Jules Vannérus

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Lucien-Jules Vannérus[1], né le à Diekirch (Grand-Duché de Luxembourg), et mort le à Bruxelles (Belgique), était un archiviste, historien et toponymiste belge d'origine luxembourgeoise.

Biographie[modifier | modifier le code]

Contexte familial[modifier | modifier le code]

Jules Vannérus est issu d'une famille de notables de Diekirch, composée de magistrats, de notaires et d'administrateurs, de longue tradition érudite[2],[3]. Leur patronyme Vannérus représente une francisation partielle de Wannérus, forme latinisée de Wagner[2],[4]. Ses parents sont François-Ernest Vannérus (1830-1908), docteur en droit, conseiller communal de Diekirch et député, et Marie-Rosine Le Jeune, née à Arlon. Ces derniers quittent le Luxembourg vers 1877 pour s'installer à Bruxelles[2].

Études, formation et carrière[modifier | modifier le code]

Jules Vannérus fait toutes ses études à Bruxelles. D'abord intéressé par la médecine, il étudie trois ans cette discipline à l'Université libre de Bruxelles avant de se tourner définitivement vers l'histoire, et obtient le le diplôme de candidat archiviste[2]. Ayant opté pour la nationalité belge, comme il était possible aux Grand-Ducaux de le faire jusqu'en 1914, il est nommé archiviste aux Archives de l'État à Mons; il devient conservateur-adjoint aux Archives de l'État à Anvers le , puis conservateur le . Il occupe cette fonction jusqu'en 1913 puis est mis en disponibilité pour motif de santé jusqu'en 1919[5], date à laquelle il obtient sa démission honorable, en conservant le titre de Conservateur honoraire des Archives de l'État[2].

Le , sa connaissance parfaite de l'allemand lui fait obtenir le poste de Conservateur de la Commission des archives de la guerre, où son rôle se révèle prépondérant[2],[3]. Il occupe cette nouvelle fonction jusqu'au , date à laquelle ces archives particulières sont rattachées aux Archives générales du Royaume dont il devient un membre du Comité directeur[2].

La création de l'Academia Belgica à Rome en avril 1939 marque le dernier tournant de la carrière administrative de Jules Vannérus, qui en devient le premier directeur le . En raison du début de la Seconde Guerre mondiale, l'Académie est contrainte de cesser toute activité. Vannérus et son épouse, après bon nombre de tracasseries administratives[2], reviennent en Belgique. L'archiviste, alors âgé de 66 ans, cesse toute activité professionnelle et consacre le reste de son existence à la recherche dans son hôtel de l'avenue Ernestine à Ixelles ou dans sa propriété du Fawetay à Spa[3].

L'œuvre[modifier | modifier le code]

La majeure partie des publications scientifiques de Jules Vannérus est consacrée au territoire de l'ancien comté puis duché du Luxembourg, bien plus vaste que l'actuel pays de ce nom. Peu enclin aux synthèses, il explore ce territoire historique, de l'époque romaine à la fin de l'Ancien Régime, par le biais de sujets précis. Son approche est avant tout historique, mais il fait également usage, avec une rare maîtrise, de disciplines aussi spécialisées que la philologie romane et germanique, la toponymie, l'anthroponymie, la paléographie, la numismatique, la sigillographie, l'héraldique, l'archéologie, la généalogie, la géographie historique, le folklore, etc.[2].

Publications[modifier | modifier le code]

Les publications de Jules Vannérus sont si nombreuses (près de 500 références) que nous ne citons ci-dessous que les plus marquantes. Voir les indications bibliographiques ci-dessous pour un inventaire (presque) complet.

Livres[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • « Le siège de Luxembourg de 1684. Relation du gouverneur, le prince de Chimay », publiée d'après le manuscrit original, Publications de la section historique de l'Institut Grand-Ducal de Luxembourg, t. 45, 1896, p. 16-65.
  • « Le livre de justice de Bastogne de 1481 à 1499 », Annales de l'Institut archéologique du Luxembourg, Arlon : 1re partie, t. 32, 1897, p. 91-160; 2e partie, t. 33, 1898, p. 173-246; 3e partie, t. 34, 1899, p. 197-242.
  • « Les comptes luxembourgeois du XIVe siècle. Compte rendu par le cellerier de Luxembourg du au , Ons Hemecht, Luxembourg, t. 4 (1898) et t. 5 (1899), passim. — Tiré-à-part de 51 p.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Bibliographie des travaux de M. Jules Vannérus », in Cahiers Luxembourgeois XI, Luxembourg, 1934, p. 125-131 et 245-250; en tiré à part, impr. P. Schroell, Luxembourg, 1934, 12 p.
  • Joseph Goedert, Bio-bibliographie de Jules Vannérus, Bibliothèque nationale, Luxembourg, 1970; 85 p.
  • Félix Rousseau, « Notice sur Jules Vannérus », Annuaire de l'Académie, 1970, p. 97-192 [biographie, p. 97-120; bibliographie, p. 121-192].
  • Félix Rousseau, « Hommage à Jules Vannérus », in Bulletin de la Classe des Lettres de l'Académie Royale de Belgique, t. 56, 1970.
  • Jules Herbillon, « Jules Vannérus (1874-1970) », in Revue belge de philologie et d’histoire, t. 48, fasc. 1, 1970, p. 283-285.
  • Marcel Bergé, « In memoriam Lucien-Jules Vannérus », in L'Intermédiaire des généalogistes n° 147, , p. 131.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son premier prénom Lucien était inusité.
  2. a b c d e f g h et i Félix Rousseau, « Notice sur Jules Vannérus » (voir Bibliographie ci-dessus).
  3. a b et c Jules Herbillon, « Jules Vannérus (1874-1970) » (voir Bibliographie ci-dessus).
  4. Ce patronyme bien connu est issu du moyen haut-allemand wagener < ancien haut-allemand waginari « charron ».
  5. H. Coppens et R. Laurent (sous la dir. de), Les Archives de l’État en Belgique, 1796-1996, Historique de l’institution et répertoire bio-bibliographique des archivistes, Archives générales du Royaume, Publ. 2410, Bruxelles, 1996, p. 585.