Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune

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Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune
Image illustrative de l'article Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune
Saint-Maurice, vue en direction de l'abbaye.
Présentation
Culte catholicisme
Type abbaye
Rattachement congrégation des chanoines réguliers de Saint-Maurice d'Agaune
Début de la construction 515
Protection bien culturel d'importance nationale
Site web abbaye-stmaurice.ch
Géographie
Pays Suisse
Canton Valais
Ville Saint-Maurice
Coordonnées 46° 12′ 50″ N 7° 00′ 15″ E / 46.2139, 7.0041746° 12′ 50″ Nord 7° 00′ 15″ Est / 46.2139, 7.00417

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Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune

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Abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune

L’abbaye territoriale de Saint-Maurice d'Agaune est une abbaye territoriale située dans le canton du Valais en Suisse.

Elle a été fondée en 515 par le futur roi burgonde saint Sigismond à l'emplacement d'un sanctuaire plus ancien abritant les reliques de Maurice d'Agaune, martyr du IIIe siècle, érigé par Théodore d'Octodure, premier évêque connu du Valais. Cette fondation en fait le plus ancien monastère d'Occident toujours en activité [1].

La cité d'Agaune a d'ailleurs pris son nom et s'appelle aujourd'hui Saint-Maurice ; l'abbaye a joué un rôle majeur dans l'histoire régionale et est aujourd'hui la plus ancienne abbaye d'Europe occidentale en activité à avoir été occupée en permanence. Le premier roi de Bourgogne transjurane, Rodolphe, y fut couronné.

Originellement et jusqu'au IXe siècle, c'est la laus perennis qui s'appliquait. Les moines furent alors remplacés par des chanoines qui adoptèrent la règle de saint Augustin en 1128. C'est, depuis cette date, la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Maurice d'Agaune qui est en place dans l'abbaye.

Depuis le 1er août 2015, le père abbé est Monseigneur Jean Scarcella.

Histoire[modifier | modifier le code]

La localité se nomme à l'origine Tarnade, nom qu'elle prend d'un château proche désigné sous le nom de Castrum Tauredunense par Marius d'Avenches (qui vécut au VIe siècle), cet édifice semble avoir été enseveli par l'éboulement du Mont Taurus en 562 ou 563. En 385 elle prend le nom d'Agaune sur la décision de saint Ambroise lorsqu'il passe par cette localité située sur le trajet de son voyage à Trèves, Agôn désignant la victime que les empereurs immolaient avant d'entreprendre une expédition, à l'exemple de saint Jérome qui parle d'"agones martyrum" pour désigner les combats des martyrs[2].

Le temple romain d'Hygie[modifier | modifier le code]

L'emplacement de l'abbaye fut un lieu consacré dès au moins l'époque romaine. Un autel romain dédié aux nymphes y a été retrouvé à côté de la source elle aussi consacrée aux nymphes. La tradition locale raconte que l'ancienne chapelle de saint Jean l'Évangéliste, qui deviendra l'église de Maurice d'Agaune, était bâtie sur un ancien temple dédié à la déesse Hygie. Toujours est-il que ce lieu sacré restera interdit d'habitations civiles jusqu'au XIe siècle ("Ut de loco quem morte Theboei martyres et effusione sanguinis...ornaverant, promiscui vulgi habitatio commista tolleretur...Igitur visum est ut remotis familiis secularibus...") ; à cette époque le bourg de Saint-Maurice ("burgum sancti Mauritii") et l'hôpital saint-Jacques ("Dedit Sancto Mauritio ad hospital") se développèrent dans un enclos fermé de murailles séparé du monastère par des terrains cultivés comme il est décrit dans des chartes de 1003 et 1046 ("Casale unum in burgo Sancti Mauritii" pour l'un, "mansum unum in Agauno loco in plano" pour l'autre). La réunion du bourg et du monastère ne débute qu'à partir de 1018, avec les restitutions de Rodolphe III, pour être définitive en 1163 lors de l'acquisition par l'abbaye de tous les droits ecclésiastiques des évêques de Sion[3].

