Jules Chaplain

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Jules Chaplain
JC Chaplain gravant.jpg
Jules Clément Chaplain gravant
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Jules-Clément Chaplain, dit Jules Chaplain, né à Mortagne-au-Perche (Orne) le et mort à Paris le , est un sculpteur, médailleur, dessinateur et lithographe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jules Chaplain, photographie anonyme.

Jules Clément Chaplain naît du mariage de Jean-Pierre Ferdinand Chaplain, boulanger rue de Bellême à Mortagne, et de Joséphine Lazarine Nourry[1]. Élève à l'École des beaux-arts, il reçoit l'enseignement de Jouffroy et d'Eugène-André Oudiné[2].

Lauréat du prix de Rome en gravure de médaille et pierre fine en 1863, avec un premier grand prix grâce à une médaille Bacchus faisant boire une panthère et pierre fine gravée d'une Tête de Mercure antique, Chaplain est pensionnaire de la villa Médicis de 1864 à 1867[3]. En 1870, il est avec l'archéologue helléniste Albert Dumont (1842-1884) missionné par le ministère de l'instruction publique pour l'étude et la recherche d'origine des vases grecs peints. Ce n'est qu'après la guerre franco-allemande de 1870, où les deux hommes s'engagent dans les ambulanciers, qu'ils entreprennent ces travaux qui sont assortis d'une mission qu'ils effectuent en Grèce, en Albanie et en Dalmatie[4] et qu'ils rapporteront par des publications dans le Journal des savants en 1872 et 1873[5] : « dans une étroite et féconde collaboration, évoque Raymond Poincaré, les deux amis ont étudié tous les anciens vases, hydries et lécythes, coupes et amphores, cratères et canthares, et Chaplain les a fidèlement reproduits dans les planches où s'exprime son respect religieux de la beauté antique »[6].

En 1874, Jules Chaplain épouse Marie-Louise Dumont (1853-1922)[1], sœur cadette d'Albert. Les quatre enfants qui naîtront à la suite de l'aîné, Paul mort en bas âge, sont Louise (1877-1951), Marcel (1879-1966), Suzanne (1882-1908) et Maurice (1884-1886), dont les quatre profils apparaissent ensemble sur la médaille que l'artiste réalise en 1886. « Issue du domaine intime et d'abord destinée à rester dans le cercle familial », la médaille que Jules Chaplain signe en son centre, comme pour « placer le père au cœur de la fratrie », n'en sera pas moins exposée au Salon de 1886 à côté des effigies de Paul Baudry, Jean-Léon Gérôme, Christakis Zografos (en) et Victor Hugo[7].

Jules Chaplain est reçu à l'Académie des beaux-arts en 1881 et nommé directeur de la Manufacture de Sèvres en 1895.

Graveur reconnu et admiré à la fin du XIXe siècle pour ses séries de médailles - « minuscules morceaux de métal transmettant bien des messages ou des émotions, et racontant maintes histoires »[8] - il passe à la postérité surtout pour la gravure des pièces de 10 et 20 francs-or du système monétaire français qui sont frappées de 1899 à 1914. Il réalise des médailles pour l'Exposition universelle de 1867, l'exposition universelle de 1878 et pour l'exposition universelle de 1900. Son atelier se trouve rue Mazarine[6].

Le louis ou napoléon de la Troisième République représenté ci-contre présente au droit une tête de Marianne coiffée du bonnet phrygien et couronnée de feuilles de chêne. Au revers, le coq et la devise « Liberté - Égalité - Fraternité ». La guerre de 1914 aura raison du système du franc germinal.

Il a aussi conçu la composition reprise par Robert Louis pour les armoiries officieuses de la République française[9].

Mort le , Jules Chaplain est inhumé le 16 juillet à Paris au cimetière du Montparnasse, dans la 18e division[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sculpture et monument[modifier | modifier le code]

Tombe de Jules Chaplain, Paris, cimetière du Montparnasse.

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Plaquette en bronze[modifier | modifier le code]

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Médaille[modifier | modifier le code]

Albert Aicard, 1889

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Monnaie[modifier | modifier le code]

20 francs or (1907)
  • Pièces de 10 et 20 francs or (1899-1914).

