Perfide Albion

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« Perfide Albion » est une expression ancienne, péjorative, énoncée parfois par plaisanterie ou taquinerie[1], encore utilisée dans le contexte des relations internationales pour désigner l'Angleterre et, par extension, la Grande-Bretagne et le Royaume-Uni, alliant un toponyme, Albion[2], son ancien nom, à une épithète dépréciative se rapportant à des actes présumés de manœuvres diplomatiques, de duplicité, de traîtrise et donc d'infidélité (vis-à-vis de promesses ou d'alliances apparentes formées avec d'autres états) par des monarques ou des gouvernements du Royaume-Uni (ou de l'Angleterre avant 1707) dans la quête de leur intérêt égoïste.

Dans le quotidien Le Monde[3], Marc Roche, correspondant à Londres, mentionne l'usage de cette expression par Bossuet au XVIIe siècle.

Beaucoup plus tard, l'expression figure dans un poème écrit en 1793 par Augustin Louis de Ximénès[4].

Elle a surtout été popularisée en France à la fin du XIXe siècle par sa reprise à tout propos dans La Famille Fenouillard de Christophe.

Il est à constater que cette expression, avec le même sens et les mêmes mots juste traduits, existe dans un très grand nombre de langues européennes[5].

Pourquoi « perfide » ?[modifier | modifier le code]

Étymologie et évolution du sens du mot « perfide »[modifier | modifier le code]

Dans son sens courant, le mot perfide signifie sournois, traitre, déloyal, fourbe, hypocrite qui manque à sa parole ou à son serment envers quelqu’un qui a fait confiance. Le mot dérive du latin classique perfidus qui a le même sens[6],[7]. On ne peut pas faire confiance à une telle personne ou entité.
Toutefois, selon l’acception du latin médiéval utilisée entre le IVe siècle et le IXe siècle et qui s’est poursuivie par l’usage du latin ecclésiastique, perfidus peut être le simple antonyme de fidelis et donc signifier « non fidèle[8]», « sans foi, infidèle, incrédule, incroyant, païen[9]»
C’est à ce sens du latin ecclésiastique que se réfère Bossuet lorsqu’il écrit dans l’un de ses sermons : « L'Angleterre, ah, la perfide Angleterre, que le rempart de ses mers rendait inaccessible aux Romains, la foi du Sauveur y est abordée[10] ». Parlant de personne, « perfide » a donc à cette époque le sens de « sans foi, incrédule ». Bossuet est né un siècle après l'instauration de l'anglicanisme qu'en ecclésiastique catholique romain il réprouvait et fustigeait donc ce pays en le qualifiant de « perfide », car n'ayant pas respecté sa foi catholique romaine qui avait pourtant réussi à s'imposer aux « Bretons », contrairement aux Romains dont ni les légions ni la culture n'y sont restées de façon pérenne.
Et, en son temps, Bossuet n'est pas le seul à faire cet usage-là du terme « perfide » ; le mot semble ancré dans la rhétorique politico-religieuse au XVIIe siècle. Ainsi Madame de Sévigné écrit dans sa lettre du 26 janvier 1689 à sa fille Madame de Grignan : « le roi et la reine d'Angleterre sont bien mieux à Saint-Germain que dans leur perfide royaume »[11]. L'anglicanisme qui a fait, un siècle plus tôt, sécession d'avec Rome est la justification évidente de l'épithète « perfide » pour un lecteur de l'époque avec ici de surcroit l'allusion claire au fait qu'en 1688 (donc quelques mois auparavant) le roi Jacques II d'Angleterre, converti au catholicisme, ait été contraint à s'exiler en France pour laisser le trône à son gendre, Guillaume III d'Orange, protestant.

