consulté le 3 novembre 2012).
  24. (it) « Elezioni Europee 2019: CasaPound in lizza con Destre Unite », sur Affaritaliani.it (consulté le 7 avril 2019)
  25. "Alliance of European National Movements Expands to 9 Parties" « https://web.archive.org/web/20131019193441/http://www.bnp.org.uk/news/alliance-european-national-movements-expands-9-parties »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?), British National Party. Retrieved 18-10-2013.
  26. https://www.sns.si/aemn/
  27. (uk) "Свобода" і європейські націоналісти: конфлікти є, війни нема "Svoboda" and European nationalists: conflicts are not the war, BBC Ukrainian (24 January 2013)
    Europe's Far Right Is Embracing Putin, Business Insider (10 April 2014)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le FN et ses homologues européens s'allient pour faire front contre l'UE », EURACTIV,‎ (lire en ligne, consulté le 6 février 2010).
  • Abel Mestre et Caroline Monnot, « Les relations ambiguës du FN et du Jobbik hongrois », Droite(s) extrême(s),‎ (lire en ligne, consulté le 4 janvier 2012).
  • Règlement  2004/2003 du Parlement européen et du Conseil relatif au statut et au financement des partis politiques au niveau européen, 32003R2004, adopté le 4 novembre 2003, JO du 12 novembre 2003, p. 1-4, entré en vigueur le 15 février 2004 [consulter en ligne, notice bibliographique]
  • (en) « Alliance of European National Movements Expands to 9 Parties », BNP, (consulté le 18 décembre 2016)
  • (en) Anton Shekhovtsov, « The old and new European friends of Ukraine's far-right Svoboda party », Searchlight,‎ (lire en ligne, consulté le 18 décembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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