Timbre[modifier | modifier le code]

  • Dessin pour le projet de remplacement des timbres-poste Cérès (2e prix au concours gagné par Sage, retenu pour timbres téléphone de 1885), 1875, L'Adresse Musée de La Poste, Paris[36].

Dessin[modifier | modifier le code]

Bibliophilie[modifier | modifier le code]

  • Discours et plaidoyers de Léon Gambetta avec une notice biographique par Joseph Reinach, édition ornée du médaillon de Gambetta par Jules-Clément Chaplain, Paris, G. Charpentier et Cie éditeurs, 1883.

Expositions[modifier | modifier le code]

Réception critique[modifier | modifier le code]

« Chaplain fut l'un des premiers maîtres de l'école nouvelle, il en est resté avec Roty, le plus vénéré au point que ces deux noms seuls ont paru longtemps résumer toute la médaille française… L'œuvre de Chaplain est imposant par le nombre comme par une qualité à peu près indéfectible : c'était un maître. Qui ne lui doit point ? Est-il besoin de citer ses portraits célèbres de Jules Ferry, de Gréard, de Casimir-Perier, de Garnier, du duc d'Aumale, et tant d'autres. Chaplain tout en restant lui-même, a un génie assez accompli pour s'adapter chaque fois à son modèle, pour composer l'attitude, le volume même de ses personnages selon le caractère qu'il veut rendre dominant. »

— Jean Babelon, La Médaille en France, Paris, Libraire Larousse, Collection « Arts, styles et techniques », 1948, p.112.