L'antagonisme quasi permanent entre la Grande-Bretagne et la France, ainsi qu'avec une bonne partie du reste de l'Europe et même de pays non européens, pendant près d'un millénaire comporte de nombreux faits historiques dont le déroulement sert d'arguments tendant à établir, à juste titre ou pas, cette réputation de « perfidie » (au sens moderne, non religieux, du mot). Pour leur propagande, les nazis ont abusé de l'expression pendant la Seconde Guerre mondiale.
L'expression refait son apparition à chaque fois qu'une situation de concurrence ou de tension entre la France (en particulier, mais aussi n'importe quel autre pays) et le Royaume-Uni se présente[12].
Un des meilleurs écrivains britanniques du XXe siècle, A. J. P. Taylor, cité dans un article de presse en 2020, reconnait explicitement que cette réputation peu envieuse n'est pas tout à fait dénuée de fondement : « Nous estimons en fait, résumait-il, que nous avons toujours le droit de nous méfier des autres, mais que les autres n'ont en aucun cas le droit de douter de nous.[13] »[14],[15].

Faits historiques présentés comme arguments de la « perfidie » britannique[modifier | modifier le code]

Cette expression est utilisée, en particulier mais pas seulement, à propos de faits de guerre ne respectant pas les usages de l'époque.