La légende du massacre de la légion thébaine[modifier | modifier le code]

La légende[4] situe entre 285 et 306 le massacre de la légion thébaine et de ses officiers, tous chrétiens, ordonné par Maximien, empereur romain, au motif qu'ils avaient refusé d'exterminer des chrétiens[5]. Cette légende est relatée en premier lieu dans l'histoire de Victor de Marseille écrite à la fin du IVe siècle, puis reprise par saint Eucher, évêque de Lyon vers 435, qui la raconte à l'évêque de Sion Salvius, elle est contée dans l'ouvrage relatant la vie de Romain de Condat et enfin elle est reprise dans l'homélie que saint Avit prononce en 515 à l'occasion de l'inauguration de l'abbaye[2]. Selon Amédée Thierry (Histoire de la Gaule sous la domination romaine page 7 et 8 Google livres) cette légion pourrait avoir été formée avec plusieurs corps des armées d'Orient sans emploi et entre autres la XXIIe légion, il signale que cette légion nommée "Heureuse" était cantonnée à Thèbes avant d'être transférée à Jérusalem, que trois de ses principaux officiers étaient Mauricius, Exupérius et Candidus, convertis par l'évêque Hyménée, et qu'arrivés à Rome ils s'engagèrent auprès du pape Caïus à ne pas persécuter les chrétiens ; pour Ch. Robert il s'agit de la "Iere Maximiana Thebaeorum" et de la "IIIeme Diocletiana Thebaeorum"[5]. Ces deux légions sont la création de Maximien et Dioclétien lors de leurs campagnes en Afrique du Nord, en effet après avoir soumis les villes de Coptos et de Bousiris, en Égypte ils incorporèrent leurs jeunes hommes dans trois légions : la "Iere Jovia Foelix Thebaeorum", la "Iere Maximiana Thebaeorum" et la "IIIeme Diocletiana Thebaeorum"[2]. C'est Théodore d'Octodure, (dit aussi Théodule), premier évêque du Valais à la fin du IVe siècle siégeant à Martigny anciennement Octodurus, qui créa le premier sanctuaire chrétien en 381 en y transférant les restes des martyrs dans une chapelle attribuée à Maurice et ses compagnons massacrés. Ce sanctuaire a été agrandi au IVe siècle[5].

Vers la fin du Ve siècle une église existe donc déjà sur le site et saint Severin (430-507), parle même d'un monastère dont il fut l'un des premiers abbés[6].

L'édification par Saint Sigismond[modifier | modifier le code]

Au début du VIe siècle Sigismond, fils de Gondebaud roi Burgonde qui l'initie au pouvoir et le fait reconnaître comme son successeur à une assemblée tenue près de Genève, abjure l'arianisme pour se convertir au catholicisme entre 502 et 506 sous l'influence d'Avit, évêque de Vienne, et entreprend de construire à Agaune, ou Saint-Maurice en Valais du diocèse de Sion, une église[7]. Alors que son père Gondebaud restait fidèle à l'arianisme, Sigismond embrasse l'orthodoxie catholique (pas de distinction à l'époque) et fait de l'abbaye, dès son accession au trône en 516, un lieu de pèlerinage pour son peuple qui a dû le suivre dans sa foi. Sa position sur la route du col du Grand-Saint-Bernard qu'empruntent les pèlerins de Rome ou les commerçants voyageant entre l'Europe du Nord et l'Italie renforcent son attractivité et son prestige[8]. La première basilique, orientée est-ouest, au pied du rocher date de cette époque, ainsi que le baptistère, permettant de procéder selon le rite de l'immersion partielle, qui peut être encore visité. Avant de monter sur le trône Burgonde il consulte les évêques et les comtes de son royaume assemblés à Agaune, il y a là les évêques Viventiolus, Maximus, Victor et les comtes Videmarus, Fredebundus, Gondeulfus, Benedictus, Agano, Bonefacius, Teudemundus et Fredeboldus. Le roi ouvre la séance en demandant conseil pour le salut de son âme et pour l'exécution de ses projets favorisant la prospérité de son royaume. Les participants en viennent à proposer de construire une basilique où ensevelir les corps des martyrs connus qui sont Maurice, Exupère, Candide et Victor (bien qu'il semble avoir échappé au massacre) ainsi qu'une crypte pour les autres corps ; il propose également de constituer une garde, d'établir une psalmodie perpétuelle (des chœurs de moines s'y relayaient jour et nuit afin d'assurer une prière continue) et d'instituer pour abbé Hymnemond venu pour cela du monastère de Grigny[9]. Il réunit aux moines préexistants des religieux venant de « Granensis » (Grigny), d'« Insolana » (île Barbe) et de « Jurensis » (Condat)[10]. Le 22 septembre 515 elle est inaugurée en présence d'un grand nombre d'évêques, de comtes et de grands seigneurs (parmi lesquels se trouve saint Viventiole de Lyon, Maxime de Genève, Théodore de Sion et Victor de Grenoble), l'assemblée devait durer seize jours afin de finaliser le règlement du monastère[7].

