Philippe Manoury

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Philippe Manoury
Description de cette image, également commentée ci-après
Philippe Manoury en 2004

Naissance (69 ans)
Tulle, Drapeau de la France France
Activité principale compositeur
Style musique contemporaine, musique électroacoustique, musique mixte

Œuvres principales

  • K…

Philippe Manoury, né le à Tulle en Corrèze, est un compositeur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

À neuf ans, il commence la musique et se met rapidement à composer. Il se forme auprès de Gérard Condé, qui lui fait découvrir les grandes partitions classiques et romantiques et l'École de Vienne, puis à l'École normale de musique de ParisMax Deutsch, élève d'Arnold Schönberg, dispense son enseignement. Les œuvres de Karlheinz Stockhausen, de Pierre Boulez et de Iannis Xenakis deviendront ses références principales. Il entre ensuite au Conservatoire national supérieur de musique de Paris, où enseignent le compositeur croate Ivo Malec et Michel Philippot. Il suit également la classe d’analyse de Claude Ballif. Manoury prend ensuite des cours de composition assistée par ordinateur avec Pierre Barbaud à partir de 1975 et, en 1980, il rejoint l'IRCAM. L'informatique musicale devient un outil fondamental dans son travail de composition.

À cette époque Philippe Manoury commence à collaborer avec Miller Puckette, qui travaille également à l'IRCAM. De cette collaboration va naître notamment le cycle Sonus ex-machina, et la pièce Pluton, créé grâce au logiciel Max/MSP (permettant le suivi de partition) que développe alors Miller Puckette.

À dix-neuf ans, ses œuvres sont déjà jouées dans les principaux concerts et festivals de musique contemporaine. De 1978 à 1981, il vit au Brésil et y donne des conférences dans les universités. En 1988, sa pièce Jupiter lui vaut le prix SACEM de la meilleure création contemporaine.

Philippe Manoury est professeur à l'université de Californie à San Diego (UCSD), de 2004 à 2012. Il y enseigne la composition et l'analyse musicale. À cette occasion, il expose dans un entretien accordé à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur les raisons, essentiellement économiques, de son départ pour cette université[1]. Il émet cependant des réserves sur les motivations de ses étudiants qui semblent plus tournées vers l'enseignement que vers la composition, et sur le fonctionnement des universités américaines qui sont comme un réseau « de monastères du Moyen Âge[2] ». De retour en France, il est professeur de composition au conservatoire de Strasbourg[3] depuis . En 2015, il fonde sa propre académie de composition à l'intérieur du Festival Musica à Strasbourg.

Les œuvres de Philippe Manoury abordent tous les genres, musique vocale, musique de chambre, musique soliste, musique d'ensemble, musique électronique, musique pour grand orchestre et opéra. Il travaille actuellement sur 2 grands projets :

  • La Trilogie Köln : cycle de 3 pièces pour très grand orchestre spatialisé destiné à la salle de la Philharmonie de Cologne (Allemagne) dont la création a couvert la période 2016-2019.
  • Kein Licht : œuvre théâtrale et musicale d'après un texte d'Elfriede Jelinek, dans une mise en scène de Nicolas Stemann, dont la création a eu lieu le à la Ruhrtriennale, et dans plusieurs grandes villes européennes (Paris, Strasbourg, Berlin, Zagreb, Luxembourg…) à l'automne 2017.

Philippe Manoury est membre de l'Académie des arts de Berlin.

Il occupe la chaire de Création artistique du Collège de France pour la saison 2016/2017 et tient sa leçon inaugurale, « L’invention de la musique », le . La même année, sur la demande d'Irvine Arditti, il décide de compléter le Livre pour quatuor à cordes de Pierre Boulez dont le quatrième mouvement était resté inachevé. L'œuvre est doublement créée, avec l'aide de Jean-Louis Leleu, le à la Pierre Boulez Saal à Berlin par le Quatuor Arditti et à la Philharmonie de Paris par le quatuor Diotima[4].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Composition[modifier | modifier le code]

