Alliance européenne des mouvements nationaux

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Alliance européenne des mouvements nationaux
Présentation
Président Béla Kovács
Fondation 24 octobre 2009
Vice-président Nick Griffin
Secrétaire général Valerio Cignetti
Idéologie Nationalisme,
Souverainisme,
Euroscepticisme,
Antimondialisme
Patriotisme
Site web aemn.eu

L’Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN)[1] est une alliance de mouvements politiques d'Europe formée à Budapest le 24 octobre 2009[2] et reconnue comme parti politique européen depuis 2012[3]. Elle regroupe des partis nationalistes et généralement considérés comme d'extrême droite. Les membres fondateurs de cette alliance étaient le Mouvement pour une meilleure Hongrie (Jobbik), le Front national qui l'a quittée depuis, le Mouvement social - Flamme tricolore d'Italie, les Nationaux-démocrates de Suède et le Front national de Belgique[2].

Depuis décembre 2013, son président est Béla Kovács du parti Jobbik. Il a succédé à Bruno Gollnisch qui présida l'AEMN de sa création[4] à octobre 2013.

Idéologie et objectifs[modifier | modifier le code]

La formation de l'alliance fut officiellement annoncée le 24 octobre 2009 à Budapest lors du sixième congrès du parti hongrois Jobbik[5]. Ses membres ont signé une déclaration politique commune qui insiste en neuf points sur la défense de la souveraineté des nations européennes, la lutte contre l'immigration, la promotion des valeurs traditionnelles, la préservation des identités et des cultures européennes et le combat contre les « effets destructeurs de la mondialisation »[6].

Les objectifs de cette alliance sont un « approfondissement doctrinal », la démonstration que des mouvements politiques qui promeuvent les nations sont capables de s'entendre, la lutte commune contre « la désinformation et la diabolisation » dont ils se disent victimes, et la concertation sur les problèmes politiques notamment les problèmes politiques internationaux et surtout européens[6]. L'un des autres buts de l'alliance est l'accès aux subventions accordées par l'Union européenne aux partis politiques européens. De 2009 à 2011, l'alliance ne remplissait pas les critères qui permettent d'être reconnu comme parti politique européen et ainsi d'être éligible à ce financement. Ces critères exigent notamment d'avoir des élus européens, nationaux ou régionaux dans sept États membres de l'Union européenne, ou d'avoir obtenu au moins 3 % des votes aux dernières élections européennes dans sept États membres[7].

Structure[modifier | modifier le code]

Le siège de l'Alliance européenne des mouvements nationaux se trouve à Matzenheim dans le Bas-Rhin[8]. Sa forme juridique est une association loi de 1908 selon le droit local en Alsace et en Moselle[9]. Elle constitue bien une alliance de partis politiques et non un parti politique en tant que tel qui serait selon ses membres, contraires à leurs convictions souverainistes[9].

Le 13 février 2012, le bureau du Parlement européen a validé le statut de parti politique européen pour l'AEMN[3]. Pour l'année 2012, une dotation de 289 266 euros lui a été accordée[3],[8]. Cette décision a suscité les protestations de l'eurodéputé britannique Claude Moraes, membre du groupe socialiste et démocrate, qui a appelé à un boycott de l'alliance[10]. Le vice-président du Parlement Edward McMillan-Scott (ADLE) a déclaré que cette reconnaissance constituait une « raison de s'inquiéter[10] ». Mais lorsqu'il a pris sa décision, le bureau du Parlement européen a noté qu'il n'existait « pas de signes » qui montreraient que l'AEMN a violé les principes démocratiques de l'Union européenne, tels que les droits de l'homme ou les libertés fondamentales[11]. Pour l'année 2013, la dotation accordée à l'AEMN s'est élevée à 385 323 euros[8].

Bruno Gollnisch préside l'AEMN à partir de sa création en 2009. Il est réélu à ce poste lors d'une réunion de l'alliance le 21 octobre 2012 à Hédervár en Hongrie[12]. Nick Griffin est le vice-président, Valerio Cignetti (MSFT) est le secrétaire général, et Béla Kovács (Jobbik) est alors le trésorier[12]. Après le départ de Bruno Gollnisch en octobre 2013, le député européen hongrois Béla Kovács lui succède à partir de décembre 2013[13].

