Génocide culturel des Ouïghours

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Génocide culturel des Ouïghours
Image illustrative de l’article Génocide culturel des Ouïghours
Protestataire ouïghour à Munich

Date Depuis 2009
Lieu Xinjiang et République populaire de Chine
Victimes Ouïghours
Type internements, travaux forcés, contrôle des naissances, trafic d'organes...
Morts Inconnus
Auteurs République populaire de Chine
Motif Terrorisme, lutte contre l'islamisme
Participants République populaire de Chine

Le génocide culturel des Ouïghours est une incrimination d'ethnocide [1] portée par des exilés ouïghours, des ONG internationales ainsi que plusieurs États à l'encontre du gouvernement de la république populaire de Chine, qui mène, depuis le début des années 2010, une politique répressive contre les Ouïghours au Xinjiang, région autonome du Nord-Ouest de la Chine. Le gouvernement chinois prétexte un « processus de rééducation »[2] afin de garantir la sécurité dans le Xinjiang suite aux émeutes de juillet 2009. Human Rights Watch ainsi que de plus en plus de médias dénoncent des violations systématiques des droits de l'homme[3].

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Carte du Xinjiang (Sinjiang) ou East Turkestan au sein de la Chine en 1912 dans National Geographic

Le nom actuel de la région (Ice Jecen en mandchou, Xinjiang en mandarin (新疆, xīnjiāng), signifiant « nouvelle région frontière », est donné en 1760, sous la dynastie Qing, lorsque l'empereur Qianlong décide de placer la culture ouïghoure sous sa protection personnelle, à la fin de la Guerre Dzoungar-Qing (1687 – 1758), opposant Mandchous khanat mongol dzoungar[4].

La Seconde République du Turkestan oriental est un État crée au sein de la République de Chine (1912-1949), pendant la guerre civile chinoise (1927-1950), le , sur une partie du Nord du Xinjiang, composé principalement de Ouïghours, Kazakhs et Mongols dzoungars). La République populaire de Chine annexe le Turkestan oriental en 1949 au cours de l'Intervention militaire chinoise au Xinjiang ; une guerre qui opposa, à la fin de la guerre civile chinoise, la république populaire de Chine à la république de Chine et le Turkestan oriental[5]. La rébellion kazakhe perdurera jusqu'en 1954[6],[7].

Carte de la Chine (en jaune), des pays voisins (en gris) et du Xinjiang (en rouge, en haut et à gauche). Une étendue d'eau, à droite.
Région autonome du Xinjiang.

Au début des années 1950, les dirigeants chinois conçoivent alors leur pays comme une nation pluriéthnique, dans laquelle les minorités nationales sont autorisées à préserver et entretenir leurs particularismes sous le contrôle de l'État[8]. Toutefois, dans le Xinjiang, région du Nord-Ouest de la Chine, le gouvernement chinois organise l'intégration à l'ensemble national et favorise l'implantation de colons Hans dont la proportion passe de 6,7 % de la population en 1949 à 39 % en 2010[9],[10].

La mainmise du PCC sur les institutions politiques du Xinjiang empêche le développement de l'autonomie régionale. Les disparités économiques entre les colons hans et la population majoritaire ouïghoure suscitent du mécontentement social. Dans les années 1980, bien que le contrôle du pouvoir central s'assouplisse, l'insatisfaction ouïghoure se concrétise par la formation d'une mouvance anticoloniale, principalement composée d'une branche nationaliste et d'une branche islamiste[11],[10]. Au fil des années, tandis que des nationalistes ouïghours renoncent à l'usage de la violence et partent en exil, les islamistes, promoteurs d'une réislamisation du Xinjiang, adoptent le djihadisme, avec le soutien de l'organisation terroriste internationale Al-Qaïda et des talibans installés en Afghanistan et au Pakistan voisins[11],[10]. La « guerre contre la terreur » lancée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 sonne aussi le début d’une politique chinoise censée lutter contre le djihadisme et le radicalisme musulman, mais qui va bien au delà en s’attaquant à la culture ouïghoure et à ses habitants au Xinjiang[12].

