La Turballe

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La Turballe
Le port de La Turballe.
Le port de La Turballe.
Blason de La Turballe
Blason
Logo
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Pays de la Loire
Département Loire-Atlantique
Arrondissement Saint-Nazaire
Canton Guérande
Intercommunalité Communauté d'agglomération Cap Atlantique
Maire
Mandat
Jean-Pierre Branchereau
2014-2020
Code postal 44420
Code commune 44211
Démographie
Gentilé Turballais
Population
municipale
4 491 hab. (2014)
Densité 242 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 20′ 47″ nord, 2° 30′ 20″ ouest
Altitude 6 m (min. : 0 m) (max. : 45 m)
Superficie 18,53 km2
Localisation

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Liens
Site web laturballe.fr

La Turballe est une commune de l'Ouest de la France, située dans le département de la Loire-Atlantique, en région Pays de la Loire. Elle fait historiquement partie de la Bretagne.

Ses habitants s'appellent les Turballais et les Turballaises[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La Turballe est située sur le littoral de la Loire-Atlantique, sur la presqu'île guérandaise, à 7 kilomètres au nord-ouest de Guérande et à 20 kilomètres au nord-ouest de Saint-Nazaire.

La commune est traversée[2] par le ruisseau de Brandu.

Ruisseau de Brandu, marquant la limite entre les communes de La Turballe (à droite sur l'image) et de Piriac-sur-Mer.

Selon le découpage de la Bretagne fait par Erwan Vallerie, La Turballe fait partie du pays traditionnel de Brière et du pays historique du Pays nantais.


Rose des vents Piriac-sur-Mer Mesquer Saint-Molf Rose des vents
Océan Atlantique N Guérande
O    La Turballe    E
S
Marais salants de Guérande


La Turballe et ses communes limitrophes.

Le littoral[modifier | modifier le code]

La commune dispose de 11 kilomètres de plages. Le nord du port présente un aspect rocheux entrecoupé de criques. Au sud du port s'étendent de longues plages de sable longeant la « rade du Croisic », dont une partie est adossée à la dune et à la forêt de Pen Bron.

Du nord au sud, les plages de La Turballe portent les noms suivants :

  • de Piriac au port : plage de Belmont, plage de Port Creux, plage de Ker Elisabeth, plage de la Bastille
  • du port à la pointe de Pen Bron : plage des Bretons, plage de la Croix de l'Anse, plage de la Grande Falaise, plage de Pen Bron.

La plage de la Grande Falaise fait référence à l'importance d'une grande dune qui la borde à l'est, et qui est l'épine dorsale de la presqu'île de Pen-Bron. Celle-ci forme la partie sud de la commune et à son extrémité méridionale sont implantés les bâtiments du centre héliomarin, fondé à la fin du XIXe siècle et toujours en activité. Au delà, toujours en direction du sud et à environ 550 mètres du centre héliomarin, se trouve, de l'autre côté du grand traict du Croisic, le port du Croisic.


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Géographie humaine[modifier | modifier le code]

De nombreux hameaux se partagent le territoire de la commune, tels Brandu, Coispéan, Fourbihan, Kerigeole, Lauvergnac, Le Requer, Trescalan, Trévaly, Trévéré, etc.

Sites naturels[modifier | modifier le code]

Pointe de Pen-Bron 
Elle est classée zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de catégorie 1 sous la dénomination pointe de Pen-Bron, marais salants et coteaux de Guérande (38,39 km2) depuis 1991[3]. Les dunes de Pen bron sont classées espace naturel sensible[4] et intègrent le réseau Natura 2000 avec les traicts du Croisic et les marais salants de Guérande (espace de 43,76 km2)[5].


Traicts du Croisic 
Ils intégrent en 2004 le réseau Natura 2000, avec les marais salants de Guérande et les dunes de Pen-Bron[6],[7].


Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous la forme La Turballe en 1815[8].

An Turball en breton moderne[8]. (Le breton turballais a lui disparu au début du XIXème)

An Drebal est la prononciation en breton hoëdicais par R. Allanic (93 ans) en 2014, turballais, ancien de la marine marchande et né à Hoëdic. (Des enregistrements du breton d'Hoëdic (et d'ailleurs) sont disponibles sur l’excellent site de la banque sonore du breton parlé).