Sigismond, devenu veuf, se remarie à Constance (qui serait la servante de sa défunte épouse), celle-ci lui donne deux fils Gistald et Gondebald. Le premier fils de Sigismond, Ségéric, après une violente dispute avec sa belle-mère et celle-ci craignant pour l'avenir de ses propres enfants, trouvera la mort par la propre main de son père. Pris de remords le monarque part s'enfermer au monastère d'Agaune pour expier son meurtre. Plus tard, pris et livré avec son épouse et ses deux fils à Clodomir, roi des Francs, ils sont décapités et jetés dans un puits à Saint-Sigismond du Loiret[11].

Dès le VIe siècle, l'abbaye entretient 500 religieux divisés en cinq « bandes » se succédant pour la psalmodie perpétuelle, ces « bandes » se nommant « Lérins », « Grigny », « l'Isle-Barbe », « Jura » et « Domni Probi » (cette dernière est formée par les anciens moines d'Agaune[2]). Durant les trois siècles suivants, le monastère vit une période faste et 32 abbés se succédèrent à sa tête. Sigismond va la doter de biens considérables afin de permettre aux religieux de se consacrer à leur psalmodie, il lui donna des biens dans ses territoires de Lyon, de Vienne, de Grenoble, de Genève, de Vaud, de Besançon et d'Aoste ; en Valais, elle reçut Sierre, Loèche, Conthey, Bramois, Ollon, Vouvry, Autan, Salvan et Autanelle en plus des terres qui s'étendaient à partir du lac de Martigny avec tout ce qui en dépendait en terres, édifices, esclaves, affranchis, habitants, vignes, forêts, champs, prés, pâturages, droit de pêche[11]...

Les premiers siècles de vie de l'abbaye vont lui faire connaître plusieurs grandes catastrophes, en 569 ce sont les Lombards, peuple germanique venu de la mer Baltique, qui envahissent le Valais et incendient l'abbaye ; Gontran, roi de Burgondie, se chargera de la rebâtir. Sous l'empire carolingien ce sont les Sarrasins qui vont se répandre dans le royaume et se livrer, entre autres, au pillage du monastère[11]. Ainsi l'annaliste Flodoard précise pour l'année 940, que le village du monastère de Saint- Maurice était en la possession des Sarrasins et que ces derniers en profitaient pour attaquer les voyageurs et pélerins.

Le nombre de moines a peu à peu diminué aux VIIe et VIIIe siècle et ceux-ci deviennent des chanoines séculiers. À la suite d'éboulements, la basilique est reconstruite aux VIIIe et XIe siècle, toujours dans le sens est-ouest.

Résidence royale sous le régime de la commende[modifier | modifier le code]

Acte de donation du roi de Bourgogne Rodolphe III à l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune (15 février 1018)

