Qatar Investment Authority

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Qatar Investment Authority
Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs QatarVoir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société anonyme avec appel public à l'épargneVoir et modifier les données sur Wikidata
Siège social DohaVoir et modifier les données sur Wikidata
Site web www.qia.qaVoir et modifier les données sur Wikidata

Le Qatar Investment Authority (QIA) est le fonds d'investissement souverain de l’émirat du Qatar, présidé par Ahmad Mohammed Al-Sayed[1]. Fondé en 2005, il détiendrait selon Hussein al-Abdallah (membre du conseil d'administration du Qatar Investment Authority) « beaucoup plus » que 100 milliards de dollars d'actifs[2],[3].

En juillet 2013, Ahmad al-Sayed est nommé CEO de QIA et remplace le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani qui était à la direction du fonds depuis 2007 et qui est devenu l’émir du Qatar en à la place de son père, Hamad ben Khalifa Al Thani[4].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce fonds souverain fut créé en 2005 par l’ancien émir du Qatar, Hamad ben Khalifa Al Thani, dans le but de mettre à profit l’excédent budgétaire issu de l’exploitation de réserves qataris de gaz et de pétrole[5].

Pour contrebalancer la forte dépendance de l’économie du Qatar sur les industries extractives, le fonds investit en priorité au niveau international, et notamment aux États-Unis et en Europe[6].

Ainsi, dès 2005, la QIA crée la succursale Qatar Diar qui investit exclusivement dans l'immobilier. Après seulement trois années d’existence, Qatari Diar avait déjà investi 60 milliards de dollars dans ce secteur[7].

Filiales[modifier | modifier le code]

Qatar Investment Authority est l’unique actionnaire de Qatari Diar et de Qatar Holding LLC. Elle est actionnaire de Qatar Sport Investments (QSI), de la Qatar National Bank (à 50 %) et de la Banque islamique du Qatar dont elle possède 16 % des participations[8].

Investissements[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

QIA contrôle 7,5 % du capital d'EADS[9], 10,3 % des actions de la Bourse de Londres[10], 17 % de Volkswagen[11] et de 3 % de Total[12].

QIA est actionnaire du groupe Lagardère à hauteur de 12,83 %[13] et a acheté, à Paris, l'hôtel Lambert, l'hôtel Kinski, l'hôtel Landolfo-Carcano[14], l'hôtel d'Évreux, le palace The Peninsula Paris, l'hôtel Gray d'Albion[15], l'hôtel de Coislin, les immeubles du Virgin Megastore (le )[16], de HSBC et du Lido ()[17] sur les Champs-Élysées[18], le Royal Monceau.

QIA possède beIN Sports[19], réseau international qatarien de chaînes de télévision sportives, créé en 2012, exploité conjointement par Qatar Sport Investments, filiale du groupe qatarien Al Jazeera.

En , Qatar Investment Authority signe un accord avec le groupe chinois Citic dans l’optique de mettre en place un fonds commun d’environ 10 milliards de dollars destiné à investir en Chine[20].

En 2016, la filiale médias de QIA, BeIN Media, rachète les célèbres studios de cinéma Miramax[21].

En , le groupe d'investissement qatari fait l'acquisition du géant russe des matières premières Rosneft[22]. Le fonds pourra avoir une participation de 19,5 % du géant russe.

En , l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani, en visite à Berlin, annonce le déblocage de fonds en Allemagne par QIA. Ces investissements concerneraient le secteur financier allemand, les technologies de l’information, l’intelligence artificielle et la santé, en complément du projet annoncé dans le domaine du gaz naturel liquéfié (GNL). L'ensemble des investissements en Allemagne se monterait à 10 milliards d’euros sur cinq ans[23].

Qatar Investment Authority semble privilégier les investissements peu risqués. Cependant, tous ses investissements n’ont pas été des succès retentissants.

C'est notamment le cas de son investissement dans le groupe Volkswagen dont QIA est le plus grand détenteur d’actions privilégiées. Lorsque le groupe a admis en que plus de 11 millions de ses véhicules étaient équipés d’un logiciel de contrôle des émissions truqué, son action a perdu 35 % de sa valeur en deux jours. QIA subit à cette occasion une perte de 4,6 milliards de dollars en moins de 48 heures[24].

En , Qatar Investment Authority annonce rapatrier autour de 20 milliards de dollars sur les 300 milliards de dollars dont dispose le fonds souverain, qui pourront servir à renforcer et consolider les banques locales qataries et les aider à traverser la crise actuelle, due au blocus, en leur fournissant les liquidités et le capital nécessaires[25].

