Parti socialiste suisse

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Parti socialiste suisse
(de) Sozialdemokratische Partei der Schweiz
(it) Partito socialista svizzero
(rm) Partida socialdemocrata da la Svizra
Image illustrative de l'article Parti socialiste suisse
Logotype officiel.
Présentation
Président Christian Levrat
Fondation
Siège Spitalgasse 34
Case postale 7876
3001 Berne
Vice-présidents Marina Carobbio
Jacqueline Fehr
Barbara Gysi
David Roth
Géraldine Savary
Co-secrétaires générales Leyla Gül et Flavia Wasserfallen
Positionnement politique Gauche
Idéologie Socialisme
Social-démocratie
Europhile
Écologie
Affiliation internationale Alliance progressiste
Internationale socialiste
Couleurs rouge et rose
Site web sp-ps.ch
Présidents de groupe
Conseillers fédéraux Simonetta Sommaruga
Alain Berset
Représentation
Conseillers nationaux[1]
43 / 200
Conseillers aux États[2]
12 / 46
Législatifs cantonaux[3]
461 / 2 609
Exécutifs cantonaux[4]
28 / 154
Législatifs communaux
1 215 / 5 403
Exécutifs communaux[5]
230 / 1 146

Le Parti socialiste suisse (PS suisse), en allemand : Sozialdemokratische Partei der Schweiz (SPS), en italien : Partito socialista svizzero (PS) et en romanche : Partida socialdemocrata da la Svizra (PS), est un parti politique suisse de gauche, fondé le , membre de l'Internationale socialiste et membre associé du Parti socialiste européen.

Il est l'un des quatre partis intégrés au Conseil fédéral où il compte deux membres depuis l'introduction de la formule magique en 1959. Il permet notamment l'introduction en Suisse des assurances sociales obligatoires, l'intégration des migrants, partenariat enregistré et continue d'en faire une de ses préoccupations premières.

Dates importantes[modifier | modifier le code]

1838-1920 : Fondation et débuts[modifier | modifier le code]

  • 1838 : Fondation de la Société du Grütli à Genève.
  • 1864 : Fondation de la section Suisse de l'Internationale socialiste
  • 1870 : Fondation du Parti socialiste suisse à Zurich avec le soutien de la société du Grütli.
  • 1873 : Le premier congrès ouvrier suisse précurseur de l'Union syndicale suisse réunissant notamment le parti socialiste, la société du Grütli, les syndicats se réunit à Olten.
  • 1888 : La Conférence ouvrière suisse du décide à Berne la création du Parti socialiste suisse.
  • 1890 : Jakob Vogelsanger (Zurich) est le premier socialiste élu au Conseil national.
  • 1904 : Le Congrès d'Aarau adopte le programme marxiste du PS suisse élaboré par Otto Lang (juge cantonal à Zurich).
  • 1911 : Les 18 socialistes élus au Conseil national constituent pour la première fois un groupe parlementaire.
  • 1912 : Au Congrès de Neuchâtel sont adoptées des mesures qui obligent notamment le PS suisse et ses organes à utiliser toutes les possibilités « d'agir pour l'instauration du droit de vote des femmes ».
  • 1913 : Le PS suisse dépose une nouvelle initiative pour l'introduction de la proportionnelle au Conseil national. Celle-ci sera acceptée par le peuple en 1918.
  • 1917 : Lénine, réfugié en Suisse et membre du parti socialiste suisse, retourne en Russie pour la révolution.
  • 1917 : Le parti socialiste suisse refuse le budget militaire et appelle au refus de servir en pleine guerre mondiale.
  • 1918 : Le Comité d'Olten, fondé par le PS suisse et l'Union syndicale suisse (USS) et présidé par Robert Grimm, répond à la levée de troupes, décidée par le Conseil fédéral à l'instigation du général Ulrich Wille, par un appel à la grève générale sur la base de 9 revendications (la fin de la grève est décidée après trois jours à la suite d'un ultimatum du Conseil fédéral)
  • 1919 : Lors des premières élections au Conseil national à la proportionnelle, le PS suisse double ses mandats passant de 20 à 41 sièges. Le siège central du PS suisse est déplacé de Zurich à Berne.