  • En 1415, à la bataille d’Azincourt, sur ordre d'Henri V, des soldats anglais tuent les prisonniers français et achèvent les blessés survivants le lendemain[16].
  • Alors qu'elle est emprisonnée par les Anglais, un lord tente de profiter de la situation de faiblesse de Jeanne d'Arc pour la violer[17].
  • En 1450 le général anglais John Talbot est libéré par le roi de France contre la promesse de ne plus porter les armes contre lui ; il meurt 3 ans plus tard sans arme et sans armure pour tenir sa parole, à la tête de l'armée anglaise, défaite à la bataille de Castillon[18].
  • En 1704, une force anglo-néerlandaise commandée par l'amiral George Rooke a pris possession du rocher de Gibraltar. Le traité d'Utrecht en 1713 en a concédé la propriété à la Grande-Bretagne. Cette concession n'ayant pas été un abandon de la souveraineté espagnole, ce serait donc un abus de la part du Royaume-Uni de continuer à en revendiquer la totale souveraineté.
  • En 1754, le capitaine de Jumonville est assassiné par George Washington dans l'Ohio, alors qu'il lit une sommation au détachement britannique. L'escarmouche qui suit, la bataille de Jumonville Glen, est l'une des premières de la guerre de Sept Ans[19].
  • En 1755, sans déclaration de guerre, une escadre britannique conduite par l'amiral de la Royal Navy Edward Boscawen attaque au large de Terre-Neuve une petite escadre française. Cette bataille navale, connue sous le nom de « combat du 8 juin 1755 », est une des batailles qui déclenchera la guerre de Sept Ans. Quand la nouvelle du combat parvient en France, l'émotion est considérable, car les Français, tant le peuple que le roi, pensaient que, malgré les tensions dans les colonies, la paix avec l’Angleterre n’était pas réellement menacée. À Brest, port d'attache de tant de ces marins français, un slogan, non sans relation avec l'expression « perfide Albion », fait alors son apparition : « Foi britannique, foi punique[20]. ». C'est dans la suite de cet épisode que les vaisseaux britanniques continuent à harceler la même année les vaisseaux français traversant l'Atlantique, s'emparant sans déclaration de guerre de 300 navires de commerce français et emprisonnant 6 000 marins civils. Cette action préventive est aussi connue sous le nom de « rafle de Boscawen ».
  • En 1755, la prise du fort de Beauséjour par les Anglais est le prélude à la déportation massive des Acadiens[21], peuple francophone d'Amérique du Nord, qui s'est installé en Acadie depuis 1604 et qui y prospère en bonne entente avec les peuples amérindiens. Les Acadiens sont déportés de façon très violente, engendrant des milliers de morts du fait des combats, de la famine, de la misère, du froid et des épidémies et de séparations définitives de familles, vers les Treize Colonies et jusqu'en Angleterre.
  • En 1800 les Anglais appelés à la rescousse par les Maltais exaspérés par le comportement des Français, que Napoléon y a installés comme base arrière de sa Campagne d’Égypte, occupent Malte, qui n'est ni française ni anglaise, mais appartient à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem depuis plus de quatre siècles. En 1802, le traité de paix d'Amiens signé avec Napoléon stipule que Malte soit rendue aux chevaliers de Saint-Jean. Pourtant, malgré la parole donnée, les Anglais refusent de quitter Malte qui ne sera indépendante que 262 ans plus tard, en 1964.
  • En 1801, Horatio Nelson, sous les ordres de l'amiral Hyde Parker, attaque et défait la flotte danoise à la bataille de Copenhague par surprise et sans déclaration de guerre.
  • Le 17 mai 1803, avant même la déclaration de la Guerre de la troisième coalition, le gouvernement britannique fait saisir tous les navires français à sa portée et confisque pour 200 millions de marchandises.
  • En 1815, une épidémie de fièvre jaune décime les Britanniques de Gibraltar. L'Espagne offre alors une assistance humanitaire généreuse aux Britanniques, mais ces derniers saisissent ensuite de nouveaux territoires espagnols.
