Karol Beffa

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Karol Beffa
Description de l'image Karol Beffa.jpg.
Naissance (44 ans)
Paris
Activité principale Compositeur
Style Musique contemporaine
Activités annexes Pianiste
Formation ENS Ulm
CNSMDP

ENSAE
EHESS

Karol Beffa, né le à Paris, est un compositeur, pianiste et universitaire franco-suisse, d'origine polonaise.

Parcours[modifier | modifier le code]

Fils de la linguiste Marie-Lise Beffa et du linguiste et logicien Richard Zuber[1], il est le neveu de Jean-Louis Beffa, PDG du groupe industriel Saint-Gobain de 1986 à 2007 et ancien président de l'Association pour le rayonnement de l'opéra de Paris. Il est d'abord enfant acteur dans une quinzaine de films. Il interprète notamment le jeune Mozart dans le téléfilm Mozart de Marcel Bluwal[2]. À quatorze ans, en 1988, il entre au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (CNSMP) où il obtient huit premiers prix : harmonie, contrepoint, fugue, musique du XXe siècle, orchestration, analyse, accompagnement vocal, improvisation au piano. Ayant mis entre parenthèse son cursus musical, après un parcours d'étude à l'ENS et à l'ENSAE[3], il se représente au CNSMDP. Comme il l'explique lui-même : « En terminale, j'avais été reçu au Conservatoire National Supérieur de Musique en classe d'harmonie. Bien sûr, depuis ce temps, j'avais perdu le bénéfice de l'admission mais je me suis représenté et j'ai été reçu à nouveau. À ma sortie de l'ENSAE, j'ai donc suivi un cursus plutôt atypique: CNSMDP, agrégation puis DEA de musicologie »[4]

Il est reçu premier ex æquo au concours B/L (lettres et sociales sociales) de l'École normale supérieure en 1993[5]. Il obtient une licence d'histoire, une licence de philosophie, une licence et une maîtrise d'anglais. Il est également reçu premier à l'agrégation de musique (1996)[6]. Il est diplômé du diplôme d'ingénieur statisticien de l'ENSAE et suit des cours comme visiting student en économie de l'Université de Cambridge (dans un Master of Philosophy, Mphil, en Economie) au sein de Trinity College. Il a également été visiting student en Allemagne. Il obtient en 2003 un doctorat en musicologie de l'EHESS en soutenant une thèse de doctorat portant sur les Études pour piano de György Ligeti. En novembre 2015, il soutient une habilitation à diriger des recherches.

Il mène en parallèle une carrière universitaire. Il enseigne à l'université Paris IV (1998-2003) puis à l'École polytechnique (2003-2009) et il est maître de conférences à l'ENS depuis 2004.

En 2000, il est sélectionné pour représenter la France à la Biennale des Jeunes Artistes de Turin.

En 2002, il est le plus jeune compositeur français joué au festival "Présences".

Entre 2006 et 2009, il est compositeur en résidence auprès de l’Orchestre national de Toulouse. A cette occasion, il compose Paradis artificiels, pour orchestre bois par trois, un premier Concerto pour violon (créé par Renaud Capuçon et commandé à son instigation) et un premier Concerto pour piano (créé par Boris Berezovski et commandé à son instigation).

Pour l'année académique 2012/2013, sur la proposition du mathématicien Pierre-Louis Lions, le Collège de France l'a élu à la chaire de création artistique. Depuis que cette chaire existe, il en est de loin le plus jeune titulaire[7],[8].

