Hermine (héraldique)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Hermine (homonymie).
 Ne doit pas être confondu avec Hermine (meuble héraldique).
D'hermine plain, qui est de Bretagne
Le Tombeau de François II, lion aux armes de Bretagne

En héraldique, l’hermine est une fourrure[1],[2] figurée par un champ d’argent[1],[2] (blanc égale gris argent) semé de mouchetures de sable[1],[2] (noires[3]).

Parfois, l'hermine désigne abusivement une moucheture seule, représentant la queue de l'hermine.

L'hermine est aussi un meuble, représentation figurative du carnassier.

Fabrication[modifier | modifier le code]

Variations dans les formes des mouchetures d'hermines
Variations dans les formes des mouchetures d'hermines.

Sur chaque animal utilisé pour la confection d’un vêtement, le bout de la queue, toujours noir, était séparé du reste de la fourrure puis placé au milieu de chacune des peaux cousues côte à côte, et fixé par trois barrettes ou agrafes disposées en croix. Ce bout de queue, orné de ces trois poins de couture, appelé « moucheture d'hermines », est devenu, sous forme stylisée, un motif héraldique[4] : moucheter de l'hermine, c'est y coudre de distance en distance de petits morceaux de fourrure noire pour représenter des sortes de petites mouches. Plus généralement, cela correspond à parsemer le vêtement obtenu de petites taches régulières de couleur autre que celle du fond.

La zibeline ou fausse hermine est un semis de mouchetures constituées simplement de la petite queue sans les points d'accroche, parsemant la doublure du manteau, le rehaut du bonnet ou de la toque[5].

Symbole héraldique[modifier | modifier le code]

Employé comme fourrure, le motif de l'hermine est stylisé comme une petite croisette haussée, aux branches disjointes et irrégulières, les trois en chef très courtes voire réduites à des points, le pied souvent patté et terminé par trois pointes[6]. La forme des mouchetures d'hermine varie selon le temps, le lieu et l'artiste qui les représente, sans que cela ait aucune signification autre qu'esthétique. Le pied est habituellement représentée avec 3 pointes. Il peut également figurer jusqu'à neuf pointes et plus rarement une seule. Cette variété de représentation s'explique parce que sur la fourrure véritable la queue d'hermine était brossée, étalant son noir de manière aléatoire sur la pelisse blanche[4].

Plusieurs caractéristiques (fourrure blanche de l'animal, couleurs héraldiques de sable et d'argent évoquant la mort et la renaissance), accentuées par la forme de « croix à racines » qu'affectent les mouchetures, en ont fait l'emblème de la pureté baptismale et, par extension, de la pureté morale. D'où son emploi fréquent comme brisure dans les armoiries des nobles voués à la cléricature. Jugée incorruptible, la fourrure orne aussi le manteau des rois, la toge des magistrats, le camail des chanoines et cardinaux[7].

Les trois représentations (fourrure, moucheture seule, meuble) sont devenues des symboles courants dans l’imagerie et l'héraldique en Bretagne (voir armoiries de la Bretagne), depuis son arrivée par le biais du blason du duc Pierre « le Mauclerc », qui l'avait ajouté aux armes de la maison de Dreux (en référence à sa brève fonction en tant que grand clerc).

Les mouchetures d’hermines sont utilisées seules ou aboutées par les points de la tête (à quatre, elles constituent une croix herminée, à cinq, une étoile herminée...)

Glossaire[modifier | modifier le code]

  • La contre-hermine désigne la fourrure opposée (de sable semé de mouchetures d’argent).
  • On nomme herminite une hermine où les mouchetures de sable sont tachetées de gueules.
  • Le terme « herminé » a des emplois très différents selon les auteurs (seul l’emploi pour croix herminée est incontesté) ; le terme contre-herminé encore plus (il n’existe même pas pour certains). En fait l’utilisation de moucheté (anciennement « tavelé ») ou de semé de mouchetures permettent de s’en passer.
  • On trouve parfois herminais pour une fourrure « d’or moucheté de sable » et péan pour son contraire « de sable moucheté d’or ». Ces termes viennent de l'héraldique anglaise et sont peu usités dans les blasonnements en français.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Exemples des blasons d'hermine

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Entrée « Hermine » dans le Dictionnaire de l'Académie française, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (sens 2, consulté le 25 mai 2016).
  2. a, b et c Définitions lexicographiques et étymologiques d'« hermine » (sens A, 2, b, β) du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 25 mai 2016).
  3. Définitions lexicographiques et étymologiques de « sable » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales (consulté le 25 mai 2016).
  4. a et b Divi Kervella, Emblèmes et symboles des Bretons et des Celtes, Coop Breizh, , p. 109.
  5. L.-A. Duhoux d'Argicourt, Alphabet et figures de tous les termes du blason, L. Joly, , p. 113.
  6. Pierre Jaillard, Les blasons. Art et langage héraldiques, Hachette Pratique, , p. 109.
  7. Gérard de Sorval, Le langage secret du blason, Albin Michel, , p. 102.