Crédit suisse

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Crédit suisse
logo de Crédit suisse

Création 1856
Fondateurs Alfred Escher[1]
Forme juridique Société anonyme
Action SWX : CSGN
NYSE : CS
Siège social Paradeplatz 8
ZurichVoir et modifier les données sur Wikidata
Drapeau de Suisse Suisse
Direction Urs Rohner, Président
Tidjane Thiam, AD[2]
Activité finance
Produits Banque d'investissement, Banque privée, Banque de détail
Effectif 47 170 ETP[3] (2017)
Site web www.credit-suisse.com

Capitalisation en augmentation 42,456 Mrd CHF[4] (2015)
Bilan comptable en diminution 820,805 Mrd CHF[4] (2015)
Résultat net en diminution −2,944 Mrd CHF[4] (2015)
1,875 Mrd CHF[4] (2014)

Le Crédit suisse, ou Credit Suisse Group AG[5], est un groupe bancaire dont le siège est à Zurich[6]. Sa clientèle englobe des particuliers, des petites et moyennes entreprises et des organismes gouvernementaux. Les actions nominatives de Credit Suisse Group AG (CSGN) sont cotées en Suisse, ainsi qu'à la bourse de New York. Le groupe emploie environ 47 000 personnes dans le monde entier. En 2016, les actifs gérés s’élèvent à 1 251 milliards de francs suisses[7].

Histoire[modifier | modifier le code]

Siège du Crédit suisse à Zurich en 1895.
Action de la Schweizerische Kreditanstalt, datée du 31 mai 1898[8].

La Schweizerische Kreditanstalt (SKA) est créée à Zurich en 1856 par des industriels et des politiciens avec l’aide d’Alfred Escher[9]. Elle devient rapidement la première banque commerciale de Suisse, travaillant principalement dans le crédit (clients commerciaux), elle finance ainsi une part importante du chemin de fer. Une réorganisation est effectuée dans les années 1860, à la suite de pertes et de mauvaises spéculations. SKA participe en 1879 à la création de la Banque suisse des chemins de fer, en 1890 à celle de la Banque des chemins de fer orientaux et en 1895 à celle de la banque d’entreprises électriques. À partir de 1905, avec l’ouverture d’une succursale à Bâle, la banque commence à créer son réseau de succursale dans le pays. Le premier conflit mondial fait souffrir la banque en ce qui concerne ses opérations internationales. Contrairement à d'autres banques, la crise des années 1930, puis la Seconde Guerre mondiale ne la mettent pas trop en difficulté.

La première succursale à l’extérieur de la Suisse est ouverte en 1940 à New York. S’ensuit une longue période de croissance et développement, pendant laquelle de nombreuses succursales voient le jour à travers le monde. En 1977, le scandale de Chiasso survient ; la banque y perd 1,4 milliard de francs suisses. En 1988, le Crédit suisse acquiert une participation de 44,5 % dans First Boston, par la fusion de First Boston et Credit Suisse-First Boston[10],[11], une coentreprise entre les deux groupes datant de 1978[12]. La nouvelle entité après cette opération, prend le nom de Credit Suisse First Boston[12]. En 1989, le Crédit suisse change de statut pour devenir une holding nommée Credit Suisse Holding AG. En 1990, le Crédit suisse monte sa participation dans First Boston, de 44,5 % à 60 %[13]. En 1990, il acquiert une participation majoritaire dans Bank Leu, la plus vieille banque de Suisse[14]. En 1993, le Crédit suisse acquiert la Banque populaire suisse (BPS), pour 1,6 milliard de francs suisses[15]. L'année suivante, il acquiert la nouvelle banque d'Argovie pour 900 millions de francs suisses[15].

En 1997, la CS Holding change de statut pour devenir le Credit Suisse Group[9]. La même année, le groupe fusionne ses activités avec Winterthur Assurances, créant un ensemble ayant une capitalisation de 21 milliards de livres[9],[16],[17]. Toujours en 1997, il rachète les activités françaises de la banque Hottinguer à Paris. En 1998, il acquiert Banco Garantia, une banque brésilienne spécialisée dans la banque d'affaires, pour 1 milliard de francs suisses[18]. En 2000, le groupe occupe environ 80 000 personnes dans le monde, pour 28 000 en Suisse.

