Akihito

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Akihito
明仁
Akihito, empereur du Japon, en 2009.
Akihito, empereur du Japon, en 2009.
Titre
125e empereur du Japon
En fonction depuis le
(&&&&&&&&&&&0923425 ans, 3 mois et 13 jours)
Couronnement
Premier ministre Noboru Takeshita
Sōsuke Uno
Toshiki Kaifu
Kiichi Miyazawa
Morihiro Hosokawa
Tsutomu Hata
Tomiichi Murayama
Ryūtarō Hashimoto
Keizō Obuchi
Yoshirō Mori
Jun'ichirō Koizumi
Shinzō Abe
Yasuo Fukuda
Tarō Asō
Yukio Hatoyama
Naoto Kan
Yoshihiko Noda
Shinzō Abe
Prédécesseur Hirohito
Prince héritier du Japon

(&&&&&&&&&&02010455 ans, 0 mois et 14 jours)
Monarque Hirohito
Prédécesseur Hirohito
Successeur Naruhito
Biographie
Titre complet Tennō Heika (天皇陛下?)
Kinjō Heika (今上陛下?)
Hymne royal Kimi ga yo (君が代?)
Dynastie Maison de Yamato
Nom de naissance Tsugu-no-miya Akihito
Date de naissance (80 ans)
Lieu de naissance Kōkyo
Kōjimachi-ku (Tōkyō, Japon)
Père Hirohito
Mère Kōjun Kōgō
Conjoint Michiko Shōda
Enfant(s) Naruhito, prince héritier
Fumihito, prince d'Akishino
Sayako Kuroda
Héritier Naruhito
Résidence Kōkyo
Cour impériale de Kyōto

Akihito
Monarques du Japon

Akihito (明仁?, né le au palais impérial ou Kōkyo à Tokyo) est l'empereur actuel du Japon, depuis le décès de son père, Hirohito, le . Il a officiellement été intronisé le . La Constitution japonaise de 1947 limite son rôle à celui de « symbole de l'État et de l’unité du peuple japonais ». Avant son accession au trône du Chrysanthème, il fut prince héritier (皇太子, Kōtaishi?) pendant 37 ans de 1952 à 1989.

Il est le cinquième enfant, fils aîné et successeur de l'empereur Shōwa, dit Hirohito, et de l'impératrice Kōjun, dite Nagako. Par sa mère, il est également le cousin de la princesse Yi Bangja (Hangeul : 이방자 ; Hanja : 李方子), née princesse Masako de Nashimoto (梨本宮 方子, Nashimoto-no-miya Masako?), dernière princesse héritière de Corée par son union avec le prince Euimin (Hangeul : 의민태자 ; Hanja : 懿愍太子), septième fils de l'empereur Kojong et frère cadet de l'empereur Sunjong. Il était donc apparenté au prince Gu, empereur titulaire de Corée de 1970 à 2005.

Selon la tradition officielle shintō, il serait le 125e empereur du Japon, issu de la Lignée Yamato qui règnerait sur le Japon depuis -660, ce qui en ferait la plus ancienne dynastie régnante du monde toujours en activité. Toutefois, les historiens s'accordent généralement pour dire que les 15 premiers empereurs de cette lignée seraient légendaires.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses noms, titres et appellations[modifier | modifier le code]

Calligraphie de « Heisei Tennō ».

L'actuel empereur du Japon est généralement connu dans les médias occidentaux sous son nom personnel, ou prénom, reçu, comme le veut la tradition, sept jours après sa naissance (soit le ) par ses parents, à savoir Akihito. Ce prénom est alors composé des kanjis(Aki, aka, mei, myō?), qui peut signifier « clair, lumineux »[1],[2], et 仁 (Hito, jin, ni?), renvoyant aux notions de « vertu, bienveillance, humanité, piété »[3],[4] et servant de suffixe traditionnel dans pratiquement tous les prénoms des enfants mâles de la famille impériale depuis le XIe siècle car symbolisant le lien entre l'homme et le ciel.

Le jeune Akihito reçoit en même temps que son prénom un nom honorifique : il est alors le prince de Tsugu (継宮, Tsugu-no-miya?). Outre le kanji(Miya, kyū, ?), qui signifie « maison princière, temple shinto »[5],[6] et qui, sous sa forme no-miya (littéralement « de la maison »), est souvent traduit tout simplement par la particule aristocratique « de », celui de 継 (Tsugu, tsugi, mama, kei?) renvoie quant à lui aux notions de « suivre, succéder, hériter, continuer, poursuivre, maintenir »[7],[8]. Son titre peut être ainsi traduit littéralement par « prince de la continuité » et renvoie au fait que la naissance d'un héritier mâle, alors que son père était déjà empereur depuis sept ans, était particulièrement attendue.

De sa naissance en 1933 à son intronisation comme prince héritier en 1951, sa titulature complète est alors « Son Altesse impériale le prince impérial Akihito de Tsugu » (継宮 明仁 親王 殿下, Tsugu-no-miya Akihito shinnō denka?).

De son intronisation officielle comme prince héritier en 1951 à son accession au trône en 1989, il abandonne le titre de prince Tsugu pour être désormais désigné au Japon sous le titre de « Son Altesse impériale le prince héritier Akihito » (明仁 皇太子 殿下, Akihito Kōtaishi denka?), les kanjis 皇太子 (Kōtaishi?), littéralement le « Premier fils de l'empereur », désignant le titre d'héritier au Trône du Chrysanthème.

Depuis qu'il a succédé à son père comme empereur du Japon, il n'est plus jamais désigné par les Japonais sous le nom d'Akihito, mais comme « Sa Majesté l'Empereur » (天皇 陛下, Tennō Heika?) ou encore comme « Sa Majesté présente » (今上 陛下, Kinjō Heika?). Comme le veut la tradition depuis le règne de l'empereur Meiji, son accession au trône a correspondu avec la proclamation d'une nouvelle ère servant de base officielle au comput japonais (même si le comput occidental chrétien est aujourd'hui largement utilisé, les documents officiels datent encore la plupart des évènements en année de l'ère impériale actuelle) : cette ère a pris le nom de Heisei (平成?), traduit généralement par « Accomplissement de la paix ». Après sa mort, l'actuel empereur du Japon prendra ainsi le nom posthume d'empereur Heisei (平成 天皇, Heisei Tennō?).