1921-1945 : L'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

  • 1921 : Les 21 conditions pour l'entrée à la Troisième Internationale sont refusées lors du Congrès et lors de la votation à la base. La gauche du parti, forte de 5 000 membres environ, quitte le parti. Cette aile gauche crée ensemble le Parti communiste suisse.
  • 1924 : La loi Schulthess est refusée par le peuple. Le référendum lancé par un comité formé du PS suisse, de l'USS et de l'ensemble des associations d'employés est parvenu à faire échouer la tentative de remettre en question la semaine de 48 heures.
  • 1926 : Entrée du PS suisse à la Internationale ouvrière socialiste. Le Congrès décide de mettre sur pied une commission de lutte contre le militarisme et préconise également que les socialistes du Conseil national refusent désormais le budget militaire en bloc.
  • 1927 : La Conférence féminine du PS suisse exige l'introduction d'une assurance-maternité.
  • 1931 : Après les élections au Conseil national, le PS suisse devient le premier parti du pays.
  • 1932 : Le , des recrues tirent sans sommation sur une manifestation ouvrière antifasciste à Genève. Cette fusillade fait 13 morts et 63 blessés.
  • 1933 : Le Congrès refuse le front commun avec le Parti communiste suisse. Lors des élections à Genève est élu le premier gouvernement cantonal à majorité socialiste sous la direction de Léon Nicole. C'est pour contrer cette victoire et permettre l'amalgame que la même année, l'EIA crée sa commission Pro-Deo, organisation anticommuniste et conservatrice à Genève.
  • 1935 : Le nouveau programme du PS suisse, accepté au Congrès de Lucerne, rejette la notion de « dictature du prolétariat » et reconnaît la défense nationale. Le Congrès se prononce pour une transformation économique et sociale de la Suisse capable d'assurer à l'ensemble du peuple suisse une existence décente.
  • 1939 : Léon Nicole est exclu du PS suisse à cause de ses positions favorables au Pacte germano-soviétique. Il fonde la Fédération socialiste suisse.
  • 1942 : Fort des expériences des années 1930, de la crise et du fascisme, le Congrès adopte un programme d'action intitulé La nouvelle Suisse et applicable dès la fin de la guerre.
  • 1943 : Victoire aux élections du Conseil national avec 56 sièges sur 194, le PS suisse constitue alors le groupe le plus important de la chambre basse. Ernst Nobs entre au conseil fédéral.
  • 1944 : Fondation du Parti suisse du travail (PdT), composé d'anciens communistes, de dissidents du PS suisse et d'indépendants de gauche[6].

1945-2000 : Seconde moitié du XXe siècle[modifier | modifier le code]

  • 1947 : L'article constitutionnel sur l'AVS est accepté par le peuple. Une des revendications de la grève nationale de 1918 est ainsi adoptée.
  • 1949 : Ernst Nobs premier président socialiste de la Confédération. Il gèra le département des finances du 1er janvier 1944 au 31 décembre 1951.
  • 1953 : Max Weber quitte le Conseil fédéral le jour du rejet par le peuple du projet de réforme des finances fédérales. Le parti se retrouve alors dans l'opposition.
  • 1959 : Le Congrès de Winterthour adopte un nouveau programme, en se reconnaissant clairement comme un parti de socialisme réformiste « fondé sur la démocratie ».
  • 1963 : Lancement du bimensuel Domaine public par des membres actifs de sections cantonales romandes du PS suisse.
  • 1965 : Emma Kammacher est élue présidente du Grand Conseil genevois. Elle est la première femme socialiste à présider un parlement cantonal.
  • 1972 : Le Congrès rejette le soutien de l'initiative du PdT pour une sécurité sociale unique et généralisée et soutient la solution des trois piliers.
  • 1978 : Lancement de l'initiative sur les banques lors du Congrès de Bâle et soutien - contre la volonté du comité central et du conseiller fédéral Willi Ritschard - à l'initiative anti-atomique.
  • 1982 : Le Congrès de Lugano adopte le nouveau programme du PS suisse, encore en vigueur aujourd'hui.
  • 1983 : L'échec de la candidate officielle du PS suisse au Conseil fédéral Lilian Uchtenhagen, battue par Otto Stich, suscite une vague d'indignation et conduit aux plus vastes débats que le parti ait connu sur la participation au gouvernement.
  • 1984 : Le congrès extraordinaire du PS suisse de Berne décide le maintien au gouvernement par 773 voix contre 511.
  • 1990 : Le PS suisse formule sa politique d'intégration européenne avec des mesures compensatoires en politique intérieure.
  • 1991 : Le PS suisse demande une ouverture rapide des négociations d'adhésion à la CEE.
  • 1992 : Au Congrès de Genève, le PS suisse soutient l'adhésion à l'Espace économique européen (refusée en votation populaire) comme premier pas en direction de l'adhésion à la CEE et adopte des thèses qui prévoient la décriminalisation de la consommation, la remise médicalement contrôlée et la légalisation à long terme de la drogue.
  • 1993 : Après le retrait du conseiller fédéral René Felber, la majorité bourgeoise du parlement élit Francis Matthey au Conseil fédéral, au lieu de la candidate

