Edo (ville)

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Vue et plan de la ville (tiré d'une édition du XIXe siècle).

Edo (?, entrée de la baie ou estuaire) également romanisé sous les formes Yedo ou Yeddo, est l'ancien nom de Tokyo[1] et le siège du pouvoir du shogunat Tokugawa qui a dirigé le Japon de 1603 à 1868. Durant cette période, Edo est devenue l'une des plus grandes villes au monde et le foyer d'une culture urbaine centrée sur la notion d'ukiyo[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Quand le shogunat Tokugawa installe son siège à Edo, la ville devint de facto la capitale et le centre du pouvoir politique, bien que Kyoto reste la capitale officielle du  pays. Edo, qui n'est en 1457 qu'un petit village de pêcheurs, devient une des plus grandes métropoles du monde avec une population estimée à 1 000 000 en 1721[2],[3].

La ville est plusieurs fois dévastée par un incendie, le grand incendie de Meireki de 1657 étant le plus dévastateur avec 100 000 victimes. Au cours de la période Edo sont dénombrés environ 100 incendies, pour la plupart causés par un accident et se propageant rapidement dans les quartiers avoisinants constitués de maisons en bois (machiya) et chauffées au charbon de bois. Entre 1600 et 1945, Edo/Tokyo est ravagée tous les 25 à 50 ans par le feu, les tremblements de terre ou la guerre.

Small, sepia-colored map of Edo in the 1840s
Carte d'Edo dans les années 1840.

En 1868, lorsque l'ère Tokugawa touche à sa fin, la ville est rebaptisée Tokyo (« capitale orientale »). L'empereur du Japon y transfère sa résidence et en fait la capitale officielle du Japon:

  • Keiō, 4e année : le 17e jour du 7e mois (3 septembre 1868), Edo est rebaptisée Tokyo[4].
  • Keiō, 4e année : le 27 jour du 8e mois (12 octobre, 1868), l'empereur Meiji est intrônisé dans le Shishin-den à Kyoto[5].
  • Keiō, 4e année : le 8e jour du 9e mois (23 octobre 1868), l'ère du Japon passe officiellement de Keiō à Meiji et une amnistie générale est accordée[5].
  • Meiji, 2ème année : le 23e jour du 10e mois (1868), l'empereur s'installe à Tokyo et le château d'Edo devient palais impérial[5].

Magistrature[modifier | modifier le code]

Painted scroll of a great fire, with people trying to escape
Rouleau représentant le grand Incendie de Meireki.

Ishimaru Sadatsuga est magistrat d'Edo en 1661[6].

Gouvernement et administration[modifier | modifier le code]

Au cours de la période Edo, le Shogun nomme des administrateurs de police (machi bugyō). Le shogun Tokugawa Yoshimune crée un service d'incendie (machibikeshi). Le machi bugyō est, outre autres fonctions administratives, chargé des actions pénales et des poursuites au civil.

Géographie[modifier | modifier le code]

Museum room with wood furniture and cooking utensils in center
Chōnin - salle d'exposition au Fukagawa Edo Museum.

La ville est constituée autour du château d'Edo. La zone entourant le château, connue sous le nom Yamanote, est en grande partie composée des demeures des seigneurs (daimyō) dont les familles vivent à Edo selon le système de résidence alternée du sankin kōtai : le daimyō séjourne en ville une année sur deux et y laisse sa famille en son absence. La présence de cette classe de samouraïs est une caractéristique de la cité, contrastant avec les deux grandes villes de Kyoto et d'Osaka qui ne sont pas gouvernées par un daimyō et ne comptent pas une population de samouraï importante. Kyoto est marquée par l'influence de la cour de l'empereur, par ses temples bouddhistes et son histoire, et Osaka est le centre commercial du pays, dominé par les commerçants et les artisans (chōnin).

Plus éloignés du centre se trouvent les quartiers des chōnin (町人?, « habitants »). La zone connue sous le nom Shitamachi (下町?, « ville basse » ou « centre-ville ») au nord-est du château, est un centre de la culture urbaine. L'ancien temple bouddhiste Sensô-ji se trouve encore dans le quartier d'Asakusa, marquant le centre de la culture traditionnelle. Quelques boutiques dans les rues près du temple ont subsisté en continu au même emplacement depuis la période Edo.

Le fleuve Sumida-gawa, appelé alors Grande Rivière (大川, Ōkawa?) longe la bordure orientale de la ville et comprend l'entrepôt officiel de riz[7], des bâtiments officiels du shogunat, ainsi que certains des meilleurs restaurants de la ville.

Painting of people crossing the wooden Edo Bridge
Le Nihonbashi à l'aube, estampe d'Hiroshige.

Le pont du Japon (日本橋, Nihon-bashi?) a marqué l'histoire du centre commercial de la ville, connu sous le nom de Kuramae (蔵前?, « devant les magasins »). Y travaillent des pêcheurs, des artisans, des producteurs et des détaillants. Les navires (« tarubune ») assurent les liaisons avec Osaka et d'autres villes, soit directement ou en déchargeant les marchandises dans des barges depuis leur mouillage, ou sur des voies de transport terrestres telles que le Tōkaidō. Cette zone de la ville est restée le quartier des affaires.

La partie nord-est de la ville est considérée comme une direction dangereuse en cosmologie traditionnelle (onmyōdō), et est protégée du mal par plusieurs temples, dont le Sensô-ji et le Kan'ei-ji. Au-delà se trouvent les quartiers des Burakumin, les parias de la société, qui effectuent les travaux les plus humbles et sont séparés des principaux quartiers. Non loin au nord, un long chemin de terre part de la berge du fleuve vers la limite nord de la cité, conduisant à Yoshiwara, les quartiers de plaisirs. Auparavant situés à l'intérieur de la ville près d'Asakusa, ces quartiers sont reconstruits dans ce lieu plus éloigné après le grand incendie de Meireki de 1657.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. US Department of State (1906). A digest of international law as embodied in diplomatic discussions, treaties and other international agreements (John Bassett Moore, ed.), Vol. 5, p. 759.
  2. a et b Sansom, George, A History of Japan: 1615–1867, p. 114.
  3. Gordon, Andrew (2003) A Modern History of Japan from Tokugawa Times to the Present, p. 23.
  4. Ponsonby-Fane, Richard. (1956).
  5. a, b et c Ponsonby-Fane, p. 328.
  6. Encyclopædia Britannica (1911) : Japan: Commerce in Tokugawa Times, p. 201.
  7. Les taxes payées aux samouraïs ne l'étaient pas en monnaie, mais en riz

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]