Si en Occident s'est répandu l'usage de nommer l'empereur par son simple prénom, Akihito, à l'instar des monarques européens, cette pratique est considérée au Japon comme un manque de respect à l'empereur.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

L'enfance isolée d'un futur « dieu vivant »[modifier | modifier le code]
Le prince Akihito de Tsugu, enfant, octobre 1938.

Premier fils et cinquième enfant de l'empereur Hirohito et de l'impératrice Nagako, sa naissance était alors particulièrement attendue. En effet, le couple impérial était déjà marié depuis 9 ans et n'avait eu jusqu'alors que des filles, qui ne pouvaient donc prétendre à la succession de leur père. L'arrivée de l'héritier tant attendu permet de rassurer les autorités japonaises, soucieuses de la stabilité du trône du Chrysanthème.

Comme le veut la tradition pour les enfants du couple impérial, il est séparé de ses parents à l'âge de 3 ans et est éduqué par les chambellans du palais impérial et des précepteurs privés, ne voyant ses parents qu'une fois par semaine lors de rencontres relativement solennelles. Plus tard, il suit, de 1940 à 1952, les cours de l'école Gakushūin, alors réservée aux enfants de la haute aristocratie japonaise, à Tōkyō. Les premières années de sa scolarité, il est isolé de ses camarades de classe qui sont maintenus à distance. Dans un contexte de shintoïsme d'État, il est éduqué dans l'optique de devenir le futur « Dieu vivant » qu'est l'Empereur du Japon pour l'opinion japonaise encore à l'époque, à savoir un individu distant, isolé du peuple et sans défaut. Les festivités pour son dixième anniversaire en 1943 prennent l'aspect d'un véritable jubilé national[9].

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, du fait de l'intensification des raids aériens sur la capitale japonaise à la fin de l'année 1944 et en 1945, il est évacué de la ville en compagnie de son frère puîné le prince Yoshi Masahito (qui porte désormais le titre de prince Hitachi), pour être conduit en lieu sûr à la villa impériale de Tamozawa située à Nikkō dans l'intérieur des terres. Il y apprend la capitulation du Japon et écrit alors dans son journal : « Je vais devoir travailler plus dur à mon apprentissage »[10].

Après 1945 : la formation du symbole de la modernisation du Japon[modifier | modifier le code]
Le prince Akihito de Tsugu et sa tutrice, l'Américaine Elizabeth Gray Vining.

Sous l'occupation américaine qui suit la Seconde Guerre mondiale, le prince Akihito et ses frères et sœurs reprennent les cours à Gakushūin mais en ayant la possibilité de se mélanger avec leurs camarades. Il est ainsi certainement le premier empereur japonais à posséder de réels amis personnels[11]. De plus, ils reçoivent pour tutrice, de 1946 à 1950, la quaker Elizabeth Gray Vining qui les initie à la langue anglaise et à la culture occidentale. Bien qu'elle n'ait été finalement chargée de leur éducation que relativement peu de temps, elle a laissé sur les enfants impériaux une forte impression, notamment sur le jeune prince Tsugu qui a gardé avec elle une relation particulière jusqu'à son décès en 1999 (lui rendant visite à plusieurs reprises ou gardant une correspondance active avec elle, tandis qu'elle sera la seule étrangère invitée à son mariage en 1959). Dans son ouvrage Windows for the Crown Prince, paru en 1952 et devenu un best-seller, Elizabeth Gray Vining raconte comment elle a pris en affection le jeune prince et décrit sa transformation, sous sa conduite, d'un enfant rigide et renfermé en un adolescent ouvert sur le monde et gagné aux idées libérales à l'occidentale[12]. Après son départ en 1950, elle est remplacée comme professeur d'anglais des enfants impériaux par une autre quaker, Esther Rhoads, principale de l'école pour filles de la Société des Amis à Tōkyō[13].

Sa formation politique et de futur empereur est quant-à-elle essentiellement supervisée à partir de 1949 par le Dr Shinzō Koizumi, économiste[14] qui fut président de l'Université Keiō de 1933 à 1947[15]. Lui aussi un fervent libéral (tant au sens politique qu'économique du terme, étant un ardent critique des thèses de Karl Marx et un élève à la fois de l'école classique, notamment David Ricardo, et néoclassique, dont surtout William Stanley Jevons[16]) et admirateur de la monarchie parlementaire britannique, il cite à son jeune élève comme exemple à suivre celui du roi George V du Royaume-Uni[17]. Voulant faire d'Akihito le symbole de la modernisation de la famille impériale et plus généralement de la société japonaise, il est l'un des principaux artisans de son mariage avec une non-aristocrate qui semble de plus être un réel choix d'amour, Michiko Shōda. Il est ainsi à l'origine, à la demande du prince, de l'inscription en février 1958 de la jeune femme sur la liste des prétendantes au mariage et déclare : « Le prince héritier l'a choisie, et donc nous aussi »[18]. Il reste son principal conseiller jusqu'à son décès en 1966.

Ses autres précepteurs incluent le juriste Kōtarō Tanaka, ministre de l'Éducation de 1946 à 1947 et président de la Cour suprême de 1950 à 1960, qui l'initie au droit constitutionnel de 1951 à 1960[19], et le prêtre Stephen Fumio Hamao, alors aumônier d'étudiants de l'Université catholique de Tōkyō depuis 1957 puis cardinal-archevêque de Yokohama, le latin[20].

Il reçoit aussi une préparation physique active, et apprécie particulièrement l'équitation et le tennis.

En 1989, il soutient le chef Raoni dans son combat pour la préservation de la forêt amazonienne.