En 2000, le Crédit suisse reprend pour 12,8 milliards de dollars Donaldson, Lufkin & Jenrette (DLJ), une banque américaine d'investissement détenue à 70 % par AXA[19],[20]. En 2003, il vend Pershing, une filiale de Credit Suisse First Boston, pour 2 milliards de dollars à Bank of New York[21]. La même année, il cède les sociétés de la Winterthur Republic aux États-Unis, pour 127 millions d'euros[22] ; il cède également Winterthur Italie pour 1,47 milliard d'euros à Unipol Assicurazioni, ainsi que Churchill Insurance Group, filiale spécialisée dans l'assurance au Royaume-Uni[23]. En 2006, il cède Winterthur à AXA pour 6,2 milliards de livres[24]. En , le Crédit suisse est touché par la crise des subprimes du marché hypothécaire américain.

En 2006, le Crédit suisse annonce la fusion de ses activités dans la banque privée en fusionnant Credit Suisse Fides, Clariden Bank, BGP Banca di Gestione Patrimoniale, Bank Hofman et Bank Leu regroupées dans une nouvelle entité nommée Clariden Leu[25]. À la fin de 2006, la fusion des activités banque privée et Leasing et de l'intégration City Bank SA forme sa filiale Bank-now, spécialisée dans la banque privée et le leasing, qui dispose de 24 succursales réparties dans toute la Suisse et emploie plus de 300 collaborateurs.

En mai 2014, le Crédit suisse paie une amende de 2,6 milliards de dollars aux États-Unis pour son aide à l'évasion fiscale de ressortissants américains[26]. En mars 2016, il annonce la réduction de la taille de ses activités dans la banque d'investissement avec la suppression de 2 000 postes dans cette branche. Au total 6 000 suppressions de postes sont prévues pour 2016[27]. En décembre de la même année, le Crédit suisse annonce avoir conclu un accord avec le ministère de la Justice américain sur la crise des subprimes contre le paiement de 5,28 milliards de dollars[28]. En mai 2017, il doit payer une nouvelle amende de 400 millions de dollars pour mettre fin aux poursuites engagées par le régulateur américain des caisses d'épargnes dans le cadre de la crise des subprimes[29].

Faits et chiffres[modifier | modifier le code]

Les actions nominatives de Credit Suisse Group sont cotées à la bourse suisse à Zurich, dans l'indice principal SMI, ainsi qu’au New York Stock Exchange, sous la forme d’American Depositary Shares[30].

Au 31 mars 2005 :

  • au premier trimestre 2005, le groupe a réalisé un bénéfice net de 1 910 millions de francs suisses.
  • le groupe a enregistré des actifs gérés de 1 271,6 milliards de francs suisses ;
  • le groupe a affiché un total de bilan de 1 159 711 millions de francs suisses ;
  • le ratio BRI cat. 1 du groupe s’est situé à 12,1 %.

En 2016 :

  • le groupe gère des actifs d'un montant de 1 251 milliards de francs suisses[31] ;
  • au 13 décembre 2016, les notations long terme de l'entité Credit Suisse AG sont A1 pour Moody's, A pour Standard & Poor's et A pour Fitch Ratings[32] ;
  • le groupe opère dans une cinquantaine de pays et emploie 47 170 personnes[31] originaires de plus de 100 nations ;
  • au 31 décembre 2016, les actionnaires enregistrés sont au nombre de 118 019, dont 86 % d'investisseurs institutionnels, 10 % d'investisseurs privés et 4 % d'autres investisseurs[31].

Organisation[modifier | modifier le code]

Agence du Crédit suisse à Zermatt en 2007.

La banque est légalement organisée en deux organismes nommés officiellement Credit Suisse Group AG et Credit Suisse AG, dont dépendent des filiales regroupées en quatre divisions intitulées[33] :

  • Global Markets and IB&CM Divisions (marchés mondiaux, banque d'investissement, marchés de capitaux) : 14 620 employés en 2016[31] ;
  • Asia Pacific Division (Asie et Pacifique) : 6 980 employés ;
  • International Wealth Management Division (gestion de patrimoine internationale) : 10 300 employés ;
  • Swiss Universal Bank Division (banque universelle en Suisse) : 13 140 employés.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Le premier signe SKA de 1856 - le lettrage SKA - a été suivi en 1930 d'une pièce de monnaie de 20 étoiles pour les succursales et le siège social. La nouvelle marque de 1952 contenait pour la première fois une image ; elle montre une ancre comme symbole de confiance, entourée par Anchored in Trust au-dessus et Schweizerische Kreditanstalt au-dessous.

En 1967, la banque lance sa première campagne publicitaire systématique. En 1968, la croix de Wermelinger a été choisie comme nouveau logo à la suite d'un large concours.