Les troubles survenus en 2008 au Tibet, puis les émeutes au Xinjiang de juillet 2009 et leurs suites suscitent des inquiétudes parmi les membres du PCC. Pour certains dirigeants, la promotion du multiculturalisme menace l'unité nationale[8]. À partir de 2014, sous la présidence de Xi Jinping, l'inflexion de la politique du PCC vers l'assimilation culturelle et politique des groupes minoritaires s'affirme, notamment à travers le déploiement de moyens de surveillance de masse au Xinjiang, l'internement massif de citoyens ouïghours, la destruction de cimetières et de lieux de culte musulmans et l'interdiction de pratiques culturelles ou religieuses[8],[13]. Le processus de sinisation (en) concerne aussi d'autres groupes ethniques tels que les Hui. Dans la région autonome du Ningxia et les provinces du Henan, du Gansu et du Shaanxi, les autorités locales s'emploient à diminuer la présence de l'islam. La diversité linguistique, autrefois acceptée, est réduite ; l'arabe est exclu de l'espace public[8]. Selon le journal américain The Washington Post, le Xinjiang serait un laboratoire dans lequel est mise au point la politique de normalisation socio-culturelle soutenue par Xi Jinping et le PCC et destinée à être appliquée dans tout le pays[8], une analyse partagée par le sinologue français Jean-Philippe Béja[12].

En , la Chine demande[14],[15] à l'UNESCO d'ajouter le meshrep traditionnel à sa liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité. Le Meshrep est inscrit en 2010 par l'UNESCO sur la liste du patrimoine immatériel nécessitant une sauvegarde urgente[16].


Fin 2019, le quotidien américain The New York Times rend public le contenu d'archives gouvernementales officielles[17], transmises par un membre d'un courant du PCC opposé à la ligne politique de Xi Jinping. Pour les médias, les informations tirées des documents publiés attestent d'une reprise en main idéologique répressive de la population musulmane turcophone du Xinjiang[18]. Les autorités chinoises rejettent l'analyse et justifient leurs initiatives locales par la nécessité de lutter contre le terrorisme et la radicalisation des indépendantistes ouïghoures[19],[20],[13].

Pour l'État chinois, le contrôle du Xinjiang constitue aussi un enjeu économique primordial. Croisement de routes commerciales entre les continents européen et asiatique, la région autonome est au cœur du projet de « nouvelle route de la soie » et son sous-sol contient des gisements de ressources naturelles : pétrole, charbon, gaz naturel, uranium, de nombreux minerais (cuivre, zinc, or, argent, etc.) et des terres rares[12],[21],[22].

Politique répressive chinoise contre la minorité ouïghour[modifier | modifier le code]

Camps d'internement[modifier | modifier le code]

En 2018, sur les 22 millions d'habitants que compte le Xinjiang[24], il y aurait, selon plusieurs experts internationaux, l'ONU et des ONG défendant les droits de l'homme, près d'un million de Ouïghours internés dans des camps de rééducation[25],[26],[27]. Le gouvernement chinois n'a reconnu leur existence qu'en 2018 et affirme que ce ne sont que des centres d'enseignement et de formation professionnels[28],[29]. Il soutient que sa politique de rééducation offre à chaque détenu une opportunité de sortir de la pauvreté et de se préserver de l'islam radical. Des centaines de milliers de prisonniers sont contraints de renier leurs convictions religieuses et de jurer fidélité au PCC. D'anciens détenus, reconvertis en ouvriers au service d'entreprises locales, sont présentés comme des modèles de réinsertion sociale réussie, dans des reportages télévisés de propagande gouvernementale[30].

Le nombre d'un million de détenus, retenu par les médias et quelques gouvernements occidentaux, comme les États-Unis, a été estimé par Adrian Zenz, un chercheur allemand indépendant. En 2018, l'évaluation de celui-ci est en fait une fourchette allant de cent mille à un million de prisonniers[31]. Chercheur en sinologie à l'IFRI, Marc Julienne juge crédibles, bien que spéculatives, les informations publiées par Zenz. S'appuyant sur l'imagerie satellitaire, des témoignages, des données et des documents officiels, Zenz propose, en 2020, le nombre de 1,2 million d'internés en 2018 et 1,8 million, l'année suivante[32].

