Ouranos

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Ouranos (XVIIe siècle, détail), jardin de Versailles.

Dans la mythologie grecque, Ouranos (en grec ancien Οὐρανός / Ouranós, « ciel étoilé, firmament ») est une divinité primordiale personnifiant le Ciel et l'Esprit démiurgique.

Le mythe hésiodique d'Ouranos[modifier | modifier le code]

Giorgio Vasari, La Mutilation d'Uranus par Saturne (XVIe siècle), Florence, Palazzo Vecchio.

Sa mère et épouse est Gaïa (la Terre). Il est le frère aîné d'Ouréa, personnification mâle des Montagnes, et de Pontos, personnification mâle du Flot. Il a le cheval pour animal symbolique.

Perpétuellement uni à Gaïa, il engendre les Hécatonchires (géants aux cent bras), les Cyclopes, puis les Titans et les Titanides.

Ouranos craint et hait les Hécatonchires bien qu'ils soient ses enfants, il les emprisonne dans le Tartare, eux, et les Cyclopes dont il redoutait la force extraordinaire. ¨Gaïa étant furieuse contre Ouranos par rapport à cet emprisonnement, elle pousse ses enfants les Titans à se rebeller contre leur père. Elle va confier cette tâche à Chronos, en lui donnant une sorte de fauscille solide. C'est avec celle-ci que Chronos découpera les parties génitales de son père. Le sang s'écoulera sur la Terre, donnant naissance aux Géants, aux Erinyes et aux Méliades (Nymphes). Le sang en contact avec la mer fera naître une divinité, Aphrodite, déesse de la beauté et de l'amour. jeunite.

S'en suit une lutte entre Ouranos et sa progéniture (Cronos libère ses frères Hécatonchires et Cyclopes du Tartare pour l'aider à vaincre leur père).

Ouranos prédira à son fils Cronos une trahison de la part de ses fils comme il en a été victime.

Origines et postérité d'Ouranos dans les traditions post-hésiodiques[modifier | modifier le code]

Les traditions post-hésiodiques font plus volontiers naître Ouranos de la seule Nyx (la Nuit) laquelle, selon la tradition orphique, lui aurait volontairement transmis le sceptre du monde, qu'elle tenait de son propre père Phanès (divers fragments orphiques) ou bien d'Héméra (le Jour) et d'Éther (la Lumière céleste) (Hygin, Fables, préf.). Outre les Titans, les Cyclopes et les Hécatonchires, elles lui reconnaissent plusieurs autres enfants, tous nés de Gaïa, parmi lesquels les trois plus anciennes Muses, les trois Moires ou encore les dieux agrestes Pan et Aristée (diverses sources). Certains font également naître de Gaïa fécondée par le sang d'Ouranos mutilé le dieu Silène, père des satyres (Nonnos, Dionysiaques), voire la race entière du peuple phéacien (fragment d'Alcman). Enfin, Cicéron, dans la Nature des dieux, attribue successivement aux amours d'Ouranos et d'Héméra, la déesse du Jour, la naissance de l'Aphrodite céleste et d'un premier Hermès plus ancien que le fils de Zeus et de Maïa.

Ouranos et de la tradition évhémériste[modifier | modifier le code]

Une variante, d'origine évhémériste, fait d'Ouranos le premier roi des Atlantes et l'inventeur de l'astronomie, ce qui explique qu'après sa mort, ses sujets l'auraient divinisé en tant que dieu du Ciel et ancêtre de tous les autres dieux (Bibliothèque de Diodore de Sicile, livre III, 14). Dans cette tradition, il est l'époux de Titéia et le père de quarante-cinq enfants, parmi lesquels les Titans Atlas, Cronos et Hypérion. Ses deux premiers-nés sont des filles, Rhéa, également appelée Pandore et Basiléia (la Royale), qui hérite du trône atlante à la mort de son père, épouse Hypérion, engendre avec lui Hélios et Séléné, mais disparaît de la surface terrestre après l'assassinat de son mari et de son fils par les autres Titans et le suicide de Séléné. Cronos et Atlas se partagent alors l'antique royaume d'Ouranos, le premier établissant son pouvoir sur la Sicile, l'Italie et l'Afrique du Nord, dont il est plus tard chassé par Dionysos (alors considéré comme le fils d'Ammon et d'Amalthée), le second sur les régions situées à l'extrême-Occident du monde connu (Espagne, Maroc et Mauritanie). Ce n'est qu'après la mort « terrestre » de Dionysos et d'Ammon que l'héritage atlante revint dans sa totalité à Zeus, le fils de Cronos et de Rhéa (sources : Diodore de Sicile, Bibliothèque historique, III et suivants).

Une autre légende, vraisemblablement importée de Phénicie par Philon de Byblos et pour laquelle on ne connaît aucune traduction française, fait également d'Ouranos un monarque humain devenu dieu après la mort de son père au cours d'une partie de chasse. Chassé du pouvoir par ses fils Cronos, Atlas et Dagon, il tente de remonter sur son trône en envoyant ses filles Rhéa, Dioné, Aphrodite-Astarté, Hora et la Durée séduire Cronos afin de le tuer par traîtrise. Cronos déjoue le complot, épouse Rhéa, fait des quatre autres émissaires, toutes ravissantes, ses concubines et finit par tuer Ouranos à l'issue d'un combat, trente-deux ans exactement après lui avoir dérobé son sceptre. L'esprit d'Ouranos se dissipe dans les eaux du fleuve sur les rives duquel Cronos l'avait abattu, et ses anciens sujets le portent aussitôt au rang des dieux. Des années plus tard, au terme d'un nouveau conflit armé, Cronos est destitué par son fils Zeus, tandis que l'empire occidental d'Atlas, à savoir la péninsule ibérique et le Nord de l'Afrique, revient par héritage à Hadès puis, après la mort sans héritier direct de ce dernier, à son neveu Hermès (source : Eusèbe, citant Philon de Byblos, Prép. Ev., I, IV).

Culte[modifier | modifier le code]

Ouranos n'a presque aucun rôle dans les mythes, hormis ceux à caractère théogonique ou évhémériste, et les Grecs ne lui rendaient aucun culte, contrairement à son épouse et mère Gaïa.

Assimilation[modifier | modifier le code]

Il est appelé Uranus ou Coelus chez les Romains, et la planète Uranus lui doit son nom.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]