Philippe Manoury

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Philippe Manoury
Description de cette image, également commentée ci-après
Philippe Manoury en 2004

Naissance (66 ans)
Tulle, Drapeau de la France France
Activité principale compositeur
Style musique contemporaine, musique électroacoustique, musique mixte

Œuvres principales

  • K…

Philippe Manoury, né le à Tulle en Corrèze, est un compositeur français de musique contemporaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

À neuf ans, il commence la musique et se met rapidement à composer. Il se forme auprès de Gérard Condé, qui lui fait découvrir les grandes partitions classiques et romantiques et l'École de Vienne, puis à l'École normale de musique de ParisMax Deutsch, élève d'Arnold Schönberg, dispense son enseignement. Les œuvres de Karlheinz Stockhausen, de Pierre Boulez et de Iannis Xenakis deviendront ses références principales. Il entre ensuite au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où enseignent le compositeur croate Ivo Malec et Michel Philippot. Il suit également la classe d’analyse de Claude Ballif. Manoury prend ensuite des cours de composition assistée par ordinateur avec Pierre Barbaud à partir de 1975 et, en 1980, il rejoint l'IRCAM. L'informatique musicale devient un outil fondamental dans son travail de composition.

À cette époque Philippe Manoury commence à collaborer avec Miller Puckette, qui travaille également à l'IRCAM. De cette collaboration va naître notamment le cycle Sonus ex-machina, et la pièce Pluton, créé grâce au logiciel Max msp (permettant le suivi de partition) que développe alors Miller Puckette.

À dix-neuf ans, ses œuvres sont déjà jouées dans les principaux concerts et festivals de musique contemporaine. De 1978 à 1981, il vit au Brésil et y donne des conférences dans les universités. En 1988, sa pièce Jupiter lui vaut le prix SACEM de la meilleure création contemporaine.

Philippe Manoury est professeur à l'université de Californie à San Diego (UCSD), de 2004 à 2012. Il y enseigne la composition et l'analyse musicale. À cette occasion, il fait la une de l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur expliquant les raisons, essentiellement économiques, de son départ pour cette université[1]. Il émet cependant des réserves sur les motivations de ses étudiants qui semblent plus tournées vers l'enseignement que vers la composition, et sur le fonctionnement des universités américaines qui sont comme un réseau « de monastères du Moyen Âge[2] ». De retour en France, il est professeur de composition au conservatoire de Strasbourg[3] depuis janvier 2013. En 2015, il fonde sa propre académie de composition à l'intérieur du festival Musica à Strasbourg.

Les œuvres de Philippe Manoury abordent tous les genres, musique vocale, musique de chambre, musique soliste, musique d'ensemble, musique électronique, musique pour grand orchestre et opéra. Il travaille actuellement sur 2 grands projets :

  • La Trilogie Köln : cycle de 3 pièces pour très grand orchestre spatialisé destiné à la salle de la Philharmonie de Cologne (Allemagne) dont la création a couvert la période 2016-2019.
  • Kein Licht : œuvre théâtrale et musicale d'après un texte d'Elfriede Jelinek, dans une mise en scène de Nicolas Stemann, dont la création a eu lieu le 31 août 2017 à la Ruhrtriennale, et dans plusieurs grandes villes européennes (Paris, Strasbourg, Berlin, Zagreb, Luxembourg…) à l'automne 2017.

Philippe Manoury est membre de l'Académie des arts de Berlin.

Il occupe la chaire de Création artistique du Collège de France pour la saison 2016/2017 et tient sa leçon inaugurale, "L’invention de la musique", le 26 janvier 2017.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Sonate pour deux pianos
  • 1974 : Cryptophonos pour piano
  • 1978 : Numéro huit
  • 1985 :
    • Petit Aleph
    • Quatuor à cordes
    • Trio à cordes, Gestes
    • Le Livre des claviers
    • Passacaille pour Tokyo
  • 1987 : Jupiter pour flûte et électroniques
  • 1988 : Pluton pour piano et électroniques
  • 1989 :
    • La Partition du ciel et de l'enfer pour flûte, deux pianos, orchestre et électronique
    • Solo pour vibraphone
    • Xanadu
  • 1990 : Zeitlauf pour voix et bande magnétique
  • 1991 : Neptune pour trois percussionnistes et électroniques
  • 1992 :
  • 1996 : Ultima
  • 1997 :
  • 1998 : Toccata pour piano
  • 1999 : Sound and Fury
  • 2000-2001 :
    • K…, opéra en douze scènes, pour voix solistes, orchestre et électronique en temps réel
    • En écho
  • 2003 : La Frontière, opéra de chambre pour 6 chanteurs, 9 musiciens et électronique
  • 2005 : On-Iron, événement scénique multimédia pour 4 chanteurs, chœur de chambre, une percussion et électronique
  • 2007 : Abgrund pour grand orchestre
  • 2008 : Terra ignota in memoriam Karlheinz Stockhausen pour piano et orchestre de chambre
  • 2011 : La Nuit de Gutenberg, opéra en un prologue et douze tableaux
  • 2013 :
    • Zones de turbulences, concerto pour deux pianos
    • In situ pour grand orchestre spatialisé
  • 2014 : Le temps, mode d'emploi, pour deux pianos et électronique
  • 2017: Kein Licht, Thinkspiel pour acteurs, chanteurs, musiciens et musique électronique en temps réel

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Petit Aleph, chez Adda (1988)
  • Quatuor à cordes, chez M.F.A./Harmonia Mundi
  • Le Livre des claviers, chez Philips Classic
  • Jupiter et La partition du Ciel et de l'Enfer, chez M.F.A./Adès
  • Zeitlauf, chez M.F.A./Erato (1990)
  • 60e Parallèle, chez M.F.A./Naxos (1997)
  • En écho et Neptune, chez Accord (1998)
  • La Musique de chambre, chez Accroche note (2007)

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Pourquoi je pars », par Jacques Drillon dans Le Nouvel Observateur no 2064 du 27 mai 2004.
  2. Musicien en fugue dans Le Monde du 28 décembre 2009
  3. Site du conservatoire de Strasbourg (consulté le 19 février 2014).
  4. Aurélie Filippetti, « Arrêté du 16 janvier 2014 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres », sur le site du ministère de la Culture et de la Communication, (consulté le 6 octobre 2014).

Liens externes[modifier | modifier le code]