À partir de 825 Louis le Débonnaire, qui avait reçu l'abbaye des mains de son père, la donne en commende à son fils Arnulf ce qui amorce son déclin[10]. Voyant les exactions commises Louis entreprend, sans résultats, d'y placer des chanoines séculiers, qui sont des clercs formant un chapitre de chanoines sous l'autorité d'un prévôt, mais restant propriétaires de leurs biens[5]. Au milieu du IXe siècle, Hucbert, beau-frère de l'empereur Lothaire II, s'empare de l'abbaye. Tué en 864 dans une bataille à Orbe, il est remplacé à la tête de l'abbaye par son vainqueur, Conrad, comte d'Auxerre. La descendance de ce dernier, soit les rois de Bourgogne, de Rodolphe Ier à Rodolphe III dirigent l'institution en tant qu'abbés laïcs jusque vers l'an mille. Ils font de celle-ci une résidence royale et confondent ses biens avec ceux de la couronne[3]. Les conditions vont s'améliorer avec Rodolphe III, dernier roi de Bourgogne, qui décide une restitution complète des biens au monastère[5]. Le , à la demande de ses familiers, Rodolphe III, donne ou plutôt rend à l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune les fiscs de Sciez, de Lully, de Commugny, la moitié de Pully, Oron-le-Châtel, la pauté de Vuadens, Bouloz, le plaid de Vevey, Lutry, Vouvry, Ollon, Villy, Naters, quelques droits à Saint-Maurice et l'ensemble des alpages du Chablais. Mais c'est surtout grâce au pape Léon IX qui en 1049 la soustrait à l'évêque de Sion et rend aux religieux l'usage de leurs biens et revenus en leur permettant d'élire entre eux un abbé qui jusqu'alors était choisi parmi les personnages en faveur à la cour qui en permet le renouveau, l'abbaye retourne ainsi entre des mains ecclésiastiques[10].

Longtemps entre les mains des monarques du royaume de Bourgogne elle échoit à la maison de Savoie en 1033 après la victoire d'Humbert Ier de Savoie sur Eudes, neveu de Rodolphe III[11]. En 1128, Amédée III de Savoie qui en est l'abbé laïc (1103-1147) aide à la renaissance de l'abbaye de Saint-Maurice en y installant des chanoines réguliers suivant la règle de Saint Augustin[5]. Selon la tradition, il finance sa participation à la deuxième croisade en 1147 grâce à un prêt de l'abbaye pour lequel il met en gage les vallées de Bagnes et de Vollèges (la légende dit qu'il s'agit d'une table d'or qui avait été donnée par Charlemagne au monastère)[11]. L'Avouerie qui est entre les mains de la famille d'Allinge et qui a fait leur fortune passe à la fin du XIIe siècle[12] aux comtes de Savoie.

Un important atelier d'orfèvrerie romane semble y avoir été tenu aux XIIe et XIIIe siècle, comme le suggère le démontage du chef-reliquaire de Candide en 1961 pour le restaurer et pour lui remodeler le nez[13].

La règle n'est plus suivie de manière stricte à Saint-Maurice dès le XIVe siècle. Les biens ne sont plus mis en commun : les différents chanoines (sacristain, chantre, infirmier) s'attribuent des prébendes distinctes. En 1560 l'abbaye est détruite par un grand incendie suivi, cinquante ans plus tard, d'un énorme éboulement à la suite d'un tremblement de terre. À la suite d'un nouvel éboulement, la basilique doit être reconstruite au milieu du XVIIe siècle, en suivant l'orientation nord-sud cette fois-ci et un peu plus éloignée du rocher. Placée sous l'autorité de l'évêque de Sion et de la diète valaisane, l'abbaye a perdu une grande partie de ses biens et de son prestige. En pleine décadence matérielle et spirituelle, l'abbé Pierre IV (Maurice Odet, abbé de 1640 à 1657) supprime le système des prébendes et rétablit la règle augustine, notamment le vœu de pauvreté, permettant à la vie commune de reprendrele 10 septembre 1642[14].

Le 23 février 1693, un incendie qui se déclare dans les cuisines de l'abbaye détruit presque complètement les bâtiments abbatiaux (à l'exception de la basilique) qui sont définitivement reconstruits à partir de 1706[15].

L'abbaye échappe en partie au mouvement de sécularisation et de dispersion des religieux initié par la révolution française en relevant l'ancien collège religieux fondé par la communauté que le gouvernement savoisien avait supprimé en 1560 par suite de la jalousie de la diète valaisienne.

En 1942, un nouvel éboulement détruit à nouveau une partie de l'église et le clocher. Ces bâtiments furent restaurés après la guerre et l'église obtint le titre de basilique mineure en 1948.

Des fouilles archéologiques sont en cours à l'emplacement des sanctuaires primitifs. Le trésor de l'abbaye et les fouilles peuvent être visités.