  • En juillet 1815, l'empereur Napoléon Ier, à la fin des Cent-Jours, demande asile au capitaine Maitland du Bellerophon, qui accepte et l'invite à bord de son navire. Napoléon dit qu’il accepte par respect envers un vieil ennemi. En cours de route, la Perfide Albion changea d'avis et le déclara prisonnier de guerre, avant de l'envoyer sur l'île Sainte-Hélène pour le restant de ses jours, vivant dans des conditions sans rapport avec sa gloire passée ou même son exil précédent à l'île d'Elbe, malgré une stricte étiquette observée par son entourage[22]. Malgré ses protestations officielles, Napoléon, qualifié officiellement de général Bonaparte, n'est pas reçu par le gouvernement britannique. On lui signifie son nouveau statut à distance. Par crainte ou mépris, on le préférait aussi loin que possible pour éviter toute emprise sur l'histoire de l'Europe. Sur son lit de mort, il porte le blâme sur la maison régnante, l'accusant d'empoisonnement (de l'arsenic en quantité importante fut retrouvé dans ses cheveux). Le général Montholon sera également soupçonné.
  • En 1878, les bateaux britanniques entrent dans la mer de Marmara et menacent de s'immiscer pendant la guerre russo-turque de 1877-1878. Ils empêchent la prise de contrôle de Constantinople par les Russes malgré la neutralité garantie auparavant[23].
  • En octobre 1884 le méridien de Greenwich fut adopté comme standard international à la conférence internationale du méridien de Washington. En contrepartie de l'adoption du méridien de Greenwich, les Britanniques se sont engagés à adopter le système métrique[24], adhérant à la Convention du Mètre la même année. Mais ils ne l'ont jamais adopté dans les faits.
  • En 1898, le commandant Marchand se lance dans une expédition périlleuse en direction du Haut-Nil. Il occupe au nom de la France la petite bourgade de Fachoda et la rebaptise fort Saint-Louis. Le Haut-Soudan est alors sous la juridiction de l'Égypte, donc indirectement sous celle de la Sublime Porte (gouvernement de Constantinople) à travers le khédive, le roi d'Égypte. En pratique, l'Égypte est un protectorat britannique. Lord Kitchener est envoyé sur place par lord Salisbury, ministre des Affaires étrangères britannique du cabinet de Benjamin Disraeli, pour exiger le retrait des troupes françaises. Les deux détachements se font face mais n'engagent pas le combat. C'est la crise de Fachoda. Le gouvernement de la Troisième République cède aux injonctions britanniques sur ce territoire en échange de l'appui du Royaume-Uni concernant le protectorat français au Maroc. L'épisode de Fachoda est vécu en France comme une profonde humiliation.
  • Du 3 au , les avions et navires de la Royal Navy bombardent la flotte française alliée stationnée au port de Mers el-Kébir en Algérie causant la mort de 1295 marins. C'est l'opération Catapult[25]
  • L’affaire dite « Soames » de février 1969 reste pour les historiens un des plus grands scandales de l’histoire de la diplomatie britannique. Une conversation confidentielle entre de Gaulle et l’ambassadeur britannique à Paris, C. Soames, débouche sur une crise diplomatique qui touche toute l’Europe. Immédiatement détournée par les Britanniques, la conversation est révélée à Bonn et à Washington, afin de nuire aux relations franco-allemandes et de protéger les relations anglo-américaines. Les événements sont dirigés non par l’ambassadeur Soames, bouc émissaire dans l’affaire, mais par le Foreign Office. À Paris, Michel Debré, alors ministre des Affaires Étrangères de de Gaulle évoque la perfide Albion[26].
  • Lors de la guerre des Malouines, le , le sous-marin HMS Conqueror de la Royal Navy a coulé le croiseur argentin ARA General Belgrano alors que celui-ci se trouvait à l'ouest de la zone d'exclusion totale de 200 miles définie par les Anglais et qu'il s'en éloignait, entraînant la mort de 321 marins argentins et de 2 civils[27].