Selon Gildas Buron, conservateur du Musée intercommunal des marais salants, le nom du port de La Turballe pourrait provenir du latin tribulare ou tripalium, témoignant de la présence une taverne isolée ou d'un logis qui en tenait lieu et autour duquel un hameau se serait formé à la fin du Moyen Âge[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

La Turballe est érigée en commune en 1865, mais son histoire remonte à 854.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Mégalithe de Coispéan, dit le gravier de Gargantua

Des traces d'habitats, mégalithes et pierres gravées remontant à -3000 sont toujours visibles de nos jours dans les hameaux et quartiers de Brandu, Coispéan, Kevodué ou Trévaly, témoignant de la présence humaine en ces lieux dès l'ère préhistorique[9]. Puis des populations celtes venues du centre de l'Europe s'installent dans la région[10].

Antiquité[modifier | modifier le code]

La conquête romaine entraîne la structuration du pays[10]. La civilisation gallo-romaine trace les premières voies de communication, telle que la route ralliant Guérande à Piriac et passant par Bréhet, Trescalan, Lauvergnac et Saint-Sébastien. Des vestiges de villas romaines, domaines à vocation agricole, existent toujours, comme des murets en petit appareil en bordure de chemins (au lieu-dit les Grands jardins à Requer, par exemple)[9]. C'est sans doute à cette époque que les premiers marais salants de Guérande, les mines d'étain de Piriac et de cuivre de La Govelle sont créés, même si aucune preuve formelle en atteste. La Turballe, sa baie et ses environs sont mêlés à la guerre des Vénètes en 56 av. J.-C.[11]. La chute de l'empire romain entraîne l'effondrement économique et le chaos administratif[10].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

À la fin du VIe siècle, les Bretons, eux-mêmes poussés par des envahisseurs, franchissent la Vilaine pour s'implanter dans la presqu'île guérandaise (voir Waroch II). L'influence de la langue bretonne sur les toponymes de la commune est un témoin de cette période[9]. Ces nouveaux venus trouvent un pays retombé à l'état de friche. Dans le secteur de La Turballe, ils s'installent sur les hauteurs et édifient leurs maisons sur la roche granitique, épargnant ainsi les rares terres cultivables. Ils se regroupent en famille autour d'un puits, d'un four, d'un lieu de vie. Ces regroupements sont appelés hameaux ou villages, avec des noms bretons, tels que Trescalan, Fourbihan, etc. Ils relancent l'agriculture et l'exploitation des marais salants[10].

Le 15 décembre 854, les moines bénédictins de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon, alors à son apogée, se voit remettre de Pascweten, comte de Vannes, des terres de Brandu et une bôle (c'est-à-dire une dune) pour y exploiter des marais salants à Pen Bron et Trévaly[9]. Le 31 mai 859, ils reçoivent en complément un lieu sur la paroisse de Guérande pour y aménager une pêcherie. Les religieux se réservent l'encre des seiches et d'autres espèces pour fournir l'huile aux luminaires des églises[12].

La Turballe est mentionnée dans les textes comme un « écart » à partir de 1452. Un dénommé Trimau habitait ou possédait une maison[12]. Il ne s'agit pas alors d'un bourg à proprement parler mais d'un hameau côtoyant ceux de Brandu, Coispéan, Fourbihan, Kerigeole, Lauvergnac, Le Requer, Trévaly et Trescalan, étendus sur la frange littorale à l'ouest du bourg de Guérande. Le principal d'entre eux n'est pas à cette époque La Turballe, mais Trescalan, qui se situe en haut d'une côte surplombant le littoral[13].

Au Moyen Âge, Trescalan est une des six frairies de la paroisse de Guérande, avec celles de Quéniquen, Saillé, Careil, Clis et Congor. En Bretagne, la frairie est un regroupement d'habitants d'un village cimenté par un esprit communautaire. Pour faciliter la vie religieuse lorsque l'église paroissiale est éloignée, comme c'est le cas de la collégiale Saint-Aubin de Guérande, une chapelle est souvent érigée au centre de la frairie[14]. Trescalan la seule des six frairies qui sera élevée au XIXe siècle au rang de paroisse, puis de commune sous le nom du quartier portuaire de La Turballe.

Ce secteur occidental de Guérande est dominé au cours des siècles par trois seigneuries ayant droit de moyenne et basse justice et établies dans des châteaux aujourd'hui devenus des propriétés privées : Lauvergnac, Trévaly et Bréhet[11].