Membres[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Les cinq membres fondateurs furent rejoints par le Parti national britannique (BNP) le 12 novembre 2009[14], par le Parti national rénovateur[6] du Portugal et par l'Union panukrainienne « Liberté » (Svoboda)[15].

D'après Bruno Gollnisch, des discussions auraient eu lieu pour que trois autres partis politiques rallient l'alliance : le Parti autrichien de la liberté (FPÖ) d'Autriche, le parti bulgare Ataka et le Vlaams Belang de Belgique, tous trois formant déjà une « coordination parlementaire » au Parlement européen avec le Front national français, Jobbik et le BNP[9]. De plus, selon Bruno Gollnisch, des députés lituaniens auraient fait part, peu après la création de l'alliance, de leur volonté de la rejoindre[15]. En 2012, ces contacts n'ont toujours pas donné lieu à l'adhésion de nouveaux partis. Toutefois, l'arrivée d'un député lituanien a permis l'obtention du statut de parti politique européen en 2012 (voir plus bas)[16]. L'hebdomadaire European Voice assure cependant que l'AEMN est composée de treize partis politiques[11].

Attitude du Front national[modifier | modifier le code]

L'affiliation du Front national français à l'AEMN a été remise en cause avec l'élection de Marine Le Pen à la présidence du parti en janvier 2011. Elle a en effet décidé de démissionner de cette organisation, jugeant les partis qui y adhèrent trop radicaux et pas assez crédibles[4]. Son conseiller aux affaires européennes, Ludovic de Danne, a affirmé que cette démission engageait le Front national et valait donc « retrait du FN de l'AEMN »[4].

En octobre 2013, Marine Le Pen demande à Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen de se retirer de l'AEMN « pour que la cohérence du parcours du FN, de ses choix d'alliance, apparaissent parfaitement claires »[17]. Bruno Gollnisch fait savoir qu'il accepte de se conformer à la ligne fixée par la présidente du Front national, et qu'il quittera l'AEMN d'ici la fin de l'année 2013[18]. Le 7 novembre 2013, Jean-Marie Le Pen déclare que Bruno Gollnisch et lui ont quitté l'AEMN fin octobre, expliquant : « Nous obéissons à Marine Le Pen »[19].

Membres actuels[modifier | modifier le code]

Le 24 octobre 2012, le site internet de Bruno Gollnisch explique que d'après l'article 7 des statuts de l'AEMN, cette dernière rassemble quatre partis politiques[20]. Elle compte également dix membres associés (huit depuis fin octobre 2013) qui sont des personnes physiques exerçant des mandats de députés européens, de députés nationaux ou d'élus régionaux[20].

Membre actuel

Mouvement affilié

Liste des partis membres de l'AEMN (au 24 octobre 2012)[20]
Parti Abr. Pays Députés
européens
Députés
nationaux
Mouvement pour une meilleure Hongrie Jobbik Drapeau de la Hongrie Hongrie 3 46
Mouvement social - Flamme tricolore MSFT Drapeau de l'Italie Italie 0 0
Parti national britannique BNP Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni 2 0
Parti national-démocrate Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 1[21] 0
Liste des membres associés de l'AEMN (au 7 novembre 2013)[20]
Nom Parti Pays Mandat(s)
Béla Kovács (président) Jobbik Drapeau de la Hongrie Hongrie Député européen
Nick Griffin (vice-président) Parti national britannique Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Député européen
Andrew Brons Parti national britannique Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Député européen
Dimitar Stoyanov Parti national démocratique Drapeau de la Bulgarie Bulgarie Député européen
Maurizio Lupi Drapeau de l'Italie Italie
Christian Verougstraete Vlaams Belang Drapeau de la Belgique Belgique Député au Parlement flamand
Bartosz Kownacki Droit et Justice Drapeau de la Pologne Pologne Député national
Dailis Alfonsas Barakauskas Ordre et justice Drapeau de la Lituanie Lituanie Député national

Jusqu'à leur départ fin octobre 2013[19], les députés européens et conseillers régionaux FN Bruno Gollnisch et Jean-Marie Le Pen comptaient parmi les membres associés de l'AEMN[20].

