Soi

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Soi se rapporte à « on » comme « moi » se rapporte à « je » :

«  il indique un rapport du sujet avec lui-même[1] »

  • Appliqué à la personne le terme soi renvoie à l'individu, à la distinction de celui-ci, ou à la conscience qu'il peut avoir de lui-même.
  • Appliqué à un objet quelconque, le terme soi renvoie à la chose en soi, et au questionnement sur son existence propre, indépendamment de la conscience que l'on peut en avoir.
  • Appliqué à la totalité de ce qui est, le terme soi renvoie au spirituel, à un concept lié au divin.

Linguistique[modifier | modifier le code]

Étymologiquement le mot soi dérive du latin Sei[2].

Grammaticalement, le mot est généralement utilisé comme le pronom réfléchi de la troisième personne indéfinie. On le rencontre par exemple comme complément d’une préposition, « en soi », pour renvoyer à l'existence, à « ce qui est ». Il peut aussi être nominalisé, « le soi », quand il se rapporte à l'individualité. Enfin, il se trouve différencié par une majuscule, « Soi », quand il traduit une notion plus spirituelle, en particulier en traduction de notions de la philosophie indienne.

Sens psychologique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soi (psychologie).

Psychologie analytique[modifier | modifier le code]

Le Soi est l'un des concepts clés de la psychologie analytique développée par Carl Gustav Jung.

Psychanalyse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Self.

Le soi est une notion d’abord utilisée en 1950 par Heinz Hartmann en Ego psychology[3], puis reprise en 1960, dans l’école anglaise, par Donald Winnicott avec le vrai et le faux self[3] et dans l’école américaine par Heinz Kohut[3], puis dans les années 60, apparait un courant anglophone nommé Self psychology[4].

Sens philosophique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soi (philosophie).

En philosophie, si le soi était déjà étudié sous l'angle de la Conscience de soi au XIXe siècle, dans le XXe siècle le terme renvoie plutôt à des questionnements liées à l'Existentialisme qui traite du principe d'existence de l'individualité de l'homme.

Pour la scolastique la qualité du soi a été étudiée sous le terme de « seité » par opposition à l'« aséité » ou « quidité ». Kant distingue la Chose en soi qu'il fait synonyme de noumène. Il défend une existence propre indépendamment de ce qui peut en être perçu. Sartre expose une comparaison dans L'Être et le Néant : « l'homme existe pour lui-même, il doit lui même donner un sens à sa vie en s'imaginant dans le futur, il se distingue ainsi des objets qui n'existent qu'en eux-mêmes[5] ». Pour-soi et en-soi sont, donc, deux expressions ontologiques, une de l'homme en son existentialité, l'autre des choses de la nature.

Sens spirituel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soi (spiritualité).

Dans l'exploration spirituelle, c'est un sujet central où « Soi » peut renvoyer à l'expression de Dieu selon maître Eckhart par exemple, mais aussi du Tao, ou de Brahman ou encore de l'Ātman dans la philosophie hindoue reprise en psychologie par Carl Gustav Jung.

Citations[modifier | modifier le code]

  • À propos du soi entendu pour soi-même, le manuel d'Epictète recommande de : « se garder de soi-même comme d'un ennemi. »

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le soi renvoie (...) précisément au sujet il indique un rapport du sujet avec lui-même » : Jean Paul Sartre, citation utilisée pour définir le mot soi dans le dictionnaire Le Robert (le nouveau petit Le Robert, édition 1996)
  2. Voir définitions lexicographiques et étymologiques de « soi » du Trésor de la langue française informatisé, sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales
  3. a, b et c Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque »,‎ (1re éd. 1994) (ISBN 9782253088516), p. 1430
  4. Élisabeth Roudinesco, Histoire de la psychanalyse en France, Paris, Fayard, coll. « La Pochothèque »,‎ (1re éd. 1994) (ISBN 9782253088516), p. 1431
  5. Fiche de lecture de Françoise Cabané : (source : esquisse d'une théorie des émotions)