  • 1972 : Sonate pour deux pianos
  • 1974 : Cryptophonos pour piano
  • 1978 : Numéro huit
  • 1981 : Zeitlauf pour voix et bande magnétique
  • 1985 :
    • Petit Aleph
    • Quatuor à cordes
    • Trio à cordes, Gestes
    • Le Livre des claviers
    • Aleph, pour 4 voix, clarinette basse, piano et 4 groupes d'orchestre
  • 1987 : Jupiter pour flûte et électroniques
  • 1988 : Pluton pour piano et électroniques
  • 1989 :
    • La Partition du ciel et de l'enfer pour flûte, deux pianos, orchestre et électronique
    • Le livre des claviers, pour 6 percussions
    • Xanadu, pour soprano et clarinette
  • 1991 : Neptune pour trois percussionnistes et électroniques
  • 1992 :
  • 1993 :
    • Pentaphone cinq pièces pour orchestre
    • En écho, pour soprano et électronique
  • 1994 : Passacaille pour Tokyo pour piano et ensemble
  • 1996 : Ultima, pour clarinette, violoncelle et piano
  • 1997 :
    • 60e Parallèle, un opéra avec électronique
    • Last, pour marimba et clarinette basse.
  • 1998 :
    • Toccata pour piano
    • Fragments pour un portrait, 7 pièces pour ensemble
  • 1999 : Sound and Fury pour grand orchestre
  • 2000-2001 :
    • K…, opéra en douze scènes, pour voix solistes, orchestre et électronique en temps réel
  • 2002 :
    • La ville (... première sonate...), pour piano
    • Slova pour chœur de chambre
  • 2003 :
    • Fragments d'Héraclite, pour chœur de chambre
    • Noon, pour soprano, chœur, électronique et grand orchestre
  • 2004 : Blackout, pour mezzo et ensemble
  • 2005 : On-Iron, événement scénique multimédia pour 4 chanteurs, chœur de chambre, une percussion et électronique
  • 2005 :
    • Strange Ritual, pour ensemble
    • Identité remarquables, pour ensemble
    • Instant pluriels, pour 2 ensembles
  • 2006 :
    • Partita I, pour alto et électronique
    • Trakl gedichte pour chœur de chambre
  • 2007 :
    • Abgrund pour grand orchestre
    • Cruel Spirals pour soprano et ensemble
  • 2008 :
    • Terra ignota in memoriam Karlheinz Stockhausen pour piano et orchestre de chambre
    • Veränderungen (... deuxième sonate...), pour piano
    • Missa obscura pour 5 voix d'hommes
  • 2009 : Gesänge-Gedenken, pour mezzo et ensemble
  • 2010 : Stringendo (premier quatuor à cordes)
  • 2010 : Tensio (deuxième quatuor à cordes avec électronique)
  • 2011 :
    • La Nuit de Gutenberg, opéra en un prologue et douze tableaux
    • Hypothèse du sextuor, pour flûte, clarinette, percussion, piano, violon et violoncelle
    • Rêve, orchestration du mouvement lent de la Première suite d'orchestre de Claude Debussy
    • Bagatelles, 6 courtes pièces pour piano
    • Echo-Diamonon, pour piano, électronique et orchestre
  • 2012 :
    • Partita II, pour violon et électronique
    • Illud etiam, pour soprano et électronique
  • 2013 : Melencolia (troisième quatuor à cordes)
    • Zones de turbulences, concerto pour deux pianos et orchestre
    • In situ pour grand orchestre spatialisé
    • Melencolia-Figuren, pour quatuor à cordes et orchestre
  • 2014 :
    • Le temps, mode d'emploi, pour deux pianos et électronique
    • Trauermärsche, pour ensemble
    • Geistliche Dämmerung, pour chœur de chambre
    • Silo, pour flute en sol et alto
  • 2015 :
    • 6 études, pour piano
    • Fragmenti (quatrième quatuor à cordes)
    • Bref aperçu sur l'infini, pour violoncelle et orchestre
    • Chaconne, pour violoncelle (avec bourdon obligé)
  • 2016 :
    • Ring, pour grand orchestre spatialisé
    • B-Partita, pour violon, électronique et ensemble
    • États d'alerte, pour 2 percussions et orchestre
  • 2017:
    • Kein Licht, Thinkspiel pour acteurs, chanteurs, musiciens et musique électronique en temps réel
    • Passages, pour clarinette et orchestre
    • Quasi una ciacona, pour alto solo
  • 2018 : Saccades, pour flûte et orchestre
  • 2019 :
    • Lab.Oratorium, pour 2 acteurs, 2 chanteuses, 2 chœurs, électronique et grand orchestre spatialisé
    • Zwei Hunderte später (über eni Waltz von Anton Diabelli), pour piano
  • 2020
    • Anticipations, pour grand orchestre spatialisé
    • Erinnerungen, pour ensemble
    • Fanfare, pour 4 cors, 4 trompettes, 4 trombones et 1 tuba
    • Trois miniatures, pour flûte, celesta et quatuor à cordes
    • Mouvements, pour piano et ensemble
    • Kein Licht Suite, pour mezzo et ensemble
    • Argumenta, pour deux percussions
    • Soubresauts, pour flute seule
    • Skala, musique électronique en temps réel
    • Das Wohlprëparierte Klavier (... troisième sonate...), pour piano et électronique

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

  • Petit Aleph, chez Adda (1988)
  • Quatuor à cordes, chez M.F.A./Harmonia Mundi
  • Le Livre des claviers, chez Philips Classic
  • Jupiter et La partition du Ciel et de l'Enfer, chez M.F.A./Adès
  • Zeitlauf, chez M.F.A./Erato (1990)
  • 60e Parallèle, chez M.F.A./Naxos (1997)
  • En écho et Neptune, chez Accord (1998)
  • La Musique de chambre, chez Accroche note (2007)

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prix[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Pourquoi je pars », par Jacques Drillon dans Le Nouvel Observateur no 2064 du 27 mai 2004.
  2. Musicien en fugue dans Le Monde du 28 décembre 2009
  3. Site du conservatoire de Strasbourg (consulté le 19 février 2014).
  4. [1]
  5. Aurélie Filippetti, « Arrêté du 16 janvier 2014 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres », sur le site du ministère de la Culture et de la Communication, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]