Travail forcé[modifier | modifier le code]

Entre 2017 et 2019, selon l'Institut australien de stratégie politique (ASPI), organisme dépendant du ministère australien de la Défense, plus de 80 000 Ouïghours ont été réquisitionnés par l'État chinois pour travailler dans des usines de production appartenant à pas moins de 83 enseignes internationales. La liste de celles-ci, établie par l'ASPI, mentionne des firmes multinationales de l'industrie automobile (BMW, Volkswagen), du textile (Gap, Adidas, Nike, Uniqlo, H&Metc.), des fabricants de produits électroniques (Apple, Samsung, Sony, Microsoft) et des grands groupes chinois comme Huawei, Haier et Oppo[33]. Le gouvernement chinois admet officiellement que, dans le but de combattre la pauvreté, il déplace, du Xinjiang vers d'autres régions, de la main d'œuvre jugée « excédentaire »[33].

Durant l'été 2020, une association de près de deux cents ONG, représentant trente-six pays, a rendu public un rapport décrivant le travail forcé effectué par des Ouïghours, dans le cadre de l'exploitation des ressources agricoles du Xinjiang, notamment le coton. Elle souligne l'implication indirecte d'entreprises occidentales du secteur de l'habillement dans la mobilisation forcée de travailleurs ouïghours, kazakhs ou d'autres minorités musulmanes[34],[35],[12].

Depuis juillet 2020, des journalistes d'enquête, appartenant à des médias européens[36] ou à l'OCCRP, ont partiellement confirmé les résultats d'enquêtes publiés par l'ASPI. Ils ont établi que plusieurs modèles de masques de protection ont été confectionnés par des Ouïghours, mobilisés de force dans des usines de production situées entre autres à Wuhan (notamment Hubei Haixin), c'est à dire à 3000 kilomètres du Xinjiang. De leur côté, les entreprises occidentales qui importent une partie de la production chinoise de masques ignorent les accusations portées à l'encontre de leurs partenaires commerciaux. Ils se retranchent derrière le fait que les preuves d'abus sont difficiles à réunir et les témoignages directs très rares[37],[38],[39].

En décembre 2020, Adrian Zenz publie une étude explicitant qu'il existe deux types de travail forcé. Le premier fait référence aux Ouïgours qui sortent des camps d'internement et doivent travailler dans des usines proches des camps mais qui peuvent aussi être envoyés cueillir le coton dans les fermes d’Etat de la région. Le deuxième type de travail forcé concerne les Ouïgours, sans emploi fixe, qui sont « formés » et « transférés » vers des usines chinoises. Adrian Zenz conteste les explications des autorités chinoises indiquant qu'il s'agit de lutter contre « l’extrême pauvreté  » dans la région. Mais l'objectif est, selon lui, de réduire la population ouïgoure dans sa région d'origine et de supprimer les structures familiales et territoriales, vecteurs de la cohésion de cette ethnie[40].

Contrôle des naissances coercitif[modifier | modifier le code]

En octobre 2019, le quotidien américain The Washington Post publie une série de témoignages de Kazakhes et de Ouïghoures, réfugiées au Kazakhstan. Les femmes interrogées relatent leurs expériences aux mains des autorités locales chargées de faire appliquer la loi dans le Xinjiang. Certaines racontent la pose contrainte d'un dispositif de contraception. D'autres rapportent des cas d'avortements forcés. D'autres encore disent avoir subi des humiliations sexuelles ou un viol. Des défenseurs locaux des droits de l'homme confirment que, dans la région du Xinjiang, des femmes sont victimes de telles violences[41].

En juin 2020, une étude, publiée par la fondation américaine Jamestown, accuse la Chine de mener dans le Xinjiang, depuis 2017, une politique de contrôle des naissances plus contraignante qu'auparavant[42]. D'après l'auteur du rapport, Adrian Zenz, qui a collecté et analysé des documents chinois accessibles sur internet et des témoignages[43], les femmes ouïghoures seraient soumises à des stérilisations forcées. Le chercheur allemand rapporte que des femmes ont été stérilisées de force et qu'à d'autres la pose d'un stérilet a été imposée[44],[28],[45]. Adrian Zenz révèle que, à partir de 2019, dans le Sud du Xinjiang, là où les Ouïghours sont majoritaires, les femmes ayant atteint le quota officiel autorisé d'enfants — deux enfants maximum dans les villes et trois dans les zones rurales — sont la cible d'une campagne de stérilisation. Les mères récalcitrantes seraient menacées de sanctions telles que l'envoi dans un camp de rééducation[45]. À la suite des réactions indignées de la France et des États-Unis, les autorités chinoises ont fermement démenti le contenu de l'étude et réaffirmé leur volonté de combattre le terrorisme et le séparatisme[44],[12],[46].