XVIe siècle[modifier | modifier le code]

Couronne en bronze doré à fleurs de lys incrustée de cabochons offerte en 1505 par la duchesse Anne de Bretagne à la frairie de Trescalan.

En 1505, la duchesse Anne de Bretagne devenue reine de France, qui affectionne le pays Guérandais, offre trois couronnes de mariage au semblable dessin de fleur de lys. La collégiale Saint-Aubin de Guérande est ainsi dotée d'une couronne d'or, la frairie de Saillé d'une couronne d'argent et celle de Trescalan d'une couronne de bronze doré. Les deux premières couronnes disparaissent pendant la Révolution française, celle de Trescalan existe encore. Ces couronnes coifferont les mariées du Pays Blanc pendant des siècles. À Trescalan, la tradition perdure jusque vers 1830. La couronne, aujourd'hui propriété de la commune de La Turballe, est restaurée au cours du XIXe siècle[15]. Elle est classée monuments historiques le 28 mars 1979 au titre d'objet[16],[17].

La croix de Brogard est érigée au XVIe siècle. L'acte de fondation de la chapellenie sainte Brigitte par les seigneurs de Bréhet date du 13 juillet 1512[9].

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

Costume traditionnel de Trescalan, porté par des membres de la troupe Strollad An Tour Iliz.

Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, les habitants de La Turballe et des hameaux qui la constituent se rendaient à pied aux offices religieux de Guérande, éloigné de deux lieues, par de mauvais chemins, mal entretenus. Des cas de décès de nourrissons sur le chemin qui les conduisait à leur baptême ont été relatés[13]. En 1698, à la demande des habitants, la chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde est édifiée au sommet du coteau de la frairie de Trescalan.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le moulin de Kerbroué est construit en 1746[9]. La Turballe, sa baie et ses environs sont mêlés à la bataille des Cardinaux en 1759[11]. Jusqu'à la Révolution française, Guérande, ville à laquelle La Turballe est attachée, appartient au comté de Nantes, dans la province de Bretagne[18]. À la création des départements en 1790, Guérande devient une commune du département de la Loire-Inférieure.

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Jusqu'au début du XIXe siècle, La Turballe reste le débouché sur la mer de Guérande et ravitaille la ville en poissons. Dans les années 1825, Pierre-Joseph Colin fonde la première conserverie au monde à Nantes[10]. Il a l'idée de ranger les sardines serrées les unes contre les autres dans un bain d'huile conditionnées dans des boîtes en fer-blanc, créant ainsi la technique de conserve de sardines à l'huile. Pour approvisionner son usine nantaise, il se fournit en sardines transportées par diligence suspendue, et les toutes premières sardines mises en boîtes de conserve sont ainsi pêchées à La Turballe, une première mondiale dont le petit port n'a sans doute pas eu conscience[18].

À partir de 1837, l'ouverture des conserveries de sardine directement à La Turballe dynamise les activités de pêche et entraîne un accroissement de la population[18]. L'ancien hameau de quelques feux se transforme en un port de pêche actif et une petite cité, où se côtoient marins, pêcheurs, cultivateurs, journaliers, paludiers et sauniers[9]. Le village se transforme, les habitations s'alignent le long de rues bien dessinées dans le quartier du port, tandis que les conserveries occupent les extrémités de la ville d'alors[18].

L'éclosion de l'industrie de conserverie rend indispensable la création de chemins carrossables. En 1838 s'ouvre le chemin de grande communication n°2 entre La Turballe et Juigné[18]. Le besoin de s'affranchir de la tutelle religieuse et administrative de Guérande se fait sentir.

Le 20 octobre 1847, Louis-Philippe prend une ordonnance à Saint-Cloud créant la nouvelle paroisse de Trescalan[13], à partir du regroupement des frairies de Trescalan et de Coispéan[19]. À cette époque, La Turballe n'est encore qu'un simple hameau portuaire de la commune de Guérande mais comprend déjà plus d'habitants que Trescalan[9]. En 1852, la chapelle Notre-Dame-de-la-Miséricorde, devenue trop vétuste, cède la place à l'église actuelle.

L'arrivée dans les années 1830 d'industriels venus de Nantes ou du Mans va entraîner un profond changement des mentalités. Estimant leurs intérêts mal défendus par les édiles de Guérande, ces nouveaux turballais manifestent dès le début des années 1860 leur volonté d'autonomie, sous l'impulsion d'Alfred Pellier, industriel originaire du Mans qui sera élu premier maire de la commune[19]. Les arguments mis en avant pour appuyer la demande est l'éloignement de sept kilomètres du centre administratif de Guérande, le mauvais état des routes, la paroisse de Trescalan déjà distincte de celle de Guérande et une école qui compte déjà deux cents élèves. Le préfet accepte la demande d'autonomie, allant contre l'avis des élus guérandais[10].