socialiste officielle Christiane Brunner. Après la renonciation de Matthey, sommé par le PS de se retirer, c'est la secrétaire syndicale Ruth Dreifuss qui est élue une semaine plus tard, le , comme première conseillère fédérale socialiste.

  • 1994 : L'initiative populaire « Pour la protection des régions alpines contre le trafic de transit » que soutient le PS suisse est acceptée par le peuple. Le Congrès extraordinaire de Berne adopte un vaste programme en matière économique. Le PS suisse décide de combattre le relèvement de l'âge de la retraite des femmes dans le cadre de l'AVS.
  • 1995 : le peuple suisse rejette trois projets en matière de politique agricole que le PS suisse combattait, et donne ainsi un signe politique clair contre la politique agricole menée jusqu'alors, ainsi que pour l'écologisation de l'agriculture. Lors des élections fédérales, le PS suisse gagne 13 sièges au Conseil national et 6 au Conseil des États et devient le plus important parti au Conseil national.

Depuis 2000[modifier | modifier le code]

  • 2003 : le PS suisse devient le 2e parti de Suisse avec 23,3 % des voix.
  • 2007: Le PS suisse subit une défaite lors de la votation populaire du 11 mars 2007 sur l'initiative populaire « Pour une caisse maladie unique et sociale », avec seulement 28,8 % pour le Oui contre 71,2 % pour le Non.
  • 2007: Le PS suisse perd les élections au Conseil national (-9 sièges) mais conserve intégralement ses positions au Conseil des États avec 9 sièges. Ses députés contribuent à l'éviction de Christoph Blocher du Conseil fédéral.
  • 2008: la loi sur l'imposition des entreprises que le PS combattait est acceptée d'extrême justesse par 50,5 % des voix alors que les sondages prévoyaient une acceptation plus large.
  • 2010: le Parti socialiste ne réussit pas à faire passer devant le peuple son initiative pour lutter contre la concurrence fiscale intitulée « Pour des impôts justes et équitables »[7].
  • 2013: le Parti socialiste soutient deux initiatives soumises au peuple en 2013 concernant les salaires: une de la Jeunesse socialiste, rejetée par le peuple (1:12[8], visant à limiter le rapport entre le plus petit et le plus grand salaire au sein d'une entreprise à 1/12) et une du député Thomas Minder, contre les rémunérations abusives[9].
  • 2014: le 18 mai, deux objets importants sont soumis au peuple: l'initiative du PS suisse et des syndicats en faveur de l'instauration d'une salaire minimum fédéral de 22 francs de l'heure et le référendum contre le fonds Gripen (achats d'avions de chasse par l'armée suisse). Alors que le premier objet est rejeté par le peuple, la population suisse rejette également le second, offrant ainsi une grande victoire politique à la gauche et au PS, seul parti gouvernemental s'étant opposé à l'avion de chasse suédois. Au mois de septembre, une autre initiative socialiste est soumise à la population: celle visant à créer une caisse maladie publique. Elle est également rejetée.
  • 2017 : La journée de votation du 12 février 2017 fut notamment marquée par deux objets d'importance capitale pour le PS suisse : la troisième réforme de l'imposition des entreprises (RIE) III ainsi que la naturalisation facilitée pour les étrangers de 3e génération. Si ce dernier objet, porté par la conseillère nationale PS Ada Marra, fut accepté par le peuple avec 60,4 % de oui, la RIE III fut quant à elle rejetée à hauteur de 59,1 % des voix. Le PS et la gauche sortirent ainsi victorieux de ces votations, malgré une majorité absolue de droite au Conseil national depuis les élections fédérales de 2015.