Prince héritier du Japon[modifier | modifier le code]

Les premiers pas[modifier | modifier le code]
L'empereur Hirohito, l'impératrice Kōjun et Akihito le jour de son investiture comme prince héritier du Japon, le .

Il est intronisé prince héritier (皇太子, Kōtaishi?), au palais impérial (Kōkyo) le lors de la cérémonie traditionnelle appelée Rit'taishi no Rei (立太子の礼?, littéralement « Cérémonie d'avènement du Premier fils »). Autorisé à fonder sa propre maison princière, traditionnellement appelée Tōgū (東宮?, littéralement « Maison de l'Est »), il quitte le Palais impérial pour s'installer dans sa propre résidence, le Palais du Tōgū (東宮御所, Tōgū-gosho?), situé dans le Domaine impérial d'Akasaka (qui comprend de nombreuses demeures de membres de la famille impériale) dans l'arrondissement spécial de Minato à Tōkyō. Jusqu'à l'année précédente, il s'agissait du palais Ōmiya (大宮御所|Ōmiya-gosho), résidence de sa grand-mère l'impératrice douairière Teimei jusqu'à son décès.

Minoru Hamao, frère du prêtre et futur cardinal Stephen Fumio Hamao, devient son chambellan à partir de 1961 et le reste jusqu'en 1971. Certains observateurs y voient l'importance de l'influence des catholiques dans l'entourage du prince, d'autant qu'Elizabeth Gray Vining et Shinzō Koizumi, deux de ses principaux précepteurs, sont tous deux également chrétiens. Toutefois, Akihito semble ne jamais avoir songé à une conversion, et a toujours réalisé les cérémonies et rituels traditionnels shintō et bouddhiste[21],[22].

N'ayant donc pas d'influence religieuse, ces collaborateurs ont largement contribué à ce qu'il devienne le principal atout de la modernisation et de désacralisation de l'image de la famille impériale recherchées par le gouvernement et les occupants américains. En témoignent ses nombreux déplacements à l'étranger, alors que ses parents ne quittent le Japon que deux fois durant leur règne (en 1971 en Europe et en 1975 aux États-Unis). En juin 1953, le prince Akihito représente ainsi le Japon au couronnement d'Elisabeth II, reine du Royaume-Uni, et se rend dans la foulée en France, en Espagne[23], aux États-Unis (notamment Hawaï[24], et Philadelphie où il rend visite à son ancienne tutrice Elizabeth Gray Vining[25]) et au Canada[26].

Entré en avril 1952 au département de sciences politiques de l'université Gakushūin, ses obligations officielles le poussent à abandonner ses études sans avoir été diplômé en avril 1954, mais continue à suivre des cours comme auditeur libre jusqu'en 1956[27]. Il commence à y concrétiser sa passion d'enfance pour les poissons en commençant à étudier l'ichtyologie sur les conseils du professeur Ichirō Tomiyama de l'université de Tokyo[28].

Mariage[modifier | modifier le code]
Le prince héritier Akihito et Michiko Shōda en tenue traditionnelle shintō lors de leur mariage le .

En août 1957, il rencontre sur un court de tennis de la station touristique de Karuizawa, près de Nagano, lors d'une partie en double, Michiko Shōda (née le ), fille aînée de Hidesaburo Shōda, président de la compagnie Nisshin. Le conseil de la Maison impériale a officiellement annoncé leurs fiançailles le 27 novembre 1958. Les médias parlent alors de la « romance du court de tennis » et présentent leur rencontre comme un véritable « conte de fée »[29].

Toutefois, ce mariage n'a pas fait l'unanimité. Pendant les années 1950, les médias avaient avancé que certains membres traditionalistes de l'agence impériale essayait d'écarter la jeune fille du prince héritier car elle était considérée comme une fille du peuple, bien qu'elle soit la fille d'un riche industriel. En effet, il était jusqu'à présent de tradition que le futur empereur épouse une aristocrate, Michiko Shōda étant la première roturière à être fiancée à un membre de la famille impériale, et cela bien qu'elle soit issue de l'une des familles les plus fortunées du Japon. De plus, issue d'un milieu catholique et, bien que jamais baptisée, elle a été élevée dans des établissements religieux chrétiens. En 2000, à la mort de l'Impératrice Kōjun, l'agence Reuters a annoncé que l'ancienne Impératrice faisait partie des plus farouches opposants à ce mariage et que, dans les années 1960, elle avait poussé sa bru à la dépression en l'accusant de n'être pas faite pour son fils[30]. Des menaces de mort poussent les autorités à organiser la sécurité de la famille Shōda[29]. L'écrivain Yukio Mishima, connu pour ses prises de position traditionalistes, déclare alors : « Le système impérial devient "tabloidesque" (sic) dans un effort de démocratisation du système. L'idée de connecter (la famille impériale) au peuple par une perte de sa dignité est mauvaise »[31].

Toutefois, le jeune couple avait alors acquis un large soutien du public, qui le voit comme le symbole de la modernisation et de la démocratisation du Japon (les médias parlent alors d'un « Micchi boom », reprenant le surnom de Michiko Shōda), ainsi que celui de la classe politique dirigeant le pays. Les collaborateurs d'Akihito, et en particulier Shinzō Koizumi, pèsent de tous leurs poids pour concrétiser l'union. Le mariage eut donc finalement bien lieu, le 10 avril 1959, lors d'une cérémonie traditionnelle shintō. Le cortège nuptial fut suivi dans les rues de Tōkyō par une foule de plus de 500 000 personnes s'étalant sur les 8,8 km du parcours, et les parties du mariage retransmises à la télévision (faisant de cette noce princière la première à être médiatisée au Japon) furent regardées par 15 millions de spectateurs environ[31].