En dépit de soucis de santé, l'empereur Napoléon III entame un second voyage en Algérie, du 29 avril au 9 juin 1865, confiant en son absence la régence à son épouse l'impératrice Eugénie[20]. C'est donc elle qui cosigne, le , avec le ministre Eugène Rouher, le décret élevant La Turballe au rang de commune[13], rédigé dans les termes suivants :

«  Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale, Empereur des Français, à tous présenter et à venir, salut.
Avons sanctionné et sanctionnons, promulgué et promulguons ce qui suit,
Loi
Extrait du procès-verbal du Corps législatif
Le Corps législatif a adopté le projet de loi dont la teneur suit :
Art. 1er. Le territoire teinté en jaune sur le plan annexé à la présente loi, est distrait de la commune de Guérande, canton de Savenay, département de la Loire-Inférieure, et érigé en commune distincte, dont le chef-lieu est fixé au village de La Turballe et qu'en portera la nom.
Délibéré en séance publique, à Paris, le 25 avril 1865.»[10]

Deux mois après la création de la commune, le premier maire Alfred Pellier est élu[9]. Il s'occupe d'urbanisme, du tracé des routes et décide des premiers grands travaux d'aménagement du port de La Turballe[18].

Cette décision de l'empereur entre dans sa stratégie plus globale de combler le retard industriel et économique de la France par rapport à sa rivale anglaise. Pendant tout son règne, Napoléon III n'a de cesse d'accroître le réseau des chemins de fer de la France, impulse les transformations de Paris menés par le baron Haussmann, vote la loi relative à l'assainissement et de mise en culture des Landes de Gascogne, participe à la construction du canal de Suez, développe les grands magasins etc. Même en l'absence de texte en attestant formellement, l'autonomie qu'il accorde à La Turballe vise à libérer tout son potentiel de croissance économique, conformément à cet objectif[10].

L'essor des conserveries en cette fin du XIXe siècle permet sans conteste un développement rapide et précoce de La Turballe, sans commune mesure avec les localités vosines. Le faste lié à l'industrialisation du petit bourg véhicule une image positive du métier de pêcheur, qui n'est plus considéré comme une activité d'appoint[21].

XXe siècle[modifier | modifier le code]

Au début des années 1900, La Turballe est une petite ville moderne, avec l'éclairage public, des trottoirs et un bureau de poste télégraphique, avant La Baule. La commune se développe socialement et des écoles publiques accueillent les enfants des familles affluant dans la cité sardinière.

En 1906, la compagnie des chemins de fer du Morbihan inaugure la ligne partant du Rodoir à Herbignac, avant de bifurquer vers Guérande ou Saint-Nazaire. Ce petit train et sa locomotive Mina, 18 tonnes à vide, participent au désenclavement des bourg le temps de leur exploitation, de 1906 à 1947. Même si le trajet entre Le Rodoir et Guérande est six fois plus long que par la route, il permet les échanges de marchandises deux fois par jour dans les deux sens. A bord, outre les 36 places assises de passagers, on transportait des fruits de mer, de la rogue, des conserves et du poisson frais[21].