Histoire[modifier | modifier le code]

ancien logo du PS suisse

De la naissance du parti socialiste suisse jusqu'à la scission d'avec les communistes[10][modifier | modifier le code]

La naissance du socialisme en Suisse s'insère dans le mouvement socialiste européen du XIXe et début du XXe siècle.

Le positionnement politique du PS en 2007.

Les idées socialistes sont apparues en Suisse vers les années 1830 lorsque des groupes d'ouvriers allemands s'y réunissaient afin de discuter de questions sociales et politiques. En 1838, une trentaine d'ouvriers, employés de commerce et étudiants fondèrent la Société du Grütli à Genève. En 1864, Jean-Philippe Becker constitua une section Suisse de l'Internationale socialiste fraîchement fondée à Londres. En 1870, le Parti socialiste suisse lui-même fut fondé à Zurich avec le soutien de la société du Grütli.

À la différence des autres partis, qui avaient commencé par se constituer sur le plan cantonal avant de devenir des grands partis nationaux, le parti socialiste se forma immédiatement au-dessus des frontières cantonales, organisant dans les différents cantons des sections dépendant du comité central. (Jean-Charles Biaudet) À l'inverse des autres mouvements politiques suisses, le mouvement politique socialiste s'est développé du haut, de la sphère internationale, vers le bas, les cantons.

Le premier congrès ouvrier suisse réunissant notamment le parti socialiste, la société du Grütli, les syndicats fut tenu à Olten en 1873. Il en sortit une association d'ouvriers qui se transformera plus tard en Union syndicale suisse. Le nombre des adhérents ne cessait de croître dans un mouvement adhérant très nettement à la lutte des classes et au marxisme, chapeauté politiquement par le parti socialiste. En 1874, le parti socialiste demandait la révision de la Constitutions de 1848. Entre 1890, date de son entrée au Conseil national, et 1914, le parti socialiste put accroître sa députation à 17 parlementaires fédéraux.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le parti socialiste suisse, sous l'influence forte du marxisme, réaffirma le programme de l'avènement politique du socialisme par la révolution. Lénine, réfugié en Suisse de 1914 à avril 1917, était alors membre du parti socialiste suisse et entretenait des liens étroits avec l'aile gauche dirigée par son ami Platten. Sa présence en Suisse était marquée par de nombreuses interventions publiques. En 1917, Lénine retourna en Russie pour la révolution avec l'aide de ses amis Robert Grimm et Platten. Les éléments socialistes révolutionnaires exploitaient le mécontentement social résultant du rationnement et des privations causés par la guerre et sa longueur, intensifiant les menées anti-militaristes. En 1917, en pleine guerre mondiale, le parti socialiste suisse refusait le budget militaire et appela au refus de servir. La même année, de connivence avec le Conseiller fédéral Arthur Hoffmann des membres du parti socialiste tentèrent de faciliter une paix séparée entre l'Allemagne et la Russie révolutionnaire. Cette manœuvre outragea l'opinion publique suisse et conduisit à la démission de Hoffmann et son remplacement par le Genevois Gustave Ador. En 1918, cette politique de la confrontation sociale culmina dans la grève générale décrétée par le Comité d'Olten, impliquant 250 000 grévistes[11],[12],[13],[14].