Organisation[modifier | modifier le code]

L'abbaye ne fut jamais dépendante d'un diocèse et d'un évêque, car elle bénéficia dès sa fondation de l'immédiateté pontificale, c'est-à-dire qu'elle dépend directement du Pape et de lui seul. Après avoir été un nullius diocesis, elle devient 'abbaye territoriale'. Ce qui veut dire que l'abbé de Saint-Maurice exerce sa propre juridiction spirituelle sur sa communauté abbatiale ainsi que sur les paroisses de son territoire.

Congrégation canoniale autonome donc, l'abbaye compte actuellement[précision nécessaire] 45 religieux, dont un prélat, 2 frères et 42 chanoines prêtres vivant toujours sous la règle de saint Augustin. Tous ne résident pas à l'abbaye ; certains habitent à l'extérieur, dans une paroisse du territoire, dans une paroisse du diocèse de Sion ou alors à l'extérieur pour assumer d'autres charges pastorales. Les chanoines desservent en effet 14 paroisses du diocèse de Sion, prêtant main-forte à ce dernier.

Les paroisses du territoire abbatial sont au nombre de cinq :

  • la basilique abbatiale, érigée en paroisse, comprenant l'abbaye, la basilique, le collège, la chapelle de Vérolliez et le home Saint-Jacques (résidence pour personnes âgées) ;
  • la paroisse de Saint-Maurice et Mex, comprenant la chapelle de Notre-Dame-du-Scex ;
  • la paroisse de Vernayaz ;
  • la paroisse de Salvan ;
  • la paroisse de Finhaut.

Ces paroisses regroupent environ 6000 catholiques.

Collège[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Saint-Maurice possède un collège ayant un statut d'établissement semi privé car il est propriété des chanoines mais est régi par un concordat de 1806 entre l'abbaye et l'État du Valais. En 1806 en effet, le Valais reconnaît le collège en tant qu'établissement d'utilité publique et participe à son financement. Aujourd'hui encore, les chanoines dirigent l'établissement et deux d'entre eux y enseignent, à savoir le chanoine Ineichen (également recteur) ainsi que le chanoine Salina (également préfet de l'internat).

Basilique[modifier | modifier le code]

Cloches & Carillon[modifier | modifier le code]

"Saint Augustin" (cloche 5).

La tour romane qui se dresse fièrement derrière la basilique date du XIe siècle. Les archives nous apportent la certitude que des cloches sont en place au XIIIe siècle. Il est possible qu'il y en ait eu avant déjà. Actuellement, les cloches de volée sont au nombre de neuf : huit dans la tour principale, et une neuvième dans le clocheton au-dessus du chœur.

En 1818, Pierre Dreffet et son neveu Marc Tréboux, fondeurs de cloches installés à Vevey fondent six cloches. Elles sont toujours en place aujourd'hui. En 1942, un éboulement détruit le sommet du clocher et une partie de la basilique. Fort heureusement, ces cloches sont intactes. Le clocher - tout comme la basilique - sera reconstruit les années suivantes. Les six cloches de volée seront réinstallées au dernier étage du clocher. Leur sonnerie sera ensuite électrifiée. En 1947, pour clôturer ces travaux, une grosse cloche sera fondue par la fonderie Rüestchi d'Aarau en Argovie. En 1998, la Fonderie Paccard de Sévrier près d'Annecy en France réalise à Nantes une cloche nommée "Peace Bell" de 33 tonnes pour les États-Unis, à l'époque plus grosse cloche du monde. Comme la fonderie réalisait une cloche en dehors de son atelier d'origine, elle a décidé de faire un essai en réalisant d'abord une cloche de quatre tonnes pour ensuite la casser. Pour le jubilé de l'an 2000 l'Abbaye achète ce bourdon qu'elle baptisera Trinitas. Il sera installé un étage en dessous. Chaque cloche étant équipée de marteaux électriques, et toutes accordées entre elles, elles peuvent carillonner, conformément aux traditions valaisannes, quelques airs religieux, utilisées pour des solennités ou des ritournelles.

Quelques cloches du carillon de 2004.