Sa musique peut aller vers deux directions clairement définies : « un pôle contemplatif, extatique, au rythme harmonique souvent très lent (musique de couleurs et de textures), et un pôle dynamique, d’une extrême nervosité, où la musique prend souvent la forme d’un mouvement perpétuel (musique du rythme et de l’énergie)[9]. » Dans son œuvre, Karol Beffa met fréquemment en musique des poètes : Ronsard (pour « Je n'ai plus que les os… »), Clément Marot (À une médisante, dans Babel), Virgile (Fragments de l'Enéide), Li Qingzhao (pour Fragments of China), Apollinaire, Saint Jean de la Croix (pour Nuit mystique), Gustavo Adolfo Bécquer (pour Mes heures de fièvre), Louise Labé (pour « Je vis, je meurs… »), La Fontaine (pour Le Lion et le Rat), Henri de Régnier (pour Le Miroir des heures), Rimbaud (pour Le Bateau ivre) et surtout Charles Baudelaire (La Vie antérieure, Le Port, De cartes et d’estampes…). Certaines de ses pièces s’inspirent de Rimbaud (Voyelles, Le Bateau ivre), Mishima (Le Pavillon d’or), de Kafka (Amerika, Le Château), de John Milton (Paradise Lost), de Jorge Luis Borges (Les Ruines circulaires), de Michel Tournier (Les Météores), de Kazuo Ishiguro (A Floating World). Par ailleurs, Beffa a été amené à collaborer avec des auteurs contemporains (Daniel Pennac, Minh Tran Huy, Hédi Kaddour, Olivier Dhénin…), des chorégraphes (Julien Lestel…) et plusieurs cinéastes (Stéphane Breton, Jean-Xavier de Lestrade, Mehdi Ben Attia…). Enfin, certaines de ses œuvres s’inspirent de musiques actuelles : La Vie antérieure, le Premier concerto pour piano, Blow up, Destroy, Manhattan[10]

Improvisateur, il accompagne depuis longtemps des lectures de textes[11] et des films muets. Il s'est déjà produit en compagnie de Daniel Pennac, Toni Morrison, Anne Consigny, Michael Lonsdale, Nicolas Vaude, Daniel Mesguich, Raphaël Enthoven, Pierre Jourde, les livreurs lecteurs sonores… Karol Beffa a joué et enregistré avec des musiciens de jazz : Barre Philips, Baptiste Herbin, Raphaël Imbert et Vincent Lê Quang. En décembre 2014, il est le premier pianiste au monde à avoir accompagné l'intégralité (performance de plus de six heures) de la version restaurée des Misérables d'Henri Fescourt[12].

Après sa leçon inaugurale Comment parler de musique ?[13] paraissent en 2015 un ouvrage écrit en collaboration avec le mathématicien Cédric Villani, Les Coulisses de la création[14] ; en mai 2016, une biographie de Ligeti, György Ligeti[15] ; en mars 2017, Parler, Composer, Jouer. Sept leçons sur la musique[1] ; en janvier 2018, Diabolus in opéra. Composer avec la voix[16].

Récompenses[modifier | modifier le code]

Compositeur, ses œuvres ont été jouées par des ensembles tels qu'A Sei Voci, la Maîtrise de Radio France, les Cambridge Voices, le Chœur de Tapiola, le Chœur de l'Orchestre de Paris, la Maîtrise de Notre-Dame de Paris, et par les plus grands orchestres (Orchestre Philharmonique de Radio France, Orchestre de l'Opéra de Lyon, Orchestre national des Pays de la Loire, Orchestre symphonique de Bretagne, Bayerische Kammerphilharmonie (de), Baltic Chamber Orchestra, Philharmonie de Saint-Pétersbourg, London Symphony Orchestra, Orchestre de chambre de Paris, Orchestre national d'Île-de-France, American Wind Symphony Orchestra (en), Orchestre de Paris, Orchestre national Bordeaux Aquitaine, Orchestre national de France, Deutsche Kammerphilharmonie, Orchestre symphonique de la radio slovaque...).

Mars 2006 a vu la création de La Nef des fous, une pièce par l'orchestre de Pau, sous la direction de Fayçal Karoui : c'était la première fois en France qu'une souscription était lancée auprès du public pour passer commande à un compositeur[17].

En 2013, il est compositeur de l'année aux Victoires de la musique classique.

En 2016, il remporte le Grand Prix Lycéen des Compositeurs ainsi que le prix décerné par les professeurs de musique de ce même concours.

En 2017, il remporte le Grand Prix de la musique symphonique de la SACEM pour l'ensemble de sa carrière[18].

En 2018, il est compositeur de l'année aux Victoires de la musique classique.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Discographie[modifier | modifier le code]

En tant qu'interprète[modifier | modifier le code]