En effet, le Comité d'Olten, le conseil supérieur de l'Extrême gauche sous la présidence de Robert Grimm et la légation des Soviets à Berne sous la direction de Ian Antonovitch Berzin (pseudonyme : « Winter ») chef de mission de l'URSS à Berne et secondé de Zalkinde (parent de Léon Trotski), encouragés par la révolution russe collaboraient activement à la subversion du régime constitutionnel et du gouvernement suisse afin de permettre l'avènement de la dictature rouge en Suisse. La révolution socialiste suisse devait éclater le 10 novembre 1918 sur l'ordre de Moscou. Lénine lui-même avait déjà nommé le camarade Radeck (Sobelsohn de son vrai nom) dictateur de la Suisse. Lénine projetait d'engager la révolution socialiste en Europe et dans le monde à partir de la Suisse. Il s'ensuivit une propagande intense dans les milieux ouvriers et dans l'armée conduisant à des émeutes fréquentes à travers le pays. L'audace des révolutionnaires socialistes, appuyés par la présence de 30'000 déserteurs et réfractaires à la guerre de 14-18 et ayant trouvé refuge en Suisse, s'engagèrent dans de nombreux coups de force, dont la tentative de s'emparer des arsenaux de Zurich et Berne, de bâtiments publics, d'usines électriques et de banques les 6-7 novembre 1918. Le 6 novembre, les troupes militaires furent mises en état d'alerte et repoussèrent les actions révolutionnaires. Le 10 novembre, le Comité d'Olten, gouvernement révolutionnaire parallèle en marge des institutions, proclama la grève générale, exigeant la démission du Conseil fédéral et la dissolution du parlement, le droit de vote des femmes, le travail obligatoire et la socialisation de l'armée. Le 11 novembre, le Conseil fédéral donna mission à l'armée de rétablir l'ordre intérieur. Dans les jours qui suivirent, l'armée dut faire face aux émeutes, sièges décrétés dans les principales villes et aux combats de rue. Le 13 novembre, le Conseil fédéral ordonna l'expulsion vers l'Allemagne de la légation des Soviets y compris du plénipotentiaire soviétique Ian Antonovitch Berzin. (Certains historiens voient dans l'expulsion de la légation des Soviets davantage le résultat de pressions des alliés qui refusaient de voir la Suisse tomber dans la révolution communiste que le résultat d'une implication de la légation dans les agitations de novembre dont la réalité est controversée[15].) Le Comité d'Olten capitula le 14 novembre et lendemain la révolution fut stoppée, permettant au travail de reprendre à travers le pays. S'ensuivit une campagne médiatique haineuse dans les journaux socialistes vis-à-vis des institutions et l'armée de milice (cf. par exemple l'article du 18 novembre 1918 « La grippe [qui avait décimé les rangs de l'armée] venge les travailleurs » anonyme mais attribuable au révolutionnaire Humbert-Droz[16] publié dans le journal La Sentinelle dirigé par Paul Graber[17])[18],[19].

Malgré l'échec de la grève générale, celle-ci conduisit au renouvellement anticipé du Conseil national en 1919 sur la base du système proportionnel qui venait ainsi remplacer le système majoritaire prévalant jusqu'alors. Ce changement de régime permit au parti socialiste de prendre 41 mandats.

Toutefois, les meneurs de la grève générale, 3500 personnes, en particulier les dirigeants du comité d'Olten, seront jugés et 147 d'entre eux seront condamnés. Robert Grimm verra son immunité parlementaire levée et sera condamné à 6 mois de prison, période pendant laquelle il écrira son ouvrage Histoire de la Suisse en termes de lutte des classes. L'épisode de la grève générale servira pendant des décennies à diaboliser la gauche suisse. L'histoire revisitée dans la foulée de 1968 permettra l'avènement d'un œil bienveillant sur ces évènements de 1918 qui constituent le plus grand évènement social de l'histoire de la Suisse[20].

Alors que le parti radical perdait une partie de ses adhérents touchés par la cherté de la vie au parti socialiste, la montée en force du parti socialiste ainsi que les tentatives des radicaux de reprendre à leur compte une partie des préoccupations de son électorat susceptible de partir vers les socialistes vit l'émergence d'une nouvelle force politique sur l'aile droite des radicaux, le parti des paysans, artisans et bourgeois ou parti agrarien qui devint par la suite l'Union démocratique du centre (UDC), trouvant son origine dans les associations professionnelles paysannes (1897), constituées en 1918 en parti politique entrant avec 30 députés au Conseil national. Depuis ce jour, l'UDC fut l'adversaire constant des socialistes.

En 1920, à la suite de l'échec de la révolution suisse, le parti socialiste refusa d'adhérer à la IIIe Internationale, ce qui entraîna la scission du parti avec son aile gauche qui alla former le parti communiste en 1921. Le parti socialiste abandonna l'idée de la révolution violente et se prononça pour la voie légale pour poursuivre ses buts marxistes, c'est-à-dire la substitution de la propriété privée par la propriété collective, la nationalisation des grandes entreprises et des banques et la socialisation de tous les moyens de production. Le Parti communiste nouvellement créé, poursuivant les mêmes objectifs marxistes que le parti socialiste, conserva le principe de la révolution et de la dictature du prolétariat afin de les atteindre.