Peu après l'installation du bourdon, l'Abbaye lance un projet d'envergure : l'installation d'un carillon. Le projet fut au départ relativement modeste. Il prévoyait d'installer un instrument de trois octaves en se basant sur la plus grande cloche de 1818 et en utilisant toutes les cloches de volée en place. Une souscription fut alors lancée, et les dons affluaient, si bien que le projet a vite été porté à 49 cloches (quatre octaves) en utilisant les 4 grandes cloches de volée. En 2003, 45 cloches sont commandées à la fonderie Royal Eijsbouts aux Pays-Bas après un appel d'offre international. Elles seront livrées au printemps 2004. Elles seront solennellement bénies par Monseigneur Joseph Roduit le . Le suivant (fête de Saint Maurice) le carillon est officiellement inauguré par Arie Abbenes, carillonneur d'Utrecht aux Pays-Bas.

Quelques années après l’inauguration de celui-ci, le bourdon sonnait faux : il était fêlé. Alors, le , la Fonderie Paccard effectue la coulée du nouveau bourdon, légèrement plus lourd que l'ancien : celui ci fait 4 100 kilos. Il sera hissé a son emplacement, au dernier étage du clocher abbatial le suivant. Après moult essais, le bourdon peut se joindre à la grande volée de la Saint Maurice du .

Bourdon "Trinitas"

Caractéristiques techniques des neuf cloches de volée :

Numéro Nom Fondeur(s) Année Masse (KG) Note Emplacement
1 Trinitas Fonderie Paccard 2010 4 100 Sol Dièse 2 clocher étage 1
2 Thébaine H. Rüestchi S.A. 1947 1 732 Do Dièse 3 clocher étage 2
3 St Maurice P. Dreffet & M. Tréboux 1818 920 Mi 3 clocher étage 2
4 St Sigismond P. Dreffet & M. Tréboux 1818 620 Fa Dièse 3 clocher étage 2
5 St Augustin P. Dreffet & M. Tréboux 1818 450 Sol Dièse 3 clocher étage 2
6 St Théodule P. Dreffet & M. Tréboux 1818 350 La 3 clocher étage 2
7 Ste Marie-Madeleine P. Dreffet & M. Tréboux 1818 260 Si 3 clocher étage 2
8 St Candide P. Dreffet & M. Tréboux 1818 180 Do Dièse 4 clocher étage 2
9 Marie-Élisabeth H. Rüestchi S.A. 1988 42 Si 4 clocheton

Le carillon, d'un poids de 14 tonnes, est composé de Trinitas (2010), Thébaine (1947), St Maurice et St Sigismond (1818) et de 45 cloches fondues en 2003-2004. La nouvelles cloches (ré#3, fa3, sol3 à Do#7) ont un poids total de 6 800 kilos. Un agrandissement futur a été prévu : le clavier possède une pédale pour un si bémol grave de trois tonnes, environ. Tessiture du carillon : sol#2 - do#3 ré#3 chromatique do#7.

Le trésor[modifier | modifier le code]

Le trésor de l'abbaye.

Parmi les nombreuses pièces exposées, il convient de noter quelques éléments exceptionnels[16] :