Il rompt à nouveau la tradition impériale lorsqu'il décide d'élever personnellement, avec son épouse, ses enfants et donc de les garder auprès d'eux au lieu de les confier à des précepteurs privés et aux chambellans du palais. Le couple est présenté comme menant un mode de vie très moderne, très occidentalisé, recevant des amis chez eux à dîner, tandis que Akihito s'implique lui-même, aux dires de ses proches, dans les taches ménagères du foyer princier[12]. Le couple se rend de nombreuses fois en visite officielle dans les 47 préfectures du Japon et dans plus de 80 pays. En 1986, il est également le premier membre de la famille impériale à prendre le métro[32].

Empereur[modifier | modifier le code]

Maison impériale du Japon
Japanese Imperial Seal.svg
Princes d’Akishino
Japanese Crest of Akisino no miya.svg
Princes de Hitachi
Japanese Crest of Hitachi no miya.svg
Princes de Mikasa
Japanese Crest of Mikasa no miya.svg
Princes de Katsura
Japanese Crest of Katura no miya Yosihito.svg
Princes de Takamado
Japanese Crest of Takamado no miya.svg

Avènement[modifier | modifier le code]

À la mort de l'empereur Shōwa, le , Akihito lui succède sur le trône en recevant immédiatement, en présence du Premier ministre Noboru Takeshita, les insignes impériaux[33] :

  • l'épée Kusanagi (qui selon la tradition aurait été celle utilisée par la déesse Amaterasu, ancêtre légendaire de la famille impériale, pour chasser les démons de l'archipel, il symbolise la valeur de l'empereur),
  • le miroir Kagami (symbolise la sagesse du souverain),
  • le Yasakani no magatama (représente la bienveillance du monarque),
  • le Sceau impérial du Japon ou « Noble insigne du chrysanthème » (菊の御紋, Kiku-no-gomon?), véritable emblème national du Japon même s'il n'a plus de rôle officiel depuis 1947,
  • le Sceau d'État du Japon ou « Sceau du pays » (国璽, Kokuji?), sceau officiel de l'État japonais.

Une nouvelle ère est également immédiatement proclamée par le secrétaire général du Cabinet Keizō Obuchi pour officiellement débuter dès le lendemain : Heisei (平成?), généralement traduit par « Accomplissement de la Paix ». Comme le veut la tradition, ce nom est issu de passage des Classiques chinois, en l'occurrence des Mémoires historiques où l'expression 内平外成 (pinyin : nèipíng wàichéng, rōmaji : naihei daisei, littéralement : « paix extérieure, pureté intérieure ») est utilisée pour désigner le règne de l'empereur mythique chinois Shun, et des Classique des documents qui utilise lui les termes de 地平天成 (pinyin : dìpíng tiānchéng, rōmaji : jihei tensei, littéralement : « la terre est paisible et le ciel est clair »). Ce nom renvoie donc à l'idée de paix totale et omniprésente, que ce soit « à la fois à l'intérieur du pays et à l'extérieur, dans le ciel et sur terre »[34].

Il est officiellement intronisé lors de la cérémonie traditionnelle du 即位礼の儀 (Sokuirei-no-Gi?) le . Celle-ci, la première à avoir lieu depuis la mise en place de la Constitution de 1947 qui a enlevé tout pouvoir et son caractère divin à l'empereur, est particulièrement modifiée par rapport aux précédentes : au lieu de se tenir au Palais de Kyōto, elle a lieu dans la « Salle des Pins » ou « Salle du Trône » (松の間, Matsu-no-ma?) du « Hall d'État » (正殿, Seiden?) au Kōkyo (d'ailleurs la cérémonie d'intronisation d'Akihito est généralement appelée le 即位礼正殿の儀 ou Sokuirei Seiden no-Gi)[35] ; la plupart des symboles shinto qu'elle comportait sont enlevés du rituel ; elle est la première à se faire en présence d'étrangers, avec plus de 500 délégués représentant 158 pays s'ajoutant aux 2000 invités japonais ; le Premier ministre s'adresse directement à l'empereur en se tenant en face de lui, et non plus, comme c'était le cas auparavant, depuis la cour du palais, afin de démontrer que le régime du Japon est désormais démocratique et que donc le Cabinet n'est plus subordonné au monarque[36]. Cette cérémonie est complétée, les 22 et par un rite cette fois-ci totalement shintō et secret pendant lequel l'empereur remercie les kami pour son avènement en leur offrant du riz sacré : la « Fête du Grand Remerciement » (大嘗祭, Daijōsai?). Le fait que l'Agence impériale et le nouvel empereur ait maintenu ces traditions, bien qu'épurées de leurs éléments les plus controversés, a entraîné l'opposition de nombreuses associations et partis à la gauche de l'échiquier politique japonais qui reprochent alors au Sokuirei-no-Gi son coût (le gouvernement japonais ayant dépensé 15 millions de dollars américains pour organiser l'évènement[37]), et le Daijōsai comme une remise en cause de la séparation de la religion et de l'État[38]. Ainsi, plusieurs petits attentats ont eu lieu en marge des festivités, revendiqués par des groupuscules d'extrême-gauche[39].

Les tentatives pour réconcilier le Japon avec son histoire[modifier | modifier le code]

L'empereur Akihito et l'Impératrice Michiko, le .

Malgré les contraintes imposées par la constitution du Japon à la position d'empereur, Akihito est sorti à plusieurs reprises de sa réserve pour exprimer des excuses personnelles, au nom de la famille impériale, aux pays asiatiques ayant souffert pendant l'occupation japonaise.