Élections[modifier | modifier le code]

Le nouveau logo du Parti socialiste suisse.

Élections de 2003[modifier | modifier le code]

Aux élections fédérales du , le parti remporte 23,3 % des voix, améliorant son score de 1999 (22,5 %). Le Parti socialiste est ainsi le deuxième parti de Suisse, sur le plan fédéral, derrière l'Union démocratique du centre (UDC), qui avait emporté 26,6 % des suffrages aux élections fédérales de 2003. Le PS suisse obtient 52 des 200 sièges du Conseil national (dont 46 % de femmes) et 9 des 46 sièges du Conseil des États (dont 44 % de femmes). Le groupe parlementaire socialiste est ainsi le deuxième deuxième groupe de l'Assemblée fédérale, avec 61 élus, derrière l'UDC, qui en compte 63. Le conseiller fédéral Moritz Leuenberger est chargé de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication et Micheline Calmy-Rey des affaires étrangères.

Au niveau cantonal, le PS suisse occupe en 2007 562 sièges dans les différents parlements cantonaux (2e parti politique derrière le Parti démocrate-chrétien) et 33 mandats dans les différents gouvernements cantonaux (3e parti politique derrière le Parti démocrate-chrétien et le Parti radical-démocratique).

Élections de 2007[modifier | modifier le code]

En 2007, le Parti socialiste subit une baisse significative de son nombre d'élus sous la coupole fédérale. Le PS suisse compte alors 41 élus au Conseil national et 9 au Conseil des États. Avec 49 parlementaires, le Groupe socialiste est le troisième groupe à l'Assemblée fédérale, derrière le Groupe de l'Union démocratique du centre (68 sièges) et le groupe PDC/PEV/PVL (51), mais devant le Groupe libéral-radical (47) et les Verts (24). Lors de l'élection du Conseil fédéral par les chambres fédérales, l'année 2007 est restée célèbre en raison de la non-réélection du membre du gouvernement Christoph Blocher (UDC/ZH), remplacé par sa collègue de parti Eveline Widmer-Schlumpf (UDC/GR), alors candidate officieuse présentée par la gauche pour contrer Blocher.

Élections de 2011[modifier | modifier le code]

Lors des élections fédérales de 2011, le Parti socialiste réussit une excellente campagne et remporte 46 sièges au Conseil national (+5) et 11 sièges au Conseil des États (+2). Avec 57 élus, le Groupe socialiste redevient le deuxième groupe aux chambres fédérales, avec notamment 26 femmes.

Élections de 2015[modifier | modifier le code]

Malgré une tendance globale d'affaiblissement de la gauche de gouvernement en Europe, le PS suisse voit son nombre d'élus au Conseil des États augmenter et passer à 12 sièges (+1) dont 4 femmes. Il remporte 43 sièges au Conseil national (-3). Avec un total de 55 sièges aux chambres fédérales dont 29 femmes, le PS suisse demeure le deuxième groupe aux chambres fédérales avec la particularité d'être le premier grand groupe à compter davantage de femmes que d'hommes parmi ses membres[21].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

L'actuel président du Parti socialiste suisse, le Fribourgeois Christian Levrat.

Comité directeur[modifier | modifier le code]

  • Christian Levrat, président ()
  • Marina Carobbio, vice-présidente ()
  • Jacqueline Fehr, vice-présidente ()
  • Barbara Gysi, vice-présidente ( 2012)
  • Tamara Funiciello, vice-présidente (4 décembre 2016)
  • Géraldine Savary, vice-présidente ( 2012)
  • Leyla Gül et Flavia Wasserfallen, co-secrétaires générales ()
  • Roger Nordmann, président du Groupe parlementaire ()
  • Natascha Wey du PS - Femmes
  • Dario Schai et Samira Marti, représentants de la Jeunesse socialiste
  • Mario Carera, élu par le Congrès
  • Filippo Rivola, élu par le Congrès
  • Vera Ziswiler, élue par le Congrès
  • Ursula Marti, président du PS Bernois
  • Daniel Frei, président du PS Zurichois
  • Stéphane Montangero, président du PS Vaudois
  • Amanda Gavilanes, représentante de la conférence de coordination
  • Martin Pfister, représentant du la conférence de coordination

