Les Dossiers de l'écran

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les Dossiers de l'écran
Genre Magazine de société
Périodicité hebdomadaire, mensuelle, puis deux fois par mois
Création Armand Jammot
Ancienne présentation Yves Courrière (1967-1968)
Alain Jérôme (1967-1987)
Joseph Pasteur (1968-1975)
Charles Villeneuve (1987-1988)
Musique Morton Gould
Thème du générique Protest (Spirituals for Orchestra)
Pays Drapeau de la France France
Langue Français
Nombre de saisons 24
Production
Format d’image 4/3 noir et blanc puis couleur
Format audio Mono
Production Armand Jammot
Société de production Société française de production (1975-1991)
O.R.T.F. (1967-1974)
Diffusion
Diffusion Antenne 2
Ancienne diffusion Deuxième chaîne couleur de l'O.R.T.F. (1967-1974)
Date de première diffusion
Date de dernière diffusion
Public conseillé Tout Public
Chronologie

Les Dossiers de l'écran est une émission de télévision française créée par Armand Jammot et diffusée du sur la deuxième chaîne de l'O.R.T.F. au sur Antenne 2.

Sa programmation est hebdomadaire jusqu'en 1981. En 1982, elle est programmée mensuellement (le premier mardi du mois) puis deux fois par mois à partir de la rentrée 1987.

Émission de débat de société, faisant suite à la diffusion d'un film thématique, son générique, tiré du quatrième mouvement (Protest) des Spirituals for string Choir and Orchestra de Morton Gould, reste dans les mémoires.

Historique[modifier | modifier le code]

Le producteur des Dossiers de l'écran, Armand Jammot, craignait que ce nouveau concept ne soit pas couronné de succès. C'est la raison pour laquelle il fit, au début, louer le décor de l'émission pour quatre soirées seulement[1].

L'émission a permis d'aborder certains grands problèmes de société des décennies 1960 à 1980.

Le premier numéro était consacré aux criminels de guerre nazis ; les invités furent Alfred Grosser, Michel del Castillo, Charles Dubost, M. Ruehl (journaliste allemand), Alain Pujol (journaliste, présenté comme « spécialiste du nazisme »), Jean-Marc Théolleyre, Michel Borwicz, Gilbert Ziebura (professeur à l'université de Berlin-Ouest) et le colonel Turrow (militaire américain, chargé de l'arrestation des criminels de guerre nazis)[2].

Des numéros exceptionnels mirent à l'honneur les premiers hommes à marcher sur la Lune en 1969, ou virent Astérix et Obélix, invités de Pierre Tchernia en 1976 dans un numéro spécial sur les Français.

L’émission est arrêtée après son 880e numéro, diffusé en août 1991[1]. Celui-ci, enregistré sans que personne ne sache qu'il serait le dernier, donnera à Alain Jérôme le regret éternel de ne n'avoir jamais pu dire au revoir aux téléspectateurs[1].

Le , l'émission est remplacée par Mardi soir[3], qui reprend le même concept. Elle est présentée par Daniel Bilalian et produite par ce dernier, avec Jean-Pierre Guérin et Kathleen Evin[4]. Faute d'audience, c'est Claude Sérillon qui reprend le flambeau dès le avec Raison de plus, produit en collaboration avec Claude Carré[5].

Principe de l'émission[modifier | modifier le code]

L'émission, diffusée en direct[1], comprenait, en première partie la diffusion d'un film (auparavant choisi par Guy Darbois) en rapport avec la thématique de la soirée, suivi d'un débat en direct avec divers invités[1].

Le présentateur ouvrait l'émission en présentant le thème du jour, puis le film ou le téléfilm l'illustrant commençait, suivi du débat autour de la question.

Les téléspectateurs avaient la possibilité de poser des questions par l'intermédiaire de SVP 11-11[1] ; c'est Guy Darbois qui collectait et triait ces questions avant de les proposer à l'animateur[1]. Le succès de l'émission fut telle que les appels des téléspectateurs furent partagés en deux : « seuls les téléspectateurs dont le numéro se terminait par 1, 2, 3, 4 ou 5 pouvaient tout d'abord appeler, avant d'être rejoints par les autres au bout d'une demi-heure. En vain. Le standard sautait dès que le débat s'enflammait. Et il s'enflammait souvent »[1].

Alain Jérôme, l'un des présentateurs le plus emblématique des Dossiers de l'écran avec Yves Courrière et Joseph Pasteur[1], indiqua à propos de ce succès :

« La grande chance de l'émission, c'est que la Seconde Guerre mondiale ne s'était terminée qu'une vingtaine d'années plus tôt, Les témoins des faits abordés étaient tous encore vivants et âgés d'une quarantaine d'années pour les soldats, un peu plus pour les officiers. Nous pouvions donc mettre face à face un ancien lieutenant allemand, deux résistants, un homme politique et un GI. Avec le temps, nous avions constitué un vrai réseau. Nous cherchions un sous-marinier allemand ? Il suffisait d'appeler notre correspondant à Berlin pour dénicher le bonhomme. Idem pour toutes les unités de l'armée[1]. »

— Propos d'Alain Jérôme recueillis dans un article du Figaro publié le 21 juillet 2009.