Pourquoi « Albion » ?[modifier | modifier le code]

L'origine du mot viendrait de alba qui signifie blanc (en latin, on trouve l'adjectif albus : blanc) et renverrait à la blancheur des falaises crayeuses de Douvres. Albion est le nom latin de la Grande-Bretagne, que Pline l'Ancien mentionne dans ses écrits : Albion et Albiones[28].

Au début du VIIIe siècle, l'historien anglo-saxon Bède le Vénérable ouvre ainsi son Histoire ecclésiastique du peuple anglais : « La Bretagne est une île de l'Océan qui autrefois se nommait Albion »[29].

Dans le Dictionnaire des expressions et locutions[30], Alain Rey et Sophie Chantreau y ajoutent une autre explication : Albion aurait été donné à l'Angleterre, « fille des mers », par allusion à Albion, nom d'un géant, fils du dieu Neptune. Albion, une ancêtre de Britannia ?

Selon une légende celtique, Albion tiendrait son nom d'Albine, aînée des Danaïdes qui, condamnées à errer en mer pour le meurtre de leurs maris, auraient débarqué sur la côte anglaise[31].

En gaélique, Alba est le nom de l'Écosse.

Quelques citations[modifier | modifier le code]

  • « De tous les peuples ennemie,
Verra-t-on toujours Albion
Outrager par sa perfidie
La gloire de ta Nation? » (Ode au Premier Consul, sur l'armement de la France contre l'Angleterre, en l'an XI de Belin de Ballu, donc en 1802-1803[32])
  • « Frémis, frémis Albion perfide » (Henri Simon, Ode sur la mort du duc de Montebello, 1809)
  • « Dès qu’Antoine est à sec, plus joyeuse qu’un merle,
Cléopâtre s’enfuit sur l’aile d’un steamer,
Et, de Waterloo-Road affrontant la rumeur,
Puise à ces fonds secrets que, pour ses amourettes,
La perfide Albion avance à nos lorettes. » (novembre 1845, Théodore de Banville, Poème intitulé Éveil du recueil Odes funambulesques[33].)
Depuis le jour où tu m'as séduit
Je pense à toi en plein Paris
C'est malgré moi j'ai le mal de ton pays
Perfide Albion paradis maudit
T'aimer c'est comme une maladie
Un mal sournois qui se déguise
Pour vous frapper au bord de la Tamise
(...)
Perfide Albion je te maudis
Le cœur branché sur la BBC
Je ferme les yeux pour t'écouter
Et j'me sens mieux c'est comme si j'y étais » (Yves Martin,1982[36])
  • « Quand la perfide Albion
Commande Pénélope
À toutes les deux elles font
Une belle paire de salopes
Elles partirent aux Malouines
En culotte de satin
Pour refiler la chtouille
Aux braves Argentins » (Pierre Perret[37] 1986)
  • « Tout particulièrement, Dunkerque - grande défaite - est identifiée avec la volonté de vaincre de la Grande-Bretagne, manifestée par un peuple qui montra son sens de l'improvisation en ayant recours aux embarcations de pêche et aux bateaux d'excursions en mer pour rapatrier les « Tommies ». Il est ironique que Dunkerque, qui évoque l'héroïsme en Grande-Bretagne, soit le plus souvent considéré en France comme le symbole de la perfide Albion laissant les Français à leur triste sort, à la merci de la Wehrmacht. » Kenneth O. Morgan, « Lieux de mémoire : la Grande-Bretagne, les États-Unis, la France et les deux guerres mondiales, 1919-2003 »[38]
  • « La perfide Albion devient la chère et loyale Angleterre » (François Crouzet 2006[39])
  • « On est peut-être les gentlemen anglais fair-play, mais on est aussi les enfoirés de la perfide Albion » (John Le Carré 2010[40])
  • « La perfide Albion fait tomber les masques » (Jean-Pierre Pécau) [Référence ?]