  • la châsse de l'abbé Nantelme, datant de 1225 ;
  • la châsse des enfants de saint Sigismond, datant du XIIe siècle ;
  • la grande châsse de saint Maurice, datant du XIIIe siècle ;
  • le reliquaire de la Sainte Épine, offert par Louis IX de France ;
  • le coffret de Teudéric, mérovingien, datant du VIIe siècle ;
  • le vase dit de Saint-Martin de sardonyx, qui daterait du Ier siècle et qui est rehaussé d'orfèvrerie carolingienne[17]. Il aurait recueilli selon la légende le sang des martyrs de Thèbes et fait probablement partie des donations du roi Sigismond lors de la fondation de l'abbaye[18] ;
  • l'aiguière dite de Charlemagne, d'époque carolingienne, aux émaux byzantins ;
  • le chef-reliquaire de saint Candide, datant des environs de 1165.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire de la Bible, tome XIII, Augustin Calmet, 1847, p. 27. Google livres
  • Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires, et des congrégations séculières, Pierre Hélyot, Maximilien Bullot, édition N.Gosselin, 1714 p. 78. Google livres
  • Histoire du Vallais avant et sous l'ère chrétienne jusqu'à nos jours, J. Boccard, édition Berthier-Guers, 1844, p.  21 à 68. Google livres
  • La Suisse historique, Eusèbe-Henri-Alban Gaullieur, édition C. Gruaz, 1855, p. 78. Google livres
  • Lettres sur la vérité du martyre de Saint-Maurice et de sa légion, Mossion, édition Launay-Gagnot, 1839. Google livres
  • Mémoires de l'institut national Genevois, 1856, p.  28 à 32. Google livres
  • Revue archéologique de documents et de mémoires relatifs à l'étude des monuments, à la numismatique et à la philologie de l'antiquité et du Moyen Âge, Bureaux de la revue archéologique, 1868, p. 106 à 122. Google livres
  • Saint-Maurice d'Agaune (collectif), dans Les chanoines réguliers de Saint-Augustin en Valais, Bâle 1997 (Helvetia sacra, IV/1)
  • Trésor de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, Édouard Aubert, 1870. Google livres
  • Vevey et ses environs dans le Moyen-Age, David Martignier, édition Martignier et Chavannes, 1862, p. 2 à 4. Google livres
  • Le Trésor de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune, catalogue de l'exposition, Elisabeth Antoine-König (dir.), coéditions Musée du Louvre/Somogy éditions d'art, mars 2014, (ISBN 978-2-75720-781-9)[22].
  • L'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune 515-2015, sous la direction de Bernard Andenmatten, Laurent Ripart et Pierre-Alain Mariaux, 2 volumes sous coffret : volume 1. Histoire et archéologie ; volume 2. Le trésor, édition Infolio, Gollion, 2015.
  • Une Nouvelle cloche a l'Abbaye du chanoine François Roten dans Les Échos de Saint-Maurice 2000, tome 95A, pages 30 à 34.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Nos monuments d'art et d'histoire, Gesellschaft für Schweizerische Kunstgeschichte,‎ , p. 392
  2. a, b, c, d et e Lettres sur la vérité du martyre de Saint-Maurice et de sa légion
  3. a et b Mémoires de l'institut national Genevois
  4. Otto Wermelinger, Saint Maurice et la légion thébaine, Academic Press Fribourg,‎ , p. 29
  5. a, b, c, d, e, f, g et h Revue archéologique de documents et de mémoires relatifs à l'étude des monuments, à la numismatique et à la philologie de l'antiquité et du Moyen Âge
  6. Histoire des ordres monastiques, religieux et militaires
  7. a et b Dictionnaire de la Bible
  8. Wolfgang Urban, Saint Maurice, Edition du signe,‎ , p. 16
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x et y Trésor de l'abbaye de Saint-Maurice d'Agaune
  10. a, b et c Vevey et ses environs dans le Moyen-Age
  11. a, b, c, d et e Histoire du Valais avant et sous l'ère chrétienne jusqu'à nos jours
  12. [Charles-Laurent Salch 1987] Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France,‎ , 1304 p. (ISBN 2865350703), p. 24.
  13. Pierre Bouffard, Saint-Maurice d'Agaune : trésor de l'abbaye, Éditions de Bonvent,‎ , p. 107
  14. Pierre Roger Gaussin, Les cohortes du Christ, Ouest France,‎ , p. 175
  15. Eugène Gross, Le pèlerin de Saint-Maurice d'Agaune en Valais, Fribourg,‎ , p. 34
  16. Pierre Bouffard, Saint-Maurice d'Agaune : trésor de l'abbaye, Éditions de Bonvent,‎ , 210 p.
  17. Sa lèvre est ornée d'une frise de dentations (monture de grenats cloisonnés réhaussé de saphirs et d’émeraudes).
  18. Pierre Bouffard, Saint-Maurice d'Agaune : trésor de l'abbaye, Éditions de Bonvent,‎ , p. 70
  19. Pierre Bouffard, Saint-Maurice d'Agaune : trésor de l'abbaye, Éditions de Bonvent,‎ , 190 p.
  20. La suisse historique
  21. Pierre Bouffard, Saint-Maurice d'Agaune : trésor de l'abbaye, Éditions de Bonvent,‎ , p. 73
  22. Catalogue de l'exposition éponyme, musée du Louvre, du 14 mars au 16 juin 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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