Présentateurs[modifier | modifier le code]

Saisons[modifier | modifier le code]

Saison 1 (1967-1968)[modifier | modifier le code]

Saison 2 (1968-1969)[modifier | modifier le code]

Saison 3 (1969-1970)[modifier | modifier le code]

Saison 4 (1970-1971)[modifier | modifier le code]

Saison 5 (1971-1972)[modifier | modifier le code]

Saison 6 (1972-1973)[modifier | modifier le code]

Saison 7 (1973-1974)[modifier | modifier le code]

Saison 8 (1974-1975)[modifier | modifier le code]

Saison 9 (1975-1976)[modifier | modifier le code]

Saison 10 (1976-1977)[modifier | modifier le code]

Saison 11 (1977-1978)[modifier | modifier le code]

Saison 12 (1978-1979)[modifier | modifier le code]

Saison 13 (1979-1980)[modifier | modifier le code]

Saison 14 (1980-1981)[modifier | modifier le code]

Saison 15 (1981-1982)[modifier | modifier le code]

Saison 16 (1982-1983)[modifier | modifier le code]

Saison 17 (1983-1984)[modifier | modifier le code]

Saison 18 (1984-1985)[modifier | modifier le code]

Saison 19 (1985-1986)[modifier | modifier le code]

Saison 20 (1986-1987)[modifier | modifier le code]

Saison 21 (1987-1988)[modifier | modifier le code]

Saison 22 (1988-1989)[modifier | modifier le code]

Saison 23 (1989-1990)[modifier | modifier le code]

Saison 24 (1990-1991)[modifier | modifier le code]

Quelques moments forts de l'émission[modifier | modifier le code]

  • Le , à la suite de la diffusion du film Exodus (1960) d'Otto Preminger, un débat sur les origines et les circonstances historiques de la création de l'État d'Israël est prévu, devant en principe « réunir » des représentants israéliens et arabes[1]. Cependant, la tension entre les deux camps étant trop forte, aucun des protagonistes n’accepte de participer à l'émission face à face. Les deux groupes sont donc « réunis » dans deux studios différents, Joseph Pasteur s’entretenant avec les invités arabes, et Alain Jérôme avec les Israéliens. Pour tout échange entre les deux plateaux, il n'y aura que des insultes[1].
  • Le , un assistant prévient discrètement le présentateur Alain Jérôme que le président de la République, Georges Pompidou, vient de mourir. Les invités du soir improviseront alors les premiers hommages publics au défunt[1].
  • Le , le président de la République Valéry Giscard d'Estaing participe à l'émission, débattant face à soixante Français[1]. Par ailleurs, Éric Tabarly, Alain Delon, Richard Nixon ou Alexandre Soljenitsyne comptèrent également parmi les invités du programme[1].
  • Le , le sujet de l'émission est le cinéma pornographique. Sur le plateau dirigé par le présentateur Gilles Schneider, le réalisateur José Benazeraf attaque le critique François Chalais, selon lui un « cinéaste raté, journaliste raté, romancier raté » et « fatalement moraliste ». Alors que François Chalais s'apprête à lui répondre, l'époux de l'écrivain Béatrice Sabran — invitée elle aussi ce soir là et choquée par les propos d'une actrice porno qui lui fait face — fait irruption sur le plateau passablement énervé, et arrache son épouse à « cette assemblée de pornographes »[1].
  • Le , l'acteur Yves Montand est l'invité de émission et répond pendant environ deux heures aux questions des téléspectateurs sur sa carrière, ses convictions communistes, ou sur les femmes de sa vie. L'audience est énorme : à minuit quinze, lorsque l'émission se termine, les téléspectateurs sont encore 13 millions devant leur poste à suivre le programme[1].

Générique[modifier | modifier le code]

L'indicatif musical du générique de l'émission était le début du quatrième mouvement (Protest) des Spirituals for string Choir and Orchestra, une œuvre du compositeur américain Morton Gould datant de 1941[1].

On entend aussi ce passage dans la bande son du film L'Armée des ombres de Jean-Pierre Melville (1969)[1].

Du fait de moyens financiers restreints, et sans la visibilité sur l'avenir de l'émission, la musique originale du premier numéro des Dossiers de l'écran ne fut pas réalisée[1]. On eut recours aux archives de l'ORTF pour trouver une musique « à la hauteur du concept »[1]. Le producteur Armand Jammot se fit livrer les morceaux choisis, les écouta et tomba en arrêt devant un passage de Spirituals for Orchestra. Il perçut immédiatement le caractère « anxiogène » et « hypnotique » de la musique, et la choisit alors pour illustrer l’émission[1].

Le générique proprement dit est aussi une idée d'Armand Jammot[1]. Il est constitué d'une séquence où un dossier cartonné s'ouvre lentement, dévoilant à la fois le titre du film à venir, les invités du débat qui suivra le film, et enfin les membres de l'équipe[1]. La main anonyme qui tourne les pages sur le roulement de tambour et les violons est celle d'une jeune assistante[1].

Un générique plus moderne apparut vers la fin de l'époque de l'émission, reléguant aux passé cette séquence[1].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

L'émission fait l'objet d'une parodie à la fin du film Papy fait de la résistance (1983)[1], où Alain Jérôme joue son propre rôle de présentateur de l'émission, débordé par ses invités déchainés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]