Secteurs d'investissement[modifier | modifier le code]

Finance[26][modifier | modifier le code]

  • Al Ahli Bank
  • Al Rayan Bank
  • Alpha Bank
  • Doha Bank
  • Qatar Islamic Bank
  • Qatar National Bank
  • Abu Dhabi and Qatar Fund
  • Agricultural Bank of China
  • Banco Santander Brasil
  • Barclays
  • Bulgarian-Qatari Company
  • Crédit suisse
  • Dragon Capital
  • Libyan-Qatari joint investment fund
  • QIA Malaysia fund
  • QIA and Sudan
  • The First Investor
  • Vietnam-Qatar Fund
  • Qatar and Oman Investment Company
  • Qatar-Britain Clean Energy Investment Fund
  • Qatar-Sri Lanka Investment Fund
  • Commercialbank
  • Philippines and Qatar fund
  • TFI-Gazprombank fund
  • Qatar Dubai Investments
  • Qatar-Britain Clean Energy Investment Fund
  • Qatar Holding Indonesia
  • Industrial and Commercial Bank of China
  • Bourse de Londres
  • Qatar Exchange
  • PME Infrastructure Management Limited Fund

Immobilier et hôtellerie[modifier | modifier le code]

Industrie[modifier | modifier le code]

Transport[modifier | modifier le code]

  • Qatar Airways
  • Qatar Railways Development Company
  • Doha and Bahrain rail link

Sport (Oryx Qatar Sport Investments)[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

  • Adecoagro
  • Atheer
  • Bayti
  • Bellway PLC
  • Cayo Largo del Sur
  • Cegelec S.A. (100 %)[29], puis cédé à Vinci
  • Chelsea Barracks
  • Chelsfield Partners LLP
  • City-CenterDC
  • Clover Downs
  • Delta Commercial Property
  • Diar Infrastructure Services Company
  • Fisker Automotive, Inc.
  • Frankel
  • Grosvenor Square
  • Harrods
  • Hassad Food
  • Hochtief
  • Hochtief and Qatari Diar JV
  • J Sainsbury PLC
  • JSM Indochina
  • Groupe Lagardère
  • Lusail International Media Company
  • Miramax Films
  • Mushaireb
  • NHP Portfolio
  • Nicosia property development
  • PME Infrastructure Management Limited Fund
  • Petronet LNG
  • Plavi horizonti
  • Primus Pacific Partners
  • Q-West
  • QD SBG Group
  • Qatar Telecom
  • Raffles Medical Group
  • Suez Environnement
  • Veolia Environnement (5 %)[30]
  • Vinci (31 500 000 actions, soit 4 %)[31]
  • LVMH (1 %)

Critiques[modifier | modifier le code]

Affaire Barclays[modifier | modifier le code]

QIA a fait l’objet d’une enquête pénale de la part de l’une des autorités de régulation financière britanniques (Serious Fraud Office, ou SFO) pour des opérations douteuses pendant la crise financière en 2008. En effet, la QIA aurait été impliquée dans des malversations liées à ses contributions à deux levées de fonds par la banque britannique Barclays d’un montant total de 11,5 milliards de livres sterling (GBP) qui n’avaient pas été soumises à l’approbation des actionnaires de la banque. Ces augmentations de capital auraient permis à Barclays d’éviter d’être mises sous le contrôle du gouvernement britannique, comme ce fut le cas de la Royal Bank of Scotland et de Lloyds[32].

Financement de groupes terroristes[modifier | modifier le code]

En , le quotidien britannique The Telegraph a lancé une campagne intitulée « Stop the Funding of Terrorism » pour dénoncer l’attitude laxiste du gouvernement qatarien vis-à-vis du financement du terrorisme[33].

Certains commentateurs ont cependant fait valoir que cette campagne coïncidait avec une compétition entre les propriétaires du Telegraph, David et Frederick Barclay, et le membre de la famille royale Hamad ben Jassem ben Jaber al-Thani pour l’acquisition de trois hôtels de luxe dans le centre de Londres[34].

A la même époque (2016), la Qatar Awareness Coalition a adressé une lettre ouverte à Harvey Weinstein et Robert Weinstein, les fondateurs des studios de cinéma Miramax, dont la majorité des parts est détenue indirectement par QIA[35]. La coalition cherchait à sensibiliser Hollywood à la participation du Qatar au financement du terrorisme[36].

Au lendemain de l'attaque terroriste à Londres, le , plusieurs pays du Golfe accusent le Qatar de financer le terrorisme[37]. Le président des États-Unis Donald Trump déclare le « tous les éléments pointent vers le Qatar dans le financement de l'extrémisme religieux »[38].

Cette accusation survient après une visite du président Donald Trump en Arabie saoudite pour la signature de 380 milliards de dollars en contrat d'armes et autres. L'Arabie saoudite et le Qatar entretiennent de mauvaises relations depuis quelques années.

Qatar Islamic Bank[modifier | modifier le code]

QIA détient 16,67 % des parts de la Banque islamique du Qatar, la première institution financière islamique du Qatar. Cette banque propose exclusivement des services financiers en conformité avec la Charia[39].

Selon le Consortium Against Terrorist Finance (CATF), Qatar Islamic Bank entretiendrait des relations de correspondance bancaire avec des institutions en lien avec des groupes terroristes ou extrémistes. Le Consortium cite comme exemple la banque saoudienne Al-Rajhi Bank, qui a fait l’objet d’une enquête par les autorités américaines pour ses liens avec les commandos des attentats du [40].