  • 2008 : Improvisations, Intrada improvisations en piano solo, enregistré en public à l'IRCAM
  • 2008 : Masques, Mirages, avec Johan Farjot, Triton
  • 2011 : Songs, Ensemble Contraste, Contraste/Naïve
  • 2013 : Bach transcriptions, Ensemble Contraste, La dolce volta
  • 2013 : Alcools, suivi de Le Bestiaire, improvisations par Karol Beffa (Apollinaire lu par Bernard Métraux), Gallimard
  • 2014 : Miroir(s), par Karol Beffa, Johan Farjot, Raphaël Imbert et Arnaud Thorette, Naïve arrangements de Purcell, Bach, Mozart, Erik Satie, Karol Beffa, Johan Farjot, Raphaël Imbert
  • 2015 : Libres, par Karol Beffa et Raphaël Imbert, JazzVillage/Harmonia Mundi
  • 2015 : Into the Dark : Concerto pour alto, Concerto pour harpe, Nuit obscure, Dédale, avec Johan Farjot, Arnaud Thorette, Karine Deshayes, Emmanuel Ceysson, Aparte[19],[20]
  • 2016 : Tous en cœur, ensemble Contraste
  • 2016 : Blow Up, musique de chambre avec vents, Indesens avec également les interprétations de l'Orchestre de la Garde républicaine dir. par Sébastien Billard, Éric Aubier, Vincent Lucas, le quatuor Jean-Yves Fourmeau, l'ensemble Initium...
  • 2017 : Le Roi qui n'aimait pas la musique : conte musical, texte de Mathieu Laine, par Renaud Capuçon (violon), Edgar Moreau (violoncelle), Paul Meyer (clarinette) et Karol Beffa (piano), livre-disque Gallimard jeunesse

En tant que compositeur[modifier | modifier le code]

Est noté le nom du disque, puis le nom des compositions de Karol Beffa apparaissant sur ce disque.

  • 2005 : Inventions : Masques I et II, par Renaud et Gautier Capuçon, Virgin Classics
  • 2006 : Dutilleux : Sonate – Beffa : 6 études, Voyelles pour piano, par Lorène de Ratuld, Ame Son
  • 2006 : Debussy en miroir : Trois Études pour piano, par Dana Ciocarlie, Triton
  • 2006 : Tenebrae  : Metropolis, par Arnaud Thorette, et Johan Farjot, Accord/Universal
  • 2008 : Masques : Les ombres qui passent, Mirages, Supplique, Manhattan, Masques 1 & 2, Milonga, ensemble Contraste et Karol Beffa, Triton
  • 2008 : Duo Romain Leleu et Julien Le Pape : Subway, par Romain Leleu et Julien Le Pape, Indesens
  • 2008 : Après une lecture de Bach..., par Marina Chiche, Intrada
  • 2008 : Anneleen Lenaerts : Éloge de l’ombre, par Anneleen Lenaerts, Egon Records
  • 2009 : Bachianas et transcriptions : Erbarme dich, par David Bismuth, Ame Son
  • 2010 : Fantasy : Buenos Aires, Feeling Brass quintet, Aparte
  • 2012 : L’œil du Loup, un livre-disque Gallimard, avec l'Orchestre de chambre de Paris (texte de Daniel Pennac)
  • 2013 : Ground IV : Feux d’artifice, par le Quatuor de clarinettes Vendôme, Indesens
  • 2014 : [R]évolution : Suite pour piano, par Vanessa Benelli Mosell, Decca
  • 2014 : Saxophone Conversations : Obsession, par Alicja Wolynczyk, DUX
  • 2015 : Trumpet concertos : Concerto pour trompette et cordes, par Romain Leleu (trompette), Orchestre d’Auvergne, dir. Roberto Forés Veses, Aparte
  • 2015 : French touch : Five o'clock, par le Klarthe Quintet, Klarthe
  • 2015 : Into the Dark : Concerto pour alto, Concerto pour harpe, Dark, Nuit obscure, Dédale, avec Johan Farjot, Arnaud Thorette, Karine Deshayes, Emmanuel Ceysson et Karol Beffa, Aparte[19],[20]
  • 2016 : Blow Up, musique de chambre avec vents, : Blow up, Éloge de l'ombre, Paysages d'ombres, Subway, Concerto pour trompette, Feux d'artifice", Indesens avec l'Orchestre de la Garde républicaine dir. par Sébastien Billard, Éric Aubier, Vincent Lucas, le quatuor Jean-Yves Fourmeau, l'ensemble Initium...
  • 2017 : Itinérances musicales : Concerto pour trompette, par Guy Touvron, Ligia Digital
  • 2017 : Pulse : Les Météores, par le quatuor Eclisses, La Advitam Records
  • 2017 : Le Roi qui n'aimait pas la musique : conte musical, texte de Mathieu Laine, par Renaud Capuçon (violon), Edgar Moreau (violoncelle), Paul Meyer (clarinette) et Karol Beffa (piano), livre-disque Gallimard jeunesse

