Régate

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Régate de l'EDHEC aux Sables-d'Olonne

Une régate est une course de vitesse entre plusieurs bateaux, sur un parcours fermé. Le terme désigne généralement une compétition à la rame (aviron) ou à la voile (voiliers), mais il peut s'appliquer également aux bateaux à moteur (motonautisme).

Une régate se déroule sur un parcours fermé, délimité par des bouées : les concurrents doivent les contourner dans le sens défini par le comité de course.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le terme français est emprunté au vénitien regata qui signifiait « course de gondoles », avec un usage attesté en latin médiéval dans un texte de loi vénitien de 1315. L'origine de ce terme vénitien est incertaine : il dériverait soit de regattar « courir, lutter de vitesse (en bateau) » (vers 1420), soit du latin vulgaire recaptare « lutter, rivaliser »[1].

Le terme régate est attesté en français dès 1680 où il désigne encore les courses de barques sur le grand canal de Venise. Par extension, régate prend ultérieurement le sens général de « course d'embarcation, à la voile ou à l'aviron » (vers 1870)[1].

De ce nom ont dérivé le verbe régater qui signifie « participer à une régate » et le substantif régatier qui désigne un participant.

Régate à la rame[modifier | modifier le code]

Régate à la voile[modifier | modifier le code]

Il existe deux grandes catégories de régates à la voile : la « régate en flotte », la plus répandue, et le « match racing », où seulement deux navires s'affrontent. Les compétitions de longue distance en haute mer ne sont pas désignées comme des régates mais comme des courses au large.

Parcours[modifier | modifier le code]

Régate à Dún Laoghaire, Irlande.

Le parcours le plus utilisé est appelé « parcours banane » : il consiste en une ligne de depart perpendiculaire au vent (le depart se fait donc face au vent, et nécessite de louvoyer) et une bouée dans l'axe du vent. Un compte à rebours de cinq minutes est donné puis les bateaux prennent le départ au top. Ils doivent ensuite contourner la bouée au vent en la laissant à bâbord, puis éventuellement une bouée de dégagement dite de « dog leg ». Les bateaux effectuent un nombre de tours spécifié avant de passer la ligne d'arrivée. D’autres parcours tels que le parcours « côtier » (grand parcours délimité par des obstacles naturels ou des bouées de navigation), le parcours type « trapèze » ou le parcours « olympique » existent.

Départ[modifier | modifier le code]

C'est la phase la plus spectaculaire, la plus intense et d'une certaine façon la plus déterminante de la course : le multichampion olympique Paul Elvström estimait, à juste titre, qu'un départ réussi compte pour 40% dans le classement final de la course. En effet, sur un parcours de régate, le départ se fait presque toujours contre le vent, les bateaux doivent évoluer en louvoyant (alterner les bords de part et d'autre du vent, à environ 30 degrés de l'axe du vent). S'il en était autrement, les bateaux faisant route directe sur la première bouée aux allures portantes y arriveraient presque en même temps et y créeraient de problématiques embouteillages. Le départ face au vent à donc pour objectif d’éclater la flotte sur le plan d'eau et d’échelonner les virements à la bouée "au vent". Le bateau qui franchit la ligne de depart le premier navigue dans un vent non perturbé (il est donc potentiellement plus rapide) et mieux encore, il perturbe le vent des autres bateaux sous le vent moins bien partis, ce qui lui permet de creuser rapidement un écart de plusieurs longueurs. Les expériences d'un des grands théoricien de la régate, Manfred Curry, démontrent que les perturbations créées par le bateau au vent, (on parle parfois de cône de déventement) s'étendent jusqu'à une distance équivalant à cinq fois la hauteur du mât.

Ainsi placé, il peut tout à loisir choisir la route stratégiquement et tactiquement favorable (sautes de direction du vent, zones mieux ventées, contrôle des adversaires les plus menaçants au classement général...etc) sans être gêné par les adversaires.

La phase de pré-départ se compose de deux périodes : à partir du signal d'attention, marqué par un pavillon convenu (en général portant l'emblème de la série de bateaux concernés), appuyé d'un signal sonore, coup de canon ou de trompe (autrefois à -10 minutes, aujourd'hui à -5 pour accélérer les procédures) les bateaux manœuvrent pour s'assurer la place la plus favorable mais ne sont pas formellement en course : seules s'appliquent les règles de barre et de route légales (le RIPAM, Règlement de Prévention des Abordages En Mer).

A partir du signal préparatoire (autrefois à -5 minutes, aujourd'hui le plus souvent à -4) signalé par le pavillon « P » du code international des signaux (le pavillon traditionnel de partance, dit Blue Peter pour les Anglais, avec un carré blanc sur fond bleu), appuyé par un signal sonore, les bateaux sont considérés comme étant déjà en course et toutes les règles de régate, bien plus contraignantes, s'appliquent (ce qui n'empêche pas de véritables mêlées, bord contre bord, et des appels à la voix parfois sonores).