La Première Guerre mondiale cause le décès de 109 soldats originaires ou travaillant à La Turballe (100 d'entre eux ont leur nom inscrit sur le monument aux morts et 95 sur la plaque commémorative de l'église de Trescalan), soit 3,44 % de la population d'alors, qui s'élevait, selon le dernier recensement de 1911, à 2819 habitants. Ces chiffres placent La Turballe à un niveau médian comparativement aux communes voisines : Le Pouliguen perd ainsi 47 hommes, soit 2,78% de sa population, La Baule-Escoublac en perd 148, soit 5,48% de sa population. Onze soldats turballais perdent la vie dès les premiers jours du conflit, mais c'est surtout l'année 1915 qui est fatale aux recrues turballaises, avec 36 pertes dont 10 pour le seul mois de juin à la bataille des Dardanelles. Toutes les familles de la commune sont touchées : les Lemasson, Le Chatelin, Perroche et Lubert donnent deux ou trois de leurs enfants à la Patrie. 48 soldats sont tués au combat ou des suites de leurs blessures. Les autres succombent de maladie (tuberculose, grippe) ou d'accident. Si 8 décèdent à leur domicile, parfois des années après la fin du conflit, comme Emmanuel Fagault (médecin en chef et fils d'un industriel de la conserve) en 1925, 40 perdent la vie dans le nord de la France et 21 à l'étranger. L'âge moyen des appelés est de 28 ans, le benjamin étant âgé de 19 ans et le doyen de 46. La majorité sont mariés et pères de famille. Dans le civil, ils sont pour la moitié d'entre eux marins-pêcheurs (52) et sont par conséquent affectés dans la Marine, en particulier sur des cuirassés. Les autres sont affectés dans le 65e régiment d'infanterie ou le régiment d'infanterie coloniale. Ils servent majoritairement comme simples soldats ou matelots, sept sont gradés et neuf se distinguent par leur conduite, ce qui leur vaut d'être décorés de la médaille militaire et de la croix de guerre (bronze ou vermeil). Pendant quatre ans, La Turballe se vide de ses forces vives et les femmes et les anciens doivent remplacer les hommes partis sur le front. Pour les travaux des champs, on fait appel aux prisonniers russes et allemands et aux réfugiés de pays envahis[22].

Dans la période de l'entre-deux-guerres, on observe le développement du tourisme des bains de mer dès 1927[21] et l'église Sainte-Anne est construite dans le quartier du port en 1937.

Durant la Seconde Guerre mondiale, de nombreux blockhaus constitutifs du mur de l'Atlantique sont construits en bord de mer et deux autres lignes de défense s'étalent sur la commune. L'armée d'occupation procède à l'évacuation des habitants du bourg de Trescalan et installe au sommet du clocher de l'église un poste d'observation, qui perdure jusqu'à la reddition[23].

Une bombe est larguée sur la ville en 1942. On pense cependant qu'il s'agit en fait d'une erreur de la part des Anglais. Par chance, aucune victime n'est à déplorer.

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, à cause de l'existence de la Poche de Saint-Nazaire, l'occupation allemande se prolonge à La Turballe comme sur l'ensemble des localités voisines de l'estuaire durant 9 mois de plus (d'août 1944 au ), la reddition effective de la poche intervenant 3 jours après la capitulation de l'Allemagne.

Le 25 janvier 1995, le président de la République François Mitterrand s'est rendu à La Turballe pour rencontrer des marins-pêcheurs.


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1957 Jules-Alexandre Bernard    
1957 1965 Jean-Louis Trimaud    
1965 1983 Raymond Famchon    
1983 1989 Philippe Pigeon    
1989 2014 René Leroux[Note 1] PS député de la septième circonscription de la Loire-Atlantique (1997-2002)
conseiller général du canton de Guérande (1994-2001 et depuis 2006)
2014 en cours Jean-Pierre Branchereau DVD cadre du secteur privé
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le classement établi par l'Insee en 1999, la commune est urbaine, principale composante de l'agglomération de La Turballe, qui inclut Piriac-sur-Mer et Mesquer. C'est par ailleurs une commune multipolarisée entre les aires urbaines de Redon et Saint-Nazaire appartenant à l'espace urbain de Nantes-Saint-Nazaire.

La population de la commune est en augmentation presque constante depuis le recensement de 1962.

Évolution démographique[modifier | modifier le code]

La commune est créée en 1865 à partir d'un démembrement partiel de Guérande.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1866. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[24]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[25],[Note 2].

En 2014, la commune comptait 4 491 habitants, en diminution de -0,53 % par rapport à 2009 (Loire-Atlantique : 5,96 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906
2 842 2 173 2 221 2 480 2 573 2 683 2 786 2 612 2 940
1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968
2 819 2 577 2 511 2 762 2 586 1 964 2 709 2 542 2 716
1975 1982 1990 1999 2005 2010 2014 - -
2 959 3 120 3 587 4 042 4 350 4 582 4 491 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[26] puis Insee à partir de 2006[27]. Pour le recensement 2005, base Cassini de l'EHESS.)
Histogramme de l'évolution démographique

Pyramide des âges[modifier | modifier le code]

Les données suivantes concernent l'année 2013. La population de la commune est relativement âgée. Le taux de personnes d'un âge supérieur à 60 ans (41,8 %) est en effet presque le double du taux national (22,6 %) et du taux départemental (22,5 %)[28],[29],[30]. À l'instar des répartitions nationale et départementale, la population féminine de la commune est supérieure à la population masculine. Le taux (51,7 %) est du même ordre de grandeur que le taux national (51,6 %)[28],[29],[30].