Ainsi, dès le , à l'occasion d'une visite officielle du Premier ministre de la République populaire de Chine Li Peng, il utilise pour la première fois le terme de « regrets » (反省, hansei?)[40]. Plus tard, il est le premier empereur du Japon à se rendre officiellement en Chine en octobre 1992, et lors de ce déplacement, le 27, il déclare[41] :

« Dans la longue histoire des relations entre nos deux pays, il y eut une période tragique pendant laquelle mon pays causa de grandes souffrances au peuple de Chine. Nous avons reconstruit notre patrie et sommes fortement résolus à poursuivre notre chemin de pays pacifique sur la base de notre profond regret et de notre désir qu'une telle guerre ne se reproduise plus jamais. »

Concernant la Corée, il exprime également des remords pour les exactions japonaises par le passé, le lors d'une entrevue avec le président sud Coréen Roh Tae-woo en visite officielle au Japon[42] :

« En songeant à la souffrance que votre peuple a enduré pendant cette malheureuse période, par la faute de notre nation, je ne peux ressentir que le plus profond remords. »

Il renouvelle cette déclaration lors d'un dîner avec le successeur de Roh Tae-woo, Kim Dae-jung, le [43] :

« Il y eut une période pendant laquelle notre nation a apporté de grandes souffrances aux peuples de la péninsule coréenne [...] Le profond chagrin que je ressens à ce sujet ne sera jamais oublié. »

Enfin, en juin 2005, l'empereur a visité le territoire de Saipan (archipel des Mariannes), le site d'une des plus importantes batailles de la Seconde Guerre mondiale (du au ). Accompagné par l'impératrice Michiko, il a prié et a offert des fleurs à plusieurs mémoriaux pour honorer les Japonais morts à la guerre, les soldats américains, les Coréens forcés de combattre pour le Japon et les habitants locaux. C'est le premier voyage d'un monarque japonais sur les lieux d'une bataille de la 2e guerre mondiale[44].

Malgré cela, plusieurs de ses déplacements dans d'anciens pays ayant combattu ou ayant été occupé par le Japon durant la Seconde guerre mondiale ont été l'occasion d'action de protestations contre le fait que l'État japonais n'avait pas encore, jusqu'à ce jour, reconnu de manière claire, précise et officielle sa responsabilité dans ce conflit. L'incident le plus marquant eut lieu à Londres en 1998, durant une visite officielle de l'empereur à l'invitation de la reine Élisabeth II et du Premier ministre Tony Blair, les anciens prisonniers de guerre britanniques rescapés des camps japonais présents ayant décidé de tourner le dos au passage du carrosse transportant l'empereur, tandis que certains brûlèrent un drapeau japonais. Toutefois, les associations d'anciens prisonniers de guerre japonais précisèrent qu'il ne s'agissait pas en soi d'une action personnelle contre l'empereur, exempt de toute responsabilité dans la politique impérialiste de son pays du fait de son jeune âge durant la guerre, mais contre l'attitude ambiguë des autorités japonaises. Lors de ce voyage, l'empereur fut cependant investi dans l'Ordre de la Jarretière par la reine. La visite officielle suivante du couple impérial sur le sol britannique, en mai 2007, fut beaucoup moins tourmentée[45].

Depuis son intronisation, l'empereur a également multiplié les efforts pour rapprocher la Famille impériale du peuple japonais. Ainsi, le couple a visité l'ensemble des 47 préfectures de l'archipel nippon.

Le , fait rarissime, il intervient publiquement à la télévision japonaise, afin de prononcer une allocution en soutien aux victimes du séisme et tsunami meurtriers survenus 5 jours auparavant, ainsi que d'exprimer son inquiétude face à la menace nucléaire à la centrale de Fukushima qui s'en est suivie[46].

Enfants et succession[modifier | modifier le code]

La famille impériale au balcon du Kōkyo à l'occasion du Tennō Tanjōbi, anniversaire de l'empereur, le . De g. à dr. : la princesse héritière Masako, le prince héritier Naruhito, l'empereur, l'impératrice, le prince et la princesse Akishino.

L'empereur et l'impératrice ont trois enfants :

  • S.A.I. le prince héritier Naruhito (徳仁 皇太子 殿下, Naruhito kōtaishi denka?), premier dans l'ordre de succession au trône, titré à la naissance « prince impérial Naruhito de Hiro » (浩宮 徳仁 親王 殿下, Hiro-no-Miya Naruhito shinnō denka?), né le ,
  • S.A.I. le prince impérial Fumihito d'Akishino (秋篠宮 文仁 親王 殿下, Akishino-no-Miya Fumihito shinnō denka?), second dans l'ordre de succession au trône, titré à la naissance « prince impérial Fumihito d'Aya » (礼宮 文仁 親王 殿下, Aya-no-Miya Fumihito shinnō denka?), né le ,
  • Sayako Kuroda (黒田 清子, Kuroda Sayako?), titrée à la naissance et jusqu'à son mariage le (qui l'a fait sortir, elle et sa descendance, de la famille impériale et donc de l'ordre de succession au trône, comme le veut la loi) « Son Altesse impériale la princesse impériale Sayako de Nori » (紀宮 清子 内親王 殿下, Nori-no-miya Sayako naishinnō denka?), née le .

Leurs deux fils leur ont donné quatre petits-enfants, dont trois filles (qui font encore partie de la famille impériale au moins jusqu'à leur mariage, et qui sont normalement, à moins d'une réforme de la loi impériale, hors de l'ordre de succession) et un garçon :

Le passionné d'ichtyologie[modifier | modifier le code]

Comme son père et beaucoup de membres de la famille impériale, l'empereur a développé une passion en parallèle de ses obligations officielles pour un domaine de recherche scientifique dans lequel il est devenu un spécialiste. Il est ainsi devenu un amateur éclairé en ichtyologie et publie sur les Gobiidae. Membre de la Société ichtyologique du Japon, le journal de cette association de recherche a publié 28 articles rédigés par l'empereur sur le sujet entre 1963 et 2003. Il a également été président d'honneur de la 2de Conférence internationale sur les poissons indo-pacifiques en 1985 et a édité un article intitulé « Some Morphological Characters Considered to be Important in Gobiid Phylogeny » dans les actes de la conférence. Ses travaux de chercheurs lui ont valu d'être reconnus sur la scène internationale, et est alors :

Outre les articles précédemment cités, il a publié les ouvrages suivants :

  • Freshwater Fishes in Japan: Their Distribution, Variation and Speciation (Travail collectif de 19 chercheurs japonais, dont l'empereur), éd. Tokai University Press, 1987.
  • The Fishes of the Japanese Archipelago, Second Edition (Travail collectif de plus de 30 chercheurs japonais, dont l'empereur), éd. Tokai University Press, 1988.
  • Fishes of Japan with Pictorial Keys to the Species, Second Edition, 2000, traduit en anglais en 2002.