Élèves[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Une rue de Paris porte son nom dans le 6e arrondissement.
  • À Mortagne-au-Perche, une rue porte son nom, et le Monument à Jules-Clément Chaplain, œuvre de Denys Puech, est inauguré le dans les jardins de l’hôtel de ville[39].
  • Une exposition consacrée à ses œuvres a été inaugurée le à Mortagne-au-Perche.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Alain Garric, Jules-Clément Chaplain, Geneanet
  2. Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.3, page 479.
  3. a b c et d « Jules-Clément Chaplain », Une semaine, une médaille !, n°12, 21 novembre 2016
  4. Études réunies par Michel Gras et Olivier Poncet, Construire l'institution : l'École française de Rome, 1873-1895, Éditions de l'École française de Rome, 2015.
  5. Albert Dumont et Jules Chaplain, « Les vases peints de la Grèce propre », Le journal des savants, septembre-décembre 1872 et août-septembre 1873.
  6. a b et c Raymond Poincarré de l'Académie française, éloge de Jules Chaplain prononcé lors de l'inauguration du monument à sa mémoire le 4 décembre 1910, archives de l'Académie française
  7. a et b Katia Schaal, « Mes enfants », par Jules-Clément Chaplain, Institut national d'histoire de l'art, 2017
  8. Stéphane William Gondoin, « Jules Chaplain - Passion médaille(s).... olympique(s) ! », Patrimoine normand n°104, janvier-février-mars 2018.
  9. Hervé Pinoteau, Le chaos français et ses signes, 1998, p. 385, 389, 444 et 480.
  10. Cimetières de France et d'ailleurs, Léo Delibes.
  11. Yiddish pour tous, 26 juin 1892 : obsèques du capitaine Armand Mayer, le Dreyfus oublié, 2 juillet 2018
  12. Paristoric, les statues de l'hôtel de ville : la statue d'Henri Regnault
  13. Musée d'Orsay, "Sarah Gustave-Simon" par Jules Chaplain
  14. Metropolitan Museum of Art, Jules-Clément Chaplain dans les collections
  15. a b c d e f g h i j k l m et n Répertoire de sculpture française dans les musées des États-Unis, Jules Chaplain
  16. Musée d'Orsay, "Ulysse Trélat" par Jules Chaplain
  17. Bibliothèque nationale de France, médailles et antiques : "Gustave Laguionie" par Jules Chaplain
  18. a b et c Académie d'architecture, Jules Chaplain dans les collections
  19. Musée Carnavalet, médaille "Molière"
  20. musée Carnavalet, médaille 'Jeton de présence des professeurs de l'enseignement du dessin, 1867"
  21. Musée Carnavalet, médaille "Les aérostats à la défense de Paris, 1870-1876"
  22. Musée de la Vie romantique, Jules Chaplain dans les collections
  23. Musée d'Orsay, "Reconstruction de l'hôtel de ville de Paris" par Jules Chaplain
  24. Musée de Grenoble, Jules-Clément Chaplain dans les collections
  25. Metropolitan Museum of Art, médaille "Mes enfants" dans les collections
  26. Musée d'Orsay, "Albert Aicard" par Jules Chaplain dans les collections
  27. Musée des beaux-arts de Bordeaux, "Jules Simon" par Jules Chaplain
  28. Musée d'art Dahesh, "Léon Bonnat" par Jules Chaplain dans les collections
  29. Musée des Ursulines de Mâcon, Jules Chaplain dans les collections
  30. Cité de la Musique-Philharmonie de Paris, Jules Chaplain dans les collections
  31. Victoria and Albert Museum, Jules Chaplain dans les collections
  32. Musée d'Orsay, "Samuel Pozzi" par Jules Chaplain dans les collections
  33. L'Officiel des spectacles
  34. Château-musée de Nemours, Jules-Clément Chaplain dans les collections
  35. Anne Vezin Plivard, Jules Clément Chaplain, sa vie, son oeuvre, Autoédition
  36. L'Adresse Musée de La Poste, Jules-Clément Chaplain, projets et maquettes du timbre télégraphe-téléphone, 1875.
  37. Musée Sacem, Jules Chaplain dans les collections.
  38. Musée des arts décoratifs et du désign de Bordeaux, L'art au creux de la main. La médaille en France aux XIXe et XXe siècles, présentation de l'exposition, 2012.
  39. « Monument à Jules-Clément Chaplain – Mortagne-au-Perche », notice sur e-monumen.net.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Albert Dumont et Jules Chaplain, Les céramiques de la Grèce Propre, Librairie de Firmin Didot et Cie, Paris, 1890 (lire en ligne).
  • Comte Charles Franquet de Franqueville, Le premier siècle de l'Institut de France, 25 octobre 1795 - 25 octobre 1895 (deux volumes), Éditions J. Rothschild, 1895, vol.1, p.388.
  • Ferdinand Mazerolle, « Chaplain », Gazette numismatique française, tome I, 1897, pp.7-41.
  • Ferdinand Mazerolle, Jules-Clément Chaplain, biographie et catalogue de son œuvre, R. Serrure, Paris, 1897.
  • Gaston Migeon, « Jules-Clément Chaplain », Art et décoration, tome VII, janvier-juin 1900, pp.97-104.
  • Leonard Forrer, Biographical dictionary of medallists, Spink & Son, Londres, 1904.
  • Philippe Auquier, Sculptures et gravures en médailles, Éditions du Musée des beaux-arts de Marseille, 1904.
  • Ernest Babelon, « Jules-Clément Chaplain et l'art de la médaille au XIXe siècle », Revue de l'art ancien et moderne, n°153, décembre 1909, et n°154, janvier 1910.
  • Journal des débats, 18 mai 1910, article d'André Michel.
  • Stanislas Lami, Dictionnaire des sculpteurs de l'École française du XIXe siècle, tome premier, Librairie ancienne Honoré Champion, 1914 (lire en ligne).
  • Jean Babelon, La médaille en France, Larousse, 1948.
  • Les Muses - Encyclopédie des arts, vol.5, Grange Batelière, Paris, 1971.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, vol.3, Gründ, 1999.
  • Nicolas Maier, L'art de la médaille en France, 1870-1949, Éditions Nicolas Maier, 2010 (lire en ligne).
  • Katia Schaal, Jules-Clément Chaplain (1839-1909), médailleur, sculpteur et acteur de l'essor de la médaille, mémoire de Master 2 sous la direction de Béatrice Coullaré et Anne Pingeot, École du Louvre, 2012.
  • Catherine Chevillot et Édouard Papet, Au creux de la main - La médaille en France aux XIXe et XXe siècles, Skira-Flammarion:musée d'Orsay, 2012.
  • Anne Vezin-Plivard, Jules Chaplain, graveur médailleur : sa vie, son œuvre, auto-édition, 2012.
  • Stéphane William Gondoin, « Jules Chaplain - Passion médaille(s).... olympique(s) ! », revue Patrimoine normand, 16 janvier 2018 (extrait en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]