Pyramide des âges à La Turballe en 2013 en pourcentage[28]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,6 
90 ans ou +
1,2 
11,7 
75 à 89 ans
14,1 
27,0 
60 à 74 ans
28,7 
19,1 
45 à 59 ans
19,3 
15,0 
30 à 44 ans
14,3 
12,3 
15 à 29 ans
9,5 
14,3 
0 à 14 ans
12,8 
Pyramide des âges de la Loire-Atlantique en 2013 en pourcentage[29]
Hommes Classe d’âge Femmes
0,4 
90 ans ou +
1,3 
5,8 
75 à 89 ans
9,1 
13,5 
60 à 74 ans
14,6 
19,6 
45 à 59 ans
19,2 
20,8 
30 à 44 ans
19,6 
19,4 
15 à 29 ans
17,7 
20,5 
0 à 14 ans
18,5 

Société[modifier | modifier le code]

Enseignement[modifier | modifier le code]

Secteur public : école Jules Verne
Secteur privé : école Sainte Marie de l'océan

Santé[modifier | modifier le code]

Le centre marin de Pen-Bron, situé sur la commune, est un établissement médical spécialisé en rééducation et réadaptation fonctionnelles. Il est établi dans un ancien hôpital pour enfants construit en 1887. Comptant 330 salariés, il est le premier employeur de la communauté d'agglomération Cap Atlantique.

Sports[modifier | modifier le code]

La commune est équipée des terrains de sport « Gaby Vallot » et de courts de tennis. Le club de plongée de la Turballe fonctionne sur le mode associatif. Société des régates de La Turballe. Elle a été aussi ville étape du Tour de Bretagne cycliste.

Économie[modifier | modifier le code]

Pêche 
Le port de La Turballe est le premier port de pêche des Pays de la Loire, avec quatre-vingt-un chalutiers, et le huitième de France en tonnage[31]. Il est le premier port de la façade atlantique pour l'anchois (7 000 tonnes par an) et la sardine, que l'on fête au mois de juillet à l'occasion de la fête de la sardine.
L'activité mobilise trois cents professionnels actifs. La pêche au chalut se pratique toute l'année, la sardine et l'anchois étant récoltés du printemps à l'automne. En dehors de ces périodes ce sont le bar, le merlu, le merluchon, la dorade, la seiche et parfois le thon qui sont récoltés.
La criée organise chaque jour, au centre marée, une vente aux enchères, du lundi au vendredi à partir de h[32]. Depuis 2011, mêmes si les ports de La Turballe et celui du Croisic possèdent une gestion commune pilotée par le département, les deux criées sont préservées mais leurs moyens techniques sont mutualisés[33].
Commerce, artisanat, services 
La commune s'est dotée d'une zone artisanale qui regroupe quarante-deux entreprises sur une superficie de huit hectares, comptant principalement des établissements liés au monde maritime et à l'artisanat. Les cent soixante autres entreprises domiciliées à La Turballe se partagent différents secteurs d'activité comme le commerce, la restauration et les services.
Tourisme 
La Turballe est également un lieu de villégiature de la Côte d'Amour et de la presqu'île guérandaise. Elle est traversée par l'itinéraire cyclable Vélocéan. Trois plages (Pen-Bron, les Bretons, Ker Elisabeth) sont labellisées « pavillon bleu » sur une dizaine de kilomètres. Son port de plaisance dispose de trois cent quarante-cinq places dont trente pour les visiteurs[31].


Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Événements[modifier | modifier le code]

  • Festival Anne-de-Bretagne : La Turballe a accueilli l'événement en juin 2006
  • Vintage Heroes Festival, festival automobile concernant les véhicules des années 1970, 1980 et 1990
  • Festi'Vent, festival sur le thème du cerf-volant
  • Fête des Jardins

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine religieux


Châteaux


Moulins
Cinéma
Patrimoine maritime
Sardinier Au Gré des Vents.
  • La maison de la Pêche : musée présentant l'histoire du port de La Turballe, l'évolution de la pêche à travers les techniques pratiquées par les marins. Exposition d'outils, de photos, de documents et de maquettes.