En 1976, SKA a de nouveau introduit un nouveau logo en rouge, blanc et bleu. En 1997, le logo a été révisé et modernisé. En 2006, le Credit Suisse a lancé le logo d'aujourd'hui à l'occasion de son 150e anniversaire.

Produits financiers[modifier | modifier le code]

Le Crédit suisse soutient une stratégie appelée bancassurance qui consiste à essayer d'être une entreprise unique qui offre tous les produits de services financiers communs[34],[35]. La banque d'investissement s'adresse aux entreprises et aux particuliers fortunés de plus de 50 000 euros[36].

Le Crédit suisse a développé le modèle CreditRisk+ d'évaluation des risques dans les prêts, qui se concentre exclusivement sur la probabilité de défaut sur la base de la méthode exogène de Poisson[37]. En 2002, environ 20% des revenus du Crédit suisse provenaient des activités d'assurance qu'il avait acquises lors de l'acquisition de l’assurance Winterthur en 1997[38]. Les produits d'assurance de la banque d'investissement sont principalement populaires sur le marché intérieur et comprennent, entre autres, des produits d'assurance automobile, incendie, habitation, vie, invalidité, retraite et retraite[39]. Historiquement, 20 à 40 % des revenus de la banque proviennent des services bancaires privés, l'une de ses divisions à marge bénéficiaire plus élevée[40].

Le Crédit suisse produit l'un des six hedge funds qui suivent les indices boursiers européens utilisés pour évaluer la performance des marchés[41],[42]. La banque d'investissement détient également une participation de 30 % dans la société d'investissement de fonds de couverture York Capital Management. York vend des hedge funds de manière indépendante à ses propres clients, tandis que le Crédit suisse les offre également à des clients de sa banque privée[43]. Le Credit Suisse gère les instruments financiers de l'indice Dow Jones Credit Suisse long/short equity (initialement appelé Credit Suisse/Tremont Hedge Fund Indexes)[44].