La ligne de départ est immatérielle, un alignement en principe perpendiculaire au vent entre deux bateaux ou une bouée et un bateau portant le comité de Course. Toutefois, en pratique la ligne n'est jamais parfaitement perpendiculaire au vent et une extrémité est plus favorable que l'autre pour diverses raisons : priorité , avantage au vent, ou facilité à gagner le côté supposé le plus favorable du « cadre » de parcours, le losange immatériel dont la diagonale est matérialisée par les deux premières bouées de parcours, alignées dans la direction du vent, sans être gêné par des bateaux concurrents. En pratique, durant la phase de prédépart, tous les bateaux (il peut y en avoir jusqu'à 150 ou 200 dans certaines séries populaires et disputées comme le Laser)) luttent pour une seule et même place de quelques mètres carrés. Le coup de canon du départ libère la flottille où chacun lutte pour un minime avantage qui se transforme assez vite en un écart de plusieurs longueurs pour les raisons évoquées plus haut.

Des pénalités sont prévues pour les bateaux ayant coupé prématurément le départ, une situation dite "rappel individuel", signalée par un pavillon blanc à croix bleue appuyé par un signal sonore au bateau comité.

Suivant la situation le bateau fautif peut être simplement contraint de repasser la ligne, de reprendre le départ en la contournant par l'extrémité (plus contraignant car plus chronophage) ou carrément être disqualifié, si le Comité de course a décidé d'une telle procédure (signalée par un pavillon noir), en général après plusieurs départs avortés (procédure dite du "rappel général") appliquée lorsqu'un nombre important de bateaux ont"volé le départ" sans que le Comité de course puisse identifier leurs numéros de voile.

Il existe une nette différence entre les régates en flotte avec des bateaux nombreux et le Match racing, le duel à deux bateaux rendu célèbre par la Coupe de l'America.

Dans le premier cas prendre le meilleur départ signifie couper la ligne de départ pile au signal de fin du compte à rebours, avec la vitesse maximum, et en faisant route du côté le plus favorable du plan d'eau, en prenant le meilleur sur ses adversaires directes grâce à un minime avantage de vitesse. Dans un Match racing , peu importe de couper la ligne de départ pile à l'instant du signal du moment qu'on a pu gagner un avantage tactique sur l'adversaire et le placer dans son cône de déventement ou l'obliger à une manœuvre sanctionnée par une pénalité du Jury (qui arbitre directement sur l'eau dans ce type d'épreuves). Les départs de match racing sont donc précédés par une série de feintes tactiques et de combats tournoyants, soigneusement minutés, qui évoquent un peu les duels d'avions de chasse des deux guerre mondiales.

Règles[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Règles de course à la voile.

La régate se pratique en solitaire, en double ou en équipage et sur tous types de plans d’eau : intérieurs ou en mer. Les voiliers utilisés sont divers : dériveur, planche à voile, habitable, catamaran de sport, multicoques

Lors d’une régate entre monotypes, les bateaux sont identiques, ils sont issus de la même classe ou série (par exemple Optimist, 420, 470, Grand Surprise…). De même, les voiliers de la même classe d'une même jauge de course sont considérés comme ayant des performances identiques bien que légèrement différents. Ils courent donc en temps réel. Au contraire, une régate inter-séries engage la participation de bateaux différents. Ces régates conviviales impliquent le recours aux temps compensés afin de ne pas pénaliser les bateaux les moins rapides.

En ce qui concerne les règles du jeu, les deux documents qui permettent de les établir sont les instructions de course et les règles de course. Les règles de courses forment la base réglementaire de toutes les régates. Elles sont rédigées en anglais par l’autorité internationale de la voile : l’ISAF (International Sailing Federation) qui les remet à jour tous les quatre ans. Elles sont traduites en français par la Fédération française de voile (FFV). Les instructions de course sont remises à chaque équipage lors de l’inscription et détaillent le déroulement de la régate : départ, parcours, arrivée… Elles sont propres à chaque régate.

Plusieurs comités sont présents pour encadrer chaque régate : le comité d’organisation qui est responsable au sein du club organisateur du bon déroulement de la régate, le comité de course établit le parcours et le classement et le comité de réclamation, qui est indépendant de l’organisateur, instruit et juge les réclamations.

La régate est autant un sport qu’un loisir, c’est un jeu d’adresse qui fait appel à des compétences techniques. Elle implique de trouver une stratégie en fonction des autres concurrents, du plan d’eau, des variations du vent, des effets des courants et de la mer. Elle implique aussi d’être en bonne forme physique pour effectuer notamment les virements de bords.

La régate est un excellent moyen de progresser. Les participants cherchent sans cesse à atteindre plus rapidement la ligne d’arrivée.

La maîtrise de son bateau, des notions de météo et des particularités du plan d’eau sont des conditions nécessaires pour gagner. Les régatiers disent souvent que la victoire appartient à l’équipage qui fait le moins d’erreurs possibles.

Exemples de régates à la voile[modifier | modifier le code]

Le départ style « 24 Heures du Mans » des 24 heures de la voile de Trégastel.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]