Fin juin 2020, une enquête, diffusée par l'agence de presse mondiale Associated Press, corrobore le travail d'Adrian Zenz. Se fondant sur des témoignages, des données statistiques et des documents officiels chinois, l'AP affirme que, depuis 2016, dans le Xinjiang, le gouvernement chinois imposent un test de grossesse, un avortement, l'usage d'un dispositif contraceptif ou la stérilisation à des femmes appartenant à des minorités nationales, principalement ouïghoures[47]. Elle confirme que les mesures de contrôle du taux de fécondité local s'accompagnent d'amendes ou de menaces de détention, en cas de refus, et précise que les autorités chinoises s'efforcent de réguler la démographie ouïghoure afin de prévenir une augmentation de la pauvreté et de l'extrémisme[47]. Dans les villes-districts de Kachgar et Hotan, le taux de natalité a été réduit de 60 %, entre 2015 et 2018[47].

Avant son abandon en 2015, la politique de l'enfant unique, conduite depuis 1979 et appliquée à la communauté ethnique majoritaire han, comprend des mesures obligatoires de contraception, d'avortement et de stérilisation. Les familles des minorités bénéficient d'un traitement d'exception. Elles peuvent avoir jusqu'à deux enfants, et même trois pour les foyers ruraux[47],[48]. En 2016, poursuivant son action réformiste, sous l'impulsion du président Xi Jinping, le gouvernement chinois ouvre à toutes les familles chinoises le droit à deux ou trois enfants[47],[49]. En pratique, les mesures draconiennes de contrôle étatique des naissances sont plus souvent appliquées aux communautés minoritaires du Xinjiang qu'aux Hans[47].

Incitations au mariage interethnique[modifier | modifier le code]

En 2014, au nom de « l'unité ethnique » et pour apaiser les tensions interethniques, le gouvernement chinois inaugure, dans le Xinjiang, un programme destiné à favoriser les mariages mixtes entre Hans et membres d'une minorité ethnique. Chaque année, pendant cinq ans, les couples mixtes nouvellement formés reçoivent environ 1 240 euros, une couverture santé familiale et le paiement d'éventuels frais de scolarité pour tout enfant né de l'union interethnique[50],[51]. Le programme gouvernemental de mixité ethnique est aussi appliqué aux populations tibetaines[50].

En 2019, la discrimination positive mise en place, à l'échelon national, afin d'encourager l'apprentissage par les enfants des minorités nationales du mandarin, langue officielle de la Chine, est renforcée pour les jeunes issus de mariages mixtes. Tout étudiant, dont l'un des parents est han et l'autre ouïghour, tibétain, kazakh, tadjik ou membre de toute autre minorité, a droit à un bonus de points lors des examens d'entrée à l'université. Selon James Leibold, les autorités chinoises tentent d'augmenter, par cette nouvelle mesure, le nombre de mariages mixtes qui reste faible[52].

Persécutions religieuses[modifier | modifier le code]

Le gouvernement chinois interdit aux Ouïghours de pratiquer leur religion. Depuis le , les barbes anormalement longues et le port du voile en public ont tous deux été interdits[53],[25]. Pratiquer le ramadan, s'abstenir de boire de l'alcool, de fumer ou de manger du porc et préférer l'alimentation halal constituent un comportement suspect[10]. Posséder un exemplaire du Coran chez soi ou donner à un enfant un prénom musulman est interdit, les enfants risquant de ne pas recevoir le hukou qui ouvre les droits d'accès aux dispositifs de santé et d'éducation[54],[12]. De nombreuses mosquées ont été détruites[55].

Contrôle social et surveillance de masse[modifier | modifier le code]

Selon le Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ), afin de procéder au contrôle de la population ouïghoure, le gouvernement chinois utilise les mégadonnées mais aussi les commentaires négatifs, sur les réseaux sociaux, avec pour conséquence l'envoi dans des centres dits « d’éducation et de formation » ou en détention pénale[56].

Les autorités chinoises utilisent la technologie biométrique, la reconnaissance faciale, des drones et les réseaux Wi-Fi proches, pour suivre les individus[56],[10],[13]. La collecte de données à des fins sécuritaires et de contrôle social s'intensifie, parallèlement à la présence policière qui a été multipliée par douze de 2009 à 2017[10],[13].