Selon un article paru en 2011 dans SeekingAlpha, les gestionnaires de placement du Crédit suisse privilégient les valeurs financières, technologiques et énergétiques[45]. Le responsable des investissements en actions de la banque en Europe a déclaré que l'équipe se concentre sur "la valeur avec un accent sur les flux de trésorerie disponibles". Elle s'intéresse également aux sociétés qui subissent des changements de gestion susceptibles d'influencer le cours des actions. Selon un article paru dans le Wall Street Journal, le responsable du International Focus Fund du Crédit suisse ne conserve qu'un portefeuille de 40 à 50 actions au lieu de la norme sectorielle de plus de 100[46]. Le Crédit suisse publie ses conseils en placement dans quatre publications : Compass, Viewpoints, Research et le Credit Suisse Investment Committee Report[47].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Escher: The Founder of Modern Switzerland » (consulté le 27 août 2015)
  2. « Brady W. Dougan quitte le Credit Suisse après huit années en tant que CEO − Tidjane Thiam nouveau Chief Executive Officer » (consulté le 27 août 2015)
  3. (en) Annual Report 2016, Zürich, Credit Suisse Group AG, , 438 p. (lire en ligne)
  4. a b c et d [PDF](en) Annual Report 2015, Credit Suisse Group AG.
  5. Selon la dénomination et la typographie employées par le groupe
  6. (en) « Credit Suisse, Zurich », sur schweizer-banken.info (consulté le 17 février 2016)
  7. « Company Profile 2016 », sur Credit Suisse Groupe
  8. Aktiensammler 02/10, p. 20 (ISSN 1611-8006)
  9. a b et c Jan-Henning Baumann, « Crédit suisse » dans le Dictionnaire historique de la Suisse en ligne, version du .
  10. James Sterngold, « Conflict Over First Boston Merger », sur The New York Times,
  11. Cal Mankowski, « First Boston deal expands Credit Suisse Presence », sur The Washington Post,
  12. a et b « First Boston and Affiliate of Swiss Bank to Merge », sur Los Angeles Times,
  13. « Le bénéfice de CS First Boston a atteint 215 millions de dollars », sur Les Echos,
  14. « Credit Suisse Parent to Buy Stake in Oldest Swiss Bank », sur The New York Times,
  15. a et b « Le Crédit Suisse rachète la plus grosse des banques régionales helvétiques », sur Les Echos,
  16. Tom Stevenson, « Credit Suisse and Winterthur merger creates pounds 21bn giant », sur Independent,
  17. « Merger of Winterthur and Credit Suisse Group », sur Credit Suisse Group,
  18. Robin Bleeker, « Credit Suisse Group reprend Banco Garantia pour 1 milliard de francs », sur Le Temps,
  19. Patrick Mcgeehan, « Credit Suisse Deal for Donaldson, Lufkin Seen », sur The New York Times,
  20. « Avec l'acquis de Donaldson, Lufkin & Jenrette, Credit Suisse First Boston change d'échelle à Paris », sur Les Echos,
  21. « Bank of New York rachète Pershing à Credit Suisse First Boston », sur Les Echos,
  22. « Winterthur vend sa filiale américaine Republic », sur Les Echos,
  23. Heather Timmons, « Credit Suisse Sells Another Insurance Unit », sur The New York Times,
  24. Phillip Inman, « Axa pays Credit Suisse £6.2bn for Winterthur », sur The Guardian,
  25. Helen Thomas, « Credit Suisse to merge private banks », sur The Financial Times,
  26. « Les États-Unis, spécialiste des amendes records pour les banques », sur lemonde.fr, (consulté le 17 février 2016).
  27. Credit suisse supprime 2 000 emplois supplémentaires, Jade Grandin de l'Eprevier, Le Monde, 23 mars 2016
  28. Credit Suisse et la justice américaine trouvent un accord dans l’affaire des subprimes, Le Monde, 23 décembre 2016
  29. « « Subprime » : une nouvelle amende de 400 millions pour Credit Suisse », sur letemps.ch, .
  30. (en) « Share Information » (consulté le 24 juillet 2017).
  31. a b c et d (en) « Company profile 2016 » [PDF], sur www.credit-suisse.com (consulté le 24 juillet 2017).
  32. (en) « Ratings & Reports » (consulté le 24 juillet 2017).
  33. (en) « Credit Suisse Group AG - Principal Entites Overview » [PDF], .
  34. Alison Langley, « Credit Suisse To Prop Up Insurer Unit », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  35. David Maude, Global Private Banking and Wealth Management: The New Realities, John Wiley & Sons, (ISBN 978-0-470-03053-0, lire en ligne)
  36. Oonagh McDonald et Kevin Keasey, The Future of Retail Banking in Europe: A View from the Top, John Wiley & Sons, (ISBN 978-0-470-85574-4, lire en ligne), p. 176
  37. Michel Crouhy, Dan Galai et Robert Mark, « A comparative analysis of current credit risk models », Journal of Banking & Finance, vol. 24, nos 1–2,‎ , p. 59–117 (DOI 10.1016/S0378-4266(99)00053-9)
  38. Sam Jones, « Credit Suisse fund plans London float », Financial Times,‎ (lire en ligne)
  39. Jack W. Plunkett, Plunkett's Banking, Mortgages and Credit Industry Almanac 2006, Plunkett Research, (ISBN 978-1-59392-381-5, lire en ligne), p. 222
  40. Excellence in Practice: Innovation and Excellence in Workflow and Business Process Management, vol. 5, Future Strategies, (ISBN 978-0-9703509-5-4, lire en ligne), p. 171
  41. Sam Jones, « Credit Suisse offers trades for eurozone shorting », Financial Times,‎ (lire en ligne)
  42. Sam Jones, « Investors grapple with sector's multiple choices », Financial Times,‎ (lire en ligne)
  43. Jenny Strasburg, « Credit Suisse Adds Heft in Hedge Fund as Rivals Exit », The Wall Street Journal,‎ (lire en ligne)
  44. Paul Darbyshire et David Hampton, Hedge Fund Modeling and Analysis Using Excel and VBA, John Wiley & Sons, (ISBN 978-1-119-94563-5, lire en ligne), p. 250
  45. « Credit Suisse's Top Holdings: A Brief Analysis », Seeking Alpha,‎ (lire en ligne)
  46. Gaston Ceron, « Credit Suisse Fund Manager Tries to Do More With Less », The Wall Street Journal,‎ , C27
  47. « Investment Strategy » [archive du ], Credit Suisse (consulté le 21 novembre 2012)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Martin Esslinger, Geschichte der Schweizerischen kreditanstalt während der ersten 50 jahre bestehens, verfasst und hrsg. mit ermächtigung des verwaltungsrates, Orell Füssli, , 190 p.
  • (de) Walter Adolph Jöhr, Schweizerische Kreditanstalt, 1856-1956, Zurich, , 564 p.
  • (en) Joseph Jung, From Schweizerische Kreditanstalt to Credit Suisse Group : the history of a bank, Zurich, Neue Zürcher Zeitung, (ISBN 3858238910)
  • (en) Joseph Jung, Credit Suisse Group banks in the Second World War : a critical review, Zurich, Neue Zürcher Zeitung, (ISBN 3858239941)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]