Dirigeants historiques[modifier | modifier le code]

Présidents du PS suisse[modifier | modifier le code]

Présidents du groupe parlementaire[modifier | modifier le code]

Conseillers fédéraux[modifier | modifier le code]

Membres du Groupe socialiste aux Chambres fédérales[modifier | modifier le code]

Les parlementaires suivants font partie du Groupe socialiste aux Chambres fédérales[22].

Conseil des États :

Conseil national[23] :

Mouvements affiliés[modifier | modifier le code]

Le logo de la Jeunesse socialiste suisse.

Partis cantonaux[modifier | modifier le code]

Le Parti socialiste se divise en sections cantonales, 27 exactement (il existe deux sections dans le canton du Valais).

PS Femmes[modifier | modifier le code]

Les Femmes socialistes suisses sont un organe indépendant à l'intérieur du Parti socialiste suisse. Toute femme membre du PS suisse en est membre[24]. Elles ont un quota de déléguées aux Assemblées des délégués du parti.

Jeunesse socialiste suisse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Jeunesse socialiste suisse.

La Jeunesse socialiste (JS) est l'organisation de jeunesse du parti. Elle est indépendante et prennd seule ses décisions. Ses membres, écoliers, jeunes travailleurs ou des étudiants, planifient des campagnes et des actions politiques, récoltent des signatures, manifestent et discutent[25]. Il y a un quota de délégués aux assemblées des délégués du PS.

PS60+[modifier | modifier le code]

Le PS60+ représente, en fonction de leurs expériences et de leurs modes de vie, la vision des générations plus âgées. Le PS60+ lutte pour l’égalité des droits, l’autodétermination et le respect de la dignité des personnes âgées au sein de la société. Le PS60+ développe et formule les revendications des personnes âgées de 60 ans et plus, à l'intérieur comme à l'extérieur du PS suisse. Il contribue – aux échelons national, cantonal et local – à promouvoir les valeurs, projets et objectifs politiques du PS suisse auprès des générations plus âgées[26]. Il possède un quota de délégué-e-s aux Assemblées des délégué-e-s du parti.

PS Migrant-e-s[modifier | modifier le code]

Le PS Migrant-e-s suisse s’engage pour la participation politique des personnes issues de la migration à l’intérieur et à l’extérieur du PS suisse.

Son but est l’égalité de tous les migrants, que ce soit dans la société ou le domaine politique, économique, social ou culturel, la mise en œuvre des droits humains et l’élimination de la discrimination envers les migrants.

Parallèlement, le PS Migrant-e-s soutient, en tant qu’intermédiaire, le PS suisse dans son engagement dans les pays d’origine des migrantes et des migrants en faveur des valeurs et de la politique socialistes, comme la paix, la résolution pacifique des conflits, l’émancipation, l’autodétermination, l’égalité de toutes et de tous et la fin de l’exploitation[27]. Il possède un quota de délégué-e-s aux Assemblées des délégués du parti.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections au Conseil national[modifier | modifier le code]

Année Votes Députés Rang[1]
Voix %
1919 23,5
41 / 198
2e
1922 23,3
43 / 198
2e
1925 25,8
49 / 198
2e
1928 27,4
50 / 198
1er ex æquo
1931 28,7
49 / 187
1er
1935 28,0
50 / 187
1er
1939 25,9
45 / 187
1er
1943 28,6
56 / 194
1er
1947 26,2
48 / 194
1er
1951 26,0
49 / 196
1er
1955 27,0
53 / 196
1er
1959 26,4
51 / 196
1er
1963 26,6
53 / 200
1er
1967 23,5
50 / 200
1er
1971 452 195 22,9
46 / 200
1er
1975 477 125 24,9
55 / 200
1er
1979 443 794 24,4
51 / 200
1er
1983 444 365 22,8
47 / 200
2e
1987 353 334 18,4
41 / 200
3e
1991 373 664 18,5
41 / 200
2e
1995 410 136 21,8
54 / 200
1er
1999 438 555 22,5
51 / 200
1er
2003 490 392 23,3
52 / 200
2e
2007 450 308 19,5
43 / 200
2e
2011 451 236 18,7
46 / 200
2e
2015 475 071 18,8
43 / 200
2e
  • ^  Par rapport au pourcentage de vote.