Persécutions hors de Chine[modifier | modifier le code]

Des fonctionnaires chinois interviennent dans les commissariats de police d'autres États, notamment en Égypte, pour faire subir des interrogatoires à des étudiants ouïghours, extradés, placés en garde à vue et menottés[57].

Trafic d'organes international[modifier | modifier le code]

La Chine vend des organes d'Ouïghours à des musulmans fortunés d’Arabie saoudite, du Koweït, ou encore du Qatar. Les prélèvements seraient parfois effectués sur des personnes encore vivantes[58],[59] ; mais d'autres sont réalisés sur des personnes exécutées[60],[61].

Accusations de génocide[modifier | modifier le code]

Selon l'ONG internationale Genocide Watch, les informations accumulées sur la politique chinoise de répression des Ouïghours dans le Nord-Ouest de la Chine, notamment un rapport d'enquête de 2020 documentant une entreprise gouvernementale de stérilisation de femmes ouïghours, démontrent qu'un génocide est en cours dans la région autonome du Xinjiang[62]. D'autres ONG, comme Human Rights Watch, dénoncent des arrestations arbitraires massives et l'emploi de la torture[29].

Alors que des experts, des journalistes et des défenseurs des droits de l'homme évoquent des « persécutions religieuses et culturelles », un acte d'assimilation forcée, un nettoyage ethnique ou même, parfois, un ethnocide, l'orientologue James Leibold de l'université de La Trobe, en Australie, soutient la thèse d'un « génocide culturel »[63].

Des exilés ouïghours ont déposé, auprès de la Cour pénale internationale, une plainte contre le gouvernement chinois. Ils accusent la Chine de perpétrer un génocide et des crimes contre l'humanité dans la région du Xinjiang[64],[65].

En août 2020, Joe Biden évoque un « génocide perpétré par le gouvernement autoritaire de la Chine ». En janvier 2021, Antony Blinken, secrétaire d'Etat désigné par Joe Biden partage cette accusation de génocide [66].

Le , la Chambre des communes du Canada adopte une motion qui affirme que les Ouïghours sont victimes d'un génocide en Chine. Bien que les ministres du parti libéral du Canada au pouvoir se soient abstenus, elle demande au gouvernement du premier ministre du Canada, Justin Trudeau, de confirmer cet avis en prenant des mesures telles que le renforcement des sanctions économiques contre la Chine et l'annulation de l'attribution des Jeux olympiques d'hiver de 2022 à Pékin. De son côté, l'ambassade de Chine qualifie de honteuse la proposition parlementaire[67],[68]. Justin Trudeau annonce toutefois consulter ses partenaires de la communauté internationale à propos de la qualification de « génocide » des violations des droits de l'homme dans le Xinjiang[69]. Trois jours plus tard, malgré l'opposition des députés du Parti populaire pour la liberté et la démocratie du Premier ministre Mark Rutte, le parlement néerlandais adopte une motion déclarant qu'un génocide des musulmans ouïghours est en cours dans le Xinjiang. Le gouvernement des Pays-Bas rejette cependant le terme de « génocide » que ni l'ONU ni un tribunal international ne reconnaît[70],[71].

Bras de fer diplomatique international[modifier | modifier le code]

En juillet 2019, vingt-deux pays, dont la France, le Royaume-Uni, l'Australie, la Suisse, le Danemark, la Norvège et le Japon, envoient, au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme (HCDH), une lettre de protestation contre ce qu'ils estiment constituer des violations des droits de l'homme commises par le gouvernement chinois envers les minorités ethniques peuplant le Xinjiang, notamment les Ouïghours[72],[73]. En réponse, trente-sept États, dont la Russie, la Corée du Nord, le Nigeria, les Philippines, l'Algérie, le Qatar et l'Arabie saoudite apportent leur soutien à la Chine. Dans un communiqué commun, adressé au Conseil des droits de l'homme des Nations unies (CDH), ils félicitent le gouvernement chinois pour sa lutte efficace contre l'extrémisme, le séparatisme et le terrorisme et louent ses avancées en faveur des droits humains[73]. Fin octobre 2019, à l'ONU, lors d'une session de la commission des affaires sociales, humanitaires et culturelles, cinquante-quatre pays approuvent un plaidoyer complimentant Pékin pour son contrôle de la région autonome du Xinjiang. Les États-Unis, le Royaume-Uni et vingt-et-une autres nations répliquent, en dénonçant les persécutions religieuses et culturelles infligées à la population ouïghoure, turcophone et musulmane[74].