Critique de l'expression[modifier | modifier le code]

L'utilisation de cette expression est récurrente depuis la fin du XVIIIe siècle à chaque occasion de tensions diplomatiques ou de concurrence entre le Royaume-Uni et d'autres pays, en particulier la France. Elle est nourrie par une rancœur populaire d'ailleurs bien partagée des deux côtés de la Manche, mais elle prête le flanc à la critique car elle se présente comme un cliché fait de stéréotypes et de préjugés injustes propres à alimenter un ressentiment discriminatoire, voire haineux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir CNRTL au mot perfide dans les liens externes
  2. https://www.universalis.fr/encyclopedie/albion/
  3. Le Monde daté du , page 32.
  4. « Attaquons dans ses eaux la perfide Albion ! », Poème intitulé « L’ère républicaine » du C. XIMENES composé en 1793 mais publié en 1821 dans un ouvrage intitulé : « Poésies révolutionnaires et contre-révolutionnaires ou recueil, classé par époques, des hymnes, chants guerriers, chansons républicaines, odes, satires, cantiques des missionnaires, etc, etc, les plus remarquables qui ont parues depuis trente ans. » Paris, Librairie historique, 1821, tome 1, page 159-160. Le vers se trouve en haut de page 160. Voir le fac-similé de la BNF https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6456766k/f176.item.texteImage
  5. Voir l'étude de cette expression sur le site "Expressio" https://www.expressio.fr/expressions/la-perfide-albion Consulté le 22 février 2021.
  6. Voir CNRTL au mot perfide dans les liens externes.
  7. https://www.prima-elementa.fr/Gaffiot/Gaffiot-1146.html
  8. K. P. Harrington, Mediaeval Latin voir https://books.google.it/books?id=ReCp978iiA8C&printsec=frontcover&hl=en#v=onepage&q&f=false(1925). L’ouvrage de Harrington précise p. 181, note 5, à propos du mot perfidorum : « Perfidus and perfidia are used by Bede and other LL writers as opposites of fides and fidelis (cf. Plummer 2.10). Thus perfidorum principum mandata are mandates of the unbelieving rulers. » C’est-à-dire : « Perfidus et perfidia sont employés par Bède et d’autres auteurs latins comme antonymes de fides et de fidelis (cf. Plummer 2.10). Les perfidorum principum mandata sont donc les mandats des princes incroyants.
  9. Albert Blaise, Dictionnaire latin-français des auteurs chrétiens, publié avec le concours du CNRS, Strasbourg, 1954, Ed Le Latin Chrétien
  10. [1] Œuvres complètes de Bossuet Édition de 1836 à Besançon chez Outhenin-Chalandre Tome 1 Sermons Cette phrase se trouve dans son Premier sermon pour la circoncision de de Notre-Seigneur prêché à Metz page 141. Bossuet cite ici Tertullien dans son traité Adversus Judaeos au paragraphe VII Voir la traduction de Genoude "Le Breton [c'est-à dire les habitants de l'île appelée « Bretagne » dans l'antiquité] est retranché derrière l'Océan qui l'environne." L'expression a une connotation religieuse que l'on peut rapprocher d'une autre expression qui a fait florès : le « Juif perfide ».
  11. Lettres de Madame de Sévigné de sa famille et de ses amis, Volume 8 Auteur Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné Éditeur Monmerqué, Hachette, Paris, 1862, lettre n°1128 page 434. Wikisource https://fr.m.wikisource.org/wiki/Page:Sévigné_-_Lettres,_éd._Monmerqué,_1862,_tome_8.djvu/440
  12. La désignation de Londres pour les Jeux olympiques d'été de 2012 devant la candidature de Paris a, par exemple, donné l'occasion de revoir fleurir l'expression. Ou plus récemment les péripéties du Brexit et les déclarations du Premier Ministre britannique Boris Johnson ont remis l'expression dans les titres de la presse, avec même l'apparition d'un hashtag #Perfide Albion sur Twitter par exemple cet article de l'Express du 12 octobre 2020 d'Agnès C. Poirier « Brexit : la Grande-Bretagne, fidèle à sa réputation de "perfide Albion" » https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-la-grande-bretagne-fidele-a-sa-reputation-de-perfide-albion_2136022.html?xtor=EPR-5252- Consulté le 22 février 2021
  13. Article de l'Express du 12 octobre 2020 par Agnès C. Poirier, journaliste en poste à Londres https://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/brexit-la-grande-bretagne-fidele-a-sa-reputation-de-perfide-albion_2136022.html?xtor=EPR-5252-
  14. À propos du Brexit, Adrien Wyssbrod, suisse, docteur en histoire et chercheur post-doctoral à l’Université de Cambridge (Son CV consulté en février 2021 https://www.adrienwyssbrod.com/cv), rappelant mille ans de relations tumultueuses entre France et Royaume-Uni, écrit « L’Angleterre est un ennemi, mais pas un simple ennemi. Il s’agit d’un adversaire avec lequel il est nécessaire de composer. L’Angleterre est l’adversaire que l’on ne peut éradiquer. L’Angleterre est l’allié avec lequel on ne peut pas pactiser. » Publié sur ArcInfo qui est un quotidien suisse le 29.01.2020,https://www.arcinfo.ch/dossiers/eclairage/articles/eclairage-la-perfide-albion-l-ennemi-hereditaire-903488 Consulté le 23 février 2021