Passionné d'histoire des sciences, il a également publié en 1992 un article sur les premiers pas scientifiques du Japon intitulé : « Early cultivators of Science in Japan », dans la revue Science éditée par l'American Association for the Advancement of Science, en 1992.

Décorations[modifier | modifier le code]

Étendard personnel de l'empereur.

Décorations japonaises[modifier | modifier le code]

Décorations étrangères[modifier | modifier le code]

Pays Décoration
Drapeau de l’Afghanistan Afghanistan Ordre du Soleil suprême
Drapeau de l'Afrique du Sud Afrique du Sud Ordre du Bon Espoir (Grand Croix en Or)
Drapeau de l'Allemagne Allemagne Bundesverdienstkreuz (Grand Croix, Classe spéciale)
Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite Ordre de Badr (Chaîne)
Drapeau de l’Argentine Argentine Ordre du Libérateur Général San Martín (Grand Collier)
Drapeau de l'Autriche Autriche Décoration d'Honneur pour Mérite (Grande Étoile)
Drapeau de Bahreïn Bahreïn Ordre d'al-Khalifa (Collier)
Drapeau de la Belgique Belgique Ordre de Léopold (Grand Croix)
Drapeau du Botswana Botswana Ordre Présidentiel
Drapeau du Brésil Brésil Ordre de la Croix du Sud (Grand Collier)
Drapeau du Cameroun Cameroun Ordre de la Valeur (Grand Cordon)
Drapeau du Chili Chili Ordre du Mérite (Grand Collier)
Drapeau de la Colombie Colombie Ordre de la Croix de Boyaca (Grand Collier)
Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire Ordre de la Côte d'Ivoire (Grand Cordon)
Drapeau de la Croatie Croatie Grand ordre du Roi Tomislav (Grande Étoile avec écharpe)
Drapeau du Danemark Danemark Ordre de l'Éléphant (Chevalier Grand Croix)
Drapeau de l'Égypte Égypte Ordre du Nil (Grand Collier)
Émirats arabes unis Émirats arabes unis Collier de la Fédération
Drapeau de l'Espagne Espagne Ordre de Carlos III (Grand Croix avec Collier)
Ordre de la Toison d'or (Chevalier)
Drapeau de l'Estonie Estonie Ordre de la Croix de Terra Mariana (Collier de la Croix)
Drapeau d’Éthiopie Éthiopie Ordre de Salomon (Grand Collier)
Drapeau de la Finlande Finlande Ordre de la Rose blanche (Grand Croix avec Collier)
Drapeau de la France France Légion d'honneur (Grand Croix)
Gambie Gambie Order de la République de Gambie (Grand Commandeur)
Drapeau de la Grèce Grèce Ordre du Sauveur (Grand Croix)
Drapeau de la Hongrie Hongrie Ordre du Mérite (Grand Croix)
Drapeau de l'Indonésie Indonésie Étoile d'Adipurna (1re Classe)
Drapeau de l’Iran Iran Ordre de Pahlavi (Grand Collier)
Drapeau de l'Islande Islande Ordre du Faucon islandais (Grand Croix avec Collier)
Drapeau de l'Italie Italie Ordre du Mérite de la République (Grand Croix avec Cordon)
Jordanie Jordanie Ordre d'Hussein ibn' Ali (Collier)
Drapeau du Kazakhstan Kazakhstan Ordre de l'Aigle Doré
Kenya Kenya Ordre du Cœur Doré
Koweït Koweït Ordre de Mubarak (Grand Collier)
Drapeau de la Lettonie Lettonie Ordre des Trois Étoiles (Grand Croix avec Collier)
Drapeau du Libéria Liberia Ordre de l'Étoile d'Afrique (Chevalier Grande Bande)
Ordre des Pionniers de la République (Chevalier Grande Bande)
Lituanie Lituanie Ordre de Vytautas (Grande Grand Croix avec Collier)
Drapeau du Luxembourg Luxembourg Ordre du Lion d'Or de la Maison de Nassau (Chevalier)
Malawi Malawi Ordre du Lion (Grand Commandeur)
Mali Mali Ordre national (Grand Cordon)
Maroc Maroc Ordre de Muhammad (Grand Collier)
Drapeau du Mexique Mexique Ordre de l’Aigle aztèque (Grand Collier)
Népal Népal Ordre de Ojaswi Rajanya
Nigeria Nigeria Ordre de la République fédérale (Grand Cordon)
Drapeau de la Norvège Norvège Ordre de Saint-Olaf (Grand Croix avec Collier)
Oman Oman Ordre d'Oman (Classe supérieure)
Drapeau du Pakistan Pakistan Ordre du Pakistan (1re Classe)
Panama Panama Ordre de Manuel Amador Guerrero (Collier d'Or)
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas Ordre du Lion néerlandais (Chevalier Grand Croix)
Drapeau du Pérou Pérou Ordre du Soleil (Grand Croix avec Brillants)
Philippines Philippines Légion d'honneur (Chef Commandeur)
Drapeau de la Pologne Pologne Ordre de l’Aigle blanc
Drapeau du Portugal Portugal Ordre de l'Infant Dom Henrique
Drapeau du Qatar Qatar Collier d'Indépendance
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni Ordre de la Jarretière
Ordre royal de Victoria (Chevalier Grand Croix)
Médaille de Couronnement d'Élisabeth II
Sénégal Sénégal Ordre du Lion (Grand Cordon)
Drapeau de Singapour Singapour Darjah Utama Temasek (1re Classe)
Drapeau de la Suède Suède Ordre du Séraphin (Chevalier)
Drapeau de la République tchèque République tchèque Ordre du Lion blanc (1re Classe - Division civile avec Collier Chaîne)
Drapeau de Thaïlande Thaïlande Ordre du Rajamitrabhorn
Ordre de la Maison royale de Chakri
Drapeau : République fédérative socialiste de Yougoslavie Yougoslavie Ordre du Yougoslave (Grande Étoile)
Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo Ordre du Léopard (Grand Cordon)

Santé[modifier | modifier le code]

L'actuel empereur a souffert pendant sa jeunesse, alors qu'il n'était encore que prince héritier, de la tuberculose, entre ses 20 et 24 ans. Ce fait a été révélé par l'empereur lui-même lors de la cérémonie du 70e anniversaire de l'association japonaise de lutte contre cette maladie à Tōkyō, le . Diagnostiquée en décembre 1953, quelques jours avant son vingtième anniversaire, l'infection put être combattue grâce à la découverte récente à cette époque de nouveaux traitements, telle la streptomycine (découverte dix ans plus tôt en 1943) et l'isoniazide (découverte seulement l'année précédente, en 1952), et il fut déclaré complètement guéri en septembre 1957[49].