Publications[modifier | modifier le code]

  • Comment parler de musique ?, Fayard/Collège de France, 2013
  • Les Coulisses de la création (avec Cédric Villani), Flammarion, 2015, réédition "Champs-Flammarion", 2017
  • György Ligeti, Fayard, 2016 (Prix René-Dumesnil de l'Académie des Beaux-Arts, Grand Prix des Muses-France musique)
  • Les Nouveaux chemins de l'imaginaire musical (dir.), Collège de France, 2016
  • Parler, Composer, Jouer. Sept leçons sur la musique, Seuil, 2017
  • Co-auteur de Sept voix sur le bonheur, éditions des Équateurs, 2017
  • Diabolus in opéra. Composer avec la voix, Alma, 2018
  • Par volonté et par hasard. Théorie et pratique de la création musicale, "Itinéraires", éditions de la Sorbonne, 2018

Carrière d'acteur[modifier | modifier le code]

Karol Beffa a eu une carrière d'enfant-acteur, entre 1981 (7 ans) et 1989 (14 ans). Depuis, il a joué des rôles secondaires dans quelques productions.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

À la télévision[modifier | modifier le code]

Au théâtre[modifier | modifier le code]

À l’opéra[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Robert Maggiori, « Karol Beffa, une pensée au diapason », Libération.fr,‎ (lire en ligne)
  2. Bit Behind, « TV Drama "Mozart" Japanese sub (1/6) »,‎ (consulté le 24 septembre 2017)
  3. Marie-Laure Delorme, De bons élèves : École normale supérieure vue de l'intérieur, Stock, , 320 p. (ISBN 9782234080225, lire en ligne).
  4. Hugo Hanne, « Interview de Karol Beffa, dans Variances no 21 », sur ensae.org, (consulté le 18 octobre 2017).
  5. « ADMISSION AUX GRANDES ÉCOLES Ecole normale supérieure (Ulm) (par ordre de mérite) », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  6. « Agrégations », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  7. Création artistique - Collège de France.
  8. « Le pianiste Karol Beffa nommé au Collège de France » sur causeur.fr.
  9. « Karol Beffa, "Janus" de la musique » (consulté le 30 décembre 2015)
  10. « Karol Beffa, “Janus” de la musique », sur I K O N E S S, (consulté le 12 juillet 2016)
  11. « Rencontre avec Karol Beffa, compositeur ♪ ♫ », sur Festival Livres en Tête (consulté le 30 décembre 2015)
  12. « Les Misérables au TNT : l'émotion d'une restauration ».
  13. Fayard/Collège de France, 2013.
  14. Cédric Villani et Karol Beffa, Les Coulisses de la création, Paris, Flammarion, 2015 (ISBN 2081362465).
  15. Etienne Anheim, « Karol Beffa, homme-orchestre », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  16. « Tutto nel mondo è Beffa | Forum Opéra », sur www.forumopera.com (consulté le 4 mars 2018)
  17. « pochette de CD Mirare »
  18. « Grands Prix Sacem 2017 », sur societe.sacem.fr, (consulté le 2 mars 2018).
  19. a et b « CD. Karol Beffa : into the dark (Constraste, 1 cd Aparté 2013) | Classique News », sur www.classiquenews.com (consulté le 18 juillet 2016)
  20. a et b « BEFFA - Into the Dark Aparte AP108 [BBa] Classical Music Reviews: February 2016 - MusicWeb-International », sur www.musicweb-international.com (consulté le 18 juillet 2016).
  21. Lino Ventura et Elizabeth Bourgine, « La 7ème cible », Gaumont (consulté le 18 juillet 2016)
  22. Marcel Bluwal, « Mozart », Koba Films (consulté le 18 juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Cité dans Être compositeur, être compositrice en France au XIXe siècle, Éric Tissier, L'Harmattan, 2009
  • Portrait détaillé dans De bons élèves, Marie-Laure Delorme, Stock, 2015
  • Cité dans Remèdes à la mélancolie, Eva Bester, Autrement, 2016
  • « K comme Karol...Beffa : l'instant vital de la création » in Improvisation so piano, Jean-Pierre Thiollet, Neva Éditions, 2017, p. 70-73. ISBN 978-2-35055-228-6

Liens externes[modifier | modifier le code]