  15. Et même la sphère sportive s'est emparée de l'expression. À propos de l'équipe de France de rugby dont, en février 2021, presque tous les équipiers sont touchés par le variant dit "anglais" du SARS-CoV-2 pendant la pandémie de covid ce qui entraine un report du match France-Écosse du tournoi des six nations du 27 février 2021, un journaliste de la Nouvelle République des Pyrénées écrit :« La cote d’Antoine Dupont était au beau fixe après un début de Tournoi particulièrement bien réussi pour notre Quinze national. Mais voilà que la perfide Albion, ne sachant plus à quel rugby se vouer pour redonner une épine dorsale à son XV à la Rose et qui avait eu toutes les peines du monde pour venir à bout de notre équipe B, voilà donc qu’ils ont brexité leur variant pour venir à bout de Dupont, Marchand, Baille et tous les autres Bleus afin de couler nos Coqs dans un prochain Trafalgar rugbystique. Pas très fair play messieurs les Anglais de tirer ainsi les premiers sur la pandémie pour ruiner les espoirs de Grand Chelem qui se présentait aux hommes de Galthié, lui aussi sur le flanc. » 23.02.2021 https://www.nrpyrenees.fr/2021/02/23/perfide-albion-9388473.php
  16. Voir le paragraphe « Le massacre des prisonniers et blessés français » dans l'article de Wikipedia sur la bataille d’Azincourt
  17. « Jeanne d'Arc, brûlée vive pour avoir repris ses habits d'homme », FIGARO,‎ (lire en ligne, consulté le 17 septembre 2018). La vérité historique conduit à dire que si la mort de Jeanne d'Arc arrangeait bien les visées politiques des Anglais, ce sont des juges ecclésiastiques français qui l'ont condamnée à cette mort atroce et infamante. Voir : Jacques Trémolet de Villers, Jeanne d'Arc, le procès de Rouen (21 février-30 mai 1431), 2016, Paris, Les Belles Lettres, 320 p (ISBN 978-2251445618).
  18. Voir le paragraphe L'Achille anglais de l'article de Wikipedia John Talbot
  19. qui aboutira pour la France à la perte de son ensemble colonial de la Nouvelle-France constitué des colonies d'Acadie, du Canada et de la Louisiane et dont la capitale est la ville de Québec
  20. Cité à la page 122 par Michel Vergé-Franceschi, La Marine française au XVIIIe siècle : guerres, administration, exploration, Paris, SEDES, coll. « Regards sur l'histoire », 1996, 451 p. (ISBN 2-7181-9503-7).
  21. qui fera partie du grand dérangement
  22. Exposée par exemple, ainsi que les protestations de Napoléon, dans le film Monsieur N. d'Antoine de Caunes
  23. Le comte russe Nikolaï Pavlovitch Ignatiev, général, homme politique et diplomate, écrit dans ses Notes que le tsar Alexandre II lui avait dit les larmes aux yeux que « Ce sont les Anglais qui en sont responsables devant l'histoire. Leurs conseils perfides ont ruiné le malheureux Sultan et m'ont forcé d'aller plus loin que j'en avais l'intention » Николай Павлович Игнатиев, Записки (1875-1878), изд-во на Отечествения фронт, С., 1986, стр. 290.
  24. Launay, Mickaël., Le grand roman des maths : de la préhistoire à nos jours, Flammarion, , 304 p. (ISBN 978-2-08-137876-6 et 2-08-137876-0, OCLC 963940556, lire en ligne)
  25. Mais il faut replacer cette attaque dans son contexte historique qui est que cette flotte stationnée à Mers el-Kébir était sous les ordres du gouvernement de la France qui venait de signer l'armistice du 22 juin 1940, mettant ou étant susceptible de mettre les forces militaires françaises à disposition des nazis. À Londres, le général de Gaulle justifie l'opération Catapult en déclarant le 8 juillet à la radio de Londres : « en vertu d’un engagement déshonorant, le gouvernement de Bordeaux avait consenti à livrer les navires à la discrétion de l’ennemi. Il n’y a pas le moindre doute qu’en principe et par nécessité l’ennemi les aurait employés soit contre l'Angleterre, soit contre notre propre Empire. Eh bien, je le dis sans ambages, il vaut mieux qu’ils aient été détruits. ». Ce sont les milieux collaborationnistes qui ont alors lourdement fait la propagande de la « perfidie » de l'Angleterre.