Le , les médecins diagnostiquent un cancer de la prostate chez l'empereur[50], et il a dû subir une intervention chirurgicale le [51]. Après une période de convalescence pendant laquelle son fils le prince héritier Naruhito a rempli ses obligations, il est retourné à ses obligations officielles le après un vote favorable du Cabinet à ce sujet[52].

Dans un pays marqué par une tradition de secret concernant la santé du souverain (la population n'avait appris le cancer de son prédécesseur qu'au moment de son décès) et par une tradition de discrétion concernant ces affaires, le fait que le public ait été immédiatement informé a été vu comme un des signes de la modernisation de la fonction impériale opérée par l'empereur, d'autant que c'est la première fois qu'un souverain japonais subit une intervention chirurgicale en dehors du palais[53].

En juin 2004, l'Agence impériale annonce également que l'empereur doit commencer en juillet un traitement toujours pour soigner son cancer de la prostate qui montre alors des signes de récidive[54].

Il a également subi plusieurs hausses de tensions artérielles à la fin du mois de novembre puis au début de décembre 2008, le poussant à interrompre ses rendez-vous officiels les 3 et 4 décembre[55].

Du 6 au , il doit une nouvelle fois laisser ses obligations officielles au prince héritier pour être hospitalisé pour une pneumonie[56]. Le , il subit un pontage aorto-coronarien suite au rétrécissement de deux artères.

Ses ennuis de santé lancent un nouveau débat au sein de la classe politique et de l'administration impériale sur la nécessité de réformer la loi de succession. À partir du mois de , le gouvernement démocrate de Yoshihiko Noda ouvre des discussions avec l'Agence impériale afin de permettre aux princesses impériales de conserver leurs statuts après leur mariage (voire de leur donner la possibilité d'accéder au trône du chrysanthème). Dans le même temps, le prince d'Akishino appelle à une réforme de la loi qui laisserait à son père la possibilité d'abdiquer, afin de passer une fin de vie déchargée d'obligations officielles qui pèsent sur sa santé[57].

Sources[modifier | modifier le code]