Linguistique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Breton de Batz-sur-Mer.

On parle breton à La Turballe à partir de la fin du VIe siècle. Le déclin du breton dans la frairie de Trescalan est déjà bien avancé au milieu du XVIIe siècle. Le breton finit par s'effacer au XVIIIe siècle au profit du gallo puis du français[9].

Emblèmes[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur à quatre sardines posées en fasce et rangées l'une sur l'autre ; au chef d'azur à cinq mouchetures d'hermine de sable.
Commentaires : Les mouchetures d'hermine évoquent le blasonnement d'hermine plain de la Bretagne, rappelant l'appartenance passée de la ville au duché de Bretagne. Blason (délibération municipale du ) enregistré le .

Devise[modifier | modifier le code]

La devise de La Turballe : Toujours plus avant.

Galerie photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Réélu en 1995, 2001 et 2008.
  2. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gentilés des communes de la Loire-Atlantique
  2. Notice du Sandre sur La Turballe, consultée le 28/08/09
  3. « Pointe de Pen-Bron, marais salants et coteaux de Guérande », Muséum national d'histoire naturelle, inventaire national du patrimoine naturel (consulté le 26 août 2009)
  4. [1]
  5. « Marais salants de Guérande, traicts du Croisic et dunes de Pen-Bron », Natura 2000 (consulté le 26 août 2009)
  6. « Marais salants de Guérande, traicts du Croisic et dunes de Pen-Bron », Natura 2000
  7. « FR5210090 - Marais salants de Guérande, traicts du Croisic, dunes de Pen Bron : ZPS », Institut national du patrimoine naturel
  8. a et b Office Public de la Langue Bretonne, « Kerofis »
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Jean-Pierre Corentin Le Pape, La Turballe : Les hommes, le terroir, la mer, Imprimeur Le Croisic, , 165 p. (ISBN 2 9508743 1 2)
  10. a, b, c, d, e, f, g et h Ouest-France, La Turballe, 150 ans entre sel et mer, cahier n°2 du mardi 23 juin 2015, par Michel Oriot, Claire Seznec, Georges Javel
  11. a, b et c La Turballe, visiter et s'évader, guide édité par Bretagne Plein Sud
  12. a et b De la dune à la ville, musée « Maison de la Pêche »
  13. a, b, c et d Le P'tit Turballais, lettre d'information de la mairie de La Turballe n°6, février - mars 2015
  14. www.ville-guerande.fr
  15. Historique de La Turballe, exposition de la Mairie des 27 et 28 juin 2015 à l'occasion des commémorations des 150 ans de la Ville
  16. Notice no PM44000568, base Palissy, ministère français de la Culture
  17. Notice no IM44000191, base Palissy, ministère français de la Culture
  18. a, b, c, d, e et f Marie Rouzeau, Du Pays de Guérande à la Côte d'Amour, éditions Palantines, coll. « Histoire et géographie contemporaines », (ISBN 2356780238)
  19. a et b Ronan Durandière, Guérande, ville close, territoire ouvert, cahier du patrimoine n°111
  20. Le P'tit Turballais, lettre d'information de la mairie de La Turballe n°9, mai - juin 2015
  21. a, b et c De la conserve à la modernité, musée La Maison de la Pêche
  22. La Turballe et le 1er conflit mondial, Maryvonne Trochet, magazine d'information de la mairie, décembre 2015
  23. Brochure La Turballe, Le guide, éditée par l'office de tourisme de La Turballe.
  24. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  25. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  26. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  27. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .
  28. a, b et c « Chiffres clés Évolution et structure de la population - La Turballe - POP T0-T3 - Population par sexe et âge en 2013 », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  29. a, b et c « Résultats du recensement de la population de la Loire-Atlantique - POP T0-T3 - Population par grandes tranches d'âges », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  30. a et b « Résultats du recensement de la population française - POP T0-T3 - Population par grandes tranches d'âges », sur insee.fr, Insee (consulté le 22 septembre 2016).
  31. a et b Le P'tit Turballais, lettre d'information de la mairie de La Turballe n°3, juillet - août 2014
  32. Site du port de pêche de La Turballe
  33. Criée et vente à distance : ce n’est qu’une question de semaines !
  34. Exposition réalisée par l'association Cinéma Atlantic les 25 et 26 juin 2015 à l'occasion des festivités des 150 ans de La Turballe
  35. www.patrimoine-maritime-fluvial.org

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]