  26. Sanderson Claire, Perfide Albion ? L’affaire Soames et les arcanes de la diplomatie britannique, Éd. de la Sorbonne, Paris, 2011. (ISBN 9791035103606) https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.42503. Thèse de doctorat d’histoire. Consulté le 22 février 2021 « En effet, si l’affaire Soames figure déjà dans beaucoup de travaux historiques consacrés à cette période des relations entre Paris et Londres […] il s’agit pour beaucoup d’observateurs, tout comme pour les acteurs de l’époque, d’une manifestation hélas trop familière de la « perfide Albion », pour citer Michel Debré. Pendant l’affaire, Debré notera qu’« une fois de plus, la diplomatie britannique a sacrifié l’avenir à une opération tactique immédiate dont elle a cru pouvoir tirer un bénéfice. » (Dans l'ouvrage de Sanderson les citations de M. Debré sont respectivement référencées « Michel Debré, cité dans le compte rendu d’une conversation entre Debré et le ministre des Affaires étrangères luxembourgeois Gaston Thorn, télégramme secret n° 83 de l’ambassade américaine à Luxembourg au Département d’État américain le 24 février 1969, National Archives and Records Administration, Washington/RG59/POL/UK/F/ Box 2101/1967-1969. » et « Télégramme de Michel Debré à l’attention de 46 ambassades de France le 22 février 1969, archives du ministère des Affaires étrangères, La Courneuve / Europe 1961 – 1970/Grande-Bretagne/Relations avec la France/266. »
  27. Le caractère "perfide" de cet acte de guerre est critiqué car les recherches faites plus récemment sur des documents déclassifiés tendent à prouver que les allégations britanniques étaient justifiées. Voir le paragraphe 2 mai : torpillage du General Belgrano de l'article Guerre des Malouines
  28. Gaffiot, édition 2000
  29. Bède le Vénérable, Histoire ecclésiastique du peuple anglais, Livre I, chapitre 1.
  30. Entrée « Albion », dans la collection Les usuels, Édition Le Robert, 2002
  31. D'après l'article « Perfide Albion » Christine Guillou, in Les dossiers de Weblettres, octobre 2005.
  32. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5619992v/f5.image.r=Perfide%20Albion?rk=85837;2 Page 4 Consulté le 14.02.2021
  33. Œuvres de Théodore Banville Odes funambulesques suivies d'un commentaire, Ed Alphonse Lemerre, Paris, 2è édition, 1892, page 60. Consulté sur le site de la BNF le 23 février 2021 https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6280064t/f67.item
  34. Lettre écrite de Paris à Madame Roger des Genettes, Édition Louis Conard, Rééd. Danielle Girard et Yvan Leclerc, Rouen, 2003 https://flaubert.univ-rouen.fr/correspondance/conard/outils/1878.htm Consulté le 25 février 2021)
  35. La fameuse réplique de Madame Fenouillard se trouve à la première planche du chapitre "La famille Fenouillard au Havre" intitulée "Nouvel exploit du parapluie des ancêtres", à la deuxième vignette de la page 24 de l'édition en noir et blanc de l'album "La Famille Fenouillard", 1893, Paris, Ed. Armand Colin, dont le fac-similé est mis à disposition par la BNF https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k106164q/f25.item et au même endroit de la 5e édition en couleur, sans date d'édition mais postérieure à août 1917 puisqu'une étiquette du Syndicat des Éditeurs apposée sur le contreplat supérieur signale une décision de juin 1917. Voir le fac-simile de la BNF https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9657430b/f51.item Les deux éditions consultées le 26 février 2021.
  36. Exemple typique d'un emploi plaisant, taquin, de l'expression par un jeune homme qui adore l'Angleterre https://www.bide-et-musique.com/song/9400.html
  37. Chanson "Quelle époque on vit" parue en 1986 en disque vinyle 45 tours chez Adèle http://cicatrice.hautetfort.com/archive/2019/01/08/1986-vue-par-pierre-perret-6119165.html Consulté le 14 février 2021
  38. Conférence inaugurale de l'École doctorale rouennaise. Rouen, Maison de l'université, 29 novembre 2003. http://www.cercles.com/actors/morgan.html Consulté le 22 février 2021
  39. De François Crouzet, voir l'article "Images d'Outre-Manche : la France vue par les Britanniques, la Grande-Bretagne vue par les Français, 1904-2004" paru dans la revue "Histoire, économie & société" Année 2006 25-1 pp. 131-141 et référencée sur Persée https://www.persee.fr/doc/hes_0752-5702_2006_num_25_1_2584?q=perfide+albion Consulté le 14 février 2021, en particulier le paragraphe du milieu de la page 135 commençant par « La "Perfide Albion" est un concept qui a vécu plus longtemps. » et le milieu de la page 139 « Avec la guerre mondiale tout le passé semble oublié : la perfide Albion devient la chère et loyale Angleterre, la France la vaillante alliée »
  40. Un traître à notre goût, Seuil, 2011 ((en) Our Kind of Traitor, 2010), trad. Isabelle Perrin, 372 p. (ISBN 978-2-02-102768-6)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Marc Vion, Perfide Albion ! Douce Angleterre ?, Tours, Ed. Sutton, 2002, (ISBN 978-2842535889)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]