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  5. Présentation du kanji 宮 sur le Dictionnaire des kanji en ligne kanji.free.fr
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  7. Présentation du kanji 継 sur le Dictionnaire des kanji en ligne kanji.free.fr
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  12. a et b (en) Revue de presse pour le décès d'Elizabeth Gray Vining, 11-12/1999
  13. (en) Original Rhoads residence, wikimapia
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  15. (en) Liste des présidents de l'Université Keiō sur son site officiel
  16. (en) Y. IKEDA, « Shinzo Koizumi : a Japanese Economist's Encounter with the West », BNet, Été 2006
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  39. (en) S. R. weisman, « Tokyo Police Posts Bombed as Emperor Rite Nears », The New York Times, 03/11/1990
  40. (en) « Bilateral Political Relations », Ministry of Foreign affairs of the People Republic of China, 15/11/2005
  41. この両国の関係の永きにわたる歴史において、我が国が中国国民に対し多大の苦難を与えた不幸な一時期がありました。これは私の深く悲しみとするところであります。戦争が終わった時、我が国民は、このような戦争を再び繰り返してはならないとの深い反省にたち、平和国家としての道を歩むことを固く決意して、国の再建に取り組みました。爾来、我が国民は、世界の諸国との新たな友好関係を築くことに努力してまいりましたが、貴国との間においては、両国の先人たちをはじめとする多くの人々の情熱と努力によって、将来にわたる末長い平和友好を誓い合う関係が生まれ、広範な分野での交流が深まりつつあります。 C: 在两国关系悠久的历史上,曾经有过一段我国给中国国民带来深重苦难的不幸时期。我对此深感痛心。战争结束后,我国国民基于不再重演这种战争的深刻反省,下定决心,一定要走和平国家的道路,并开始了国家的复兴。从此,我国专心致力于建立与世界各国之间的新的友好关系。在同贵国的关系上,通过两国前辈们等许多人士的热情努力,建立了要永誓和平友好的关系,两国在广泛领域的交流正在不断加深。我对两国国民之间关系取得了这样的进展感到由衷的喜悦,同时衷心希望这种良好的关系进一步发展成为不可动摇的关系。 in « Japan’s Apologies to China », Blog de Muninn, 16/04/2005
  42.  Citation complète : « この度、盧泰愚大韓民国大統領閣下は、国務御多忙の折にもかかわらず、令夫人とともに、我が国を訪問されました。貴国のめざましい発展を導いてこられた大統領閣下を、国賓として我が国にお迎えできますことは、誠に意義深く、また、喜ばしいことであります。御一行を心から歓迎申し上げます。  朝鮮半島と我が国は、古来、最も近い隣人として、密接な交流を行なってきました。我が国が国を閉ざしていた江戸時代においても、我が国は貴国の使節を絶えることなくお迎えし、朝野を挙げて歓迎いたしました。しかしながら、このような朝鮮半島と我が国との長く豊かな交流の歴史を振り返るとき、昭和天皇が「今世紀の一時期において、両国の間に不幸な過去が存したことは誠に遺憾であり、再び繰り返されてはならない」と述べられたことを思い起こします。我が国によってもたらされたこの不幸な時期に、貴国の人々が味わわれた苦しみを思い、私は痛惜の念を禁じえません。  このような時代を経たのち、日韓友好の再生を願う両国各界各層の方々の強い熱意によって、両国関係が回復し、あらゆる分野で友好と協力の関係が見られるようになりました。関係者の方々に対して深く敬意を表します。  いまや日韓両国は、ともに、世界の平和と繁栄のため、大きな役割を果たすことを求められる国となりました。私は、今後両国民がますます相互理解を深め、両国関係の一層の成熟を図り、力を合わせて、この課題にこたえていくことを切に希望いたします。  特に、次代を担う若者たちの交流が活発化し、そこに両国を結ぶ新たな友情が生れつつあることを、私は心強く思います。この新たな友情は、今後両国が力を合わせて人類の将来に対して大きな貢献をしていくための礎となりましょう。  今回の大統領閣下の御訪日は、二十一世紀に通ずるこのような新しい日韓関係の礎となるものと信じます。  大統領閣下は関西地方にも赴かれると聞いております。幸いに新緑の爽やかな季節でもあります。御滞在が快適で、有意義なものとなりますよう心から願ってやみません。  それでは、ここに杯を挙げて、大統領閣下御夫妻の御健康と御多幸、並びに、大韓民国国民の皆様の一層の御繁栄を祈念いたしたいと存じます。 » in Geocities
  43. [Citation complète : « このたび、大韓民国大統領金大中閣下が令夫人とともに、国賓としてわが国をご訪問になりましたことに対し、心から歓迎の意を表します。ここに、今夕をともに過ごしますことを誠に喜ばしく思います。  一衣帯水の地にある貴国とわが国の人々の間には古くから交流があり、貴国の文化はわが国に大きな影響を与えてまいりました。八世紀にわが国で書かれた歴史書、日本書紀からはさまざまな交流の跡がうかがえます。その中には、百済の阿花王、わが国の応神天皇の時、百済から経典に詳しい王仁が来日し、応神天皇の太子、菟道稚郎子に教え、太子は諸典籍に深く通じるようになったことが記されています。この話には、当時の国際社会の国と国との関係とは別に、個人と個人との絆が固く結ばれている様が感じられます。後には百済から五経博士、医博士、暦博士などが交代で来日するようになり、また、仏教も伝来しました。貴国の多くの人々がわが国の文化の向上に尽くした貢献は極めて大きなものであったと思います。  このような密接な交流の歴史のある反面、一時期、わが国が朝鮮半島の人々に大きな苦しみをもたらした時代がありました。そのことに対する深い悲しみは、常に、私の記憶にとどめられております。  両国の間には、様々な局面を持つ長い歴史があります。私たちは、このような関係にある両国の歴史を、常に真実を求めて理解することに努めるとともに、両国の人々の努力によって芽生えつつある相互の評価と敬愛の念を、未来に向かって育てていかなければならないと思います。日韓両国が、共通の目的としてよりよい民主国家としてのあり方を求め、互いに心して、あるべき今後の関係を築いていくことを切に念願いたします。  近年、幸いなことに、両国の人々の熱意と努力によってさまざまな分野で交流が進み、相互理解と友好関係が増進していることは喜ばしいことであります。特に若い世代の人々の交流が盛んになってきていることは、今後の両国関係の発展に大きな期待をもたせるものであります。先日も政府の主催する日本韓国青年親善交流事業の一つとして貴国を訪問した青年韓国派遣団に会いましたが、団員が貴国の人々の心に触れ、貴国への理解と親しみを深めてきたことをうれしく感じました。また、昨年五月、大阪において開催された「日韓青少年交流ネットワークフォーラム」は、さまざまな分野で国際交流に携わる日韓の青少年が一堂に会し、自らの手で今後の交流のあり方を論議し、展望を開いていく上で大変に意義深い試みでありました。今後とも、両国民が、共に、揺るがぬ信頼と友好をはぐくみ、豊かな友好協力の関係を築いていくことを切に願ってやみません。  大統領閣下がこのたびわが国をご訪問になったことは、両国関係の将来にとって極めて大きな意義を持つものであります。短く、ご多忙なご滞在ではありますが、わが国各界の人々と広くお接しになるとともに、深まりゆくわが国の秋の風物をお楽しみいただきたく思います。この度のご訪日が、秋の実りのごとく、大統領閣下並びに令夫人にとって実り多く快適なものとなりますよう希望いたします。  ここに大統領閣下並びに令夫人のご健勝と大韓民国国民の幸せを祈って、杯をあげたく思います。 » in Geocities
  44. (en) « Royal News: Emperor Akihito Visits Saipan War Graves », Female First, 26/04/2005
  45. (en) « No protests against Akihito in UK, POWs want meeting », Kyodo News International, 28/05/2007
  46. Article du « Parisien » du 16 mars 2011
  47. (en) « Japan bill to let women on throne », BBC, 20/01/2006
  48. (en) AP, « Japanese emperor celebrates heir's birth in New Year's poem », International Herald Tribune, 01/01/2007
  49. (en) Bang media, « Emperor Akihito's tuberculosis battle », Royal Watch News, 19/03/2009
  50. (en) « Cancer Surgery for Akihito », The Los Angeles Times, 29/12/2002
  51. (en) « Japanese Emperor Undergoes Prostate Cancer Surgery », News VOA, 18/01/2003
  52. (en) « Japanese emperor back to work », BBC, 18/02/2003
  53. (en) « Akihito has successful cancer operation », BBC, 18/01/2003
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  55. (en) AFP, « Japan's emperor cancels duties due to irregular heartbeat: palace », The Citizen, 04/12/2008
  56. AFP, « Japon: l'empereur sort de l'hôpital », Le Figaro, 24/11/2011
  57. (en) K. MAHR, « Emperor Akihito’s Heart Surgery a Success, but Concerns for Monarchy Linger », Global Spin, 19/02/2012

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