Engraulidae

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Les anchois (nom masculin[1]) ou engraulidés (Engraulidae) forment une famille de poissons dont de nombreuses espèces sont consommées par l'homme et les animaux terrestres. On les rencontre dans les océans Atlantique, Indien et Pacifique, principalement près des côtes et dans les estuaires.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Les anchois ont été consommés en Europe au moins dès le Moyen Âge, notamment salés pour en permettre la conservation ; Saint-Tropez, Fréjus, Collioure, Saint-Jean-de-Luz et Hendaye en ont été des ports spécialisés, la flotte s'étant ensuite peu à peu groupée autour du Golfe de Gascogne, pour partie française et pour partie espagnole.

L'intensification de la pêche était permise par la modernisation matérielle de la flotte (bateaux métalliques, motorisation, sondeurs, sonars, GPS, etc) qui a été la cause d’un nouveau déclin des stocks (surpêche). Le tonnage pêché et vendu est faible au regard du total de la pêche.

Europe[modifier | modifier le code]

Les espèces pêchées en Europe mesurent de 12 à 14 cm et se reproduisent de mai à septembre, avec 9 000 à 30 000 œufs, en pontes fractionnées. Elles ont une courte durée de vie, sont matures après un an. Le stock varie en fonction de la pression de pêche mais aussi d'évènements climatique, et en particulier du type d'hiver.

En Europe, ce sont l'Espagne et la France (Golfe de Gascogne, avec les flottes des ports de La Turballe (Loire-Atlantique), des Sables-d'Olonne et de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée)) qui réalisent l'essentiel des captures, les sources de Méditerranée étant en déclin de 1987 à 1989 pour ensuite beaucoup fluctuer de 1990 à 2005, avec des tonnages de 11 000 à 29 000 t/an, avec un pic en 2004 de 33 000 t). Ces fluctuations semblent notamment liées aux types d'hivers et de courants de l'adriatique[2].
En méditerranée, l'Italie absorbe près de 90% des captures d'anchois européens devant la Croatie et la Slovénie[2].

La pêche intensive puis une surpêche combinée aux aléas naturels de la reproduction de l'anchois ont provoqué une grave crise dans les années 2000 en UE. Le stock d'anchois du Golfe de Gascogne a frôlé la disparition, entraînant la fermeture de la pêcherie entre 2005 et 2010.

L'Espagne détient 90 % des droits de pêche dans cette zone. Elle a souhaité le maintien de l'interdiction de pêche, jugeant que l'état du stock est encore préoccupant. Les Espagnols consomment chaque année plus de 10 000 tonnes d’anchois, les Italiens 8 000 tonnes, les Français 5 à 6 000 tonnes.

Article détaillé : Crise de l'anchois.

Vers une gestion intégrée de cette ressource halieutique ?[modifier | modifier le code]

Selon une étude récente (2016), en complément des suivis classiques de la pêche, une étude fine des conditions océanographiques environnementales hivernales pourrait peut-être permettre de prédire l'abondance en anchois de la zone nord-Adriatique de la saison suivante, sur la base de modèles de circulation hivernale des courants riches en nutriments [2]. Selon une étude publiée en 2001, on pourrait distinguer

  1. des hivers de 'Type B' où les vents poussent les eaux hors hors de l'Adriatique avec une teneur en sel qui augmente et peu de plancton ; et
  2. des hivers de type A, où les eaux du Fleuve Pô au nord de l'Italie se répartissent dans l'Adriatique en y diminuant la salinité et permettant une explosion du phytoplancton et donc du zooplancton (nourriture des anchois)[2].

Des données océanographiques et des travaux scientifiques plus récents ont porté sur la variation de richesse en zooplancton selon les années pour la période (1977-2007, comparée à la période 1990-2004). Elle ne confirme pas de corrélation directe entre le type d'hiver et la prise annuelle, mais deux hausses du stock distinctes (en 1977 et 2004) semblent clairement liées à un hiver de type A. Selon les chercheurs, c'est grâce aux éléments nutritifs provenant des eaux douces de l'estuaire du Po qui permettent une profusion de phytoplancton, puis de zooplancton, puis d'anchois, comme entre 2005 et 2007). D'autres facteurs naturels et anthropiques sont néanmoins à étudier selon les chercheurs. Plutôt que de se rabattre sur l'aquaculture ou des interdictions, les chercheurs recommandent une « pêche intelligente », basée sur des prévisions scientifiques qui veillerait à ne pas dépasser les limites de la production biologique, ce qui nécessite des modèles mais aussi une surveillance continue du stock d'anchois, et des variations de courants éo-trophiques (courants riches en nutriments) et que les gouvernement n'incitent plus à la pêche à l'anchois durant les années favorables, et qu'il la décourage dans les années de faible stocks d'anchois[2].

Noms vernaculaires et noms scientifiques correspondants[modifier | modifier le code]

Liste alphabétique de noms vernaculaires attestés[3] en français.
Note : certaines espèces ont plusieurs noms et, les classifications évoluant encore, certains noms scientifiques ont peut-être un autre synonyme valide. En gras, l'espèce la plus connue des francophones.

Auxquels on peut ajouter :

Liste des genres et sous-familles[modifier | modifier le code]

Selon ITIS:

Selon WRMS[9] :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liste d'articles sur les poissons | Liste des animaux aquatiques d'élevage | Liste des poissons de mer utilisés en cuisine | Pissalat | Liste de spécialistes de poissons | Crise de l'anchois

Références taxonomiques[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Définitions lexicographiques et étymologiques de « anchois » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  2. a, b, c, d et e Kraus, R., Supić, N., Lučić, D. & Njire, J. (2015). Impact of winter oceanographic conditions on zooplankton abundance in northern Adriatic with implications on Adriatic anchovy stock prognosis. Estuarine, Coastal and Shelf Science, 167: 56-66. DOI: 10.1016/j.ecss.2015.10.008
  3. Attention aux appellations et traductions fantaisistes circulant sur l'Internet
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac, ad, ae, af, ag, ah, ai, aj, ak, al, am, an, ao, ap, aq, ar, as, at, au, av, aw, ax, ay, az, ba, bb, bc, bd, be, bf, bg, bh, bi, bj, bk, bl, bm, bn, bo, bp, bq, br, bs, bt, bu, bv, bw, bx, by, bz, ca, cb, cc, cd, ce, cf, cg, ch, ci, cj, ck, cl, cm, cn, co, cp et cq Nom vernaculaire français d'après Dictionary of Common (Vernacular) Names sur Nomen.at
  5. Anchois sur FishBase
  6. a, b, c et d Le nom Anchois sur FishBase
  7. a, b, c, d, e, f, g et h Nom vernaculaire en français d’après Termium plus, la banque de données terminologiques et linguistiques du gouvernement du Canada
  8. a, b, c et d Meyer C., ed. sc., 2009, Dictionnaire des Sciences Animales. consulter en ligne. Montpellier, France, Cirad.
  9. (WRMS, 2010)