John le Carré

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John le Carré
Description de cette image, également commentée ci-après
John le Carré au "Zeit Forum Kultur" de Hambourg le .
Nom de naissance David John Moore Cornwell
Naissance (86 ans)
Poole, Dorset, Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Anglais britannique
Genres

Œuvres principales

David Cornwell, dit John le Carré, est un romancier britannique, né le à Poole. Durant les années 1950 et 1960, Cornwell a travaillé pour le MI5 et le MI6 et a commencé à écrire des romans sous le pseudonyme de « John le Carré ». Son troisième roman, L'Espion qui venait du froid (1963), est devenu un best-seller international et demeure l'une de ses œuvres les plus connues.

Biographie[modifier | modifier le code]

John le Carré dit qu'il n'a pas connu sa mère, qui l'a abandonné quand il avait cinq ans, jusqu'à leur re-connaissance quand il eut 21 ans. Sa relation avec son père fut difficile. L'homme, qui avait été emprisonné pour fraude à l'assurance, était un associé des jumeaux Kray (faisant partie des criminels les plus en vue à Londres dans les années 1950-1960) et était continuellement endetté. Son père l'envoya dans des écoles privées pour le sortir de ce milieu[1].

Il quitte son foyer pour suivre des cours de la très réputée Sherborne School avant d'aller étudier l'allemand et le français à l'université de Berne en Suisse[2] de 1948 à 1949. Il rejoint ensuite l'université d'Oxford au Royaume-Uni avant d'enseigner quelque temps au collège d'Eton puis de rejoindre le Foreign Office pendant cinq ans[3]. Il a été recruté par le Secret Intelligence Service alors qu'il était en poste à Hambourg[4]. Il écrivit son premier roman (L'Appel du mort) en 1961, étant toujours en service actif. Sa carrière au sein du service de renseignement britannique prit fin après que sa couverture fut compromise par un membre du MI5, Kim Philby, qui était un agent du KGB.

John le Carré est l'auteur de nombreux romans d'espionnage se déroulant dans le contexte de la Guerre froide, en particulier ceux mettant en scène George Smiley dans la « Trilogie de Karla » (La Taupe, Comme un collégien, Les Gens de Smiley) et dans d'autres romans. Son œuvre est à l'opposé de la mythologie de l'espion à la James Bond : ses héros sont bien plus complexes et beaucoup plus discrets. La structure de ses romans est très élaborée et l'action n'y tient qu'une place réduite. Le Carré a trouvé, après la fin de la Guerre froide, à élargir son inspiration vers des sujets plus contemporains.

En John le Carré publie un nouveau polar, « L’Héritage des espions »[5]. Cet ouvrage est la suite de « L’Espion qui venait du froid » : il revient sur l'opération « Windfall ». Au moment où Smiley et Guillam coulent une retraite tranquille, elle les rattrape. Car si « Windfall » a été pour l’Occident « une manne de renseignements en or », elle s’est aussi soldée par de lourds « dommages collatéraux »[6].

Autres mandats[modifier | modifier le code]

En 2008, il reçoit le titre de docteur honoris causa de l'université de Berne[7].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Son fils Nicholas Cornwell est un écrivain de science-fiction et de fantasy, connu sous le pseudonyme de Nick Harkaway. John le Carré vit actuellement en Cornouailles.

Positions politiques[modifier | modifier le code]

En janvier 2003, The Times a publié un article de John le Carré, intitulé « Les États-Unis sont devenus fous », qui condamnait la guerre à venir en Irak. L'écrivain juge ainsi que « la manière dont Bush et sa junte ont réussi à dévier la colère de l'Amérique, de Ben Laden à Saddam Hussein, est l'un des meilleurs tours de passe-passe de relations publiques de l'histoire ».

En 2006, il a contribué avec un article à un volume d'essais politiques intitulé Pas une mort de plus. Le livre est très critique envers la guerre d'Irak. Il reviendra par la suite sur le rôle des services secrets américains et britanniques dans le déclenchement de cette guerre.

Depuis la fin de la guerre froide, John le Carré s'est exprimé à plusieurs reprises de manière critique envers l'OTAN : « Et il faudrait surtout se débarrasser de ce dinosaure qu'est l'OTAN. Cessons de nous croire, nous, Européens, en opposition avec la Russie, et rapprochons-nous d'elle. » Il condamne de manière générale l'inféodation du Royaume-Uni aux États-Unis : « … Notre politique étrangère se décide à Washington. Et il n’y a rien de plus triste. Il faut parvenir à nous détacher enfin de cette emprise »[1].

Éditeurs[modifier | modifier le code]

En 2009, John le Carré quitte Hodder & Stoughton, son éditeur anglais depuis 38 ans, pour le groupe Penguin et Viking Press[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Essai et mémoires[modifier | modifier le code]

Adaptations[modifier | modifier le code]

Deux des romans de la « Trilogie de Karla », La Taupe et Les Gens de Smiley, ont été adaptés par la BBC en séries télévisées. Le rôle de Smiley est tenu par Alec Guinness.

Le Directeur de nuit a également été adapté en une mini-série intitulée The Night Manager et réalisée par Susanne Bier pour une diffusion en 2016 sur BBC One.

Les adaptations au cinéma ont été multiples :

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b John le Carré : "L’âme d’une nation se révèle dans ses services secrets", entretien, nouvelobs.com, 19 octobre 2013
  2. Philippe Broussard, « Partition pour un thriller », Vanity Fair n°39, septembre 2016, pages 132-139.
  3. John le Carré, The Spy Who Came in from the Cold, p. 3, (ISBN 978-0-340-99374-3)
  4. Les secrets dévoilés de John le Carré maître du roman d'espionnage, l'Express, 1er avril 2016
  5. Roman noir et noirceur du roman : nos idées (lumineuses) de lecture, le Monde, 5 avril 2018
  6. “L’Héritage des espions”, le testament de John le Carré, Télérama, 3 avril 2018
  7. Agence ATS 6 décembre 2008
  8. « John le Carré defects to world’s paperback superpower », dans The Times, 28 octobre 2009

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]