Qatar Islamic Bank compte aussi parmi ses correspondants Jordan Islamic Bank qui est elle-même l’une des banques fondatrices d’Al-Aqsa Islamic Bank, une organisation basée aux États-Unis et prenant part au financement du Hamas et d’Al-Qaïda[41].

Le théologien Youssef al-Qaradâwî a présidé le conseil de surveillance de la Charia jusqu’en 2010[42].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Anne-Marie Rocco, « Pourquoi le Qatar croit toujours en la France », Challenges,‎ (lire en ligne).
  2. Les avoirs du Qatar dépassent 100 milliards de dollars, Le Monde, 23 avril 2012.
  3. (en) Fiche du fonds QIA sur le site du Sovereign Wealth Fund Institute.
  4. (en-US) « Emir Signals Change by Replacing Head of Qatar Investment Authority - Al-Monitor: the Pulse of the Middle East », sur Al-Monitor (consulté le 24 mars 2016).
  5. L’ex-homme fort du Qatar écarté de la QIA, 02 juillet 2013, La Presse (Canada).
  6. « Comment le Qatar place ses pions en Europe ? », 5 avril 2015, BFM Business.
  7. « Notre fonds Qatari Diar a investi 60 milliards de dollars en trois ans », 31 juillet 2008, Les Echos.
  8. Qatar Islamic Bank Investor Presentation 2015.
  9. (en-GB) « Subscribe to read », sur Financial Times (consulté le 31 août 2018).
  10. (en-GB) « Subscribe to read », sur Financial Times (consulté le 31 août 2018).
  11. Reuters Editorial, « Le fonds souverain du Qatar réduit ses allocations en Europe », FR,‎ (lire en ligne, consulté le 31 août 2018).
  12. (en-US) Tom Bergin, « Qatar buys », U.S.,‎ (lire en ligne, consulté le 31 août 2018).
  13. « Le Qatar détient bien 12,83 % de Lagardère », Challenges, .
  14. Voir sur Le Point.
  15. Voir sur Le Point.
  16. « Le Qatar se paye l'immeuble de Virgin sur les Champs » « Copie archivée » (version du 19 novembre 2015 sur l'Internet Archive), Le Figaro, 5 juin 2012.
  17. Voir sur Le Parisien.
  18. Voir sur lepoint.fr.
  19. Uptin Saiidi, « Qatar boasts massive global holdings — here are some of its headline assets », CNBC,‎ (lire en ligne, consulté le 31 août 2018).
  20. Le Qatar s’allie à Citic pour investire en Chine, 4 novembre 2014, L’AGEFI Quotidien.
  21. « Le groupe qatari BeIn Media rachète les studios de cinéma Miramax », 3 mars 2016, Les Echos.
  22. (en-US) Scott Patterson, « Qatar Investment Authority to Invest $2.6 Billion in Rosneft Deal », Wall Street Journal,‎ (ISSN 0099-9660, lire en ligne, consulté le 31 août 2018).
  23. Andrea Shalal and Riham Alkousaa, « Le Qatar va investir €10 mds en Allemagne », FR,‎ (lire en ligne, consulté le 1er octobre 2018).
  24. « Affaire Volkswagen : Un fonds d'investissement qatarien perd 4,6 milliards de dollars en deux jours », 23 septembre 2015, 20 Minutes.
  25. « Le fonds souverain du Qatar vient en aide à son Etat », lesechos.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2017).
  26. Liste des investissements.
  27. « La Qatar devient le premier actionnaire d'Accorhotels », Le Point, (consulté le 23 mars 2017).
  28. Palaces français
  29. Voir l'article : Historique de Cegelec.
  30. Veolia Environnement.
  31. Vinci
  32. « La justice enquête sur le renflouement par le Qatar en 2008 », 31 août 2012, Les Echos.
  33. « No ally of Britain should allow the funding of terror », 2 novembre 2014, The Telegraph.
  34. « Report: UK's Telegraph targeted Qatar over hotels », 15 juin 2015, Al Jazeera.
  35. « Les studios hollywoodiens Miramax vendus au groupe qatari BeIN », 3 mars 2016, L’Express.
  36. « Qatar Awareness Campaign – Miramax and the Weinstein Brothers », 27 octobre 2014, The American Report.
  37. « Le Qatar, suspect numéro 1 de financement du terrorisme», Les Échos, 5 juin 2017.
  38. « Terrorisme : Donald Trump accuse le Qatar de financer les extrémistes », RTL, 6 juin 2017.
  39. Qatar Islamic Bank – Shariá Supervisory Board sur qib.com.qa.
  40. « US Tracks Saudi Bank Favored by Extremists », 27 juillet 2007, Wall Street Journal.
  41. « Bin Laden-linked bank not on U.S. terror list », 3 novembre 2001, Chicago Tribune.
  42. QIB Corporate Governance Report 2010. Qatar Islamic Bank, 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]