Élections au Conseil des États[modifier | modifier le code]

Année Députés Rang[2]
1919
0 / 44
1922
1 / 44
3e ex æquo
1925
2 / 44
3e
1928
0 / 44
1931
2 / 44
4e
1935
3 / 44
3e ex æquo
1939
3 / 44
4e
1943
5 / 44
3e
1947
5 / 44
3e
1951
4 / 44
3e
1955
5 / 44
3e
1959
2 / 44
5e ex æquo
1963
3 / 44
4e ex æquo
1967
2 / 44
6e
1971
4 / 44
4e
1975
5 / 44
3e ex æquo
1979
9 / 46
3e
1983
6 / 46
3e
1987
5 / 46
3e
1991
3 / 46
4e ex æquo
1995
5 / 46
3e ex æquo
1999
6 / 46
4e
2003
9 / 46
3e
2007
9 / 46
3e
2011
11 / 46
2e ex æquo
2015
12 / 46
3e
  • ^  Par rapport au nombre de conseillers aux États.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Répartition des mandats par parti Elections au Conseil national de 1971 à 2011, Office fédéral de la statistique, consulté le 10.12.2016
  2. Répartition des mandats par parti 1971 à 2011, Office fédéral de la statistique, consulté le 10.12.2016
  3. Répartition des mandats, Office fédéral de la statistique, consulté le 10.12.2016
  4. Exécutifs cantonaux, Office fédéral de la statistique, consulté le 10.12.2016
  5. Statistiques des villes suisses - Chapitre politique, Union des villes suisses, consulté le 13.04.2017
  6. Hadrien Buclin, « Entre contestation et intégration : la gauche helvétique face aux débats de la sortie de guerre (1944-1946) », in : Landry Charrier et al., éds., La Suisse entre consensus et conflits : enjeux et représentations, Reims, Presses universitaires, , p. 65-82 p..
  7. Pour des impôts justes et équitables
  8. http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis375.html
  9. http://www.admin.ch/ch/f/pore/vi/vis348.html
  10. Jean-Charles Biaudet, Les partis politiques, dans: La démocratie suisse 1848-1948 (Ouvrage commémoratif par A. Schwengeler & P. Grellet), Morat 1948, p. 146-148.
  11. Lénine en Suisse et ailleurs
  12. Gilliard/Bouquet, Que Sais-Je No 140 - Histoire de la Suisse, France 1978, p. 112.
  13. Georges Andrey, L'histoire de la Suisse pour les nuls, Paris 2007, p. 419.
  14. Suter/Castella, Histoire de la Suisse, Einsiedeln 1928, p. 439 et 442-443
  15. Georges Andrey, L'histoire de la Suisse pour les nuls, Paris 2007 p. 419 et 421
  16. Fonds Jules Humbert-Droz
  17. Fonds Ernest-Paul Graber
  18. Charles Gos, Généraux suisses - Commandants en chef de l'armée suisse de Marignan à 1939, Morges 1990, p. 224-236.
  19. Suter/Castella, Histoire de la Suisse, Einsiedeln 1928, p. 439-440.
  20. Georges Andrey, L'histoire de la Suisse pour les nuls, Paris 2007 p. 422.
  21. « Elections 2015 », sur www.politik-stat.ch (consulté le 19 avril 2017).
  22. « Groupe socialiste », sur www.parlament.ch (consulté le 12 décembre 2016).
  23. Radio Fribourg / Freiburg, « Ursula Schneider-Schüttel de retour à Berne - suite à l'élection de Jean-François Steiert au Conseil d'Etat FR », sur www.radiofr.ch, (consulté le 5 avril 2017).
  24. « Les Femmes* socialistes », sur sp-frauen.ch (consulté le 10 mai 2017).
  25. « Portrait », sur juso.ch, (consulté le 10 mai 2017).
  26. « PS60+ », sur sp-ps.ch (consulté le 10 mai 2017).
  27. « PS Migrant-e-s », sur sp-ps.ch (consulté le 10 mai 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]