Le , vingt-sept pays — le Japon, la Nouvelle-Zélande, la France et l'Allemagne, entre autres — signent un communiqué alarmant quant à la situation des Ouïghours dans le Xinjiang. Le lendemain, la Biélorussie présente, devant le CDH, une déclaration officielle signée par quarante-six nations (Chine, Biélorussie, Iran, Arabie Saoudite, etc.), dans laquelle une campagne de désinformation anti-chinoise est dénoncée tandis que les opérations anti-terroristes chinoises et le respect par la Chine des droits des minorités y sont applaudis[75],[76].

Tandis que les pays européens condamnent publiquement la répression chinoise au Xinjiang, les États-Unis, fin juillet 2020, infligent des sanctions économiques à onze entreprises chinoises[77],[12]. Ses mesures coercitives ont aussi pour but de permettre au président américain Donald Trump d'apparaître ferme face à la Chine, auprès de l'électorat américain[12].

Ces confrontations diplomatiques successives font apparaître, sur la scène politique internationale, deux blocs opposés : d'un côté des démocraties libérales, telles que les pays d'Europe, les États-Unis, le Japon et l'Australie, et, de l'autre, des régimes peu ou prou considérés comme autoritaires, tels que la Chine, la Russie, l'Inde, l'Égypte et l'Arabie Saoudite. La conception occidentale des droits de l'homme, de la souveraineté nationale et du contrôle social est contestée par des nations d'Afrique, du Moyen-Orient et d'Asie, qui trouvent en la Chine un puissant modèle, légitimant leurs pratiques socio-politiques internes[75],[78]. Sur les 50 États qui apportent leur soutien à la Chine en juillet, 23 sont des États à populations majoritairement musulmanes[a]. Selon la Fondation Jamestown, cela est en continuité avec un modèle déjà existant et qui ne devrait pas changer. Pour ces États « les relations avec la Chine sont beaucoup plus importantes que de soutenir la minorité Ouïghour »[79].

En novembre 2020, dans son livre Un temps pour changer , le pape François évoque, pour la première fois, la persécution des Ouïghours : « Je pense souvent aux peuples persécutés : les Rohingyas, les pauvres Ouïghours, les Yazidis (ce que Daech leur a fait est proprement cruel) ou les chrétiens d'Égypte et du Pakistan tués par des bombes qui ont explosé pendant qu'ils priaient à l'église »[80].

Le , l'Union européenne (UE), le Royaume-Uni, le Canada et les États-Unis sanctionnent des cadres administratifs du Xinjiang pour violation des droits de l'homme à l'encontre des Ouïghours. Les dernières sanctions infligées par l'UE à la Chine remontent à 1989, année de la répression des manifestations de la place Tian'anmen. Le même jour, le gouvernement chinois prend des mesures de rétorsion contre des universitaires et des membres du Parlement européen[81].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La liste finale des pays ayant signé la seconde lettre le 9 aout 2019 est : Algérie, Angola, Bahreïn, Bangladesh, Biélorussie, Bolivie, Burkina Faso, Burundi, Cambodge, Cameroun, Comores, Congo, Cuba, Corée du Nord, République démocratique du Congo,, Djibouti, Égypte, Guinée Équatoriale, Érythrée, Gabon, Iran, Irak, Koweït, Laos, Mozambique, Myanmar, Népal, Nigeria, Oman, Pakistan, Philippines, Russie, Arabie Saoudite, Serbie, Somalie, Sud Soudan, Sri Lanka, Soudan, Syrie, Tadjikistan, Togo, Turkménistan, Ouganda, Émirats Arabes unis, Ouzbékistan, Venezuela, Yémen, Zambie, Zimbabwe; également la mission d’observation de Palestine

Références[modifier | modifier le code]

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  17. Les documents publiés par le New York Times comprennent des discours de cadres du PCC et du président chinois Xi Jinping, des instructions concernant la mise en place de la surveillance des populations et des rapports d'enquêtes internes[13].
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Document utilisé pour la rédaction de l’article Pamela Kyle Crossley, « Pluralité impériale et identités subjectives dans la Chine des Qing », Annales. Histoire, Sciences Sociales, no 3,‎ , p. 597-621 (lire en ligne)