Charles-Clément Bervic

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Jean Guillaume Balvay[1], dit Charles Clément Bervic, né le à Paris où il est mort le , est un graveur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’un tailleur, sa vocation artistique se manifesta dès son plus jeune âge. Il voulait être peintre, mais ses parents, gens de labeur, appréhendant pour leur enfant le souci du quotidien, qui leur semblait inhérent à une carrière d’artiste, le détournèrent de la peinture pour l’orienter vers la gravure, qui était, en quelque sorte. un compromis entre l’art et le commerce. C’était, pour eux, le moyen de lui mettre un bon métier entre les mains tout en donnant satisfaction à ses gouts, l’avantage[2]. C’est ainsi qu’il fit son premier apprentissage auprès de Jean-Baptiste Le Prince, puis à partir de l’âge de 14 ans auprès du graveur sur cuivre Jean-Georges Wille, qui apprenait la grande tradition aux apprentis graveurs[3]. Wille s’attacha à cet élève, qui devait lui faire honneur[4]. Quelques années plus tard, en 1774, il donna sa première planche, d’après un dessin de Wille fils, sous le titre du Petit Turc[5]. La même année, le , à l’âge de dix-huit ans, il obtint le premier prix de dessin de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Sa deuxième planche, datant de 1779, est le Portrait de Linné, d’après Roslin[5]. Occupé à terminer ceux du prince Massalski, évêque de Wilna, d’après Kymli, et du comte de Vergennes, d’après son propre dessin, planches qui parurent en 1780, il fut chargé par le comte de Pugol, d’exécuter, pour la ville de Valenciennes, le portrait de Sénac de Meilhan, alors Intendant du Hainaut, d’après Duplessis[5].

En septembre 1782, au retour du voyage d’un voyage Havre, il fit un court séjour il rendit visite à Jean-Baptiste Descamps, le fondateur de l’école école gratuite de dessin et de peinture de Rouen, qui l’engagea à se présenter à l’Académie de Rouen, qui l’admit en son sein, le [5]. La même année, il donna l’estampe intitulée le Repos, et peu après, celle dite la Demande acceptée d’après Lépicié[5].

Graveur en taille-douce travaillant exclusivement au burin, il reçut un grand nombre de prix et son talent de dessinateur fut particulièrement apprécié. Doué de beaucoup de talent et suivant le gout du jour dans le choix de ses sujets, il fut agréé, le , à l’Académie qui lui donna à graver, pour morceau de réception, le Portrait de M. le Comte d’Angiviller. Le , le logement, devenu vacant à la mort de Lépicié, lui fut accordé[5]. Le , le prix d’encouragement pour la gravure en taille douce lui fut décerné[5]. Le , il fut fait membre de l’Académie des beaux-arts[2]. En 1809, l’Empereur de Russie, par sa munificence, lui témoigna sa satisfaction[5]. En 1810, la Commission, nommée pour la distribution des prix décennaux qui devait avoir lieu, témoigna le désir que celui de gravure lui soit décerné[5]. En 1815, le gouvernement le décora de l’Ordre de la Réunion[5]. En 1819, Louis XVIII le fit chevalier de l’Ordre royal de la Légion d’honneur[5]. Il était, à sa mort, membre de toutes les académies de l’Europe[2] : celle de Copenhague, en 1785 ; de Berlin, en 1804 ; de Bologne, en 1805 ; d’Amsterdam, en 1809 ; de Milan et de Turin en 1811 ; de Vienne et de Munich, en 1812 ; et de Saint-Pétersbourg, en 1814, ainsi qu’à la Société des Enfans d’Apollon, en 1789 ; la Société libre des Sciences et Arts, en 1799 ; la Société de l’Athénée des Arts, en 1805 ; et la Société philotechnique, en 1806[5].

Ayant épousé, en le , à Paris avec Marie-Marguerite Carreaux de Rosemond, celle-ci mourut quelques mois après, et peu après un fils né de ce mariage[5]. Il se remaria, en 1791, avec Marie-Madeleine Bligny, morte en 1795[6].

Il a eu, entre autres, comme élève Louis-François Mariage et Louis-Pierre Henriquel-Dupont.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. À la suite d’une erreur de transcription dans le registre des baptêmes, il a été connu aussi sous le nom de Jean Guillaume Balvay.
  2. a, b et c Marcel Roux, Inventaire du fonds français : graveurs du XVIIIe siècle, t. 2, Paris, Bibliothèque nationale, , 502 p., 29 cm (lire en ligne), p. 466-76.
  3. Wille a noté dans son journal, en date du  : « Ce jour, est entré chez moi, en qualité d’élève, le fils d’un maitre tailleur de Paris, nommé M. Bervic. Ce jeune homme a la physionomie heureuse ; il dessine déjà joliment pour son âge, n’ayant que quatorze ans. »
  4. « Il est d’un caractère franc et sans détour, écrira-t-il, le , à l’occasion du premier mariage de Bervic. Il est instruit et son esprit est solide. »
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m François-Léandre Regnault-Delalande, Catalogue d’un choix précieux d’estampes de célèbres graveurs anciens et modernes : recueils, livres sur les arts, planches gravées et dessins, Paris, Delaplace-Gérardin, xiii-40 p., in-8° (lire en ligne).
  6. (en) Neil Jeffares, « Carreaux de Rosemond, Marie-Marguerite, Mme Jean-Guillaume Bervic », sur pastellists.com (consulté le 24 juin 2017).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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