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. L’avenir des mouvements nationalistes en débat à Tokyo, site officiel de Bruno Gollnisch, 11 mai 2010. Consulté le 19 juillet 2010.
  2. a et b EurActiv - 26 octobre 2009
  3. a, b et c « Le double jeu du octobre Front national au Parlement européen », EurActiv.fr, 20 février 2012. Consulté le 21 février 2012.
  4. a, b et c Mestre et Monnot 2012
  5. (en) AENM Press Conference in Brussels, site officiel du Mouvement pour une meilleure Hongrie, 11 novembre 2009. Consulté le 6 février 2010.
  6. a, b et c Bruno Gollnisch annonce « une alliance européenne des mouvements nationaux », site officiel du Front national, 10 novembre 2009. Consulté le 6 février 2010.
  7. Article 3 du règlement n° 2004/2003
  8. a, b et c (en) [PDF] Parlement européen, Grants from the European Parliament to political parties at European level 2004-2013, sur europarl.europa.eu, le site officiel du Parlement européen, mars 2013.
  9. a, b et c Bruno Gollnisch sur Radio Courtoisie, Libre Journal de Thibaut de La Tocnaye, 3 février 2010, enregistrement repris sur le site officiel du Front national.
  10. a et b (en) Martin Banks, « Creation of new far-right group sparks outrage » sur theparliament.com, 16 février 2012. Consulté le 21 février 2012.
  11. a et b (en) « Taking a right turn », European Voice, vol. 18, no 8,‎ 23 février 2012, p. 19 (lire en ligne)
  12. a et b « AEMN, ITS : contre le crépuscule mondialiste, l’aurore nationale ! », sur www.gollnisch.com, site officiel de Bruno Gollnisch,‎ 23 octobre 2012 (consulté le 3 novembre 2012)
  13. Philippe Derricks, « Suite au départ de Bruno Gollnisch, l'Alliance européenne des mouvements nationaux (AEMN) a élu comme président le hongrois Béla Kovács », sur http://www.ndf.fr/, Nouvelles de France,‎ 20 décembre 2013 (consulté le 20 décembre 2013)
  14. (en) « BNP in alliance with nationalists », BBC News, 12 novembre 2009. Consulté le 6 février 2010.
  15. a et b Entretien de Bruno Gollnisch à l'hebdomadaire Rivarol du 24 décembre 2009 au 7 janvier 2010, propos recueillis par Jérôme Bourbon, repris sur le site du Front national de Maine-et-Loire.
  16. Philippe Derricks, « Quand les patriotes touchent le jackpot », Minute,‎ 7 mars 2012, p. 5 (lire en ligne)
  17. « Marine Le Pen demande à son père et à Gollnisch de mieux choisir leurs amis », sur http://www.leparisien.fr/, Le Parisien,‎ 23 octobre 2013 (consulté le 25 octobre 2013)
  18. Emmanuel Galiero, « Bruno Gollnisch se plie aux volontés de Marine Le Pen », sur http://www.lefigaro.fr/, Le Figaro,‎ 25 octobre 2013 (consulté le 25 octobre 2013)
  19. a et b AFP, « FN : Jean-Marie Le Pen "obéit" à sa fille et quitte le parti pan-européen », sur http://www.rtl.fr/, RTL,‎ 7 novembre 2013 (consulté le 9 novembre 2013)
  20. a, b, c, d et e « Réunion de l’AEMN à Hédervár : une profession de foi pour l’Europe des patries », sur www.gollnisch.com, site officiel de Bruno Gollnisch,‎ 24 octobre 2012 (consulté le 3 novembre 2012)
  21. (en) « Bulgarian MEP Stoyanov Founds New Nationalist Party », sur www.novinite.com, Novinite.com (Sofia News Agency),‎ 25 mars 2012 (consulté le 3 novembre 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le FN et ses homologues européens s'allient pour faire front contre l'UE », EurActiv,‎ 26 octobre 2009 (lire en ligne)
  • Abel Mestre et Caroline Monnot, « Les relations ambiguës du FN et du Jobbik hongrois », Droite(s) extrême(s),‎ 4 janvier 2012 (lire en ligne)
  • Règlement  2004/2003 du Parlement européen et du Conseil relatif au statut et au financement des partis politiques au niveau européen, 32003R2004, adopté le 4 novembre 2003, JO du 12 novembre 2003, p. 1-4, entré en vigueur le 15 février 2004 [consulter en ligne, notice bibliographique]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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